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foi

Ma Foi, signifie t-elle que je possède La Vérité ?

Publié le par Perceval

Ma foi en Jésus – le Christ – Signifie t-elle que je possède la Vérité ?

Non.. !
Notre Dieu : caché, transcendant, nous indique qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu ; tout le reste est idolâtrie : que ce soit humain, naturel, cosmique, vierge, roi ou pape… !

Notre dieu est ‘ personnel ‘, et nul ne peut s’imaginer penser posséder une personne, à moins d’être fanatique, inhumain, diabolique … !

 

Il n’y a pas de foi, sans interrogation ou inquiétude ( quel beau mot !) Recherche lunette

La foi, n’est pas une certitude, ce n’est pas un ‘ savoir ‘. C’est au mieux, une vertu.

« Aucun individu, aucune institution, ne peut prétendre, dans ces domaines, posséder la vérité. C’est ce qui permet à chacun de la chercher, de la poursuivre, de l’aimer, s’il le veut, mais sans jamais pouvoir se l’approprier. C’est l’esprit de la laïcité. La vérité est une, sans doute, mais n’appartient à personne. C’est l’esprit tout court, qui n’est pas possession mais quête » A. Comte-Sponville.

 

« Le dogmatisme est une idéologie de propriétaires. C’est prendre son âme pour un compte en banque. La vraie spiritualité, croyante ou incroyante, est à l’inverse : non richesse mais pauvreté, non possession mais dépossession. Heureux les pauvres en esprit, qui aiment cela qui les possède – Dieu, la vérité –, et qu’ils ne possèdent pas ! »A.C-S

 

Qu’est ce qui produit la certitude ?

On dit «  c’est évident » ! Et pourtant cette opinion n’est pas généralement admise ! ? C’est la différence des ‘ esprits ‘ ? Y a t-il des jugements admis par tous ? Il y a des certitudes scientifiques … Et morales .. ? L’évidence physique est produite par les faits …


-       Jésus :

jésus à genouxJésus dit «  Je suis la Vérité », non par statut ( il est fils de Dieu ), mais parce qu’il a été vrai en toutes choses et envers tous. Il a été vrai envers lui-même : il n’a pas voulu ce que nous voulions qu’il soit _ un roi, un chef politique, un juge, un exorciste, un révolutionnaire, un guérisseur, un chef religieux…

Jésus n’a pas dit ce que les hommes voulaient lui faire dire, ni sur Dieu, ni sur lui-même, ni sur les autres ; bien sûr, il a dit des choses sur Dieu, sur lui-même et sur les autres, mais il les a dites de lui-même et non pour satisfaire la curiosité, le pouvoir ou l’égo de chacun .

Jésus est resté fidèle à ses convictions et à sa mission sans pour autant les imposer, tout en payant le prix de cette authenticité profonde envers lui-même.
Jésus a dit certaines vérités pas faciles à entendre à ceux qui n’étaient ni vrais envers eux-mêmes, ni vrais envers les autres, ni vrais envers Dieu.
La vérité vous affranchira dira encore Jésus. Est libre celui qui est vrai. C’est une liberté qui se gagne et qu’il faut défendre sans cesse.


-       L’Eglise :

L’Eglise s’est positionnée contre le positivisme , par le dogmatisme, pour des raisons de ‘ pouvoir ‘.. L’Eglise a prétendu posséder la vérité comme un savoir. Aujourd’hui, nous différencions : vérité et exactitude, vérité et savoir. Bien sûr, il s’agit alors d’une théologie, qui n’est plus ‘ anti-moderne ‘galilee-proces, qui n’a plus comme unique source, le thomisme…

Le père Marie-Dominique Chenu, parle de passer d’une theologia perennis à une théologie historique, « qui pense la foi comme l’affaire de sujets et sa vérité comme une vérité à faire ».

Si l’Eglise catholique se reconnaît comme « non plus au dessus du monde, mais au milieu du monde », elle peut renouveler son propre rapport à la Vérité qu’elle professe…

 

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Les bons apôtres me font peur...!

Publié le par Perceval

jesus muralN’est-il pas intéressant de se rendre compte que les personnes qui font le choix d’affirmer ostensiblement et avec force persuasion, leur foi - ne peuvent que se heurter à une réaction de crainte et au mieux, à la perplexité… Personnellement, ils me font peur si leur langage est trop différent du mien, ou ils m’attristent si le message s’apparente à ce que je cherche. Quelle caricature, dans cet étalage…Quelle indécence, si cela prête à la moquerie.. ! Ne parlez pas d’Amour… chut ! Vivez…

 

Là, faute de pouvoir devenir chrétien, je suis bouddhiste : j’aspire à zazen, ne plus bouger, inspir-expir, ne pas suivre l’égo qui va et vient, s’agite autour d’une pensée… Descendre plus bas, où il ne se fait rien… IL est là au présent, sans attachement.

