Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

foi

L'attention. . L'instant présent avec Simone Weil.

Publié le par Perceval

La lecture d’Eckhart Tollé, me renvoie à ma propre tradition : étant acquis pour moi que Simone Weil est une de mes compagnes spirituelles (  )…

«  Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus. »

Ce qui m’interroge sur le sens et les effets de l’occupation de mon mental. Sur le sens et les effets de ma prière… !
meditation mains

Paradoxe de l’étude… de l’effort. Déjà, dans le vocabulaire chrétien : - méditation, est un terme ambigu. La méditation d’un texte d’Evangile demande t-elle un effort intellectuel ?

Pour Simone Weil, l'attention est active, mais à la manière passive du désir.


« L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. » …  « C'est ce rôle du désir dans l'étude qui permet d'en faire une préparation à la vie spirituelle. Car le désir, orienté vers Dieu, est la seule force capable de faire monter l'âme. Ou plutôt c'est Dieu seul qui vient saisir l'âme et la lève, mais le désir seul oblige Dieu à descendre. »


meditation BancAinsi, les maîtres chrétiens enseignent que dans la prière, il ne s’agit pas de mobiliser nos forces car la Présence de Dieu est un don. Il s’agit d’être nous-mêmes ‘ présent ‘


« La pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer »


Cela, je l’ai moi-même expérimenté, dans l’enseignement bouddhiste. Ainsi, qu’il serait donc absurde de renier les différentes traditions qui ne cessent de s’entrecroiser et d’enrichir notre vie spirituelle !


« O Maître, mon désir est devant Toi » (Ps 37, 20)  

« Seigneur, tu étais là, et je ne le savais pas » (Gn 28, 16)

« Parle Seigneur, ton serviteur écoute » réponse de Samuel

Salomon, sages parmi les sages, demandera à Yahvé « un coeur qui écoute » (1R 3, 5-9)

Voir les commentaires

Jésus , un ' Dieu ' qui disparait.

Publié le par Perceval

Le judaïsme craignait plus que tout : l'idolâtrie.
Aussi le ‘Dieu unique’, n’avait-il aucune image, aucun nom prononçable. Lui même étant le créateur de toute chose, sur terre et dans les cieux, rien, vraiment Rien ne pouvait être divinisé : ni homme, ni statue, ni astre ; aucune ‘nature’ ni aucun pouvoir …

Jésus, lui-même s’est inscrit dans cette tradition. Lui-même, le seul qui puisse être comparée à l’icône divine. Lui-même s’est fait le plus humble, d’entre nous…  pour disparaître.

Jésus, né parmi un peuple asservi. Jésus, dont on ne connaît que trois années, de sa vie. Jésus humilié jusque dans la mort. Jésus qui n’a rien laissé… d’autre que le témoignage de ceux qui de génération en générations, le rencontrent, au plus intime d’eux-mêmes : le seul espace occupé par Dieu… Tombeau vide Marie Madeleine

 

Ce ‘ Jésus ‘ ne veut être reconnu que dans le visage de l’homme et la femme que je côtoie. C’est là le message évangélique… Mathieu 25 !


Tout le reste n’est que religieux, …. Mais nécessaire !

Que puis-je faire seul, entre un Dieu disparu, et un 'prochain' que je ne reconnais pas?

Qui suis-je, moi … pour prétendre accéder à cette humilité divine ?

          Moi, qui ne sait pas aimer ; qui confond mon ‘égo’, avec mon ‘cœur profond’.

          Moi, qui m’imagine exister quand j’affirme ma volonté… !

Alors, oui!  J'ai besoin d'une religion qui fait le 'pont', qui connait sa juste place, qui enseigne le chemin et ne se prend pas pour lui.

