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Articles avec #bergson tag

Anna de Noailles, l'Aéroplane, Péguy et Bergson

Publié le par Perceval

Avant la cataclysme de 1914, suivons Anne-Laure à la rencontre de quelques personnalités qui ont compté...

Observons cet article qui cite les invités au mariage de Fernand Gregh et Harlette Hayem en 1903... On y croise, avec la comtesse de Sallembier : Mme Louise Halévy, Mme Jean-Paul Laurens (Madeleine Villemsens épouse du sculpteur et peintre, ami de Gide), Mme Jules Lefebvre ( peintre ), la Comtesse Colonna, Mme René Brice ( le politique) fille de l'auteur et cadémicien Camille Doucet, la Comtesse Mathieu de Noailles, Mme Taine ( l'historien), Mme de Porte-Riche, Mme de Saint-Victor... Ludovic Halévy, Louis Ganderax ( journaliste et critique) sont témoins, Henry de Régnier, José-Maria de Heredia, Abel Hermant, Henry Roujon, l'historien Henry Houssaye...etc

Harlette Hayem, est femme de lettres, elle collabore au Figaro, aux Lettres, à L'Illustration, à La Revue de Paris, etc. Elle est jurée du prix Fémina. Son père était homme de lettres, homme politique, disciple de Proudhon , et ami de Barbey d’Aurevilly...

Barbey d'Aurevilly, son parrain, avait choisi le prénom d'Harlette en souvenir de la mère de Guillaume le Conquérant qu'avait aimée Robert le Diable.

Comtesse Mathieu de Noailles par Ignacio Zuloaga

Un personnage comme Anna de Noailles est incontournable dans la vie mondaine de cette époque... Anne-Laure de Sallembier a souvent l'occasion de la rencontrer ; et semble cependant s'en écarter... Bien de ses talents pourraient l'attirer - poétesse de génie - ses mots d'esprit courent dans Paris ; mais sa personnalité effraie; elle s'impose, étouffe qui s'en approche...

Un détail : Anne-Laure en est persuadée, Anna de Noailles préfère s’ennuyer à attendre deux heures et arriver en retard aux réceptions où elle est espérée, désirée... Ainsi, elle surgit, étourdissante... Et, elle parle, d'un débit saccadé : les mots sont justes et se pressent... Tous sont à ses pieds, beaucoup lui vouent un culte... Proust la vénère. Lucie Delarue en est tombée amoureuse...

Marthe Bibesco, sa cousine, confie qu'Anna voudrait être aimée de « tous les hommes qui aiment d'autres femmes qu'elle »

Charles Demange, le neveu de Barrès, après un flirt avec Anna qui veut se venger de l'oncle, se suicide en août 1909...

Elle se console, avec Henri Franck, mais il mourra à 24ans, tuberculeux...

Seul Barrès réussira à se faire désirer...

Anne-Laure aime la liberté d'Anna : elle étonne son milieu, mais n'est pas si paradoxale que cela, Anna de Noailles est aristocrate et dreyfusarde, nationaliste et admiratrice de la culture allemande, Heine en particulier.. Elle assiste à un cours de Bergson, et s'écrie « Mais je sais tout cela depuis que je suis née ! »

Anna de Noailles se passionne, comme J.B. pour l'aventure aérienne (Anne-Laure s'en inquiète...) La comtesse de Noailles, fascinée, suit les exploits des frères Wright, le 31 décembre 1908 Wilbur Wright bat le record de distance parcourue avec un avion : 124,7 km, pendant 2 heures, 20 minutes et 23 secondes... Elle admire nos aviateurs Esnauly-Pelterie, Farman, Blériot qui vient de traverser la manche ce 19 juillet 1909

« En vain, l’intelligence, agile et sans limite,
Avide d’infini, vous repousse et vous quitte ;
En vain, dans les cieux clairs, de beaux oiseaux pensants
Peuplent l’azur soumis d’héroïques passants,
Ils seront ramenés et liés à vos rives,
Par le poids du désir, par les moissons actives,
Par l’odeur des étés, par la chaleur des mains...
» ( A de Noailles - Le Ciel bleu du milieu du jour, 1913)

1908, Henri Farman (à droite) et Paul Painlevé

J.B. avec le mathématicien Paul Painlevé (1863-1933) affirme sa confiance dans le raisonnement et les calculs pour prévoir un grand avenir au ''plus lourd que l'air'' selon l'expression de l'époque... Beaucoup de grands esprits restent sceptiques... Ainsi Lord Kelvin (1824 -1907), physicien britannique d'origine irlandaise reconnu pour ses travaux en thermodynamique aurait affirmé : « La réalisation d’une machine volante plus lourde que l’air est impossible ». Et en 1905, le physicien en balistique et militaire Emmanuel Vallier (1849-1921) termine une longue série de travaux théoriques en réaffirmant l'impossibilité pratique du vol des appareils plus lourds que l'air....

Cependant, c'est avec émotion, et enthousiasme que Paul Painlevé, le samedi 10 octobre 1908, s’élève dans les airs à bord de l’aéroplane piloté par Wilbur Wright. La balade aérienne de plus de 70 kms dure 1 heure, 9 minutes. Il est le premier passager des frères Wright...

