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Articles avec #la quete du graal tag

La Quête du Graal : La nef de Salomon – 7/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Les deux Templiers...
- « Avec qui, avec quoi, je partage ma vie, mon idéal.. ?  »
Entrez !
Galaad, Bohort, Perceval et sa sœur trouvent la nef de Salomon
Tiré du ''Lancelot du Lac et la quête du Graal'', Bnf ms fçs 343 - 1375-1400
 
Dans ''L'Estoire del Saint Graal '', chaque bateau rappelle la Nef de Salomon
Sans véritable aspect matériel : '' Elle est riche et belle '' : cette embarcation est ''extra-ordinaire'' ; elle contient le Graal, et autres objets sacrés... Elle vogue vers un ''autre-Monde''. Elle est symbole, qui ne peut se déchiffrer sans aide divine... ! Le Christ lui-même intervient envers Salomon, et le chevalier Nascien. Elle pourrait être le symbole de l'Eglise, mais comme symbole, elle ne s'arrête pas à une seule allégorie. La nef est aussi une métaphore du récit et de son élaboration … La nef est aussi un ''Livre''
 
La nef bâtie par le Roi Sage et sa femme, la reine de Saba, connecte l'époque arthurienne de la Quête du Graal, à l'époque Biblique... Intelligence et Imagination : la reine avait eu connaissance des événements futurs dont l'avènement du Christ ( naissance, mort et résurrection) ; elle avait prédit qu'un descendant direct de Salomon trouverait le Graal. La reine de Saba avait demandé à Salomon, tenu au Moyen-âge pour un grand magicien, de construire une nef capable de voguer à travers le temps et l'espace... Les trois chevaliers du Graal avaient été transportés depuis la Bretagne arthurienne dans la ville paradisiaque de Sarras, devenue la demeure du Graal.
Ecuries du Roi Salomon
 à Jérusalem - Sources Abbé Fillion 1860

* Pourquoi les Templiers ?
Salomon fait donc construire le Temple... Le site du Temple est devenu le siège de l'Ordre, et suggère le nom de l'Ordre... Selon certaines légendes : les Templiers auraient fouillé la zone entourant le mont du Temple et les souterrains se trouvant sous les anciennes fondations du bâtiment à la recherche de … ?: Un Trésor, un Secret, une Relique … ?
 
Dans notre scénario de la Quête, cette étape est cruciale... Incitation intérieure vers une nouvelle direction... ? Ou en suis-je – sur le Chemin - de mon engagement ?
 
Pour continuer le Chemin ( à préparer) : - Quelle est votre question ?

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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La Quête du Graal : Les deux Templiers – 6/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..)
- « Devant l'aventure, de quoi ai-je l'intuition ? »
 
Entrez !
 
Deux chevaliers templiers s'éloignent sur un même cheval. Sur la mer, voguera la nef qui part vers Sarras...
Cette lame évoque le grand Sceau de l'Ordre des Templiers, qui met en avant l'amour fraternel. 
A la fondation de l'ordre, on dit que les ''Pauvres chevaliers du Temple'', n'avaient à deux qu'un seul cheval qu'ils partageaient.
 Cette image servira à avilir l'Ordre pour suggérer la pratique de la sodomie entre les chevaliers. Cette image rappelle en fait la Règle exigeante que toutes les possessions soient mises en commun entre les frères ; chacun faisant don de tous ses biens à l'Ordre. Chacun dépendait de l'autre...
 
La sixième carte du Tarot de Marseille, est ''L'Amoureux''. Cette lame évoque le moi affectif devant lequel viennent se poser et se résoudre tous nos choix. Sur le plan spirituel : on parle d'union entre l'esprit et la chair ; d'union du désir profond avec la Vérité ...
 
 

 

 

 

 
 
Différentes cartes de la lame N°6 – L'amoureux - 
 
* Pourquoi les Templiers sur ce chemin du Graal ? 
Le ''calice'' apparaît souvent dans l'iconographie templière, il est l'allégorie du repas des confréries, voire beaucoup plus...L'ancien roman allemand Titurel, confie la garde du Graal aux Templiers, dont le héros bâtit un temple au Saint-Graal, à Montsalvat, et en confie la garde donc aux chevaliers du Temple... 
Si on parle des douze chevaliers de la table ronde, on pense aux douze dignitaires des Templiers, gardien du Calice, qui pour certains symbolise la Gnose... 
Bref, il est tentant de les rapprocher: quand le mythe et l'histoire se rencontrent, elles peuvent donner des légendes pleines de sens ...
 
* Pourquoi les Templiers avec le Tarot ?
Il y a des correspondances parlantes : les quatre suites de l'arcane mineur ( Coupes, Bâtons, Deniers et Epées) sont analogues aux quatre objets sacrés (Calice, Lances, Pierres, Epées) mentionnés dans les textes du Graal...
 
Les archétypes associés à l'Ordre comme le Roi Salomon, Madeleine, Melchisédech sont à la source de l'arcane majeur.. Il y a 22 grands maîtres de l'ordre et 22 atouts du Tarot...
La numérologie qui s'attache au Tarot, parle à l'histoire des Templiers ; un exemple : le 13 Octobre 1307 est la date de l'arrestation des Templiers de France ; il représente le nombre = 1+3+1+0+1+3+0+7=16. Dans l'arcane majeur : 16, c'est la chute de la Tour ( ici : la chute du Temple)... Au moins dix lames peuvent être liées numériquement à des événements importants de l'histoire de l'Ordre... C'est curieux, c'est même ''beau'' … Et sans autre importance que celle de faire grandir le Mythe ( et ce n'est pas rien …!)  
 
N'oubliez-pas, pour continuer le Chemin, préparez votre question... ?
 