Voir les commentaires

"Au Déliant" de Henry Bauchau

Publié le par Perceval

Seigneur, Seigneur Dieu,
au-delà de tous les noms

Délivre-nous
ainsi que l’a souhaité Maître Eckhart

Délivre-nous
non de l’amour
mais de l’image de Toi

Comme tu as délivré mes oreilles
du bruit du monde                             En me rendant presque sourd

Comme tu m’as libéré du délire
de puissance et de possession            En me rendant presque aveugle

Séparé, enfermé en moi-même,
ne m’emprisonne pas avec Toi


Accorde-moi la liberté
Où parfois, en m’éveillant, je te sens si proche

Il y a la tempête solaire de l’illumination,
il y a la prière, la pauvreté des cœurs
et la miséricorde

Quand le Seigneur passe devant
Élie dans les livres des Rois

Il y a le bruissement d’un silence ténu

Je n’ai pas été, je ne suis pas prêt pour ces grands accomplissements

Je suis devant Toi avec mon fagot d’écriture
et je n’ai manqué ni d’effort ni de joie

Accorde-moi, comme aux Rois mages,
de suivre l’étoile du brûlant, brûlant amour

Que je connaisse enfin la libre efflorescence qui est, qui est là, qui est Toi,

Ô silencieux, souterrain, souverain Seigneur des eaux, des plantes, des vivants

Et de la nourriture de tous.


 

- publié le 17/12/2009

Poème inédit d’Henry Bauchau, offert pour publication dans ' La Vie. '
 '(La mise ne page, les sauts de ligne, les caractères gras ... sont de moi ...)

Voir les commentaires

Chrétien et philosophe: Jean Luc MARION

Publié le par Perceval

  • Jean-Luc MARION, philosophe et professeur à la Sorbonne et à Chicago, est un spécialiste de Descartes, un phénoménologue ; il a développé une nouvelle approche de Dieu, débarrassée des pesanteurs de l’Etre, pour mieux reprendre cette question. Il écrit : L’idole et la distance (1977) et Dieu sans l’être (1982).
  • Le philosophe Jean-Luc Marion, est reçu jeudi 21 janvier sous la Coupole, au fauteuil du cardinal Lustiger


    Chrétien et philosophe : comment articulez-vous cette double appartenance ?

    Jean-Luc Marion : Je suis philosophe, exactement comme d’autres sont pilotes de ligne, ingénieurs, ou banquiers ! C’est un métier comme un autre, qui relève de l’ordre de la connaissance, dirait Pascal. L’identité chrétienne n’est pas du même ordre que la rationalité philosophique. Il existe des philosophes qui ont des opinions religieuses, et heureusement !scolastique

    Mais il n’y a pas en soi une « philosophie catholique », ou une « philosophie chrétienne ». C’est le propre des idéologies, comme le marxisme, que de vouloir baptiser les sciences humaines. La révélation chrétienne ne dépend pas d’une philosophie, Dieu merci ! Mais il est vrai que je me suis intéressé à la théologie car la philosophie passe son temps à aborder la théologie. Notamment lorsque j’ai écrit Dieu sans l’être . Je ne me suis pas posé la question de l’articulation entre ma foi chrétienne et la philosophie, mais plutôt la question du droit de la philosophie de parler de Dieu, de la révélation chrétienne, et le problème des limites.

     

    Le choix que l’on a proposé aux catholiques entre les deux postures, progressiste ou conservatrice, était faux. D’autres, comme Urs von Balthasar, Karol Wojtyla ou Jean-Marie Lustiger ont au contraire relu le Concile dans une perspective différente, à la lumière des Pères de l’Église, dans un mouvement de redécouverte patristique. La revue Communio a soutenu ce mouvement, et cela fait 35 ans que cette revue, principalement gérée par des laïcs fonctionne, sans subvention.


    Ne craignez-vous pas cependant aujourd’hui un repli identitaire de la part des catholiques en France ?

    Non, je ne crois pas, ce n’est pas un mouvement important. Les catholiques français sont en train de comprendre ce que doit être leur rôle, cela ne va pas de soi. Ils sont une minorité, mais la minorité la plus importante, qui doit avoir voix au débat.

    Certains chrétiens se crispent dans un état caduc et passé de la philosophie, appartenant à une époque scolastique, où la rationalité était définie de manière restrictive, où la confrontation entre foi et raison n’existaient pas. Mais ils n’ont rien compris aux enjeux actuels.


    Justement, pourquoi insistez-vous ainsi sur le lien indissoluble entre foi et raison ?

