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histoire

Roger de Laron – Pèlerin à Jérusalem -3/,-

Publié le par Perceval

On ''monte'' à Jérusalem (la ville est à 900m d'altitude) et, … Enfin, la ville Sainte apparaît :

« nous gectasmes à genoulx et chantasmes en grant joye et dévotion Te Deum Laudamus et le pseaulme qui ensuyt (Lauda Jerusalem), qui ne fut pas sans gecter grant quantité de larmes... »

Jérusalem - Porte de Jaffa

A la porte de Jaffa, il faut descendre de monture, car aucun chrétien n'a le droit de chevaucher, fût-ce sur un âne, dans les rues de Jérusalem. 

Jérusalem paraît au pèlerin du XIVe siècle, comme une petite ville sans défense, avec peu de tours... Déjà les visiteurs se délectent des ''bazars'', des rues animées... Beaucoup d'églises sont reconvertis en mosquées, et même des quartiers sont interdits aux pèlerins.

Jérusalem apparaît comme un grand reliquaire, que chacun veut toucher, et dont chacun veut emporter une parcelle... !

Le pôle du pèlerinage est le Saint-Sépulcre ; devant l'église, il y a une grande place toute pavée de marbre blanc, sur lesquels pavés tous les pèlerins se jettent à genoux et les baisent et se traînent sur leurs genoux jusques à la porte de la dite église.

 

Le visiteur se rend au mont des oliviers ; ici également, à la ''Mosquée de l'ascension'' on vénère l'empreinte des pieds de Jésus-Îsâ sur le rocher de l'Ascension ; également une grosse pierre sur laquelle Notre Dame avait coutume de se reposer - et on apprécie le panorama ( comme aujourd’hui !).

Jerusalem - la basilique de la Sainte-Agonie

Gethsémané a ses lieux saints, on y voit ,l'empreinte des mains de Jésus, de ses coudes sur la pierre de l'Agonie à Gethsémani ; la marque des coups de fouet sur la colonne de la Flagellation, traces de son sang sur la roche du Calvaire, et la couleur du sang de Notre Seigneur Jésus Christ apparaît encore aujourd'hui dans la fente de la roche.... '' Du Calvaire, à 24 pieds vers l'orient, est un autel sous lequel est une partie de la colonne contre laquelle le Seigneur fut flagellé.... Elle est de pierre de porphyre presque noir avec des taches rouges naturelles, que le peuple croit être les marques du sang du Christ.''

Saint-Sépulcre - La Pierre de l'Onction

Là est le trou où la Sainte Croix fut posée et dressée, dans ce trou, le pèlerin y pose sa tête...

Enfin, on s'émerveille des miracles qui auraient lieu au Tombeau de David...

Les français se logent du côté de l’hôpital Saint-Jean, autrefois occupé par les chevaliers … mais, à présent bien moins tenu, sans mobilier les pèlerins dorment à même le sol !.

Avec des relations, on peut trouver un abri confortable au Mont-Sion.

La visite des lieux saints se fait toujours accompagnée de religieux, trois pérégrinations sont proposées : la 'via captivitatis', la 'via crucis', et la procession à l'intérieur du Saint-Sépulcre. La 'via dolorosa' date du début du XVIe siècle...

 

Hors de la Cité, le pèlerin se rend à la 'probatica piscina' ( Bethesda) où le Seigneur a guéri le paralytique. Puis, on le dirige à gauche où Saint Etienne fut lapidé, avec le rocher où fut assis le futur Saint-Paul qui veillait sur les vêtements des tyrans...

Site archéologique de Bethesda

Le bâtiment du Cénacle vient d'être construit, on y voit la citerne présumée où fut prise l'eau pour laver les pieds des apôtres.

Dans la maison de Caïphe, on montre un pilier de pierre où Jésus fut lié et au milieu de la cour, un romarin commémore le reniement de Pierre ( site de Saint-Pierre en Gallicante).

Et, avant de quitter Jérusalem ( après deux semaines) le pèlerin accomplit le plus grand moment de son pèlerinage : la nuit ( souvent trois …) de veille dans l'Eglise du Saint-Sépulcre... Rite symbolique de Mort et Résurrection.

Depuis le le début du XIIIe siècle, le Saint-Sépulcre est partagé au culte entre diverses communautés : Grecs, jacobites, Syriens, Maronites, Nestoriens, Nubiens, Indiens, Abyssins, Latins... ( cf le témoignage de Jacques de Verone (1335) )

On s'arrête également devant les tombeaux de Godefroi de Bouillon et du roi Baudoin.

Graffitis médiévaux sur les murs du Saint-Sépulcre

Les juifs sont très peu nombreux à Jérusalem... On dit qu'à son arrivée, le rabbin espagnol Nahmanide surnommé Ramban, en 1267, ne ne trouve que deux juifs, frères et teinturiers de métier. Tous trois voient une maison en ruine avec des piliers en marbre et un beau dôme, ils en font une synagogue. Ils font venir de Sichem ( Naplouse) les rouleaux de la Loi. La communauté commence à se concentrer dans le quartier juif actuel, établi au sud-ouest du Mont du Temple, entre la Porte des Ordures et la Porte de Sion.

Jérusalem est à majoritairement musulmane – sur dix mille habitants, on estime que Jérusalem compte au XVe siècle environ mille chrétiens et cinq cents Juifs – les persécutions et les vexations ne sont pas rares envers les non-musulmans, et les lieux de culte sont régulièrement saccagés.

La société mamelouke impose le port de signes distinctifs à chaque communauté: turbans jaunes pour les Juifs, turbans rouges pour les Samaritains, turbans bleus pour les Chrétiens, turbans blancs pour les Musulmans.

-  Sources : Les pèlerins de Jérusalem au Moyen-âge de Nicole Chareyron.

Les 'photos' proviennent de mon séjour à Jérusalem...

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Roger de Laron – Pèlerin vers Jérusalem -1/,-

Publié le par Perceval

Roger de Laron – Pèlerin vers Jérusalem -1/,-

A l'occasion de mon propre voyage en Israël et en Palestine ; je vous propose de sauter dans la biographie de Roger de Laron ; jusqu'à – précisément – son retour vers Jérusalem...

Le Pèlerinage de Vie Humaine (Guillaume de Digulleville)

En ce temps, qui ne peut être que la dernière période de sa vie, Roger de Laron se voit comme le dernier de sa lignée... Ses recherches opératives et spéculatives, le contraignent au silence, plus qu'à la transmission ; et il est nostalgique d'une période de voyages hors des normes. Alors, que désirer de plus à présent, que volontairement partir à la rencontre de la mort, en retrouvant le désir de la Quête. Jérusalem, lui semble représenter un but intérieur et symbolique...