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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L'Aventure au temps de la Quête du Graal -1/2-

Publié le par Perceval

Que faut-il comprendre quand on dit que la Quête est une ''aventure'' … ?

 

Le mot « aventure » est un terme technique essentiel du vocabulaire poétique médiéval.

 

Le terme '' aventure '', par lequel le chevalier définit l'objet de sa quête - et ce faisant, il se définit lui-même :

 

« .. Je suis, dit-il, un chevalier en quête

de ce qu'il ne peut trouver;

car je cherche et rien ne trouve.

- Et que voudrais-tu trouver ?

- Aventurer pour éprouver ma prouesse et ma hardiesse.

Donc je te prie, te demande et t'implore,

si tu le sais,

de me conseiller une aventure ou une merveille.

- De cela, dit-il, tu te passeras : je ne sais rien de l'aventure et jamais je n'en ai entendu parler. »

Le chevalier au Lion - (Yvain, v. 358-369)

Le terme ' aventure ' a à faire avec ''la merveille'' ( ou d’aventure ou de mervoille ) et qu'il devra servir de preuve pour le courage d'Yvain.

Cependant on ne saurait comprendre la subtilité sémantique de ce passage si l'on ne se rappelle pas qu'en ancien français le verbe ''trover'' ne signifie pas simplement '' trouver '' ..( …) à l'origine c'était un terme technique du vocabulaire poétologique roman, qui voulait dire " composer de la poésie " et les poètes s'appelaient eux-mêmes trobadors en langue d'oc, trouvères en langue d'oil ou ou trovatori en italien.

Yvain, qui cherche ce qu'il ne peut trouver, pourrait être alors une évocation voilée de Chrétien de Troyes qui '' trouve '' l'argument de son poème: l'aventure du chevalier est l'aventure même du poète.

 

L'aventure est pour le chevalier autant rencontre avec le monde que rencontre avec lui-même et, de ce fait, source de désir et d'effroi.

Dans un lai de Marie de France, le protagoniste, après avoir rencontré la femme aimée, rentre chez lui en proie à un si grand trouble qu'il doute de lui et de ce qu'il a vu:

« Il pensait à son aventure

et doutant en son cœur

il est saisi d'effroi, ne sait que croire

et il ne lui paraît pas qu'elle soit vraie. »

(Lai de Lanval, v. 197 -2O0)

Toutefois, plus étrange et risquée est l’aventure, plus elle est désirable :

« Mais plus grande est la merveille

et plus risquée l'aventure,

plus il la désire et plus elle l'attire. »

(Érec et Enide, v. 5 644-5 646)

 

L'Aventure dans les romans de chevalerie désigne autant le hasard que le destin, autant l'événement inattendu qui met le chevalier à l'épreuve qu'un enchaînement de faits qui se vérifieront nécessairement.

« L'aventure qui doit être

il ne peut se faire qu'elle ne soit,

et ce qui doit arriver

pour rien au monde ne peut manquer. »

(Roman de Rou, v. 5609-5612)

 

Sources : Textes extraits de '' L'aventure – de Giorgio Agamben '' Rivages Poche

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La Quête du Graal : Melchisédech – 5/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..)
«  Sur quelle aide, puis-je compter ?' »
Entrez !

Nous sommes toujours (symboliquement) dans le Temple de Salomon, dans la cour, on voit un simple autel cubique en marbre noir, sur lequel est posée une pierre verte brillant d'une aura puissante. Sur son côté se tient Melchisédech le prêtre. L'air sérieux et concentré, il tient dans ses mains un large plat peu profond rempli d'eau, qu'il s'apprête à verser sur la pierre. Au premier plan, le ' Chercheur ' du Graal met genou à terre...


Melchisédech, est dans la Tradition biblique, grand prêtre et roi de Salem ( Gen 14, 18). Il bénit le patriarche Abraham et sort du Temple pour offrir du pain et du vin : offrande ( eucharistique …) qui en fait un précurseur du Christ.

Certains récits décrivent Abraham qui reçoit des mains de Melchisédech le Saint-Graal ; longtemps plus tard, cette coupe aurait été apportée au Temple de Jérusalem. Il est dit qu'alors, la Reine de Saba servit de médiatrice pour la circonstance. Elle se présenta devant le roi Salomon avec le Saint-Graal et après l'avoir soumis à de rigoureuses épreuves elle lui remit le joyau si précieux.
Le Sacro Catino ( graal)
exposé à la cathédrale Saint-laurant de Gênes

Le Sacro Catino (« bassine sacrée » en italien) est un plat, exposé actuellement à la cathédrale Saint-Laurent de Gênes, qui passait pour être en émeraude et pour avoir été offert par la Reine de Saba à Salomon et avoir servi lors de la Cène.

L'image de Melchisédech qui s'apprête à verser l'eau sur la pierre représente, dans la légende arthurienne, le départ d'une aventure transformatrice. Cette image représente l'importance de l'expérience, sans laquelle nul individu ne peut avancer : la Quête est une aventure. Elle incarne aussi les grâces de la miséricorde, de la gentillesse, de la paix et du pardon, nécessaire pour accomplir sereinement le chemin ...
Intéressant de constater que dans le Tarot cette carte représente '' Le Pape'' et symbolise la spiritualité, le dialogue...

Et, dans la légende arthurienne, on retrouve la même image avec Taliesin, poète et barde.
Selon le poème du IXe s. Preiddeu Annwn, Taliesin accompagne Arthur dans sa quête d'Annwn (= l'Autre-Monde) qu' Arthur et ses chevaliers traversent … à la recherche d’un chaudron magique, possession de neuf magiciennes. Dans la Vita Merlini de Geoffrrey de Monmouth, Taliesin aide Merlin à conduire Arthur à Avalon pour qu'il soit guéri par la déesse Morgen.