    Je crois que nous sommes arrivés à un moment clé de cette réflexion. Ceux qui opposent foi et raison ont une vision de la foi comme n’ayant pas de logique. Or il y a une logique de Dieu dans la révélation chrétienne, car Dieu c’est le logos, la raison. Et les mêmes qui nient cette part de recouvrement de la raison par la foi reconnaissent aujourd’hui que nous nous trouvons face à une crise de la rationalité : qui peut, après le XXe siècle, dire ce que l’on entend par raison ?

    La frontière entre le rationnel et le non rationnel n’a plus rien d’évident. La science n’est plus la vérité absolue comme on a voulu le croire, le progrès scientifique prend désormais aussi l’aspect d’une menace, c’est tout à fait évident avec la crise écologique.

    Dans ce que j’appelle cette « inquiétude rationnelle », les chrétiens ont toute leur place, et leur contribution peut être fondamentale. À condition qu’ils n’apportent pas au débat des convictions frénétiques, mais des positions raisonnables. « Raison garder », voilà ce pour quoi les chrétiens sont peut-être qualifiés, car leur Dieu n’est pas un Dieu de la toute-puissance irrationnelle, mais le Dieu du logos.

     

     Penser autrement « la mort de Dieu », objet de l’Idole, et la distance (1977) en considérant cette mort comme, avant tout, la mort d’un concept, d’une certaine primauté de l’Etre et du « Dieu moral ». Il considère ce retrait du divin comme l’ultime figure de la révélation. En somme, dit-il 1/ Le Dieu qui est mort est une représentation (une idole) contre lequel il faut lutter 2/ Dieu, lui, est mort sur la croix et est donc en retrait – manière, pour nous, d’éprouver la filiation.

     Penser autrement l’amour et la charité. Dans Le phénomène érotique (2003) il indique, au début de son livre, que la « philosophie ne dit aujourd’hui plus rien de l’amour, ou si peu », qu’elle « n’aime pas l’amour » et que nous constatons un « divorce » entre la philosophie et l’amour, que nous vivons « dans un grand cimetière érotique ». Il y a, dit-il, une « rationalité érotique » et l’amour en relève.

    Source: ( La Lettre d'information de Canal Académie )

Voir les commentaires

"Sagesse" à l’académie française : F. DELAY

Publié le par Perceval

  • Florence DELAY, de l’Académie française

    sagesse- La liberté.
    "Chaque fois que j’ai terminé un livre, je me dis que je n’ai pas été suffisamment libre..

    - L’oisiveté. "Ne pas trop combler son temps ; profiter de ce moment de la vie pour le hasard, la rêverie, la lecture ; découvrir cet "otium", l’oisiveté au sens noble".
  • Ce mot est désormais entré dans le Dictionnaire. Vivre avec. Chrétiens, juifs, musulmans, ont vécu, avec des heurts mais en se supportant. "Cette période de la vie en Espagne, avant la Reconquête qui a voulu imposer la religion, reste un modèle. L’esprit triomphe des murs. L’important est de tourner son esprit vers l’au-delà, vers Dieu. La convivance semble impossible alors qu’elle a eu lieu pendant des siècles."
  • - La convivance:

    Au regard du monde, de la société, qu’est-ce qui vous parait essentiel à dire aujourd’hui ?

     "A chacun de retrouver une vie intérieure, une vie où l’on fait confiance à ses propres forces. On se repose trop sur le collectif, les mêmes schémas, les machines. On perd sa singularité. On ne peut pas se fondre avec les autres tout le temps. J’aime chercher, je ne veux pas qu’une machine trouve pour moi, me prive de cette "promenade"".

    La spiritualité, hors religions ? "Elle m’a souvent parue imbécile car les religions contiennent assez de grandeur pour qu’on s’y trouve bien. J’ai découvert tardivement les grands textes chrétiens mais c’est passionnant !" Il y a un élan vers "la vie intérieure" qui doit être nourrie quotidiennement.


    Aujourd’hui, quelle est votre motivation essentielle ?

     "Aller le mieux possible vers la fin de mes jours, ne pas perdre la force d’âme ni le pouvoir de m’émerveiller. Tenter de trouver la joie du vieil âge." Et d’évoquer la très ancienne sagesse des Indiens Navarros sur la piste de la beauté.