Partir sans armes: pour retrouver la paix de l'esprit, faire le point et espérer une clé vers la Vérité. Il lui faut retrouver Jérusalem, autrement...

Il sait que Jérusalem est entre les mains des Mamelouks. Mais, dit-on, les mamelouks sont occupés à empêcher l'invasion des mongols et Jérusalem est laissé à l’abandon... La Palestine est négligée, et Jérusalem serait redevenue une petite ville de province ; elle conserverait toutefois un rayonnement intellectuel et culturel important .

Jérusalem serait devenue une ville de pèlerins et d’érudits, et cela attire plutôt Roger de Laron …

 

En ce premier quart du XIVe siècle, le futur pèlerin doit convaincre son entourage de ses motivations. Des règlements protège le pèlerin, il est exempt de péages, et on ne lui refuse pas l'hospitalité. Les hospices lui accordent assistance en cas de maladie. Le prix de sa traversée est modique ;parfois, il est même dispensé de contribution sur les navires.

Avec l'autorisation de l'évêque, il reçoit officiellement le bourdon, la panetière et la bénédiction de l'évêque avec un sauf-conduit valable dans les monastères visités.

Roger de Laron part à cheval ; rapidement il l'échangera contre un âne...

En ce temps d'après-croisade, cependant on demande aussi au pèlerin d'assumer ses frais. Des frais assez élevés pour que gens d'affaires et de religion unissent leurs intérêts en s'associant en groupes de voyage.

« A partir de ce jour-là, je laissai pousser ma barbe et j'ornai tant ma cape que mon scapulaire d'une croix rouge, croix que des vierges vouées à Dieu, épouses du Christ', cousirent à mes vêtements ; et je pris les autres insignes du pèlerin sacré qui me convenaient. Les pèlerins de la Terre Sainte ont en effet cinq insignes : la croix rouge sur la longue veste grise et le capuchon cousu à la tunique monacale ; si le pèlerin n'est pas de l'ordre des Prêcheurs, le port de l'habit gris ne lui convient pas. Le second insigne est un bonnet noir et gris décoré lui aussi de la croix rouge sur le front. Le troisième est une longue barbe sur un visage rendu grave et pâle par les peines et les dangers, car partout les pèlerins même païens laissent pousser leur barbe et leurs cheveux jusqu'à leur retour.. Le quatrième est un sac sur les épaules contenant un peu de nourriture, avec un flacon, non pour l'agrément, mais suffisant à peine pour se sustenter. Le cinquième insigne qui est utile en Terre Sainte est un âne avec un ânier sarrasin à la place du bâton. Depuis, replié sur moi-même, j'attendis le jour fixé avec impatience et je me préparai au voyage sacré en silence. » Félix Fabri ( moine dominicain du XVe s.), les errances de Frère F F, pèlerin en Terre sainte …

Roger de Laron, par expérience, choisit la route par Venise ; celle de Marseille, assez directe, est menacée par les pirates de Barbarie... Venise s'est imposée comme la porte de l'Orient, elle est la plus fréquentée. Auparavant à Pavie, il a vendu son cheval, et loué une barque pour suivre la voie fluviale... L'Italie pratique de nombreux contrôles, il faut montrer lettres et bulettes ; qui n'en a pas doit acquitter des droits.

Cinq semaines, ce sera le temps de cette sereine traversée de la Méditerranée de Venise à Jaffa. Une traversée en galère... Il faut prendre patience sur une nef inconfortable, surchargée... La nourriture est déplorable, et les disputes fréquentes... L'eau est croupie et la vermine est de la partie... La tempête guette... heureusement, il y a des escales : Corfou est la première ville de Grèce visitée avec sa vingtaine d'églises byzantines... A Rhodes, on peut voir le château... Candie en Crête, présente son grand port fortifié avec sa chapelle miraculeuse... C'est aussi la découverte des melons et des citrons... A Chypre, le vin est mauvais, on y mange la chair de chèvre. Y poussent du sucre en canne, du coton et des pommes de grenade...

Un beau matin, on voit enfin se dessiner les côtes de Syrie, les ruines de Jaffa apparaissent à l'horizon. Cette traversée interminable, va enfin s'achever.

Pour ma part, j'ai pris l'avion ( Turkish Airlines ) avec une escale à Istambul : un repas dans l'avion et la possibilité de suivre le vol, ou un film sur un petit écran … L'arrivée se fait à Tel Aviv, ville moderne qui englobe à présent Jaffa.

 

Sources : Les pèlerins de Jérusalem au Moyen-âge de Nicole Chareyron.

 

Notes :

Chronologie :

 

1244 : Chute de Jérusalem : Destruction de l'armée chrétienne par le sultan d'Egypte...

1248-1254 : Echec de la 7ème croisade ( Innocent IV et Louis IX), puis 1265-1272 de la 8ème...

1250 : les Mamelouks conquièrent la Palestine, repoussent les Mongols. Ils vont régner jusqu'en 1517.

1280 : les sultans mamelouks tolèrent les pèlerinages...

28 mai 1291 : Perte définitive de la Terre sainte consécutive à la chute de Saint-Jean d'Acre.

1309-1343 : Règne de Robert de Naples. Le souverain d'Anjou traite avec le sultan al Nâsir Muhammad pour obtenir le libre accès aux Lieux Saints. Les Franciscains vont obtenir leur garde officielle ...

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Roger de Laron : les Templiers et le Saint-Suaire.

Publié le par Perceval

L'histoire du ''Suaire de Turin '' comprend un blanc historique entre 1204 ( Sac de Constantinople par la 4ème croisade) et 1357 quand Jeanne de Vergy organise les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey.
Comment cette relique est arrivée dans les mains de Jeanne de Vergy ( veuve de Geoffroy de Charny et sans enfant) ? Une partie de la réponse nous est donnée par Roger de Laron.
 