 

Il me faut, peut-être du ‘ vide ‘, pour creuser le désir… Il me faut du ‘ doute ‘ pour avoir confiance.

 

Bouddha-yeux-ferm-s.jpgEtre, ne se revendique pas. Etty Hillesum n’avait que faire des ‘bons apôtres’ qui l’eurent volontiers baptisée :

« Il faut oublier des mots comme Dieu,
la Mort, la Souffrance, l’Eternité.

Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé
qui pousse ou la pluie qui tombe.

Il faut se contenter d’être. » 

 

Je reçois son témoignage, que je comprends à la lecture de sa vie et de sa mort.

Je saisis, sensiblement, cette « intimité d’être » présente dans le ‘ moment de vie ‘. Intuition toute orientale, toute poétique, peut-être … mais, c’est là, en cet instant que se joue le contact avec l’Etre…

Je suis chrétien, et je comprends ce que veut dire Fr. Varillon «  Si ce monde n’est pas le symbole d’autre chose, s’il est la seule réalité, quelle que soit la manière dont on l’explique, on ne peut échapper au désespoir. » (François Varillon Beauté du monde et souffrance des hommes)

 

JésusCe désespoir, échappe au ‘ bon apôtre ‘ ; ou peut-être en a t-il si peur, que son témoignage s’accompagne d’une déclaration de sa disparition. Sa tentative de persuasion est à ce prix, elle ne sert qu’à l’en convaincre, lui… Quant à son auditeur, manifestement, il ne l’aime pas… ! Parce qu’il est important d’aimer ce désespoir là, celui qui habite l’autre. Jésus, fatigué, au bord du puits, sait l’écouter chez la samaritaine

A la différence du ‘bon apôtre ‘ :

"Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance.

Il n’est même pas venir l’expliquer.

Mais il est venu la remplir de sa Présence."   Paul Claudel.

 

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La Vérité n’est pas un pays sans chemin...

Publié le par Perceval

"La Vérité est un pays sans chemin" ... Extrait de J.KRISHNAMURTI ...

poliphile 1"La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu' elle soit: aucune religion, aucune secte. …

La Vérité, étant illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, ne peut pas être organisée. On ne devrait donc pas créer d'organisations qui incitent les hommes à suivre un chemin particulier. …

Une croyance est une question purement individuelle, et vous ne pouvez ni ne devez l'organiser. Si on le fait, elle devient une religion, une secte, une chose cristallisée, morte, que l'on impose à d'autres. C' est ce que tout le monde essaie de faire. La Vérité est ainsi rétrécie et transformée en un jouet pour ceux qui sont faibles, pour ceux dont le mécontentement n'est que momentané.

La Vérité ne peut pas être rabaissée au niveau de l'individu, mais c'est bien plutôt l'individu qui doit faire l'effort de s'élever jusqu' à elle. On ne peut pas amener dans la vallée le sommet de la montagne."


LaParole.jpgJe pense comprendre la teneur de ce texte; cependant, il n'exprime pas mon  ' intuition ', ni mon expérience... Bien sûr, il évoque un danger, auquel, tout pèlerin doit être particulièrement attentif: le dogmatisme, la perte de liberté, le conformisme ...etc 


Il me semble que la Foi, est ce chemin, c’est à dire – à la fois, la décision et la confiance de partir à la suite de quelqu’un… Bien sûr, la Vérité est inaccessible, mais elle donne un sens à la vie, qui pourrait sinon n’être que gesticulations instinctives au milieu d’autres. Cette quête se personnalise, s’ordonne, se relie… Elle s’est manifestée au travers de la vie d’un Autre ( Jésus ), qui est devenue mon chemin.

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Le disciple et le maître

Publié le par Perceval

Jésus était dans le désert, conduit par l'Esprit, pendant quarante jours, et il était tenté par le diable » (Lc 4, 1-2).


Un homme désireux d'atteindre le stade de l'illumination décida de se mettre sous la direction d'un grand maître spirituel. Celui-ci l'invita d'abord à prendre le thé avec lui. Le néophyte en profita pour lui décliner ses grades universitaires et lui décrire ses expériences spirituelles.

