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foi

« Je vois des hommes : comme des arbres et ils marchent »

Publié le par Perceval

Marc 8, 22-26 / Traduction Chouraqui

Jesus-guerissant-un-aveugleIls viennent à Béit-Saïda.

Ils lui amènent un aveugle.

Ils le supplient de le toucher.

Il saisit la main de l’aveugle et le fait sortir du village.

Il crache sur ses yeux, impose ses mains sur lui et l’interroge:

« Vois-tu quelque chose ? »

Il lève le regard et dit:

« Je vois des hommes comme des arbres; je les vois marcher. »

Alors, il impose encore ses mains sur ses yeux:

il voit clair, il est rétabli; il fixe tout distinctement.

 

 

Nous sommes corps à corps avec Jésus : sa main, sa salive, à l’écart …

 

Jésus guérit de multiples façons… Et ce n’est pas là le message… Jésus ne doit pas être réduit à un simple guérisseur !

 

Quelques lignes auparavant, Marc insiste sur le fait que les disciples ne comprennent rien «  vous avez des yeux, et vous ne regardez pas ! » … Après , ce sera la confession de Pierre «  Tu es le Christ –messie ».

 

Les évangiles reprennent l’aveuglement comme une métaphore de l’incompréhension …

 

Aveugle, je suis étanche et fermé aux signes de la transcendance.

Ici, Jésus, fait nous fait accéder à la lumière en deux étapes :arbre-hommes-feu-ou-arbre-de-vie

-          L'aveugle a accès d'abord à l'univers créé par Dieu, à la nature dont les hommes, comme les arbres, font partie. Originellement, l’homme est cet arbre « avec racines et frondaisons, accueillants aux souffles et aux oiseaux, des arbres verts capables de se régénérer en permanence … »… C’est son aspect « naturel »

-          Jésus recommence, et l’aveugle voit distinctement le niveau « humain », auquel nous sommes conviés.  : c’est notre aspect « spirituel » ( notre vocation …)

Je m’interroge : de quelle cécité dois-je  être guéri ?

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Prier et s'engager

Publié le par Perceval

Le père franciscain Pierbattista Pizzaballa, est le « custode » de Terre Sainte.pizzabella 1 La Custodie est une présence établie au Moyen-Orient, appelé Terre Sainte par les chrétiens. C’est une « présence-pont », une rencontre (parfois un choc) entre deux cultures, celle de l’Orient et celle de l’Occident.

 

J’ai bien apprécié le témoignage de ce catholique, sur la prière au cœur de son engagement pacifique dans une région … «  emblématique » ( ?). Ce témoignage répond indirectement à mes questions sur la prière…

 

«  Comment est-ce que je rencontre le Christ aujourd’hui ?

Je ne suis pas toujours prêt à la rencontre. Mais je sais quelles sont mes certitudes : la Parole, la prière, le Lieu et les personnes. Ensemble.


Dans Marc et Mathieu, on lit que « Jésus alla habiter à Capharnaüm. Jésus vient exactement habiter dans cette terre blessée et fragmentée, devenue hostile pour Dieu et pour l’homme. » ( déjà !). Le dieu de Jésus n’est pas un dieu lointain, Il est là où est Jésus… Proche.


actu-terre-sainte-Jérusalem« Le rapport avec le Lieu ( Jérusalem ) rappelle continuellement l’Evénement duquel nous parlent les Ecritures, en faisant une mémoire proche, concrète. Le rapport avec les personnes t’oblige à certifier la vérité de ton expérience. Les relations en Terre Sainte sont terriblement blessées. Mais c’est en demeurant là, à l’intérieur de ces relations, que tu trouves la provocation quotidienne au rapport avec le Christ et tout alors devient concret, difficile et pourtant nécessaire : le pardon, la gratuité, la liberté, la charité, la modération, la patience, l’accueil… deviennent une nécessité. Refuser ces attitudes serait Le refuser. »


« Jésus est naturellement le cœur de notre prière » (…) « prier » est la « première chose à faire pour la Terre Sainte ».

artimage horizon

« La prière est la première chose à faire parce qu'elle nous place dans une juste proportion dans nos relations avec les personnes ». « La prière nous met dans l'horizon de Dieu ».