Je voudrais vous raconter cette histoire :
 
- Pourquoi la Collégiale de Lirey ?
Geoffroy de Charny est cité par Froissard, comme l'un des vaillants chevaliers qui libèrent la ville de Cambrai, pendant la guerre de Cent ans. En Octobre 1341, lors d’une bataille, près de Morlaix, Geoffroy, est fait prisonnier. Il est emmené en Angleterre. Rançon payée, il participe à la croisade, puis encore d'autres batailles … 1347 : en secondes noces, il épouse Jeanne de Vergy. Il commence alors une carrière diplomatique, devient conseiller royal, reprend les armes, il est refait prisonnier et conduit à la Tour de Londres... Reprend les armes, et écrit un livre important sur la Chevalerie. Il meurt en défendant son Roi ...
Dès juin 1343, Philippe VI ( Valois, et Roi de France) , en tant que "participanz es messes, oreisons et bienfaiz qui seront faiz en ladicte chapellenie", accorde des privilèges financiers à Geoffroy de Charny pour la chapelle qu’il entend fonder à Lirey (20 km au sud de Troyes), "pour le salut de son âme". Geoffroy y consacre des ressources impressionnantes pour un seigneur aux revenus modestes. En 1353, cette chapelle, dite de l’Annonciation, est érigée en collégiale par le pape Clément VI (suite à une demande de 1349). Le pape Innocent VI accorde des indulgences, en 1354, à ceux qui visiteront la chapelle à certains jours de fête. Et, le 28 mai 1356, l’évêque de Troyes (Henri de Poitiers) approuve la fondation en termes chaleureux.

Et , brusquement – sans autorisation de l'évêque - Jeanne de Vergy (après la mort de son mari.) présente au public la Relique !

Enseigne-du pèlerinage de-Lirey-du-XIVe-ou-XVe


- Qui est Jeanne de Vergy ?
Jeanne de Vergy ( décédée en 1410) , descend de Otton de la Roche, premier duc d'Athènes. Othon est originaire du château de La Roche à Rigney, dans le Comté de Bourgogne. Othon participe à la quatrième croisade, lancée en 1202 et détournée en 1204 contre l'empire byzantin.

Jean III et Jeanne de Vergy


Isabelle de Ray (+1278) est née Isabelle de la Roche, elle est la fille d'Othon V de la Roche. Elle porte le même prénom que sa grand-mère épouse d'Othon de la Roche quatrième du nom et duc d'Athènes.

Isabelle épouse Henri de Vergy, de qui elle eut Jean Ier de Vergy (+1310) Seigneur de Mirebeau ; sénéchal de Bourgogne, marié à  Marguerite de NOYERS, née en 1245, lequel eut pour fils Guillaume de Vergy ( +1360) marié à Isabeau de Choiseul qui eut pour fils Jean de Vergy ( +1370 et marié à Isabeau de Joinville , qui eut pour fils Guillaume de VERGY, seigneur de Mirebeau †1374 marié à Agnès de Jonvelle de CHAUVIREY †1407 et qui eut pour fille Jeanne de Vergy (+1410) , laquelle épouse Geoffroy 1er de Charny, Seigneur de Lirey.


- Quel est le rôle des Templiers ?
Le 15 avril 1204, c’est la fameuse prise de Constantinople. La ville est littéralement saccagée, pillée et dépouillée de ses trésors et reliques comme en témoignent les chroniqueurs tels Geoffroy de Villehardouin ou Robert de Clary. Le saint Suaire se trouvait alors dans l’église de Sainte-Marie-des-Blachernes. Parmi les chevaliers, on note la présence de Guillaume de Champlitte et celle d’Othon de la Roche. Après la prise de Constantinople, Othon devient le premier duc du duché d’Athènes en soumettant ses possessions au roi de Thessalonique.

 

Donc, Othon 1er de La Roche,obtient le Linceul en 1204. ensuite il l’a très vraisemblablement emmené à Athènes ; une lettre de Théodore Ange Commène au pape Innocent III, datée de 1205, situe le Linceul à Athènes.
Othon fait de l’acropole une forteresse et construit devant les Propylées une tour « la tour d’Othon » qui resta debout durant 650 ans. Puis, après avoir confié son fief à son frère : Guy de la Roche, Othon retourne en Franche-Comté pour finir ses jours au château de son épouse Isabelle de Ray.


À la suite de la quatrième croisade, les templiers s'installent en Grèce. Au XIIIe siècle, le maître de la province est désigné par le titre de commandeur d'Achaïe.

Guy II de La Roche (1279-1308) est duc d'Athènes de 1287 à sa mort. Bien qu'il soit mort jeune, il est respecté et renommé pour son comportement chevaleresque. Il succède à son père Guillaume Ier de La Roche à un moment où le duché d'Athènes devient plus puissant, plus important et plus riche que la principauté d'Achaïe, dont il est le vassal.

C'est là que su situerait l'action de Roger de Laron, et des Templiers afin de récupérer la relique du Saint-Suaire et la ramener dans le Royaume de Jérusalem, à Saint-Jean d'Acre...
 
Alors que Guillaume de Beaujeau est grand-Maître (1273-1291), le Saint-Suaire est déjà exposé au cours d'un Chapitre Templier. Après la défaite d'Acre (1291), les biens, archives, et reliques sont transférées dans l'île de Chypre ; puis en partie à Montpellier où Hugues de Paireaud dit l'avoir vu et touché au cours du Chapitre Général qui s'est tenu dans cette ville à l'automne 1293. Enfin, il semble qu'il se soit trouvé au Temple de Paris en 1295 et 1296, durant les chapitres généraux de l'Ordre.( Sources A. Lombatti, Milan).

Au chapitre du 24 juillet 1307, devant le danger pressant et tangible, on décide de transférer le Saint-Suaire en Champagne, où l'on pouvait compter sur une réseau serré de parenté et sur des rapports favorables avec la noblesse et les administrateurs de la Région.
Roger de Laron intervient à nouveau, pour remettre entre les mains des descendants d'Othon 1er, le coffre qui contient la Sainte relique …

C'est ainsi que la famille ''de Vergy'' aurait transmis le Saint Suaire alors gardé dans le château de Ray-sur-Saône à son arrière-petite-fille Jeanne de Vergy.

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Roger de Laron et les Templiers – Secrets et Légendes -2/.

Publié le par Perceval

La Fin des Templiers :
 
En 1307, peu de monde défend les templiers... Le désenchantement de la Noblesse et du Peuple envers ceux qui étaient censés défendre la Croix contre les infidèles ; la transformation des moines guerriers en propriétaires terriens, en banquiers ; des cérémonies d’admission et d’initiation des moines considérées comme secrètes et incompréhensibles, voire hérétiques … Tout ceci a pour effet de rendre tout à fait plausible les incroyables allégations qui sont faites par les sbires du Philippe IV, contre les templiers ....

Philippe le Bel, monarque toujours en manque de ressources, se met à penser à l’utilité du Trésor des Templiers. S’il ne sert plus à financer les expéditions chrétiennes en territoire musulman à qui pourrait il profiter ?
De plus cette constellation de châteaux, forteresses et couvents dans les mains des guerriers du Christ, forment un empire hors de contrôle du souverain : l’Ordre des Templiers se positionne comme un état au sein d’un état.

Philippe IV commence par lancer une campagne de calomnie contre les Templiers, accusant ces derniers d'être des sodomites, ainsi que de participer à des rituels sataniques...