     Pendant qu'il parlait, le maître continuait de lui verser du thé, même lorsque sa tasse se mit à déborder. Étonné de ce geste étrange, le futur disciple lui demanda ce qu'il faisait. Et le maître de lui répondre : « Ne voyez-vous pas qu'il n'y a plus de place en vous pour mes enseignements? » (Jean Monbourquette, À chacun sa mission, Ottawa, Novalis, 1999, p. 59).


LIEN: Tu pars à la recherche de Dieu. Tu ne sais pas sous quel visage il se montrera à toi. Il n'aura probablement aucun visage, il n'aura pas de nom, tu ne pourras trouver aucune définition qui puisse s'appliquer à lui quand tu le verras... Pars plein d'un immense désir, mais libre de tous ces noms, représentations, définitions, visions... Dieu est Dieu, il est au-delà de tout ce qu'on peut en dire ou en penser, au-delà de tout ce qu'on peut en voir. Nous l'appelons Dieu, mais en fait il n'a pas de nom. Quand Moïse lui demanda son nom, il ne donna pas son nom, il dit simplement : « Je suis ». [...] C'est dans ce lien de l'être que tu le saisiras... au-delà de ce qui se peut concevoir et dire, dans l'être, dans la communication qu'il te fait de son être (Yves Raguin, Chemin de contemplation. Éléments de vie spirituelle).

Interbible.org

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Quelques réponses sur les ' Noces de Cana '

Publié le par Perceval

« Observe chaque détail de l’Ecriture, car en chacun, pour qui sait creuser profond, il y a un trésor, et peut-être même que c’est là où l’on y pense pas que se cachent les joyaux précieux des mystères » (Origène – Homélie sur la Genèse)

 

J'interroge... En clair et en obscur, certaines pierres me parlent ...

Noces de Cana
Jean place ce signe au début de la montée de Jésus, de Galilée vers Jérusalem. Jésus est suivi de ses disciples, tel un ‘ maître ’, un rabbi.

L'indication du " Troisième jour " expression presque toujours en lien avec la résurrection, est elle-même signe de la voie symbolique ( et spirituelle ...) à prendre, pour lire la suite ... et que les évènements qui vont se produire sont indicatifs d'un temps nouveau.

Eau changée en vin, avant d’être transformé lui-même en sang.  

 

« Jésus utilise les miracles physiques pour démontrer des vérités spirituelles. Il guérit des maladesNoces-Cana Barth pour démontrer qu’Il avait le pouvoir de pardonner les péchés. Il maudit le figuier comme signe du jugement prochain qui s’abattrait sur le temple. Il fit des guérisons le jour du sabbat pour montrer Son autorité sur le sabbat. Il ressuscita des gens pour montrer qu’Il était la résurrection et la vie. Il nourrit des milliers pour montrer qu’Il était le pain de vie. Et dans le récit qui nous intéresse, Il fut la source d’une abondante bénédiction lors d’un repas de noces, pour montrer qu’Il sera l’hôte du banquet messianique dans le Royaume de Dieu. »


« Imaginons un instant ce qui se serait produit si les invités présents aux noces avaient voulu se relaver les mains. Ils se seraient dirigés vers les vases de purification, pour réaliser soudainement qu’ils étaient remplis de vin. Il n’y aurait pas eu d’eau pour pratiquer leur rituel. Un tel changement, d’état sur le plan physique, symbolise une transformation spirituelle dans le judaïsme en rapport avec le symbolisme des rites de purification La purification spirituelle par le sang de Christ supplante les rituels de purification. Jésus a accompli la signification symbolique des rituels en se substituant Lui-même à eux. »

«  Jésus a accompli totalement les rituels et les a rendus obsolètes. A l’ère messianique, il n’y a pas de place pour les rituels de purification. Les serviteurs puisèrent donc ensuite du vin, et en apportèrent au maître de cérémonie qui confia à l’époux que : « Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent » (verset 10).


