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Articles avec #kundry tag

Parsifal de Wagner - Kundrie

Publié le par Perceval

Parsifal est l'histoire de la quête spirituelle du héros et le combat du bien et du mal sur fond d’exaltation de l’idéal chevaleresque.

La ''Kundry'' créée par Wagner, apparaît tour à tour comme la servante passionnément dévouée des chevaliers du Graal quand elle est livrée à sa propre nature, et comme leur ennemie acharnée, l’instrument de leur déchéance, lorsque, subissant malgré elle le magique ascendant de Klingsor, elle se transforme en une femme « effroyablement belle » et devient le moyen de séduction le plus irrésistible des jardins enchantés.

Lola Montes 1852

Les pieux chevaliers ignorent cette double nature et ne voient en elle qu’un être bizarre, malade, indompté, dont les fréquentes et longues absences, précédées d’un profond sommeil, correspondent toujours à un nouveau malheur venant fondre sur eux ; mais c’est elle qui a séduit, et perdu Amfortas, et c’est sur elle encore que compte le sorcier pour faire sombrer la vertu du ''chaste fou'' promis. Effroyables missions contre lesquelles l’infortunée se révolte ; aussi la voit-on sombre et angoissée chaque fois qu’elle sent s’appesantir sur ses yeux le lourd sommeil hypnotique dans lequel la plonge Klingsor lorsqu’il veut la soumettre à son odieuse puissance.

Perceval le gallois - Rohmer

 

Finalement, c'est Kundry, qui éclaire Parsifal sur sa propre histoire, et qui lui permet d’accomplir son destin.

Si Parsifal ne se perd pas dans le jardin maléfique des ''filles-fleurs'' de Klingsor ; il est soudain pris par une voix d’une irrésistible beauté qui s’adresse à lui : « Parsifal ! » A quoi le jeune garçon étonné répond: « Est-ce moi que tu as appelé, moi qui n’ai pas de nom? » Kundry, sait que lui, Parsifal, est bien le rédempteur annoncé par la prophétie... Kundry cherche désespérément à se libérer de sa propre malédiction ( celle d’avoir ri autrefois du Sauveur souffrant ), ce qui - pense t-elle – ne pourra se faire qu’en se faisant aimer totalement d’un être pur et innocent comme l’était le Sauveur dont le souvenir l’obsède... Elle entreprend de séduire ce chevalier simple et transparent qui l’attire irrésistiblement.

Klingsor verflucht Kundry (Franz Stassen)

Au moment où Parsifal s'apprête à sombrer délicieusement : il rejette brutalement la séductrice, se redresse et se précipite loin d’elle en criant de toutes ses forces: « Amfortas – la blessure !- la blessure! -elle brûle dans mon cœur- oh, plainte, plainte, terrible plainte, j’ai vu saigner la plaie. Voilà qu’elle saigne en moi maintenant ! »

Wagner dans une lettre à Louis II explique le sens de cette réaction inattendue: « Le baiser qui fait succomber Amfortas au péché éveille en Parsifal qui lui est innocent la conscience de la faute commise par le malheureux dont il n’a auparavant ressenti que confusément la plainte désolée. La cause du péché d’Amfortas lui apparaît en toute clarté à travers son propre sentiment de la compassion. C’est avec la rapidité de l’éclair qu’il reconnaît le poison. Ainsi le savoir de Parsifal est plus grand que celui de toute la chevalerie de Graal qui a toujours pensé qu’Amfortas ne souffrait que de la blessure infligée par la lance. »

Kundry répond: « Si tu es rédempteur, quel pouvoir méchant t’interdit de t’unir à moi pour mon salut (…) Une heure seulement m’unir à toi, qu’en toi je sois absoute et sauvée! » Parsifal: « Le baume qui guérit ta peine vient d’autre source que ton mal. » 

Bien plus tard, Kundry, à genoux aux pieds de Parsifal, lui lave les pieds et les essuie de ses cheveux, telle Marie-Madeleine autrefois avec le Christ.

Lors de la dernière représentation de Parsifal en présence de Wagner, il monte au pupitre pour diriger la fin de l’opéra. Il va mourir six mois plus tard à Venise, le 13 février 1883.

Nietzche va accuser son ancien ami de s’être « effondré soudain, éperdu et brisé, au pied de la croix des chrétiens » ; cependant il admire l'oeuvre : « Parsifal  conservera éternellement son rang dans l’art de la séduction, comme le ‘coup de génie’ de la séduction… J’admire cette œuvre, j’aurais aimé l’avoir faite. »

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