Taliesin est le gardien de la Tradition. Taliesin est prêt à aider le chercheur et à lui permettre d'entrer en contact avec la sagesse vivante de l'Autre-Monde. Il est un interprète ainsi qu'un instructeur, capable de créer des images pour l'esprit réceptif et de créer des connexions dans le cœur qui attend.

N'oubliez-pas …. ! Pour continuer le Chemin : - Quelle sera votre question ?

A suivre ...
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

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La Quête du Graal : Salomon – 4/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..)
- « Quels moyens, je me donne, pour atteindre mon but ? »
Entrez !
 
La figure de Salomon : c'est celle d'un roi légendaire ( héritier du roi David), juste et sage. Il décide la construction du Temple de Jérusalem, épouse la Reine de Saba... Ses légendes servent de base à d'innombrables récits...
Ainsi, enfant, Salomon est attaqué par un démon du nom de Belzébuth. Il implore l'aide de Dieu, et reçoit un anneau magique qui lui permet de contrôler les éléments, et fait de lui le sorcier le plus puissant de son époque …
 
Le Roi Arthur est une figure héroïque, son énergie créatrice est alimentée par le contact de l'Autre-Monde.. Divers événements feront qu'il ne sera pas à la hauteur de ce qui était attendu de lui... Cependant, sa disparition dans l'île d'Avalon, fait espérer son retour ...
 
Dans la tradition du Graal chrétien, Salomon est l'ancêtre de Galaad, l'homme prédestiné à trouver le Graal et l'héritier de sa couronne royale. La ''Quête du Saint-Graal'' rappelle qu'il connaît les vertus des pierres précieuses, des plantes et le cours des étoiles. Il joue un rôle symbolique fort, puisqu'il fait le lien entre la mythologie christianisée du Graal, et les textes bibliques...
enluminures Bible - Salomon enseignant
 
Pour les Templiers, Salomon, est le patriarche attaché au Temple. Ils se désignent, eux-mêmes, par le nom : « Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ».
 
Pour le '' Chercheur '' : à Salomon, correspond l'image du Père initiateur . Il incarne la volonté individuelle et la force nécessaire pour surmonter les obstacles... Il aide le Chercheur à comprendre les mystères de la Quête...
 
 
N'oubliez-pas …. ! Pour continuer le Chemin : - Quelle est votre question ?

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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La Quête du Graal : La reine de Saba – 3/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..)
- « Quelle est la source de ma recherche. ?» ou « Qui peut- m'accompagner.. ? »
Entrez !
 
C'est une autre figure féminine ; la figure de la souveraine. Pour un chrétien, l'image reçue de Marie, la mère du Christ, y correspond avec la '' Marie reine'', ou la ''Mater Dolorosa''...

Dans le Premier Testament, cette figure d'impératrice est reprise par la Reine de Saba, comme épouse du roi Salomon ( carte suivante)... Elle est connue pour l'importance et la pénétration de son intuition ainsi que pour son discernement inné. Elle teste la sagesse du roi Salomon en lui posant nombre d'énigmes...

Dans les mythes du Graal, c'est la reine de Saba qui a la vison du Graal et prophétise qu'un descendant de la lignée royale Le découvrira.. Elle demande à Salomon de bâtir une nef capable de traverser non seulement l'espace, mais aussi le temps, jusqu'à l'époque d'Arthur, lorsque les mystères de la Coupe seront révélés. Au cours de la Quête, c'est le bateau dans lequel Galaad ( descendant de Salomon), Perceval et Bohort voguent vers Sarras, la ville mystique du récipient sacré.

Salomon et la Reine de Saba de Pellegrino Tibaldi , les deux personnages montrent à la fois le Haut et le Bas.
Autre personnage, qui s'en approche : Guenièvre manifeste l'harmonie entre le roi et sa contrée... 
The Lady Guinevere, by Alexie King


Si elle ne trouve pas à tous les niveaux un amour réciproque de la part de son époux, elle cherche alors un champion pour faire réagir le roi et lui rappeler ses devoirs envers sa reine et le pays qu'elle 
représente.

Elle est en réalité défendue par de nombreux chevaliers, dont le champion du Graal, Peredur ( Perceval, Persifal), et Gereint... Chacun venge Guenièvre quand elle est insultée par un chevalier sans nom, qui vient peut-être de l'Autre-Monde...
 

La reine de Saba, ou Guenièvre, représente le désir d'agir et d'entreprendre ; elle est une participante puissante et redoutable à la Quête, accompagnant les chercheurs et les encourageant à faire le nécessaire pour réussir.
 


Pour continuer le Chemin : - Quelle est votre question ?

 

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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La Quête du Graal : Marie-Madeleine – 2/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ?
- « Qui est-Il?», la question devant le tombeau vide... 
Ou « Quel savoir, quelle connaissance, puis-je espérer ? »
Entrez !
 
S'il s'agit ici, de Marie-Madeleine, il ne s'agit pas de réduire ces deux dernières cartes à un couple comme un autre. D'abord si l'on évoque l'incarnation divine, elle ne peut se réduire à du ''masculin''...
Marie-Madeleine, est la première apôtre, et le première témoin du mystère. Elle est proche de Jésus, et comme femme, elle porte l'image de l'union de l'âme humaine avec le divin... 
Elle rejoint d'autres mythes qui évoquent Sophia...
Alors qu'elle est l'apôtre des apôtres, nous ne retenons d'elle que l'image dévalorisante de la prostituée... ! Cette crainte de parler de Marie-Madeleine et de Jésus et de la féminité, illustre bien la difficulté de l'Eglise à donner une ''vraie'' place aux femmes en son sein... Mais, nous ne sommes qu'au XXIème siècle... Le catholicisme a encore le temps d'évoluer... Patience...
 