Pourquoi pensez-vous que Jean rapporte de tels propos ? S’agit-il tout simplement de conseils en vue de prochaines noces ? Ou encore pour montrer que Dieu peut produire un vin de grande qualité ? Non, Jean veut nous faire comprendre le symbolisme spirituel rattaché à ce miracle.

les beatitudes fra AngelicoCertains Juifs étaient comparables à des personnes « qui avaient bu du vin » pendant si longtemps (en accomplissant les rituels de purification) qu’ils en étaient devenus incapables de reconnaître un vin de qualité supérieure. Lorsque Marie s’est exprimée en disant : « Ils n’ont plus de vin », cela symbolisait le fait que les rites de purification étaient devenus dénués de leur sens spirituel. Jésus les remplaçait par quelque chose de nouveau et de meilleur. »

« Le récit du miracle ajoute la dimension de l'accomplissement. Le vin représente probablement l'enseignement nouveau dispensé par Jésus : cf. Pr 9,4b-6 ou Is 55,1-3. Ce vin remplace l'eau destinée aux purifications et qui était présent dans six (symbole d'imperfection) jarres. »

 

« Qu’en est-il, pour nous-mêmes, de certaines de nos traditions ? Ne sont pas t-elles pas devenues aussi caduques que les eaux de purification ? Jésus ne voudrait-il pas les changer en quelque chose de beaucoup plus stimulant ? »


Marie n'adresse pas une véritable demande à Jésus. Elle dit simplement: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3).

 « En effet, à Cana, Jésus reconnaît non seulement la dignité et le rôle du génie féminin, mais en acceptant l'intervention de sa Mère, il lui offre la possibilité de participer à l'œuvre messianique. »

« Les deux fois il appelle sa mère : " femme ". Vierge eve autunIl ne faut pas y voir une attitude irrévérencieuse. Au Calvaire au contraire ce mot a une résonance de solennité. Car à ce moment suprême, où Jésus est sur la Croix, il proclame le rôle spécifique de Marie. Jésus donne à sa mère l’appellation de "femme ", en faisant allusion à la première femme Eve. L’homme l’appelle Eve parce qu’elle est la mère de tous les vivants.


Je cite, ci-dessous: Benoit XVI…

« Marie remet tout au jugement du Seigneur.

"Femme, voici ton fils - Fils, voici ta mère" (cf. Jn 19, 26-27). Il indique donc à l'avance l'heure où Il fera devenir la femme, sa mère, mère de tous ses disciples. D'autre part, ce titre évoque le récit de la création d'Eve: Adam, au milieu de la création et de toute sa richesse, se sent seul, comme être humain. Eve est alors créée, et en elle, il trouve la compagne qu'il attendait et qu'il appelle du nom de "femme". Ainsi, dans l'Evangile de Jean, Marie représente la femme nouvelle, définitive, la compagne du Rédempteur, notre Mère: l'appellation apparemment peu affectueuse exprime en revanche la grandeur de sa mission éternelle.

"Que me veux-tu, femme?". Ce qu'au plus profond ils ont à voir l'un avec l'autre, c'est ce double "oui", dans la concomitance duquel a eu lieu l'incarnation. C'est ce point de leur très profonde unité que le Seigneur vise à travers sa réponse. C'est précisément là que renvoie la Mère. Là, dans ce "oui" commun à la volonté du Père, se trouve la solution. Nous devons nous aussi apprendre toujours à nouveau à nous acheminer vers ce point; là apparaît la réponse à nos interrogations.

"Mon heure n'est pas encore venue". Jésus n'agit jamais seulement de lui-même; jamais pour plaire aux autres. Il agit toujours en partant du Père, et c'est précisément cela qui l'unit à Marie, car c'est là, dans cette unité de volonté avec le Père, qu'elle a voulu elle aussi déposer sa demande.

Il ne "produit" pas simplement du vin, mais il transforme les noces humaines en une image des noces divines, »

 

Autre interprétation:
"Après la remarque/intercession de Marie, Jésus s'adresse à elle en l'appelant "femme" : signe supplémentaire que Marie représente l'Eglise comme on le verra dans le commentaire du texte sur la Croix. La B.J. remarque fort justement : "Cette appellation semble s'adresser à la nouvelle Ève, Amour courtoismère des vivants (Gn 3,15.20)". Boismard de son côté note : "C'est le terme que Jésus emploie pour s'adresser à n'importe quelle femme (..) Ce n'est donc pas un terme de mépris (..) Mais Jésus évite le terme de mère, parce qu'il veut faire abstraction du lien qui l'unit à Marie (..) Il agit maintenant en Messie". Mais l'interpellation est rude : "Quoi de toi à moi ?" On va voir que cette rudesse est justifiée par le fait que Marie fait d'une certaine manière sortir Jésus de son rôle : Boismard a peut-être tort d'écarter a priori toute idée d'hostilité comme en Jg 11,12 ou 2 Ch 35,21.