Avant d'abattre le Temple, Philippe IV doit renverser celui qui en possède l'autorité : le Pape. Par l’entremise de son fidèle Guillaume de Nogaret (1260-1313), il profite de la confusion qui s’abat sur Rome, accuse Boniface VIII d’hérétique, et lui arrache le pouvoir, le bannissant de la cité.
Auparavant, en 1296, Philippe le Bel soumet le clergé français à impôt sans l'aval du pape Boniface VIII ; celui-ci le menace d'excommunication … Le roi lance une campagne de pamphlets, dénonce l'hérésie, le parjure, le mépris des sacrements et même les pratiques sexuelles douteuses de Boniface VIII. C'est Nogaret, qui se rend à Anagni, et au beau milieu d'une insurrection menée par les frères Colonna, deux cardinaux que le pape a spoliés de leurs biens, il signifie au pape qu'une assemblée réunie au Louvre a décidé de déposer et de faire juger le pape Boniface VIII... Pendant deux jours, sous la pression des Français, Boniface est prisonnier en son palais d’Anagni (septembre 1303). Libéré par ses partisans, Boniface VIII, humilié, meurt quelques semaines plus tard.

Ensuite en juin 1305, Philippe le Bel fomente l’investiture d’un de ses sujets Bertrand de Goth, l’archevêque de Bordeaux pour être nommé pape : Clément V (1264-1314) annule tous les actes de Boniface VIII contre Philippe le Bel.
Le 14 septembre 1307, le Roi signe en l'abbaye de Maubuisson, l’ordre d'arrestation de tous les Templiers établis sur son royaume. Des ordres cachetés sont envoyés à tous les baillis et sénéchaux du royaume. Ils ont instruction formelle de ne les ouvrir que le 12 octobre au soir.... On connaît la suite ...

Arrestation des Templiers eu octobre 1307
Clément V s'émeut du procédé royal ... En accord avec les souverains étrangers, il tente de réagir. Deux conciles réunis à Trèves et à Mayence déclarent les templiers innocents. Mais il est trop tard.
 
Les templiers pressentant l’imminence de l’intervention de Philippe le Bel, ont débarrassé les commanderies de tous les documents, comptes, archives diverses en leur possession.
Que sont devenus ces documents ?
A ce trésor de documents s’ajoute le trésor constitué par les importantes sommes d’argent déposées dans leurs coffres.
 
Lors du procès, un frère templier, Jean de Châlons ( qui est sergent) ; prétend avoir cherché à s'opposer à la fuite de frère Gérard de Villers à la tête de 50 chevaux ; 40 chevaliers et 10 chevaux portant les coffres du Trésor Général. Ils auraient pris la mer avec dix-huit galères. A moins que ceci, ne soit qu'un stratagème pour détourner l'attention des officiers du roi de France...
 
Le ''trésor'' aurait été dispersé...
 
Plusieurs lieux ont été cités, bien connus et d'autres moins... Par exemple, les souterrains du château de Juillé ( secret confié par Hubert de Faudoas, qui fut le page de Guillaume de Beaujeu, un grand Maître de l'Ordre du Temple tué à Saint Jean d'Acre en 1291 ) ; vers la forêt d'Orient ( dans les étangs entre Troyes, Payns, Clairvaux ) ; cette région même qui sert de source d'imagination à Chrétien de Troyes, pour décrire les territoires du Roman de Perceval,; la ''piste'' d'Aquitaine, et La Rochelle ( pour un départ maritime …), à Barbezières, au Mont Dore ( Auvergne), en Ecosse, au Portugal, voire en Amérique … !
 
Et si pour pour certains le véritable trésor du Temple est autre, et s'est maintenu jusqu'à aujourd'hui ... Roger de Laron, dirait que le véritable trésor est de l'ordre d'une ''science''.
Si encore le trésor est de l'argent, des reliques, des objets liturgiques, des textes antiques... Tous se rejoignent dans un vocabulaire compris d'eux-mêmes : l'Or, l'or alchimique, les pommes d'or, la Toison d'or, l'Arche, les Tables, l'Oeil d'Horus, la Coupe Sainte... Etc... Bref : Le Graal...
Il n'y a pas de définition possible du Graal... Le Graal apportait à ceux qui pouvaient le contempler, toute nourriture et toute joie. Pour cela il est nécessaire d'ouvrir son esprit à lire directement dans la nature même des choses …

A suivre ...

 

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 4/.-

Publié le par Perceval

Je rappelle, ce que j'avais déjà développé, pour raconter 'la légende' du retour du trésor des Templiers en Limousin … En effet, à Saint-Jean d'Acre, un personnage, entre dans la vie de Roger de Laron : il s'agit de Hugues de Clairavaux (1274- 1356), chevalier du Temple, puis de l'hôpital, commandeur de Paulhac. Je vous renvoie ici, pour le développement.

Le 13 octobre 1307, donc, Roger de Laron est arrêté, sans doute au petit jour, avec tous les membres de l’Ordre présents dans la commanderie. Ils furent emmenés sans ménagement à Limoges, semble-t-il,  par la milice du Sénéchal du Limousin et entendus par Renaud de la Porte, évêque de Limoges.
Roger de Laron, est finalement relâché, fin 1312... Il abjure son apostasie et ses erreurs... Puis, il reçoit l'absolution et est admis à la communion … Il est donc libre...
 
Une partie non négligeable de ce trésor, est récupéré directement par Roger de Laron, qui enfermé dans son château, tente ensuite de se faire oublier …


L'historique de la lignée et des terres de 'Laron', étant précisée, au mieux que je puisse. Nous pouvons à présent pénétrer dans l'esprit des lieux, qui n'ont d'autre histoire que celles des légendes et des traditions populaires. Ils sont transmis de bouche à oreille, avant d'avoir été, pour certaines, transcrites.
Par définition, la légende tient de faits réels ; une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où les modifications. On peut la définir comme un récit qui mêle le vrai et le faux...

Si la légende rencontre l'histoire, nous pouvons encore aujourd'hui la voir, la toucher... L'avoir là, devant nous... ! Il suffit de vous promener sur une colline que l'on aperçoit du bourg de Saint-Julien le-Petit, de l'autre côté de la Maulde qui coule dans le vallon.

 

"Le seigneur du château de Rochein avant de partir pour la seconde croisade, confia sa femme Geneviève et son fils Manuelou à son régisseur Félon. Au bout de la première année, pensant que son maître ne reviendrait pas il prit sa place, Geneviève se refusa à lui et préférât s'enfuir avec son garçon. Dans les bois la mère et son fils se nourrissent de racines mais l'enfant dépérit... Un soir une biche accompagnée de son faon s'approche d'eux en boitant, une épine piquée dans une patte. Geneviève lui retire délicatement, la bête se couche alors à ses pieds et permet à Manuelou de la téter. 