Pour ce qui est du Graal : je rappelle que lors de la procession dans le château du Roi Pêcheur, devant Perceval... Le Graal est porté par une demoiselle. Je pourrai évoquer aussi la place des femmes dans la Légende arthurienne ; et la tentative vite étouffée du rôle du féminin dans ''l'Amour courtois''...
 
Le personnage féminin arthurien correspondant, peut être '' la Dame du Lac''. Elle a le rôle d'instructrice, d'initiatrice... Elle assiste les chevaliers, en particulier Lancelot...
 
Avec le Christianisme, bien sûr, ces ''modèles'' sont délaissés... Sauf, qu'ils peuvent revenir par la sagesse populaire : ainsi le culte marial. Marie, est l'une de ces images ; et qui peut avantageusement être complétée par la figure de Marie-Madeleine.
Et, si ce n'est – toujours - pas évident pour les catholiques: nous voyons ainsi, comment la tradition très ancienne du Tarot, nous oblige à nous interroger sur là où cela peut gêner … Ici, la place du féminin ...

by Gino D'Achille
 
Pour continuer le Chemin : - Quelle est votre question ?

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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Lancelot, au pont de l'épée

Publié le par Perceval

Se mettre à l’aventure, se préparer à passer outre... Une lecture de « Lancelot, le chevalier à la charette »

lancelot 2
Illustration de Thomas Mackenzie's pour la 1ère Edition of "Arthur and His Knights" (1920)

Lancelot, est le serviteur de Dieu et de sa Dame. Ses aventures sont contées par Chrétien de Troyes, à la demande de Marie de Champagne, digne fille d’Aliénor d'Aquitaine en matière d'éthique courtoise. Le chevalier est en Quête, ce qui quotidiennement se traduit par sa recherche d'aventure. Ce mot à lire dans le contexte arthurien, a une saveur particulière... Chevaucher, se battre, pour prouver valeur et honneur, mais aussi cheminer sans qu'il ne se passe rien … Patienter, jusqu'à la rencontre – à la croisée de chemins, ou au plus profond d'une forêt ( selon son humeur ) - l'un de ses pairs, ami ou rival, un animal emblématique ou l'une de ces demoiselles ( parfois une dame ), dont nul ne sait comment elle a pu se trouver là ; sinon pour relancer à point nommé la quête chevaleresque. Lancelot traverse le pont de l'épée pour sauver la reineL'épreuve du pont de l'épée surgit tout aussi soudainement devant le chevalier impatient d'éprouver son ardeur contre l’adversité. C'est dans un monde enchanté ( non profane ) que l'on entre ici...

Sur l'autre rive, seulement, une fois l'épreuve passée, lui sera donnée de comprendre que les lions - monstrueux gardiens du pont – n'étaient que des mirages destinés à mesurer sa détermination.. Mais au seuil du passage risqué, « l'onde félonesse » , les lions et le pont tranchant terrible forment une trilogie de l'horreur et, pour tout autre que lui, de la peur. Et l'on sent bien – à la manière dont ils sont décrits – qu'en eux résident la force même du Mal et de l'illusion contre quoi tout chevalier se doit de guerroyer. Aussi ne serait-on guère surpris de les entendre par avance ricaner, tandis que « pleurent et soupirent » les compagnons de Lancelot. Car en ce monde de rudesse guerrière, l'homme de cœur n'a point de honte à exprimer tristesse et pitié. C'est à son cœur de pierre qu'on reconnaît par contre le « mauvais » : Méléagant, le traître, ou le fils du roi Baudemagus qui assiste aux côté de son père, à l'héroïque traversée.

lancelot
Sir Lancelot, par Howard Pyle

A la crainte des compagnons d'armes, Lancelot ne répond que par le rire ; un rire qu'on imagine aussi cristallin que sa foi en la miséricorde divine. Dieu saurait-il laisser choir l'un de ses preux chevaliers ? Au déchaînement des forces du Mal peuvent seules répondre intégrité et simplicité : c'est pieds et mains dénudés qu'il passera le pont, retrouvant en la circonstance l'humilité du pénitent qui fut sienne le jour où on l'adouba chevalier. Un autre miracle ne pouvait dès lors qu'éclore sous les pas du chevalier sans peur mais néanmoins ensanglanté : «  L'apaise et le guérit Amour qui le conduit et le mène. » La leçon est ici bien proche de celle dispensée à Perceval – autre héros de Chrétien de Troyes  - découvrant, impuissant, les souffrances intolérables du Roi-pêcheur, gardien du Graal : seule guérit la plaie l'arme qui la fit. Transpercé d'amour pour sa reine plus encore que par le tranchant de l'épée, Lancelot le serviteur épris reçoit simplement de Dieu le juste salaire de sa foi inaltérable et de sa fidélité. Bienheureux cet univers chevaleresque où il suffisait d'un acte de vrai courage – celui d'un homme de cœur – pour restituer au monde sa pureté !

Texte de Françoise Bonardel

Extrait du texte de Chrétien de Troyes:

Ils allèrent cheminant sur la route la plus directe jusqu’à la chute du jour, et ils arrivèrent au Pont de l’Épée vers le soir, passé la neuvième heure. Didier Graffet lancelot-pont-epeeÀ l’entrée de ce pont, qui était si terrible, ils descendirent de leur cheval et regardèrent l’eau traîtresse, noire, bruyante, rapide et chargée, si laide et épouvantable que l’on aurait dit le fleuve du diable ; elle était si périlleuse et profonde que toute créature de ce monde, si elle y était tombée, aurait été aussi perdue que dans la mer salée. Et le pont qui la traversait était bien différent de tous les autres ponts ; on n’en a jamais vu, on n’en verra jamais de tel.
Si vous voulez savoir la vérité à ce sujet, il n’y a jamais eu d’aussi mauvais pont, fait d’une aussi mauvaise planche : c’était une épée aiguisée et étincelante qui formait ce pont jeté au-dessus de l’eau froide ; l’épée, solide et rigide, avait la longueur de deux lances. De part et d’autre il y avait un grand pilier de bois où l’épée était clouée. Personne n’avait à craindre qu’elle se brise ou qu’elle plie, car elle avait été si bien faite qu’elle pouvait supporter un lourd fardeau.
Mais ce qui achevait de démoraliser les deux compagnons qui étaient venus avec le chevalier, c’était l’apparition de deux lions, ou deux léopards, à la tête du pont de l’autre côté de l’eau, attachés à une borne en pierre. L’eau, le pont et les lions leur inspiraient une telle frayeur qu’ils tremblaient de peur et disaient : « Seigneur, écoutez un bon conseil sur ce que vous voyez, car vous en avez grand besoin. Voilà un pont mal fait, mal assemblé, et bien mal charpenté. Si vous ne vous repentez pas tant qu’il en est encore temps, après il sera trop tard pour le faire. Il faut montrer de la circonspection en plus d’une circonstance. Admettons que vous soyez passé – hypothèse aussi invraisemblable que de retenir les vents ou de les empêcher de souffler, que d’empêcher les oiseaux de chanter, ou même d’oser chanter ou que de voir entrer un être humain dans le ventre de sa mère pour renaître ensuite ; une chose donc aussi impossible que de vider la mer. Comment pouvez-vous en toute certitude penser que ces deux lions enragés, enchaînés de l’autre côté, ne vont pas vous tuer, vous boire le sang des veines, manger votre chair puis ronger vos os ? Il me faut déjà beaucoup de courage pour oser jeter les yeux sur eux et les regarder. Si vous ne vous méfiez pas, ils vous tueront, sachez-le bien. Ils auront vite fait de vous briser et de vous arracher les membres, et il seront sans merci. Mais allons, ayez pitié de vous-même, et restez avec nous ! Vous seriez coupable envers vous-même si vous vous mettiez si certainement en péril de mort, de propos délibéré. »
Alors il leur répondit en riant : « Seigneurs, je vous sais gré de vous émouvoir ainsi pour moi ; c’est l’affection et la générosité qui vous inspirent. Je sais bien que vous ne souhaiteriez en aucune façon mon malheur ; mais ma foi en Dieu me fait croire qu’Il me protégera partout : je n’ai pas plus peur de ce pont ni de cette eau que de cette terre dure, et je vais risquer la traversée et m’y préparer. Plutôt mourir que faire demi-tour ! »
lancelot et le pont de l'épéeIls ne savent plus que dire, mais la pitié les fait pleurer et soupirer tous deux très durement. Quant à lui, il fait de son mieux pour se préparer à traverser le gouffre. Pour cela, il prend d’étranges dispositions, car il dégarnit ses pieds et ses mains de leur armure : il n’arrivera pas indemne ni en bon état de l’autre côté ! Mais ainsi, il se tiendra bien sur l’épée plus tranchante qu’une faux, de ses mains nues, et débarrassé de ce qui aurait pu gêner ses pieds : souliers, chausses et avant-pieds. Il ne se laissait guère émouvoir par les blessures qu’il pourrait se faire aux mains et aux pieds ; il préférait se mutiler que de tomber du pont et prendre un bain forcé dans cette eau dont il ne pourrait jamais sortir.
Au prix de cette terrible douleur qu’il doit subir, et d’une grande peine, il commence la traversée ; il se blesse aux mains, aux genoux, aux pieds, mais il trouve soulagement et guérison en Amour qui le conduit et le mène, lui faisant trouver douce cette souffrance. S’aidant de ses mains, de ses pieds et de ses genoux, il fait tant et si bien qu’il arrive sur l’autre rive. Alors lui revient le souvenir des deux lions qu’il pensait avoir vus quand il était encore de l’autre côté ; il cherche du regard, mais il n’y avait pas même un lézard, ni aucune créature susceptible de lui faire du mal. Il met sa main devant son visage pour regarder son anneau et il a la preuve, comme il n’y apparaît aucun des deux lions qu’il pensait avoir vus, qu’il a été victime d’un enchantement, car il n’y a là âme qui vive. Quant à ceux qui sont restés sur l’autre rive, voyant qu’il a ainsi traversé, ils se réjouissent comme il est bien normal ; toutefois, ils ne savent rien de ses blessures. Mais lui considère s’en être tiré à bon compte pour n’avoir pas subi là plus de dommage. Il étanche sur tout son corps le sang de ses blessures avec sa chemise.

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La Quête du Graal : le Chercheur – 0/21 -

Publié le par Perceval

Je vais commencer une nouvelle série : En une vingtaine de chapitres, amorcer le chemin de la Quête du Graal, * en suivant des épisodes de la Légende arthurienne, * en relisant des passages historiques, en particulier ceux des Templiers, * en se nourrissant de la symbolique chrétienne du Graal ( sans oublier ses racines celtiques...)...
 
Vaste entreprise, qui a besoin d'un ordre ; et autant le choisir traditionnel. Je choisi les arcanes du Tarot ; qui ne servent ici qu'à illustrer un propos... Ce propos ne se veut pas ésotérique, il n'est porteur d'aucune connaissance initiatique... Il peut se tromper, se corriger, s’accroître, et se moquer de lui-même …
 
Le personnage principal, c'est moi, c'est vous. C'est le ''Chercheur'' ; en l’occurrence ici : le Chercheur du Graal...

Qui est-ce ? Un jeune homme à l'air innocent, en marche, sur une route qui disparaît à l'horizon. Il arrive devant une épreuve, par exemple un abîme qui ne peut être traversé qu'en passant sur une grande épée posée à travers, comme un pont.