Notons qu'à la fin de notre texte, il nous est dit que "les disciples crurent en lui" : jusqu'alors, ils le suivaient. Quelque chose de fondamental s'est donc produit, en lien avec la Passion/Résurrection."


 

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Questionner La Parole : Jean 2, 1-11 : Les noces de Cana

Publié le par Perceval

A propos de la lecture de l’Evangile, se dire qu’aucun mot, n’est là par hasard. Tendre vers une lecture spirituelle,mediter-la-parole-de-dieu c’est à dire traverser les interprétations, qu’elles soient littérales, historiques, symboliques ou religieuse ; et ne garder que ce qui nous ‘con-vient’ pour une compréhension spirituelle de la Parole.

Dans cet objectif, et selon le témoignage de Perceval : Questionner, interroger…

Bien entendu, il s’agit de précéder cette rencontre avec le Graal, par une traversée de ses ombres. Il s’agit de porter ‘ attention ‘ aux signes, aux rencontres, de séparer l’ivraie du bon grain…etc. C’est le but même de la quête. Mais, la différence entre le mythe et ma vie ; c’est qu’ici et maintenant tout est lié… Il s’agit quotidiennement de ‘délier’, de tailler pierre après pierre, alors que l’œuvre est déjà faite en partie… Alors que la pierre d’angle est déjà posée, en pleine gloire ; j’en suis, moi, aux fondations …

Apprenti, j’interroge le Maître. Je suis rempli d’inquiétude, la voie est remplie d’embûches, mes frères me soutiennent. Frappe, et l’on t’ouvrira. Interroge et l’on te répondra.

Je taille en direct ma planche, avec un texte célèbre : les noces de Cana.cana peinture contemporaine


Lors de cette rencontre, s’approcher avec respect et Ecouter … Une ‘ lectio divina ‘ avec le corps, à voix haute…


Trois jours, le sens ? La suite, est-elle sur le même mode de compréhension ? Une noce, le sens ?, en Galilée.. ? La mère de Jésus : elle est là ; à quel moment aussi ? Le lien ? Jésus indépendant de Marie, mais avec ses disciples.. Ses disciples, ici?

Le vin manque… Quelle importance ? Ce n’est pas une histoire de vie ou de mort ! J’ai parfois entendu noter « Marie sait que Jésus ne peut rester insensible à l’embarras de ceux qui l’ont invité avec ses disciples…etc » Pas convainquant ! la famille est aisée.. Pas de grand enjeu ?

 

Le langage de Jésus, n’est pas anodin : «Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore venue». Sens littéral ? Pourquoi :« Femme » ? «  Mon heure .. » Jésus connaît donc, déjà, la fin ? Marie répond… Le dialogue n’est pas convenu…

noces canaSix jarres ! Il y a la quantité ! Pourquoi Jésus utilise t-il des jarres pour les ablutions ? Les remplir d’eau, toutes… Pourquoi une telle quantité ? Du bon vin ! Après le moins bon ? Pourquoi, pourquoi ?


Est-ce une démonstration de la puissance de Jésus… ? Non ! ( se souvenir des tentations …). Et pourtant, il s’agit bien d’une certaine ‘manifestation’ de la ‘gloire ‘ ( mon heure n’est pas venue ..)

Ce n’est pas l’obéissance de Jésus qui est louable, ici… D’autant que le miracle va assurément conduire les invités à l’enivrement ! Pourquoi Jean, nous rapporte t-il cette anecdote ?

Pourquoi, est-il noté que le miracle de Cana s’achève par l’adhésion des disciples qui « crurent vers lui »… Nous savons que leur foi n’est pas sûre… En quoi étaient-ils donc, avant, disciples ?

Voilà... C'est ainsi, avec toutes ces questions, que le pèlerin que je suis, arrive, au rituel eucharistique... J'attends avec impatience, l'homélie ( réservée au clerc..!) pour saisir le message qui m'est lancé au travers de cette Parole... Il est peu de dire, que je suis si souvent déçu...: une récitation convenue d'un catéchisme moralisant . Certes, tous les prêtres ne sont pas Zundel...!
Malgré tout, je lance un avis: ' Recherche maître spirituel '. Amen.

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Edith Stein, Zundel, Rilke,F. Midal, et moi ...