Sept ans plus tard le Seigneur revenu de la croisade apprend par le régisseur la disparition tragique de son épouse et de son enfant. Quelques jours plus tard, il chasse dans la forêt et croise une biche qui le conduit vers une grotte où malgré les haillons, il reconnaît sa femme et son fils. Tout le monde revient au château en compagnie de la biche et de ses faons."


Le site de cette légende se nomme "Le Mont Sainte-Geneviève", il existe sur cette colline une source qui ne tarit jamais et dont les eaux ont des pouvoirs de guérison. Un calvaire y a été installé, outre la croix on peut y voir d'un côté Marie et de l'autre Sainte-Geneviève, à leurs pieds une représentation de la biche.

La colline Ste Geneviève et sa fontaine sont toujours un lieu de pèlerinage. Des morceaux de tissus, des fleurs sont disposés autour des statues...
A suivre ...

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 3/.-

Publié le par Perceval

Carte XIXe s ... Autour de saint-Julien le Petit

Carte XIXe s ... Autour de saint-Julien le Petit

Après donc, avoir situé dans sa lignée, Roger de Laron... Je m'attache rapidement à la situation géographique du domaine du seigneur de Laron, en ce début du XIVème siècle, alors que l'ordre des Chevaliers du Temple, vient d'être dissous.

 

Je vous invite également à suivre la Route de Roger de Laron, jusqu'à St Julien le Petit: ICI...

 

''Saint-Julien-le-Petit '', est le nom de la paroisse où se trouve le château du Laron, elle appartient au bailliage crée par Philippe IV, qui est qualifié de bailliage (ou prévôté) royal de Laron, mais aussi de Laron et Masléon.
Pour atteindre à Saint-Julien le Petit, ce qui devait être l'emplacement du château, on franchit – aujourd'hui - la rivière au '' Moulin de Larron '' puis on grimpe la colline, motte féodale dans la forêt, qui surplombe le barrage sur la Maulde : l'endroit était connu encore au XIXème siècle sous le nom de « butte de Rochein » ou « château de Rochein » ainsi que le prouve le relevé cadastral de 1835 (Saint-Julien-le-Petit, section dite « d’Artigeas », E1).

Des vestiges d’une tour ronde, de nombreuses pierres éparpillées, des restes de murs recouverts par la mousse, et aussi, côté sud, l'entrée d'un souterrain, attirent l'attention.

 

Le nom de château Rochein n'a jamais été vraiment élucidé. Pour Louis Guibert, qui reste pratiquement l'un des seuls historiens à s'être intéressé à ce site, le toponyme « Rochein » pourrait dériver tout simplement de « Rocher ». A moins qu'il ne fasse référence à la dynastie des seigneurs de Laron où le prénom « Roger » était récurrent.
Des témoignages de riverains du site ont été recueillis au XIXème siècle, révélant des vestiges plus abondants qu'aujourd'hui. La plupart des pierres de construction ont été réemployées, sans doute pour des édifices de la région. Dans quelques vieilles maisons voisines, on peut remarquer des linteaux remarquables. Les ''anciens'' disent connaître l'emplacement du château disparu et en parlent...

Sur cette disparition du château, diverses légendes circulent... On dit que le château de Laron aurait été pris par les Anglais , grâce à la complicité d'une servante, et détruit par eux au cours de la Guerre de Cent Ans... Une notice du Cartulaire d'Aureil ( non précisément datée) parle de la "guerre de Laron": "Quidam miles de Larunt, nomine Willelmus de Gemeu '' (cartulaire d'Aureil, fol.2).
Une autre éventualité a refait surface au cours du XIXème siècle, entretenue par les histoires que se transmettaient ''les anciens'', elle évoque un chevalier Templier qui se serait ici terré ; et rendu fou par la possession d'un fabuleux trésor …
 
Le nom de Saint-Julien-le-Petit viendrait de Juliannus martyrisé à Brioude au IIIème siècle. Antérieurement au Xème siècle la commune se nommait Saint-Julien-près-de-Laron ( ou Larron) , puis fut baptisée de son patronyme actuel en 1135.
Saint-Julien le Petit est dans l'orbite de Saint-Léonard de Noblat...


- Les premières mentions qu'on connaisse d'un ''Léonard'' au cours du VIème siècle, se trouvent dans la chronique d'Adémar de Chabannes écrite vers 1028 et dans la correspondance de l'évêque Fulbert de Chartres mort cette même année. Par l'intermédiaire du chroniqueur, c'est surtout Jourdain de Laron, évêque de Limoges de 1023 à 1051 qui semble être le véritable inventeur du culte de saint Léonard. Jourdain de Laron était en effet précédemment dévôt laïc du chapitre collégial de l'église de Noblat où était conservé la dépouille de Léonard. Devenu évêque au moment où prends corps la légende de l'"apôtre" Martial et qui favorise le sanctuaire de l'abbaye de Saint-Martial, il va naturellement s'attacher à organiser le culte de saint Léonard, lieu dont il était le seigneur laïc. Adémar commence donc par relater que vers 1017, plusieurs saints, dont le saint confesseur limousin Léonard, se signalèrent par d'éclatants miracles.
Parmi, ces grands barons, il ne faut pas oublier les prélats et, en premier lieu, l'évêque qui dispose d'un episopium substanciel. Ce domaine épiscopal sur lequel il "règne" en seigneur ne le distingue pas des autres potentats. Il y possède des châteaux qu'il confie à des chevaliers vassaux...


Dès le XIème siècle, les évêques sont maîtres de la Cité, l'ancien chef-lieu de la civitas du Limousin, fortifiée depuis le IVème siècle. Ils contrôlent aussi les domaines constitués autour de Saint-Junien, d'Eymoutiers, de Chateauneuf, de Laurière, de Razès, de Nieul et de Noblat, il se font reconnaître suzerains des castra d'Alassac, de Donzenac et de Voutezac et, vers 1210 seulement de Malmort.

A Noblat, quoique seigneur éminent du castrum puisque ses partiaires lui devaient hommage, l'évêque n'était que médiocrement le maître : il devait partager avec trois autres co-seigneurs la jouissance de la tour-maîtresse à raison d'un trimestre chacun.

Au cours du XIIIe siècle, les rois de France donneront des privilèges aux habitants de la cité ; c’est ainsi qu’ils élisent, tous les ans, huit consuls.