Et puis, après la prière, « il y a l'engagement ». La prière « ne peut rester une activité du cœur qui risque de devenir un peu sentimentale », elle doit aussi mener « à un engagement concret, actif », a-t-il ajouté.

Il faut enfin du « courage », parce que nous avons besoin « de personnes qui nous aident à sortir un peu de notre petit horizon, qui soient audacieuses et capables de provoquer et de secouer un peu nos consciences ».

 

Prier, c’est entrer dans la prière que Dieu fait continuellement en moi. Prier, c'est respirer Dieu !

Denis Huerre, moine bénédictin

 

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L'attention et la scolarité: Simone Weil.

Publié le par Perceval

Simone Weil ( Attente de Dieu ) écrit  ceci à propos de l’attention :

 


Simone Weil    « Le plus souvent on confond avec l'attention une espèce d'effort musculaire. Si on dit à des élèves : "Maintenant vous allez faire attention", on les voit froncer les sourcils, retenir la respiration, contracter les muscles. Si après deux minutes on leur demande à quoi ils font attention, ils ne peuvent pas répondre. Ils n'ont fait attention à rien. Ils n'ont pas fait attention. Ils ont contracté leurs muscles. On dépense souvent ce genre d'effort musculaire dans les études. Comme il finit par fatiguer, on a l'impression qu'on a travaillé. C'est une illusion».

 

peinture-feu


   

« L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. L'intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d'apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs. Là où elle est absente, il n'y a pas d'étudiants, mais de pauvres caricatures d'apprentis qui, au bout de leur apprentissage, n'auront même pas de métier. C'est ce rôle du désir dans l'étude qui permet d'en faire une préparation à la vie spirituelle ».



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S. Weil... Loin d'une religion « consolatrice »…

Publié le par Perceval

icone-marie-madeleine-jesus-tombeauComment avec le Christ, est-on passé d'une religion au service des besoins de l'homme ( consolatrice ), à une religion qui élève l'homme, autrement dit qui humanise l'homme...

 

Une religion exigeante, et - à l'école de Simone Weil - c'est en revenant sur notre attitude devant le mal, que nous découvrons le Chemin sur lequel nous conduit le Christ ...Bien sûr, après avoir évoqué cela, il faudrait en même temps comprendre ce que signifie " la joie ", indissociable de " la croix " ... croix de taizéLire Bernanos ...!

 

 


 

-          Le mal est comme nécessaire, en ce qu’il nous convoque à notre « carence d’être »…  Du mal, nous implorons Dieu ( nous sommes réduits à notre impuissance )...

Nous expérimentons que nous ne sommes pas Dieu, ( nous exprimons éventuellement notre colère)

 

Simone Weil 3« L’absence de Dieu est le mode de présence divine qui correspond au mal – l’absence ressentie. »


Le christ-Jésus, lui-même, a crié sur la croix que Dieu l’avait abandonné …

 

« L’amour n’est pas consolation, il est lumière. » …S. Weil rejette « les croyances combleuses de vide, adoucisseuses des amertumes » ! « Si l’on désire un amour qui protège l’âme contre les blessures, il faut aimer autre chose que Dieu. »

Dieu n’apaise pas… Dieu donne un sens. Pour ce qui est de l’apaisement, nous avons, nos proches ( attention cependant à les préserver …), l’amitié, bien sûr les biens relatifs et culturels ( foyer, patrie, traditions, valeurs …) qui constituent les moyens ( ne sont que des moyens ) de l’humain et surtout l’Art …

 

-          S’agit-il de « Salut » ? Notre espérance se situe t’elle dans une récompense, une survie de l’âme, ou dans la réalité divine … ?