Publié le par Perceval

Je suis, ce matin, très entouré et sollicité…

Jugez : à peine éveillé, c’est Edith Stein qui m’interpelle : «  Chaque être créé a un sens qui lui est propre, et c’est sa manière particulière d’être à l’image de l’essence divine ». Quelle belle reconnaissance du chemin de chacun ! Quelle confiance en la liberté de chaque humain…

Le plus beau, est qu’à l’instant suivant, Zundel ajoute : « Il faudrait crier sur les toits que Dieu est liberté infinie, que le sens de la création c’est la liberté infinie, mais que cette liberté – comme celle de Dieu – elle ne peut s’accomplir que par le vide total que l’on fait en soi »

Fleur peinteLa clé de cette liberté est là : le vide… L’absence de mon petit ‘moi’, qui sait, qui s’impose parce qu’il aime ceci et n’aime pas cela… Moi, qui se préfère à la place qu’il pourrait faire à l’autre, par peur d’être oublié… L’Amour, non pas celui que je prends, mais celui que je donne … D’ailleurs, je n’aime pas prononcer ce mot…

Fabrice Midal, me tape sur l’épaule : « En effet, me dit-il, il nous semble que l’on nous a tant parlé d’amour, d’une manière désincarnée, fausse Nous savons la déceler dans les propos de ceux qui ont toujours le mot « amour » à la bouche. L’amour sert très souvent à des manipulations psychologiques mesquines voire perverses. Toutefois, le prix à payer de cette analyse est lourd. On a liquidé la possibilité de comprendre, de transmettre et de vivre ce qu’est l’amour.

L’autre écueil, c’est la sentimentalité qui nous fait confondre le rêve de midinette et le véritable amour qui n’est pas une consolation mais un risque. L’amour ne nous endort pas, mais nous réveille ! L’amour, pour prendre le titre de mon précédent livre, implique de « risquer la liberté ». 

De ces deux façons — en l’instrumentalisant ou en le rêvant — , on a rendu le chant de l’amour inaudible. » C’est vrai !

Il ajoute : « Et si de l’amour on ne savait rien ? ( le titre de son nouveau livre ). Ensuite, sans autre formalité, il me présente un ami à lui, que je sais assez proche : Rainer Maria Rilke.. !

Les poètes ne sont pas toujours très clairs, à la première lecture, mais ce qu’il dit : me parle.

« Est-il possible qu’on n’ait encore rien vu, rien su, rien dit qui soit réel et important ? Est-il possible qu’on ait eu des millénaires pour regarder, pour réfléchir, pour enregistrer et qu’on ait laissé passer ces millénaires comme une récréation dans une école, pendant laquelle on mange sa tartine et une pomme ?» ( Rainer Maria Rilke, Les Carnets de Malte Laurids Brigge, Gallimard, 1991, p.38.)

 

Oui, c’est bien cela. Moi, peut-être chacun de nous ; j’attends, je cherche cette chose à voir, à entendre, rien que pour moi. Cette chose essentielle, qui, j’en ai l’intuition a plus à voir avec de l’être, que de l’avoir, que du faire …. Cette chose qui m’est propre, qui serait ma manière particulière d’être …
« à l’image de l’essence divine » me souffle Edith Stein

 

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La Bible traduite par Meschonnic, et lue par P. Sollers ..!

Publié le par Perceval

" C'est l’histoire de cette brave dame catholique qui voit un vieux monsieur ne payant pas de mine en train de lire un livre. « Vous lisez quoi, cher monsieur ? — La Bible, madame. — Mais en quelle langue ? — En hébreu. — Ah bon, la Bible a aussi été traduite en hébreu ? »

 

Voici un extrait d'un texte de Sollers, sur la traduction de la Bible par Meschonnic...

 

" Meschonnic traduit la Bible, et la démonstration est faite que nous n’avons eu entre les mains, jusqu’à présent, que des approximations ou des recouvrements, tradition hellénique ou chrétienne, compromis du rabbinat, dévotion, timidités, voiles. « L’Occident ne s’est fondé que sur des traductions et, pour le Nouveau Testament, fondement du christianisme, des traductions de traductions de traductions… Si l’anglais et l’allemand ont eu un original second, avec la King James Version et avec Luther, le français n’en a jamais eu. » Voilà le point essentiel. Dieu, en français, est quasiment inaudible, à moins de le prendre pour Victor Hugo. Il faut donc qu’une énergie particulière, simultanément poétique et de traduction, nous fasse franchir cette surdité acquise, sirop, emphase ou répulsion. Le poème, pour Meschonnic, est une « force-sujet dans le langage », et les versets de la Bible sont cette force qui n’a pas encore été dégagée comme telle.