Raynaud de la Porte,  ancien évêque de Limoges
Raynaud de la Porte, ancien évêque de Limoges


Les terres du seigneur de Laron, font partie de des terres relevant du temporel de l'évêque de Limoges entre la Haute-Marche et les vicomtés de Limoges et de Bridiers (Bénévent et le Grand-Bourg de Salagnac dans la Creuse actuelle) et d’autres relevant directement du Poitou (Peyrat-le Château, Haute-Vienne) et Bourganeuf (Creuse).
Signalons que c'est à l'époque de notre Roger de Laron, que vécut Raynaud de la Porte (1260-1325), évêque de Limoges. Raymond fut un des huit juges au procès des templiers. On peut voir son tombeau dans la cathédrale de Limoges.

Raynaud de la Porte,  ancien évêque de Limoges. C'est le plus ancien tombeau de la cathédrale de Limoges, datant du premier tiers du XIVe siècle. Nommé cardinal en 1320, il mourut à Avignon en 1325.

Au XIII et XIVe siècles, en Limousin, 6 grandes villes sont prépondérantes  : Felletin, Saint-Léonard-de-Noblat, Tulle, Brive-la-Gaillarde et surtout Limoges-Cité et Limoges-Château. Les ensembles Brive-Tulle et Limoges-Saint-Léonard forment deux pôles principaux.

-- Je rappelle enfin :
Jean de Bretagne devient vicomte de Limoges, en 1301. En 1308, les provinces d'Aquitaine retombent dans les mains des Plantagenêts, le prince de Galles ayant épousé Isabelle, la fille de Philippe le Bel (1285-1314).
En 1309, les papes, à la demande de Philippe le bel, s'installent à Avignon jusqu'en 1376.

En 1314 : Jacques de Molay, grand-maître des Templiers est condamné à brûler vif. Les Templiers avaient été arrêtés, dans tout le royaume de France, le 13 octobre 1307 par le roi Philippe IV le Bel.

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 2/.-

Publié le par Perceval

-Suite de l'histoire de la lignée '' de Laron ''
 
Je reviens à la fille unique de Gui de Lastours dit «Le Noir» ( fils de Gouffier)  : Aolaarz de Lastours ( dame de Lastours, Terrasson, Pompadour et Hautefort ) ; elle épousa Aimar Comtour de Laron, fils de Roger de Laron, ( connu pour avoir été le témoin en 997 d’une charte de Boson II, comte de La Marche et de Périgord )

On connait Adhémar ( ou Aimar) comptor de Laron, en ce qu'il était proche parent de Jourdain de Laron, évêque de Limoges mort fin 1051,et petit-fils de Adhémar de Laron et de Rocile sa femme. Adhémar était présent en 996 avec ses parents et son oncle Vivien à la donation faite à l'abbaye d'Uzerche. Le 15 juillet 1028, il était avec sa belle-famille à la consécration de St-Pardoux. Il fit des donations en 1040 et 1052. Après son veuvage, (Aolaarz était de faible santé, elle mourut le 2 des ides de juillet 1035 et fut inhumée auprès de sa mère), il se remaria avec Damoiselle Flamenc soeur d'Ithier du Chalard, évêque de Limoges et fille d'Adhémar Flamenc prince du Chalard. Il mourut avant 1063.

Alooarz De Laron
(née De Lastours)
Adhémar et Aolaarz eurent un fils : Gui ( dit de Lastours) de Laron 
 
Mais, et c'est ce qui intéresse notre histoire, la famille de Lastours ''s'éteint '' avec Aolaarz de Lastours qui épouse Adhémar de Laron. Pourtant, leur fils Guy, issu pourtant par son père de la plus haute aristocratie mais surtout héritier des biens de sa mère, « fut substitué de facto aux nom et armes de la 1ère maison de Lastours et ne porta jamais le nom de Laron » ( chronique de Geoffroy de Vigeois)...
Le nom de Lastours, fut lui-même abandonné pour celui de Hautefort...

- En 1180, Guillaume de Gimel est qualifié de Chevalier de Laron, c'est sans doute pour cela d'après les mêmes archives qu'Auriat appartint ensuite à une branche de la puissante famille des seigneurs de Laron.

- 1201 : Donation par Roger de Laron, consistant en divers Mas situés près de Grosmont et de Melcam. Description du sceau de Roger de Laron appliqué au bas de cet acte : une tour ajourée dans le haut de deux fenêtres au-dessus d’un mur crénelé.

- 1266 : Donation par Roger de Laron et Ahelis, sa femme, soeur de Gaucelin de Châteauneuf, d’une rente de vingt sous aux moines de l’Artige à prendre dans la manse de Cheyre. (Dom Estiennot frag. hist. aquit. t. II, p. 208).

L'Eglise d'Arnac-Pompadour est consacrée par l’évêque Jourdain de Laron, en 1028, statue de St-Martial.

Les seigneurs de Laron ont fait dans tous les temps de nombreuses fondations religieuses ( dont l'abbaye de Dalon...) , et plusieurs d'entre eux sont allés combattre les infidèles en Terre-Sainte.

La famille de Laron a joué un rôle important en Limousin dans le haut-Moyen-âge, et a fourni deux évêques de Limoges, Jourdain ( 1023-1051) et Gui (1073-1086).

* Si le nom de Laron, continue d'être porté, le château d'origine et les terres qui s'y attachent, ne sont plus cités. Aussi, j'imagine la situation suivante : Guy de Lastours, remet à Adhémar, son demi-frère et ''bâtard'', la propriété du Château de Laron. Adhémar de Laron, maintient ainsi en toute discrétion la lignée... Jusqu'à Roger, seigneur de Laron, né en 1272, en ce château limousin …

 
Lignée, qui finalement va disparaître – obscurément – dans les circonstances que je vais tenter de relater. Je le fais, sans aucune source historique, mais avec la complicité des légendes locales...

Même si après 'notre' Roger de Laron, certains n'hésitèrent pas à marquer leur appartenance à cette lignée, en affichant ce nom.... par exemple, et ce n'est pas sans intérêt...
Plusieurs autres branches de l'illustre maison des Laron ont subsisté longtemps en Limousin, et jusque au 15e siècle. Par exemple : Jeanne de Laron, fille de Pierre, et d'Isabeau des Molins ou de Moulins, sœur de Jean et de Nicolas de Laron, fut mariée, en 1405, à Jean Adémar de Lostanges, damoiseau, co-seigneur de Loslanges et de Beynac, en Limousin, dont descendent les seigneurs de Sainte-Alvère, en Périgord.
 

