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Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 2/3 -

Publié le par Perceval

BD de Pascal Jourde '' La mort du Lion ''

BD de Pascal Jourde '' La mort du Lion ''

 Limoges, dès la fin du IXème siècle, le vicomte représente le comte de Poitiers ; il s’est installé à l’écart de la Cité épiscopale ( où donc, est installé l'évêque), sur un site de carrefour où il a établi une motte castrale faisant suite à une construction d’un bâtiment antérieur (mais postérieur à l’Antiquité). Une chapelle placée sous le vocable de saint Michel (dite des Lions) est construite dans la basse-cour du château. Après diverses vicissitudes, le vicomte doit faire allégeance à l’abbé.

On parle d'une ville, composée de trois cités ou d'une « ville des trois pouvoirs »: celui de l’évêque, sur la Cité ; celui du vicomte ; celui de l’abbaye Saint-Martial – centre culturel majeur - , protégée par sa propre enceinte.

L'abbaye de Saint Martial - du nom du premier évêque et saint patron de la ville - était l'une des plus belles et des plus célèbres de France, le pèlerinage autour du sépulcre de Saint Martial connaîtra un essor majeur au XIe siècle.

Dès le Xème siècle, l’abbaye limougeaude noue des liens avec l’abbaye bénédictine de Cluny (dirigée par Odon), symbole du renouveau monastique en Occident et centre culturel majeur. A Limoges, ce sont l’abbé Aymon et son frère l’évêque Turpion qui entretiennent ces liens vers le milieu du siècle.

En 994, de grandes pluies ravagent l’Aquitaine, l’ergot de seigle se développe, il est à l’origine d’une épidémie qui gagne tout le duché, la Touraine, jusqu’à la Bourgogne – le pain de seigle étant l’une des bases de l’alimentation.

Le moine et chroniqueur Adémar de Chabannes (vers 988-1034) a relaté les évènements: « En ce temps-là, une peste de feu s’alluma parmi les Limousins. Les corps d’un nombre incalculable d’hommes et de femmes furent consumés d’un feu invisible, et de tous côtés une plainte emplissait la terre… »

Adémar de Chabannes explique que Geoffroy, abbé de Saint-Martial, l’évêque Hilduin, avec l’assentiment du vicomte – ils sont tous les trois de la même famille… – et de Guillaume V, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers, ordonnent alors un jeûne de trois jours en Limousin, une réunion épiscopale à Limoges, une ostension de reliques – dont celle du corps de saint Martial. Un grand rassemblement est organisé au Mont-Jovis et le « miracle » a lieu : l’épidémie cesse.

Au début du XIe siècle, le souvenir de ce miracle dit des 'Ardents', donne lieu à un récit, élaboré au sein de l’abbaye Saint-Martial, et reproduit ensuite dans une multitude de manuscrits. La pratique des ostensions est dans un premier temps reprise ponctuellement, sans date fixe, lors de la venue à Limoges d’un personnage important (Saint Louis et Blanche de Castille en 1244, le pape Clément V en 1307, Louis XI en 1462, Henri IV en 1605) ou en cas de grandes catastrophes, guerres, épidémie  

 

 

Au début du XIIIème siècle, l’abbaye Saint-Martial – émancipée de celle de Cluny - compte un effectif de 70 moines.

Selon le Codex Calixtinius, Limoges se situe sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traverse Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et la ville de Périgueux.

La ville est sur la Via Lemovicensis, et l’on imagine sans peine tous les voyageurs qui la traversaient, devisant, témoignant de ce qu’ils avaient vu à Limoges : L’abbatiale romane du Sauveur mesure 100 m de long, sa nef compte dix travées ; le clocher superpose des étages octogonaux à des étages carrés. Il y a la crypte ; l’église Saint-Pierre-du-Sépulcre ; la chapelle Saint-Benoît ; divers autres bâtiments comme le réfectoire et le cloître aux baies vitrées rayonnantes. Le scriptorium de l’abbaye est particulièrement réputé. L’atelier d’enluminure est particulièrement actif et créatif, inspiré, par exemple, par les ivoires.

A l’abbaye ou dans ses parages se trouvent des ateliers d’orfèvrerie, qui produisent un grand nombre d’objets liturgiques (châsses, coffrets, statues, croix…) et d’émaillerie champlevée sur cuivre, où se développe l’Opus lemovicense ou Œuvre de Limoges.

Limoges fut aussi un centre majeur de création musicale... C'est ici qu'est inventée la musique polyphonique, dès le XIe siècle.

 

 

Bréviaire à l'usage de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges - Saint Martial enfant et le Christ Magnifique croix émaillée du XIIIème du corpus des oeuvres de Limoges

Des liens existèrent entre les moines musiciens de Limoges et les poètes profanes inventeurs de la fin’amor. Le premier troubadour connu, Guillaume IX, est duc d’Aquitaine, c’est le grand-père d’Aliénor, elle-même élevée dans l’amour de la littérature et de la musique, amie et mécène des troubadours, épouse d’Henri II Plantagenêt.