 

« L’extrême difficulté que j’éprouve souvent à exécuter la moindre action est une faveur qui m’est faite. Car ainsi, avec des actions ordinaires je peux couper des racines de l’arbre » .. « il faut se déraciner. Couper l’arbre et en faire une croix, et ensuite la porter tous les jours ! »

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L'Homme ... au centre

Publié le par Perceval

" Le Christ, c'est le Copernic de la religion.

 

Avant le Christ la religion était centrée sur le culte de Dieu. lavement des pieds jésusComment trouver grâce devant Dieu, comment apaiser Dieu, comment me concilier Dieu ?

 

La réponse du Christ : tu veux trouver grâce devant Dieu¸ trouve grâce devant ton frère, Sois gracieux avec ton frère. Tout ce que tu fais pour ton frère, tu l'as fait pour Dieu, Dieu te gardera une récompense éternelle d'un verre d'eau donné à un de ses petits.

 

Tes relations avec tes frères sont la révélation de tes relations avec Dieu. Le Christ a sacralisé l'homme et désacralisé tout le reste."


Louis Evely

 


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Le mal

Publié le par Perceval

détail Caravage satan pied marie et jésus" le mal en moi dit "je" " Simone Weil

 

Nous préfèrerions être dissociés du mal… Le mal pourrait être un diable, par exemple, qui serait un « autre »… Ce que symboliquement, il est habile de ritualiser, pour ne pas s’identifier à la faute.

peche originel

 

Peinture du Caravage: détail de 'Madonna dei Palafrenieri ' ( Jésus soutient le pied de marie, qui écrase le serpent. )

 

L'intérêt de «  la faute originelle » c'est, qu'elle me rappelle à la vigilance…

 


Le diable n’existe pas, il n’est l’image que d’un « transfert ».

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Eloge de la religion

Publié le par Perceval

Nous avons besoin de la religion ( catholique, en ce qui me concerne…) lieu de prièrepour nous apprendre à devenir chrétien. La religion n’est donc qu’un véhicule, mais nécessaire…

 

Aux injonctions de toutes sortes : «  Sois bon ! » « Aime.. ! » « Libère-toi ! » etc …

croix de st-françoisJe pourrais dire que ma religion m’est nécessaire en ce que je ne suis pas chrétien, et que j’ai le désir de le devenir … De plus, je ne peux devenir chrétien, aux seules forces de ma volonté et de mon intelligence… Je compte sur la Foi, c’est à dire sur la grâce ( par la prière …) [ mais aussi, bien sûr, sur ma volonté ( et une méthode ) et sur l’intelligence ( la raison ..). Pour ce qui est de la méthode, là aussi bien entendu, j’ai besoin de la religion … ]

Ignace de Loyola 2

 

  Prière:

 

 

 

 

De Saint Ignace de Loyola

 

 

" Prends Seigneur et reçois toute ma liberté,                                                                             
ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j'ai et tout ce que je possède,
c'est Toi qui me l'as donné.
Tout cela, Seigneur, je Te le rends.
Tout est à Toi, disposes-en
selon Ton entière volonté.
Donne-moi seulement de T'Aimer,
donne-moi cette grâce,
elle seule me suffit. "

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L'Incréé et les "énergies divines"

Publié le par Perceval

don-t-be-afraid-martina-hoffman" La science, et la connaissance de certaines techniques, permettent d’être en prise directe avec le Divin… Ce savoir, est caché… puisqu’il permettrait d’atteindre Dieu, seul … sans Eglise! "

 

Il y a parmi les controverses théologiques, une ( qui pourrait en englober d’autres …) qui mérite à mon avis d'être prise en considération parce qu’elle rejoint aujourd’hui certains débats ( que nous croyons modernes …) sur «  le surnaturel «  ( tendance  paranormal )… Je veux parler, de tous ces débats par forums interposés, ou conférences, livres… sur « les énergies divines, champs, ondes .qui permettraient d’expérimenter la réalité « matérielle », voire la mise en équation de ..comment dire ? – je ne dirai pas du « divin », mais je reprendrai le termes des pères ( lors de ces fameuses controverses ) : L’incréé.