 

De l'autre côté, le Graal, lumineux, suspendu dans les airs...
L'histoire du Graal, est celle d'une recherche, d'une Quête.
Des textes anciens, comme le poème gallois '' Preiddeu Annwn'' racontent le voyage entrepris par la héros, Arthur, et ses guerriers à la recherche d'un chaudron magique – propriété du Seigneur de l'Autre Monde – qui ramènent les morts à la vie...
Dans le Conte du Graal, de Chrétien de Troyes, le Chercheur est un jeune homme naïf, dont l'innocence et le manque d'expérience sont bénéfiques à la Quête. Affranchi des désirs du ''monde'', il est libre de chercher...
Le Chercheur ne s'inquiète pas d'être compris d'autrui et poursuit sa route solitaire, inspirée...
 
A lire : Le chevalier à la Charrette : pour délivrer Guenièvre et pénétrer au royaume de Gorre, Lancelot se rend jusqu’au Pont de l’Epée, dont la lame tranchante le blesse profondément. L’aventure s’achève, après de nombreuses épreuves, par la victoire de Lancelot sur Méléagant et la libération de la reine. ( Voir l'article suivant)
 
Dans le Conte du Graal, le but ''ultime'' n'est pas de répondre à quelque question ; mais de poser la bonne question... Rappel :Si Perceval avait posé la question au château du Roi Pêcheur, le roi eût été guéri, et la Terre restaurée ..
Sur ce chemin, il en est de même. A vous de poser la '' bonne question ''… 'Une' réponse sera proposée au chapitre suivant.
 
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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La littérature médiévale sur le Graal en suivant la chronologie...

Publié le par Perceval

1009 : Destruction du Saint-Sépulcre par le calife fatimide al-Hakim.

1031 : Disparition du califat de Cordoue. La prise de Tolède en 1085 et celle de Huesca en 1096 ; annoncent la ''Reconquista '' en Espagne... Depuis le début du IXe siècle, les musulmans occupent la péninsule ibérique..

1095 : L’empereur byzantin Alexis Ier Comnène demande de l’aide au pape Urbain II ; celui-ci prêche au concile de Clermont la première croisade. 1099 : Prise de Jérusalem par les croisés.

1120 : Fondation de l’ordre militaire des Templiers.1122 Suger, abbé de Saint-Denis ; et 1137 règne de Louis VII.

1135 :Historia Regum Britanniae de Goeffroy de Monmouth

Premier portrait d’Arthur, Historia Regnum Britanniae, Geoffroy de Monmouth, milieu du XIIème siècle, copié à l’abbaye du Mont Saint-Michel, BnF (MS latin 8501, f.108v)Geoffroy de Monmouth (vers 1100 - 1155), est un évêque et historien anglo-normand au service du roi Henri 1er d'Angleterre, écrivant en langue latine et familier du monastère de Glastonbury.

« Histoire des rois de Bretagne ») est une œuvre rédigée en latin entre 1135 et 1138

On y trouve la première apparition de personnages marquants tels que Merlin ou Uther Pendragon. 

L’œuvre eut un grand succès au Moyen Âge. Elle marque la naissance littéraire de la matière de Bretagne et a une influence déterminante sur la légende arthurienne. Une adaptation en français est faite par le trouvère normand Wace en 1155 titrée Le roman de Brut.

Il n’est pas encore question du Graal, mais les fondements de la légende arthurienne prennent forme. Les légendes celtiques, le merveilleux et l’idéal chevaleresque permettent de donner à Arthur une grandeur comparable à celle de Charlemagne et donne à la dynastie des Plantagenêt une ascendance glorieuse.

1148-1149 : Deuxième croisade.

1155 : Mécénat d’Aliénor d’Aquitaine et de ses filles – André le Chapelain, De amore ; essor de la fin’amor – Troubadours de la 2e génération, Bernard de Ventadour

1155 :Roman de Brut de Wace

Wace (1100-1180) est un poète normand.

Le Roman de Brut, ou Brut, est une histoire légendaire de l’Angleterre de 14 866 vers rédigée en anglo-normand par Wace. Probablement commencé vers 1150, le Roman de Brut est achevé en 1155.

Wace traduit et adapte librement en anglo-normand l’oeuvre de Geoffroy de Monmouth. Il invente notamment la Table Ronde. Ce roman dédié à la reine d’Angleterre Aliénor d'Aquitaine relate l’histoire de l’ancêtre supposé du roi Henri II Plantagenêt, Brut, qui aurait lui-même eu pour aïeux Brutus, premier roi d’Angleterre, et Énée.

1180 : règne de Philippe Auguste.

1180 :Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes

Dans ses cinq romans de chevalerie, Chrétien de Troyes développe la légende arthurienne et la « matière de Bretagne ». Il donne notamment une unité au cadre arthurien en fixant un ensemble de personnages clés dans lesquels puiseront ses continuateurs.

1187 : prise de Jérusalem, par Saladin.

1189-1192 : Troisième croisade.

1192 : Victoire de Richard Cœur de Lion contre les troupes de Saladin à Jaffa. Trêve …

1190-1200... : Première Continuation de Perceval ou Continuation Gauvain : Œuvre du pseudo-Wauchier de Denain

Ecrivain français de langue d'oïl et traducteur actif au début du XIIIe siècle.