Face à la Cité dont sont maîtres les évêques, le Château profite du rayonnement de l’abbaye et de l’essor du commerce.

Sources : Laurent Bourdelas, historien et écrivain, auteur de L'Histoire de Limoges (Geste Editions).

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 1/3 -

Publié le par Perceval

La Maison de Limoges est une famille féodale du Limousin qui possédait la Vicomté de Limoges. Elle commence avec Foucher ou Foulques Ier de Rouergue de Limoges(838-†886), fidèle de Charles II le Chauve, qui devint le 1ier Vicomte de Limoges en 864/876. Hildegaire, le petit-fils de Foucher, se proclame vicomte de Limoges et vient habiter dans la ville, quittant Ségur, le lieu traditionnel de résidence de la famille de Limoges. Le jeu des successions a créé en Limousin de nombreuses vicomtés :

- Au sud, les vicomtés de Comborn, Turenne et Ventadour.
- A l'est, le comté de Haute-Marche et la seigneurie de Combraille.
- Au nord, la vicomté de Bridiers et le comté de Basse-Marche.
- A l'ouest, la vicomté de Rochechouart.

À sa mort en 1139, Adémar III dit « le Barbu » (1050-†1133/39), 10ième vicomte de Limoges, n'a plus d'héritiers mâles (Guy III son fils étant mort en 1124). La vicomté revient alors à Archambaud IV dit « le Barbu » (1075-†1137), de la branche cadette des vicomtes de Comborn, qui a épousé en 1111 Humberge de Limoges (1080-†1160) dite « Brunicende », fille d'Adémar III, héritière de la vicomté. Leurs descendants reprendront le nom de Limoges.

Adhémar V (1135-†1187 ou 1199 ?), est le 14ième Vicomte de Limoges. Il est le fils unique d’Adémar IV de Limoges (1110-†1148) et de Dame Marguerite de Turenne (1117-†1173/1202). Il épouse en 1159 Sarah de Cornouaille (1135-†1216), fille de Renaud ou Réginald (1100-†1175), comte de Cornouaille, fils de Henri Ier, roi d’Angleterre dit Beauclerc (1068-†1136) et Élisabeth ou Mabel Fitz-Richard (1108/14-†1162).

Adémar V de Limoges meurt en 1187, mais dans les textes on l’annonce comme le Vicomte de Limoges en place lors du conflit avec les Anglais, entre autre lors de la mort du roi anglais Richard Cœur de Lion en 1199.

Histoire d'Adémar V, vicomte de Limoges :

Adémar ( ou Adhémar) V était encore jeune lorsqu'il succéda à son père, en 1148, comme Vicomte de Limoges. Sa famille le nommait Boson, du nom de son aïeul maternel. Sa tutelle fut confiée à Gérard, Evêque de Limoges, puis à son oncle Bernard, Doyen du Monastère de Saint Yrieix. Mais le frère de Bernard, Archambaud de Comborn les écarta pour quasiment usurper la Vicomté. Malgré une visite du Roi Louis VII en 1151 à Limoges, cette situation se poursuivit. Elle bascula avec le nouveau Duc d'Aquitaine, Henri Plantagenet, nouvel époux d'Aliénor, répudiée par Louis VII. Il vint détruire les murs du château de Limoges vers 1154, après une mini-révolte des habitants, et confia la tutelle d'Adémar à Geoffroy de Nemours, frère de Rotrou III, Comte du Perche.

A sa majorité, Adémar fit hommage à Henri II qui, pour se l'attacher, lui fit épouser Sarah, sa propre cousine, fille de Renaud, Comte de Cornouailles. Après la célébration du mariage, qui eut lieu à Bordeaux, les Bourgeois de Limoges refusèrent d'obéir à Adémar V, ce qui entraîna une nouvelle intervention d'Henri II en 1156. En 1170, lorsque Richard reçut de son père le Duché d'Aquitaine, Adémar lui fit hommage. Par une charte du 10 juillet 1179, à laquelle souscrivirent les Vicomtes de Turenne et de Ventadour, il fit don de propriétés à Notre Dame de Dalon, avant de partir pour Jérusalem. Il est à nouveau cité dans des chartes de 1184 et 1192.
En 1183, juste avant de mourir, Henri le jeune adressa à son père le Roi d'Angleterre, un courrier dans lequel il le priait de donner la paix à tous ses ennemis et notamment à Adémar et au peuple limousin. L'an 1184, les combats reprirent contre les Anglais.
Adémar fut assassiné en 1199, semble-t-il par Philippe, Seigneur de Cognac, qui tenait le Vicomte Adémar comme responsable de la mort de son ''père'' : le Roi Richard d'Angleterre.

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