     

     

Voir les commentaires

Sagesses et voie chrétienne

Publié le par Perceval

La voie chrétienne insiste sur la Foi, une adhésion qui aujourd’hui s’appuie en priorité sur une connaissance intellectuelle, théologique, et qui peut sembler capituler face aux dogmes …


MeditationLes spiritualités orientales et toutes les grandes mystiques de l'humanité, nous montrent que la Foi, s'enracine dans un bouleversement psychique lié au vécu d' un "moment" exceptionnel.
Si, le disciple ne reconnaît pas une relation avec un « Inconnu » qui le dépasse ; il serait peut-être préférable de parler de ‘sagesse’… Cependant, certains parleront de ‘ spiritualité laïque ‘, puisqu’ils considèreront que ce type d’interrogation ( Dieu ? ) est un faux problème, tout en décrivant un état de «  non-dualité », qui nécessite de ressentir un sentiment de dépassement de soi-même et de reliance à la totalité du monde… L’octuple voie du bouddhisme enseigne cette éthique pour y accéder… Le Dalaï-Lama parle de "spiritualité laïque" alors que dans le bouddhisme, s'il y a des "dieux" ( eux-mêmes inscrits encore dans le samsara… ! ), il n'y a pas de Dieu créateur.

 

gasshoLa voie spirituelle chrétienne, réclame un abandon de l’âme ( psyché ), au profit de l’esprit qui n’a qu’un désir : être emplit par l’Esprit.
Ce ‘ lâcher prise ‘, nécessite une sagesse – le plus souvent traditionnelle - une confiance de ses maîtres, une confiance de sa communauté et , ce qui aujourd’hui est le plus délicat, une pratique cultuelle au travers de laquelle le rituel conduit l’apprenti à pratiquer, s’entraider et reconnaître les bienfaits de sa ‘ religion ‘. A mon avis, ce passage est pour la plus grande partie d’entre nous nécessaire et aidant…


Le catholicisme, nous demande de reconnaître cette ‘ blessure ‘ de ne pas être ‘ divin ‘ (et de chercher à le devenir ). Ce chemin, passe par Jésus, qui lui : Homme accompli et uni au Divin, au point de ne faire qu’UN avec Celui qu’il nomme ‘ Père ‘ : et se définit donc au travers de cette relation d’Amour. Cet Amour, nous pouvons, nous aussi y participer, en nous laissant pénétrer de l’Esprit…


Le catholicisme, nous donne comme outil majeur : - La Parole : des textes ( écrits par des hommes ) qu’elle reconnaît emplis par l’Esprit, et par son enseignement au travers du magister et de ses saints. Les dogmes n’ont pas de valeur scientifique, ils attirent l’attention – sur des erreurs possibles d’interprétation de la Parole, ou – sur des points textuellement absents de la Bible ( la Trinité ), mais dont la compréhension ( jamais totale ) du mystère peut nous conduire à satisfaire notre recherche spirituelle. L’Eglise, au delà de son aspect mystique ( Corps du Christ ), est la communauté dont nous avons besoin pour progresser et vivre notre spiritualité, avant de l’étendre ‘au dehors’ ( monde profane ). Un chrétien seul, peut être en difficulté …


Instant présentAujourd’hui, la difficulté de certains c’est de reconnaître et expérimenter la sagesse offerte par le pluralisme religieux, et de pas être compris par sa communauté ( son église ) qui reste attachée exclusivement à sa tradition, et qui de plus ne connaît rien ou si mal cette culture spirituelle. Aussi, est-elle tentée de la caricaturer, rendant le dialogue difficile puisque nous ne nous reconnaissons pas dans l’argumentation : de ce que nous connaissons par expérience … !


Pour être plus clair, je suis effaré, de la méconnaissance, de la plupart des spécialistes que sont les prêtres ou les chrétiens formés, - du bouddhisme, de l’hindouisme, et surtout de cette culture pourtant occidentale du ‘développement personnel’ ( pour faire court …), du mépris contenu dans cette formule très employée de ‘ New-âge’ …etc.
Qui d’entre eux, connaît Eckhart Tolle ? Ou même en France : qui a vraiment lu des auteurs chrétiens comme : Jean-Yves Leloup, Jacqueline Kelen, Annick de Souzenelle parmi les plus lus et connus…
Simone Pacot, et des prêtres comme Benoît Billot ou Bernard Ugeux, ont réussi à être entendus ….