Cette Première Continuation suit les aventures de Gauvain en oubliant à peu près totalement (du moins pour la plus ancienne version) le personnage de Perceval. C’est au tour de Gauvain de se rendre, et d’échouer, au Château du Roi Pêcheur. Cependant, les modifications du texte de Chrétien sont nombreuses. On ne peut plus à proprement parler de cortège, le Roi Pêcheur n’est plus mehaigné, et le Graal se déplace tout seul. Il se rapproche d’ailleurs dans cette version des chaudrons d’abondance du folklore celtique. Si la Lance qui saigne est christianisée par son assimilation à la lance de Longin, il n’en va pas de même pour tous les motifs de cette scène qui reste très largement mystérieuse, voire angoissante.

 la Première Continuation ne clôt pas l’histoire du Graal. Gauvain échoue devant une épreuve préalable qui consiste à ressouder l’épée brisée et il s’endort alors que le roi allait lui révéler les ravages occasionnés par le « coup douloureux » portés par cette épée.

1204 : Parzifal de Wolfram von Eschenbach.

Un roman du Graal allemand qui s’inspire assez précisément du Conte du Graal de Chrétien de Troyes et également de sources indo-européennes...

1205-1210 :Deuxième Continuation ou Continuation Perceval ; Oeuvre de, ou rédigée sous l’autorité de Wauchier de Denain.

Wauchier de Denain, un clerc, traducteur par ailleurs d’ouvrages religieux en prose, a pour mécène le comte et la comtesse de Flandre, de la famille de Philippe de Flandre, le commanditaire du Conte du Graal.

Cette continuation se clôt après la tentative de Perceval de ressouder l’épée brisée. Tentative presque réussie, mais pas tout à fait puisqu’il reste une petite fêlure sur la lame. Or Perceval a posé les questions du Graal et de la Lance et rien ne s’est produit : la prouesse attendue de la part du héros du Graal est donc renouvelée. L’histoire n’est pas menée à son terme.

Cette oeuvre par contre, se recentre sur Perceval et se rapproche, en ce qui concerne le Graal, du texte de Chrétien : il y a à nouveau une procession, le Roi Pêcheur ne se déplace plus. La voie est ouverte vers une christianisation du Graal, et ce par divers épisodes, comme l’enfant dans l’arbre. Christianisation que l’oeuvre de Robert de Boron fixera...

1200-1210 : Le Roman de l’Histoire du Graal de Robert de Boron. ( il a eu connaissance des deux premières continuations)

L’oeuvre de Robert de Boron est conçue comme un roman en vers en trois parties : l’Histoire du Graal, le Merlin et le Perceval. Mais si nous avons conservé le Roman de l’histoire du Graal, il ne reste du Merlin en vers qu’un fragment et son Perceval en vers est perdu.

Cette oeuvre marque une étape décisive dans l’évolution médiévale du mythe du Graal. Son oeuvre, qui s’appuie sur Chrétien de Troyes et Wace (pour le personnage de Merlin notamment) se veut une christianisation : Merlin devient un « sergent » de Dieu et le Graal est relié aux Evangiles Apocryphes grâce auxquelles il devient une relique : le plat de la dernière Cène et le récipient dans lequel Joseph d’Arimathie a recueilli le sang du Christ.

1210 : Mises en proses des romans en vers de Robert de Boron : Merlin et Perceval, dont il nous reste deux manuscrits : le Didot-Perceval et le Perceval de Modène.

Le Graal est christianisé, conformément à l’Histoire du Saint Graal en vers de Robert de Boron. Le héros est Perceval, conformément au Conte du Graal de Chrétien, auquel il est d’ailleurs fait plusieurs fois référence, de façon explicite ou implicite, lorsque certaines aventures évoquent précisément celles du Perceval de Chrétien. On retrouve également un certain nombre de motifs issus des deux premières Continuations.

Le motif de la question à poser demeure, de même que l’échec de Perceval lors de sa première visite au Château du Roi Pêcheur. Le personnage de Gauvain par contre, disparaît totalement, et certaines de ses aventures sont désormais attribuées à Perceval, comme le tournoi contre Mélian de Lis.

Ces mises en prose sont importantes dans le devenir de la littérature arthurienne et du Graal. La prose en effet servait auparavant pour la traduction et le commentaire des textes sacrés. Désormais, le Graal est valorisé et en quelque sorte authentifié. Le lien entre le Graal et la prose est si étroit que, hormis les deux dernières Continuations du Conte du Graal, toujours en vers, les autres oeuvres traitant du Graal sont désormais en prose.

1204 : Les croisés saccagent Constantinople et fondent l’Empire latin.

1209-1229 : Croisade contre les Albigeois dans le sud de la France.

1215 : Quatrième concile de Latran. ( Lutte contre les hérésies : canon 21 relatif à la confession ...) et définit le concept de la transsubstantiation : «  il identifie le sang et le corps du Christ réellement contenus dans le vin et le pain lors de la communion chrétienne. ». Le Graal est identifié au calice pendant la 'consécration' lors de la messe.

1190-1250 : Perlesvaus, Li Haut Livre du Graal. Anonyme, en ancien français

On ignore l’auteur et la date de cette oeuvre. Il est certain qu’elle a été écrite après le Conte du Graal et le Perceval de Robert de Boron auxquelles elle emprunte des éléments, mais on ne sait pas si elle se situe avant ou après le cycle du Lancelot-Graal.

Un roman qui fait suite au Conte du Graal. En effet, il s’ouvre alors que Perceval (qui se nomme dans l’oeuvre Perlesvaus, puis Par-lui-fait, puis Perceval) vient d’échouer au château du Roi Pêcheur. Nous suivons d’abord l’itinéraire de Gauvain, à la recherche du « bon chevalier » Perlesvaus, puis nous retrouvons ce dernier. La structure est donc inverse par rapport à celle de Chrétien. Un points intéressant : la violence du récit. A la différence de la Quête du Graal, l’oeuvre ne renie pas la chevalerie terrestre, mais est au contraire, un appel à la croisade, dans son opposition systématique entre l’Ancienne Loi, la Nouvelle, et la religion des sarrazins.

1217-1229 : Cinquième croisade.