Rien ne le montre mieux, aujourd’hui, que la parution éclatante des Psaumes sous le nouveau titre de Gloires . De la belle complainte on passe à l’interpellation directe, de la « bondieuserie » à une sorte de guerre permanente et abrupte, où les accents, les te’amim, jouent un rôle fondamental. Ce terme hébreu est le pluriel de ta’am, qui veut dire goût. La Bible est une guerre du goût. Son parler-chanter (du moins dans Gloires) doit s’entendre comme un « goût dans la bouche » - à la fois goût et raison -, comme « une physique du langage ».

Parler, chanter, raisonner sont une même substance qui peut être écoutée par Dieu, à qui on demande de prêter l’oreille. Gloires est plus fort que psaumes, à la tonalité idyllique, et sans aucun doute préférable à louanges, dont Meschonnic dit drôlement que cela aurait « un côté Saint-John Perse », comme s’il s’agissait d’une « adoration vague et d’une acceptation du monde et de son histoire ». Mais non, voyons : rien de plus tendu, de plus tremblant, de plus dramatique que ces paroles sortant enfin de la brume cléricale pour exposer l’épouvante et la peur du gouffre, l’appel au nom divin et à sa promesse de joie. La Tora n’est pas la Loi, mais l’Enseignement. Les Gloires sont des situations d’abîme : c’est l’homme qui risque d’être avalé, raflé, détruit par ses persécuteurs réels, jeté au trou, mais qui garde confiance dans son « Dieu de la multitude d’étoiles ». On presse Dieu d’écouter, d’intervenir, de parler, de trancher. Il l’a fait, il peut donc le refaire.

Des décalages justifiés de mots, et chaque fois des pans entiers de représentations fausses s’effondrent. Ne dites plus « péché » ou « pécheurs », mais plutôt « égarement », « égarés ». Les pécheurs sont des égarés et les méchants sont des « malfaisants ». Beaucoup d’égarés, beaucoup de malfaisants, ça se prouve. Voulez-vous retrouver le sens d’Amen ? Dites : « C’est ma foi. » Vous avez l’habitude d’Alleluia ? Entendez : « Gloire à Yah ». Ne récitez pas « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » mais « à quoi m’as-tu abandonné » (ce n’est pas du tout la même chose). Traduction Dhorme (Pléiade) : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l’oeuvre de ses mains. » Traduction Meschonnic : « Le ciel proclame la splendeur du dieu, et l’oeuvre de ses mains est ce que raconte le déploiement du ciel. »

Autre forme, autre scansion, autre disposition des mots sur la page, avec des blancs significatifs de respiration. Début des Gloires : « Bonheur à l’homme qui n’a pas marché dans le plan des malfaisants et dans le chemin des égarés. » Ce « Bonheur à » est en effet bien préférable à « Heureux celui qui » ( « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage » ). Au passage, on signalera à ceux qui se plaignent des textes comportant trop de citations le très bel essai de Meschonnic sur Walter Benjamin dans Utopie du juif , rappelant qu’il s’agit là d’un art très ancien (le Talmud, par exemple). Principe de montage permettant un autre rapport à l’Histoire. « Les citations dans mon travail, écrit Benjamin, sont comme des voleurs de grands chemins qui surgissent en armes et dépouillent le promeneur de ses convictions. »

Les touristes de l’existence détestent ces rappels bibliques. On les comprend. Dans Gloires, la partie est rude. Il y a là un certain David, un des plus grands poètes de tous les temps, dressé dans une position limite : vous sentez passer sur lui la peur, le frisson, le spasme, la panique, la souffrance jusque dans les os ; vous le voyez inlassablement aux prises avec le mensonge, la corruption et la fraude. Il a sa musique, sa conviction, ses « prières secrètes », son murmure, jour et nuit, même s’il est courbé, épuisé, pourri, les tripes brûlantes. Il n’a plus de force, son coeur va trop vite, il est abandonné, il va devenir sourd, muet, aveugle, pendant que ses ennemis sur lui « se grandissent ». Le tumulte l’entoure, il patauge dans la détresse et des marais de boue, mais il persiste à chanter ce Dieu « qui maintient les montagnes dans sa force ». D’un côté la fosse, la mort et les amis de la mort ; de l’autre le roc, un grand oiseau aux ailes protectrices, la vie. Autant dire que Gloires est un livre d’une actualité brûlante.”

Philippe Sollers, Le Monde du 18.05.01.