 

Le terme, même, me semble signaler la contradiction qu’il y aurait de se lancer dans une entreprise qui consisterait à expérimenter scientifiquement « l’incréé » !


Cependant - dans cette hypothèse, en contradiction avec le message catholique ( il y a une logique ! )  – deesse Lunecela signifierait que « le monde » ( la création ) et Dieu ne seraient pas séparés … qu’il n’y aurait pas d’altérité entre le créé et l’incréé… ! ( voir le document du Vatican : « Jésus-Christ, le Porteur d'eau vive. Une réflexion chrétienne sur le « Nouvel Age »...).


Ainsi, le Messalianisme ( hérésie gnostique condamnée au concile d'Ephèse en 431) affirmait que l'on pouvait accéder au salut par une méthode ascétique extrême aux résultats garantis… Et, dans un langage moderne, que les « énergies divines » permettaient de connaître expérimentalement le Divin…


Saint Grégoire Palamas  qui fut au XIVe siècle le grand docteur de la théologie de la Lumière incréée, permettra de concilier l’apparente contradiction qu’il pourrait y avoir entre la voie mystique et la voie théologique.

St Grégoire de palamas

 

 

« L’essence divine reste totalement incommunicable et Dieu s’unit à l’homme dans ses énergies dans lesquelles il est totalement présent : « L’illumination et la grâce divine et déifiante n’est pas l’essence, mais l’énergie de Dieu ».

Dans le Traité contre Akindynos, Palamas écrit : « Dieu est appelé Lumière non selon son essence mais selon son énergie ». Une série de conciles échelonnés de 1340 à 1360 donnèrent raison à saint Grégoire et officialisèrent la doctrine de la distinction de l’essence et des énergies divines » "Dieu est Lumière" par le Père Pierre Struve


Ce début de réflexion, est à mon avis salutaire, quand on a le désir d’approfondir le contenu de sa Foi .. Il s’agit de raisonner valablement et de bien différencier : naturel et surnaturel, science et Foi, religion et mystique ..etc…

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L’attention selon S. Weil

Publié le par Perceval

Simone Weil 3«Quand on fait vraiment attention à quelque chose, de toute son âme, cette chose se donne à vous».

 



« Le poète produit le beau par l'attention fixée sur du réel. »mandala tibetain


 

 

 

« Il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue. Ce quelque chose est beaucoup plus proche du mal que la chair. C’est pourquoi, toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. »

 

 

« L’attention absolument pure est prière. »

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L'amour divin, n'est pas celui d'une mère.

Publié le par Perceval

Intéressant, la remarque d’André Conte-Sponville :

« J’ai vécu la perte de la foi comme une libération plutôt que comme un deuil. .. « Enfin, seul ! » (Jules Renard )… : Quelle liberté soudain, quelle légèreté ! Quoi de plus pesant qu’un regard omniscient ?

C’est un regard d’amour. Raison de plus ! Qui voudrait vivre toujours sous le regard de sa mère ?... »

 

Morale amourParler de l’expérience de dieu, c’est revoir constamment nos définitions, nos images, un peu paresseuses..., que nous reprenons sur Dieu, mais aussi sur la Vérité, ou comme ici, sur l ‘Amour divin.

Pour évoquer la relation que Dieu entretient avec l'Homme; nos Textes évoquent l’amour d’une mère ... mais ce ne peut être qu'une "analogie", évidemment ...

Cet Amour divin, n'est entaché d'aucun désir de possession... Souvent il s'en démarque, ainsi l'attitude même de Jésus, qui s'écarte volontairement de sa famille et appelle à quitter père et mère… pour plus grand...  Le Dieu d'Abraham, est un Dieu inattendu qui demande de tout quitter, de ne s'attacher ni à sa femme, ni à son fils ( Isaac )... C'est un dieu qui fustige toute idole, même éventuellement la sienne...

 

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