- En 1446, Jehan Cottet ( ou Collet), seigneur de Laron, paroisse de Saint Julien le Petit, et des Biards, paroisse de Saint Yrieix, devient commandeur des Templiers de Paulhac. 
Eglise de Sauvagnac (87)

A Sauvagnac, il fait ouvrir deux chapelles proches du portail et met ses armes au-dessus des deux petites portes: deux lions rampants et le chef de Malte, de gueules à la croix d’argent. Il fait don à la chapelle de la statue à laquelle les populations d’alentour ont voué un culte traditionnel, en particulier les futures mamans et  les familles dont un membre est en danger... Pendant des siècles, Sauvagnac fut un lieu de pèlerinage très fréquenté. Pour ce qui est de la Commanderie des Templiers de Paulhac : à la suppression de cet Ordre par Philippe le Bel en 1312, le bien revient aux chevaliers de St Jean de Jérusalem. Ils y installeront une maladrerie.

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 1/.-

Publié le par Perceval

Avant d'arriver aux histoires édifiantes et légendaires qui entourent le personnage de Roger de Laron ; je rappelle que nous l'avions rencontré lors de notre périple en Creuse : ici : Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -1/... ( en 5 articles ...)
Et, je vais d'abord vous refaire l'histoire de cette prestigieuse lignée, en 3 ou 4 articles ….-
 

Les Laron font partie de ces lignées très anciennes. Ces familles, tenant un château éponyme majeur, essaiment parfois en plaçant un cadet dans un site secondaire, il faut attendre la seconde moitié du XIIe siècle pour qu’un lignage particulier n’y émerge et s’en titre. Dans les actes d’hommage de la première moitié du XIe s., les seigneurs limousins ne se titrent pas, se contentant de préciser le nom du château qu’ils reconnaissent tenir en fief. Pourtant, tous ces lignages sont maîtres de leur château parfois depuis plus de deux siècles.

En Limousin, dès le XIIe siècle, de grandes familles baronniales qui tiennent de nombreux biens, en partie non soumises aux droits seigneuriaux, figurent parmi les tout premiers témoins des familles vicomtales, mais ne portent pas de titre. On les appelle souvent "princeps de tel château", et on cite : les Lastours, les Chabanais, les Laron, les Malmort …

De manière étrange, alors qu’ils constituent l’une des toutes premières familles non titrée de la région, les Laron déclinent rapidement entre le milieu du XIIe et le milieu du XIIIe siècle, perdent même leur château éponyme et finissent par disparaître après 1350... dit-on. Car enfin, maints documents notariaux continuent de citer en Limousin des 'de Laron'...

 

Mon personnage, Roger, seigneur de Laron - fils de Roger de Laron et d'Ahelis sa femme, soeur de Gaucelin de Châteauneuf... - aurait 35 ans en 1307, il serait né vers 1272 et mort très vieux; peut-être vers 1342 à 70 ans... Il fut chevalier ou servent templier.

 

Ce Roger, est attaché à la lignée des ''de Laron '' dont voici un témoignage:
« Roger de Laron ( le père ), chevalier, s.d'Ajain, en 1266, épousa Athelis, fille de Gaucelin de Châteauneuf et consentit à ce que le comte de la Marche établit, sur ses terres de Rimondeix et de Saint-Arcy, une commune france, avec les usages de Saint-Pierre le Moutier, dont ils partageaient les revenus. » Extrait du Grand dictionnaire de la Haute Marche: Historique, généalogique et biographique - Par Ambroise Tardieu - 1894
 

Je reviens en arrière, du plus loin que j'ai pu trouver :

- Adhémar de Laron; né env. 935, décédé 993. Marié avec Roscille ??; née env. 940, décédée 996.

- Roger de Laron; né env. 990, Seigneur de Laron au confins du Haut-Limousin et de la Marche, au nord-est d'Eymoutiers.
- Pierre 1er de Pierre Buffière; né après 980, décédé après 1052. Marié env. 1010, avec Pétronille de Laron; née env. 985, décédée après 1036.

- Roger de Laron est mentionné dans une charte de l'abbaye d'Uzerche, de l'année 1003. ( Cartul. de ce monast. fol. 99. Il eut pour fils , Aimar, comtor de Laron, marié, avec Aolaarz ( ou Aolaaz ou Aloarz) de Lastours (1000-1035) , fille et héritière de Gui. seigneur de Lastours (+1030, à l'âge de 50ans).

Blason de Alooarz De Laron  (née De Lastours)
 
 
- Aimar Comtour ou Adhémar de Laron; né env. 1020, décédé 1063. Marié avec Aloarz ou Alaïdis de Lastours; née env. 1030.
- Leur enfant est Guy (de Lastours) de Laron ( 1023-1073)
marié avec Agnès de Chambon ( fille de Amélius de Chambon, prince de Combrailles (1020 - 1092) )
enfants : Geraud de Lastours (1085-1116)  ; et
Bertrand de Born

Agnès de Lastours (1105- ; mariée avec Ytier de Born) qui est la mère du troubadour Bertrand 'le troubadour' de Born … ! ( quand même …!)

Golfier 'le Grand' de Lastours ( d'Hautefort) (1080 +1135) ; marié avec Agnes d'Aubusson ; enfants Raymonde de Lastours et Olivier de Lastours...

- Gérald de Laron; né env. 1050. Marié avec Pétronille ??; née env. 1055.
- Gaucelin III de Pierre Buffière; né env. 1090, décédé après 1122. Marié env. 1110, avec une dame ?? de Laron; née env. 1085.

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Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -3/.-

Publié le par Perceval

La chute de l'Ordre des Templiers
 
Après les arrestations des Templiers et la condamnation de l'ordre du Temple par le pape
Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre est victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel.
Le 13 Octobre 1307, la plupart des templiers présents dans les commanderie du Royaume de France, sont arrêtés...
La première commission pontificale se tint le 12 novembre 1309 à Paris. Elle a pour but de juger l'ordre du Temple en tant que personne morale et non les personnes physiques. 
 
L'Ordre est dissout par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie.
Une bulle détermine le sort des hommes. Ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se voient attribuer une rente et peuvent vivre dans une maison de l'ordre alors que tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subissent un châtiment sévère (la peine de mort).
 
* À la suite d'un procès peu équitable, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay - relaps - sont exécutés – sur ordre du roi, en mars 1314 sur un bûcher...
Les biens templiers, en particulier les commanderies, sont reversés par la bulle papale Ad Providam en majeure partie à l'ordre de l'Hôpital. Bon nombre d'entre les frères sont retournés à la vie civile ou ont été accueillis par d’autres ordres religieux.
 