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Jean-Paul II et la sainteté

Publié le par Perceval

Jean paul II 2Le journal ‘ La Croix ‘, mentionne à propos de Jean Paul II, un livre de Mgr Oder qui dévoile les pratiques de mortification dont Jean-Paul II était coutumier, notamment pendant le Carême, pratiquant strictement le jeûne et l’abstinence. Selon des témoignages recueillis auprès de son proche entourage, le pape polonais portait un cilice. Il lui arrivait de dormir à même le sol et de se flageller, mettant ainsi en pratique, écrit Mgr Oder, ces paroles de saint Paul (Col, 1, 24) : « Ce qui manque aux souffrances du Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église. »
Ensuite, le père Cl. Flipo tente d’expliquer cette pratique volontaire et des plus intime…


« Ainsi, vivre de son baptême, c’est entrer dans un combat intérieur, spirituel, mais aussi corporel, contre les péchés que la convoitise produit en nous. Les Pères de l’Église, et les fondateurs du monachisme ont développé, à partir de là, une théologie pour lutter contre les passions mauvaises aussi bien l’orgueil que la convoitise.

Aujourd’hui, nous reprenons cette idée à partir de ce que dit Jésus dans l’Évangile : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Luc 9, 23). Ce renoncement implique non seulement quelque chose de l’ordre de l’esprit, de la volonté, mais de tout l’être humain. Dans la vie spirituelle, tout se tient, la vie psychique et physique.  »aubade Orgueil

De là à s’infliger des châtiments !

Mais est-ce des châtiments ? Je dirais plutôt des privations, une forme d’appel à réordonner ses désirs. Saint Ignace parle ainsi d’affections désordonnées. Les efforts de Carême, ou encore les privations que s’imposent des personnes qui entreprennent un long et dur périple à pied vont dans le même sens. Ces privations permettent de laisser surgir un autre désir, un désir spirituel.

Il faut se référer au sens premier de « discipline » : se donner une discipline. On peut l’entendre sous une forme négative, se faire du mal. Mais on peut aussi le voir de manière positive, laisser développer en nous quelque chose de meilleur. On se prive pour plus grand.

Dans la vie moderne, beaucoup de personnes comprennent que l’on ne peut progresser qu’en renonçant à bien des choses. Ici, ce renoncement touche au corps : difficile à comprendre dans une société de glorification du corps comme la nôtre."

Personnellement, je retrouve, par cette révélation, le combat spirituel du saint, qui craint profondément les démons de l’orgueil et de la désespérance. C’est aux marges de la sainteté, que l’on a le vertige de l’abime…
Pour tenter de comprendre, il n’est que de lire Bernanos :


Sous-le-Soleil-de-satan.jpg"L'enfer, c'est de ne plus aimer... "( L J CC )

"Il est plus facile qu'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier..."

"Souvenons-nous que Satan sait tirer parti d'une oraison trop longue, ou d'une mortification trop dure." (SLSDS)

"Mais celui-ci - pauvre prêtre ! - s'il doute, ne doute pas seulement de lui mais de son unique espérance.

Le péché nous fait vivre à la surface de nous-mêmes."
"Nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c'est là qu'il nous attend."
"Ne pas désespérer du salut, même si on vit desespérément."

"Quelle épaisseur a le péché ? A quelle profondeur faudrait-il creuser pour retrouver le gouffre d'azur ?"
"Le monde n'est pas une mécanique bien montée. Entre Satan et Lui, Dieu nous jette, comme son dernier rempart. C'est à travers nous que depuis des siècles et des siècles la même haine cherche à l'atteindre, c'est dans la pauvre chair humaine que l'ineffable meurtre est consommé."
GEORGES BERNANOS

 

"Mais ce qui est choquant, c’est que cette information ait été mise sur la place publique, de manière totalement sortie de son contexte, de même qu’il est choquant que l’on ait rendu publique la nuit spirituelle de Mère Teresa."Cl Flipo.

Ce n’est pas du tout mon avis ! Je ne crois pas aux saints qui brillent sur toutes les faces. L’hagiographie est contre-productive, même les contes de fée sont plus subtils !

Quant à décider ce qui est bon pour moi? Je crains, encore aujourd’hui, l’accompagnateur spirituel, qui me déconseillerait quelque lecture qui pourrait me ‘ détourner ‘ du message évangélique … !

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Athéisme et illusion

Publié le par Perceval

Prière réussite

"Il ne dépend pas de nous de croire en Dieu, mais seulement de ne pas accorder notre amour à de faux dieux." Simone Weil.


A mon avis, chacun choisit son dieu... La plus grande illusion serait de se croire Athée !

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