Voir les commentaires

Jacqueline KELEN, les mythes, l'amour, le divin ...

Publié le par Perceval


Vidéo-Interview: Je vous invite à écouter Jacqueline KELEN, elle nous parle avec passion ...!
Vraiment! J'insiste... Ecoutez..!


Jacqueline Kelen et la passion amoureuse
.

Si ce que nous confie J. Kelen vous intéresse, je joins ci-dessous ce texte et vous invite à lire l'un ou l'autre de ses nombreux livres ...

Les Mythes

La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu : lien: extrait d'un article de ' Nouvelles Clés '
 
J. K. : J’ai suivi une formation de lettres classiques qui m’a permis de rencontrer très tôt les mythes fondateurs de l’Occident. Mais le chemin s’est fait progressivement et l’étude des mythes s’est accompagnée de la lecture incessante et passionnée des mystiques - égyptiens, tibétains, chrétiens, soufis ou juifs,... Tous me nourrissaient et m’éblouissaient. Tous parlaient d’une même saveur de Dieu et convergeaient au sommet. J’étais attirée par cette pointe de la pyramide. Le langage des sages et des mystiques est universel dans sa diversité, contrairement au langage unique de la mondialisation qui réduit et appauvrit. À leur façon, les mythes sont inépuisables, éternellement jeunes, parce qu’ils sont reliés à la Source. Il en va ainsi de toute parole prophétique.

J. K. : Beaucoup d’auteurs ou de conférenciers parlent de réconcilier le masculin et le féminin. Les mythes me proposent autre chose, d’ordre vertical : l’union entre ma nature mortelle, humaine ; et ma nature immortelle, divine. Cette tâche qui nous est impartie ouvre une blessure en nous, nous rappelant une blessure ancienne, ontologique. Or, précisément, profondément, cette blessure est ce par quoi le fini peut s’ouvrir à l’infini. Aussi, je trouve beau de se sentir blessé, c’est-à-dire imparfait, en marche, empli de soif. Aujourd’hui, par crainte d’être accusés de dolorisme, nous refusons tout sens à la souffrance et toute valeur à l’épreuve. Nous voulons être indemnes, protégés de tout. Nous oublions que nous sommes mortels, limités. Vivre est un risque permanent et passionnant, une aventure pleine d’imprévus. Tous les héros des mythes naviguent sur des mers déchaînées, traversent des forêts peuplées de brigands et de monstres, découvrent des territoires inconnus, hostiles... La vie nous demande confiance, ardeur et humilité. Il n’y a pas de chemin de maturité sans épreuves. Celles-ci sont autant de portes, autant de rencontres qui nous forgent et nous enseignent. Pour moi, une “belle vie” ne consiste pas en une succession de bonheurs, de plaisirs ou de gratifications. C’est une vie remplie de toutes sortes d’expériences, de souffrances comme d’espérances, c’est une vie intense, entière. Avoir une “bonne vie”, c’est tout embrasser, ne rien rejeter, c’est avoir envie de tout bénir, de tout serrer sur son cœur...

J. K. : Certains personnages, comme la reine de Saba ou Shéhérazade, me sont chers, mais il est un mythe celtique du Moyen Âge qui contient tout pour moi, c’est celui de Mélusine.

Il y est question de l’amour et de son lien au mystère, au secret, à la dignité, à la solitude. C’est l’un des rares mythes qui évoquent l’histoire conjugale. En effet, le mythe s’intéresse à la quête de soi, non aux formes sociales et temporelles.

Ainsi, une fois le héros réalisé, libre à lui d’être ermite, marié ou en communauté. De même, les notions de maternité et de paternité sont rarement évoquées. La femme-fée Mélusine illumine l’existence de son époux, Raymond de Lusignan. Elle lui a promis de le rendre heureux et prospère, riche et respecté de tous, mais le mariage repose sur un pacte : elle demande une journée pour elle seule, le samedi. Cette condition est judicieuse : l’amour n’est ni la confusion ni la promiscuité, et la vie conjugale doit respecter, et même révérer, le secret et la solitude de chacun des époux. Notre époque se déroule sous le signe de la collectivité, mais l’aventure de conscience, de la quête spirituelle, ne peut se vivre que sous le signe de la singularité.