Lorsque, le 28 mai 1291, les croisés perdirent Acre à l'issue d'un siège sanglant ; Les ordres religieux tels que les Templiers ainsi que les Hospitaliers n'échappèrent pas à l'exode. La maîtrise de l'ordre fut déplacée à Chypre. Or, une fois expulsé de Terre sainte, avec la quasi-impossibilité de la reconquérir, la question de l'utilité de l'ordre du Temple se pose car il avait été créé à l'origine pour défendre les pèlerins allant à Jérusalem sur le tombeau du Christ. Ayant perdu la Terre sainte et donc la raison même de leur existence, une partie de l'ordre - dit-on - se pervertit.
Commanderie de Coulommiers
Seine et Marne ( Meaux)

 

 

Il ne restait rien aux Templiers, sinon leurs commanderies d'Occident dont le revenu leur avait permis de financer la guerre contre les musulmans. Qu'allaient-ils faire de ces commanderies et des forces militaires dont ils disposaient encore ? On jalousait les richesses qu'ils avaient acquises. Ils avaient été habiles à susciter les donations. Ils ne relavaient que de l'autorité du pape : ce privilège portait ombrage au roi de France et aux évêques.
 
Au terme d'un procès inique, l'opinion les crut coupables. Dans certaines familles, les noms des commandeurs ou précepteurs du Temple dont on tirait orgueil jusque là, furent effacés des arbres généalogiques...
London - Temple Church - south effigies
 


On dit que les gardes de Guillaume de Nogaret, chargés de faire l'inventaire des biens, n'auraient pas trouvé un écu dans la Tour du Temple ( Paris). On imagine alors que les Templiers, avertis de l'arrestation, auraient pris soin de cacher leur ''trésor''.

Dès lors, toutes les spéculations sur la nature et sur l'origine du trésor ont été émises : Saint Graal ramené de Jérusalem pour certains, ou même trésor de Salomon pour d'autres. Ce trésor serait enfoui quelque part en France, voire au Portugal ou même en Amérique... Quant aux biens immobiliers, le pape les a légués finalement aux Hospitaliers...
Mais... Où donc est le fameux trésor des Templiers...? En Limousin...!
A suivre ...

Un mot pour introduire ce très beau documentaire sur la reconstitution en 3D d'une commanderie templière, elle est basée sur les découvertes effectuées lors du sondage archéologique de Payns (Aube) en 1998.

* Nous sommes alors sous le règne de Philippe-Auguste et dans le contexte de la troisième croisade. La vidéo nous présente une commanderie des templiers en Champagne: la commanderie de Payns, du nom d’un des chevaliers qui créa l’ordre des Pauvres Chevaliers du Christ en 1119, ordre qui sera rebaptisé, quelques temps après, l’ordre du temple.


Fondée en 1127 et occupant un vaste site de 2,5 hectares, la commanderie de Payns, est une des douze infrastructures de ce type que l’on dénombrera en Champagne à la fin du XIIe siècle.

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Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -2/.-

Publié le par Perceval

Les templiers sont aussi des Gestionnaires et des financiers.
 
La bulle « Omne datum optimum » (1139) du Pape Innocent II, officialise l’existence des Templiers et spécifie tous les avantages qui leur sont accordés, dont :
  • Seul le pape a autorité sur les Templiers. Les tribunaux laïcs et religieux ne peuvent statuer à leur sujet .
  • Dispense de payer la dîme (Impôt ecclésiastique) plus des droits des quêtes…. … tout en leur accordant la jouissance des dîmes qui leur auront été données en accord avec les évêques !
  • L’Église accorde aux chevaliers du Temple la possibilité de garder tout type de butin conquis en Terre-Sainte sur les sarrasins.
    le sol de la commanderie de Payns (10 - Troyes)
    a livré ces 708 pièces d’argent frappées aux XIIe et XIIIe siècles.

Les Templiers exercent une activité économique et financière pour subvenir aux besoins de l'Ordre et faire fructifier leur fortune par une série de mesures lucratives. Ils mettent par exemple en place un système de changement de monnaie qui leur permet de récupérer plus d'argent qu'ils n'en ont prêté. Ils inventent la lettre de change, origine du chèque, pour faciliter le transport des fonds : les Croisés partant pour la Terre Sainte pouvaient laisser leur or dans un comptoir occidental, voyager avec une lettre ne craignant par le vol et récupérer leur dû dans un comptoir oriental. Les Templiers stockent enfin les biens des rois de France et d'Angleterre. Une fortune qu'il faut gérer. Aussi, au milieu du XIIe siècle, les combattant sont déjà moins nombreux que les employés, gestionnaires ou baillis

 

Les Commanderies :
Le terme de commanderie ne désigne pas uniquement une maison mais au contraire une circonscription territoriale constituée d'une maison-mère et de plusieurs maisons et terrains. 
Les mois -  Travaux des champs
Eglise de Clairavaux (23)
Sur les terres de rapport (dit aussi l'arrière) ces domaines étaient une source de financement pour les activités militaires, par opposition, terres de combat (dit aussi l'avant) comme la Terre sainte. Il s'agissait de grosses fermes, parfois fortifiées en terres de combat, qui comprenaient une chapelle, et tous les bâtiments nécessaires à la vie de ses habitants (logements, réfectoire, écuries, salle de chapitre, etc.)
Restitution d'une Commanderie
 
La ''maison'' constitue l'échelon le plus décentralisé de l'organisation templière proprement dite, c'est à dire comportant une communauté de frères de l'ordre: 
une exploitation cultivée avec des ''hommes du temple''. 
Elle fournit essentiellement ce qui permet de subvenir aux besoins des occupants de la maison, et des pauvres qu'elle nourrit : produits du jardin, du verger, des champs proches et de l’élevage. L'essentiel est de conserver des revenus : récoltes des terres, dîmes et rentes seigneuriales, dons et legs ; toujours pour ce qui est de la mission principale : le soutien de la guerre contre les infidèles. Humble mais essentielle mission de soutien logistique et de recrutement.

 
Commanderie du Pallier en Creuse

 
Les commanderies servaient à la fois à rapporter de l'argent, grâce aux dîmes et autres taxes qu'elles percevaient, mais aussi à assurer la fourniture de biens alimentaires et de chevaux nécessaires à la réussite des expéditions en Terre Sainte.
En Occident, les commanderies jouaient un rôle économique non négligeable sur le marché des denrées alimentaires (à l'échelle de leur région, bien entendu), par la vente des surplus. Les commanderies ont aussi permis la valorisation du territoire, par les travaux de déforestation ou d'assèchement de marais ou de création d'étangs de pisciculture.
Chaque commanderie était spécialisée dans un type de production. La famille, des paysans, libres ou serfs, travaillaient ainsi pour le compte de l'ordre, et de nombreux artisans pouvaient être salariés par la commanderie.
 
Tout un réseau foncier s'est alors étendu en France et en Europe, à travers les commanderies.  

 

A suivre ...

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