1219 (Août) : Saint François d’Assise prêche auprès des croisés et du sultan.

1215-1235: Le cycle du Lancelot-Graal, avec notamment la Quête du Saint Graal

Le cycle du Lancelot-Graal est un grand ensemble élaboré en cinq parties, dont l’ordre de composition est le suivant : Lancelot, la Quête du Saint Graal, la Mort le roi Artu, auxquelles viennent s’ajouter une Histoire du Saint Graal et une Histoire de Merlin qui ne sont pas celles de Robert de Boron.

Ces récits ayant été composés par des auteurs différents, la variété d'esprit, d'inspiration et de mode d'écriture prévaut sur l'unité.

La Quête du Saint Graal se consacre exclusivement à l’objet mythique. Son apparition lors de la Pentecôte dès les premières pages du roman lance l’ensemble des chevaliers de la Table Ronde sur sa quête. On y retrouve Gauvain, mais ce dernier, symbole même d’une chevalerie trop terrienne, échoue. Lancelot, marqué par le péché et la faute que représente son amour pour Guenièvre ne peut que très rapidement apercevoir le Graal, après sa conversion, tandis que Perceval, Bohort et Galaad seuls parviennent au Graal dont Galaad découvre les ultimes secrets.

Tout en conservant le héros initial de la quête, Perceval, c’est désormais Galaad, fils de Lancelot et de la fille du Roi Pêcheur, chevalier vraiment pur à la « semblance » du Christ qui devient le héros du Graal.

Ce cycle a été l'une des plus importantes sources du Morte d'Arthur de Thomas Malory.

1230: Troisième Continuation, œuvre de Manessier. La Commanditaire est Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut († 1244). Elle est la fille aînée de l'empereur Baudouin de Constantinople et de Marie de Champagne( fille d'Aliénor d'Aquitaine)

La rédaction du cycle du Conte du Graal est fortement liée à la famille comtale de Flandre. Chrétien de Troyes écrivait sous la protection de l'oncle de Jeanne, Philippe de Flandre. Manessier, auteur de la Troisième continuation, a dédié son œuvre à la comtesse Jeanne. Il est vraisemblable que son prédécesseur Wauchier de Denain, auteur de la Seconde continuation ait également fait partie de son entourage, sans qu'on puisse démontrer de manière certaine que l'ouvrage fut écrit pour elle.

Cette continuation s’enchaîne à la Deuxième Continuation, restée inachevée...

Manessier trouve un achèvement aux aventures du Graal. L’épée est ressoudée par Perceval puis de nouveau brisée. Elle ne sera ressoudée que lorsque Perceval aura tué Partinal de la Rouge Tour. Le Roi Pêcheur retrouvera alors l’usage de ses jambes. Perceval apprenant du Roi qu’il est son neveu, il fait le vœu de lui succéder. Perceval succède au Roi Pêcheur mais après sept ans de règne il se retirera dans un ermitage pour y finir pieusement ses jours, nourri par le Graal qui sera emporté avec lui dans les cieux...

« Au fur et à mesure qu’elle est retouchée, l’histoire du Graal ne cesse de se cléricaliser. Certes, la Troisième Continuation garde l’arrière-fond des luttes entre partis aristocratiques et leur lot de violences gratuites et de vengeances incessantes, propres au Conte de Chrétien de Troyes. Mais Manessier met, pour la première fois, explicitement en scène la lutte du héros contre le diable. De plus, Perceval devient prêtre à la fin de ses jours. La spiritualité est omniprésente dans un roman où foisonnent les symboles religieux. » Aurell Martin (2007). op. cit., p. 381

1225-1230: Continuation du Conte du Graal, œuvre de Gerbert de Montreuil.

Gerbert de Montreuil est un poète picard. Il dédie à Marie, comtesse de Ponthieu, un roman d'aventures : le Roman de la violette.

Gerbert de Montreuil, qui écrit que les descendants de Perceval conquerront Jérusalem (évidente allusion à Godefroy de Bouillon et à ses frères), pourrait avoir composé sa continuation pour les comtes de Boulogne.

Cette continuation, contemporaine de l’œuvre de Manessier, mais rédigée de façon indépendante, s’enchaîne également à la Deuxième Continuation.

Une voix divine explique à Perceval qu’il doit subir de terribles épreuves s’il veut entendre les secrets du Graal. Perceval se heurte aux portes du paradis, sur lesquelles il brise son épée. Il remporte de rudes épreuves avant son retour au château du Roi Pêcheur. Là, il réussit à ressouder l’épée de façon parfaite. Lors de sa présence au passage du cortège, son hôte lui révèle les mystères du Graal et de la lance brisée. Pour autant, Gerbert de Montreuil ne parvient pas à terminer l’histoire.

L’œuvre de Gerbert de Montreuil, bien qu’elle soit inachevée, à la différence de la Troisième Continuation, oriente, comme l’œuvre de Manessier, le motif du Graal dans un sens nettement religieux. La christianisation du mythe est désormais acquise, et ce depuis l’œuvre de Robert de Boron.

Un changement s’opère au 13e siècle dans l’approche du merveilleux celtique dont s’inspirait Chrétien de Troyes. Martin Aurell ( médiéviste) souligne cette différence :

« Les romans arthuriens adoptent un ton pédagogique, aux antipodes du mystère et de l’intrigue que Chrétien de Troyes avait su préserver dans son Conte. Des explications allégoriques sur les épisodes et objets des romans pullulent désormais dans la matière de Bretagne. Elles relèvent de la culture cléricale et savante, qui fait intervenir le diable dans des merveilles que les récits du XIIe siècle auraient présentées comme de simples exceptions aux lois de la nature. » Aurell Martin (2007). op. cit., p. 384

1236 : Ferdinand III de Castille prend Cordoue.

 

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