Un jour, assailli par le doute, le seigneur Raymond de Lusignan rompt l’interdit du samedi et cherche à surprendre le secret de Mélusine. Un peu plus tard, il tiendra des propos insultants à son égard. Mélusine, qui veillait sur cette distance d’étrangeté, d’émerveillement entre eux, va déployer ses ailes et quitter Raymond pour toujours. Leurs adieux, inépuisables, me font toujours monter les larmes aux yeux. Ils ne se combattent pas l’un l’autre ni ne se déprécient, comme on a tendance à le faire lors d’une séparation, mais, au contraire, ils se chantent et se remercient pour tout ce qu’ils se sont apportés l’un à l’autre. Les êtres nobles se séparent sans renier l’amour, ils se quittent mais l’amour ne les quitte pas...

Je me demande : si certains personnages des mythes se haussent à ce niveau de relation, pourquoi nous, au XXIe siècle, n’en sommes-nous pas capables ? La réponse est terrible : nous n’en avons pas envie ! La perfection, le perfectionnement nous effraient. Au début du XVIIe siècle, John Done, le grand poète métaphysicien anglais, s’interrogeait : “Pourquoi ne meurt-on plus d’amour ?” C’est la question que je me pose.

Nous sommes mendiants de l’amour et en même temps, nous sommes si avares de signes de tendresse, de gestes affectueux. L’amour ne paraît plus essentiel aux mortels. C’est peut-être pour cela qu’ils restent mortels !

*** *** ***

Voir les commentaires

Nicodème ou le secret de la vie spirituelle

Publié le par Perceval

Nicodème traverse l’Evangile de Jean, (cf. Jn 3, 1ss ; 7, 48-50-52 ; 19,39).


Il est une figure emblématique du sommet de la hiérarchie juive. Nicodème, en effet, est à la fois pharisien, sanhédrite et docteur de la Loi. Nicodème a déjà rencontré Jésus, qui comme lui est juif pharisien…

Savant, Nicodème a déduit que Jésus de Nazareth est « un maître qui vient de Dieu car personne peut opérer les signes qu’il fait si Dieu n’est pas avec lui »  ( Jn. 3, 2).

Nicodème ne jouit pas d’une entière liberté, ses responsabilités le lient à ceux qui récusent radicalement l’origine divine de la Mission de Jésus et interdisent au peuple d’y croire sous peine d’excommunication  (cf. Jn.7,31 ; 9,22 ; 20,19).

Nicodème 5Jésus et Nicodème se voient et se parlent, de préférence de nuit, par précaution, mais aussi comme deux rabbins qui aiment le calme nocturne pour échanger…


Nicodème cherche à comprendre le mystère de la Présence en Jésus, alors qu’il n’entre pas dans ses catégories rabbiniques… Lui, le sage , l’ancien, ce mystère échappe à son savoir…


Cependant, Nicodème accepte d'être bousculé, Nicodème accueille en lui, la Parole de Jésus.
Nicodème, est loin d’être le niais qui ne comprends pas la signification spirituelle du verbe ‘ naître ‘ !


Oui, Nicodème et moi-même, sommes opaques de notre incroyance… Nous venons de nuit, dans l’obscurité de notre manque de foi ; mais fort de notre savoir…

Jésus, nous dit avec les mots de notre vocabulaire, qu’il s’agit à présent d’expérimenter la présence de Dieu… Et ça, c’est beaucoup plus que de rassembler de l’information et des données théologiques à son sujet…

Jésus fait référence à une deuxième naissance, que seul l’Esprit rend possible. En effet, il s’agit de faire de Dieu, non le sujet de notre étude, mais lui permettre d’Etre en nous, de laisser la Parole diriger notre vie… Ce peut-être une révolution, du moins une conversion…

Mais comment cela peut-il se faire ? Puis-je re-devenir un enfant… ? A mon âge, avec mes responsabilités familiales, professionnelles… Comment puis-je recommencer.. ? N'est-ce pas trop tard ?

Non, cette question n’est pas niaise !


Charpentier La Tour« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut - ou de nouveau, selon un jeu de mot possible en grec- nul ne peut voir le Royaume de Dieu ».


Nicodème, est un homme qui cherche la vérité, et pas à moitié, il la veut tout entière, un homme qui se préoccupe de ce qu’il a vu et entendu, mais qui contrôle et vérifie tout. Nicodème est convaincu, toutefois il attend que la vérité lui parle, dissipe ses ténèbres, l’ouvre à la lumière et prépare son esprit à l’adhésion totale et réfléchie de la foi. Il veut chercher l’intelligence de l’objet de sa foi.

Au mieux, nous pouvons être inquiet : « Comment cela peut-il se faire ? » Même question que Marie ! 

Et Jésus lui dit : « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais d’où il vient et où il va. »(3,8).


C’est ainsi, que le Chemin prend l’allure d’une quête, celle de Perceval, qui ne sait où il va, encore moins qu’il rencontrera le Graal….

Voir les commentaires

C'est quand je suis faible, que je suis ... catholique.

Publié le par Perceval

Il serait courant de dire, que face à l’adversité : " nous, les chrétiens, nous aurions quelque chose en plus…" : la Foi ..


Si ce ‘quelque chose en plus’ évoque une force ; cela ne saute pas aux yeux… Ce serait plutôt de l’ordre de la méthode Coué.


Si je reprends le problème au départ : face à la question existentielle, certaines personnes que je côtoient me semblent mieux armées, plus efficaces, plus exemplaires , plus humaines, que moi : le catho.


« Ne jugez pas ! ». Je ne juge pas : je ne sais pas le pourquoi du ‘ Bien ‘ dont je suis le témoin. J’admire ce ‘ Bien ‘.
Je sais que je ne peux m’y inscrire, qu’à la condition déjà d’y trouver un sens, pour n’y pas affronter l’absurde… Ensuite c'est encore plus complexe, au moins autant que les sentiments en bien et en mal, décrits au travers les affres des personnages de Dostoïevski   ! exclusion1.jpg


Il y a ceux qui pratiquent ‘ Matthieu 25 ‘ (1), sans connaître le Christ … !

La Vie, l’Homme, sont-ils si grands qu’ils dépassent l’espérance d’un univers qui n’aurait-pas été fait pour eux ?


Et, il y a ceux qui n’ont pour raison que l’espérance de ce qui adviendra.
Le Soi, l’Eveil, le Royaume ne sont réels que dans l’évocation du Maître. C’est parce que je connais ma faiblesse, que je me mets à l’école du maître. J’ai besoin d’un maître, qui vient me chercher là où je suis.
C’est ma faiblesse, qui me fait chrétien.
C’est ma très grande faiblesse qui me fait catholique. 

"J'aime notre époque, parce qu'elle nous force à choisir, entre la puissance de l'homme et la faiblesse de Dieu".
Gustave THIBON, in Aux ailes de la lettre. 


«Dieu est faible et sans puissance dans le monde et c’est exactement le moyen, et le seul, par lequel il peut être avec nous et qu’il peut nous aider. Selon Matthieu 8.17 «il a pris nos infirmités et il s’est chargé de nos maladies», il est clair comme de l’eau de roche que ce n’est pas par sa toute-puissance que le Christ nous aide, mais par sa faiblesse et sa souffrance…seul un Dieu qui souffre peut venir à l’aide» (Bonhoeffer, 1953, p.164).

(1) 35 Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli;
36 j'étais nu, et vous m'avez habillé; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi!’

Voir les commentaires

Dieu s’incarne… et alors ?

Publié le par Perceval

En s'incarnant, le Fils de Dieu s'est manifesté en tant que lumière. Une lumière présente non seulement à l'extérieur, dans l'histoire du monde, mais également à l'intérieur de l'homme, dans son histoire personnelle. Il est devenu l'un de nous, en donnant un sens et une valeur renouvelée à notre existence terrestre. ( JPII, Homélie 6-I-2002, n. 1)
 

En rencontrant le Christ, tout homme découvre le mystère de sa propre vie. Jésus est la véritable nouveauté, qui dépasse toute attente de l'humanité, et il restera pour toujours, dans la succession des périodes de l'histoire. L'Incarnation du Fils de Dieu et le salut qu'il a opéré par sa mort et sa résurrection sont donc le vrai critère pour juger la réalité temporelle et tout projet qui tend à rendre la vie de l'homme toujours plus humaine. ( JPII 29-XI-1998 )

Jean Paul II

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 > >>