En 1910, Painlevé publie un ouvrage intitulé L'Aviation, en collaboration avec le mathématicien Emile Borel. L'objectif du livre est de mettre à la portée du plus grand nombre possible d'esprits cultivés les lignes essentielles de l'histoire du ''plus lourd que l'air''.

Précisément, le scientifique Painlevé deviendra ministre de la Guerre, alors que le général Nivelle lance son offensive désastreuse le 16 avril 1917; il attire l’attention de Nivelle sur l’indispensable soutien de l’aviation pour repérer les positions ennemies, si le temps est clément. Painlevé défend une nouvelle stratégie aérienne: l’emploi des aéroplanes pour le repérage, la chasse, le bombardement et le transport de troupes. 

Anna de Noailles, aime fréquenter les hommes politiques, elle admire et s'accapare Briand, recherche l'avis des ministres ; elle a la gloire, et eux ont la puissance, dit-elle...

Painlevé devant l'enthousiasme d'Anna de Noailles, et son désir de monter dans un aéroplane, lui répond : « Si je disposais d'un aéroplane, il serait en permanence devant votre porte, trop orgueilleux de prêter ses ailes de toile à votre rêve... »

 

Il serait temps de dire quelques mots sur J.B. ( Jean-Baptiste de Vassy ), complice, ami et amant d'Anne-Laure; disciple du mathématicien Henri Poincaré, et admirateur d'Henri Bergson...

J.B. fait partie de ces jeunes hommes, critiques de cette République qui à présent s'impose à tous, et qui aurait perdu '' le panache, l'héroïsme, le sens du sacrifice...''; la France s'est affaiblie de son anticléricalisme... J.B. Pense comme Péguy, que la guerre peut être nécessaire pour défendre les valeurs de la France, parmi lesquelles il compterait la liberté, l'humanisme, la religion... La guerre est admise comme un choc de civilisation...

Anne-Laure ne partage pas certaines de ses convictions... J.B. défend la liberté et la raison contre l'irrationnel ; idée qui la met mal à l'aise... Anne-Laure redoute la guerre, J.B. la déclare vitale, si elle est juste...

Anne-Laure de Sallembier, est de cette aristocratie qui s'est émancipée dans la vie mondaine parisienne; proche d’Élisabeth de Gramont, elle n'hésite pas à exprimer sa sympathie au clan dreyfusard ; ni éventuellement à soutenir des artistes socialisants, ou anti-cléricaux comme Anatole France (1844-1924) tout en affichant son attachement – par liens familiaux interposés – à l'orléanisme..

Cependant, comme J.B. et la plupart de leurs amis, elle pratique ( hélas!) un antisémitisme de principe, qui placent les juifs à côté de la nation ; et ceci dit-elle : « sans aucune animosité » !

N'oublions pas que ces aristocrates, se considèrent eux-mêmes d'une autre ''race'', que témoignent leur nom, la considération qu'ils se portent mutuellement, et le respect intimidé que leur témoignent les grands bourgeois, les artistes désireux d'être admis dans leurs hôtels...

Cependant, J.B. défend Bergson, contre les antisémites et les fanatiques... Il n'aime pas Maurras... Bergson- dit-il - nous fait considérer le réel pur, et réconcilie la philosophie avec la théologie …

24 janvier 1914 : Henri Bergson entre à l’Académie française, il est alors l'objet d’attaques antisémites ordurières de Léon Daudet dans l’Action Française.

De plus... Le 1er juin 1914, Rome met à l'Index les ouvrages de Bergson !

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Voyage en Angleterre -6- Russell - Bergson

Publié le par Perceval

Tout le monde est resté sonné par le réquisitoire de Russell, et il est bien difficile d'apporter dans cet environnement si fraternel la contradiction...

Cependant Jean-Baptiste tente avec beaucoup de finesse - c'est Anne-Laure qui le remarque - de présenter une philosophie moins analytique...

  • N'y aurait-il pas en l'humain, un point d'insertion entre l'esprit et la matière... ?

  • Qu'entendez-vous par esprit... ? Pourquoi, l'esprit ne serait-il pas un phénomène physique... ?

  • Restons dans le doute... La perception ne pourrait-elle pas être une sorte de matérialisation causée par l'esprit... ?

  • Vous pensez donc que la réalité n'est pas ''une''... ?

L'évolution-creatrice-Bergson - Fabienne Verdier, l’expérience du langage

On pourrait aussi débattre de la liberté de l'esprit et du déterminisme de la matière.... Russell considère que cette opposition est artificielle … De même entre intelligence et intuition ; entre instinct et subconscient....

Russell reconnaît la valeur de l'argumentation, mais elle est ''littéraire'', esthétique... Quant à Bergson, il a effectivement lu '' L’Évolution créatrice '' publié en  1907, et ses autres ouvrages.... Il « n’est pas meilleur que les précédents » car il n’y a pas « depuis le commencement jusqu’à la fin, un seul raisonnement (…) il ne contient qu’une peinture poétique qui fait appel à l’imagination » !

Pour Bergson on atteint la vérité par l’intuition et non par l’intelligence: elle n’est donc pas matière à raisonnement...

Russell s'en prend ensuite à la notion de ''durée'' telle qu'elle est proposée par Bergson... « de la littérature...!'' - (les deux s'y connaissent... Il seront tous deux prix Nobel de littérature..!!)

Jean-Baptiste de Vassy, qu'Anne-Laure nomme J.B., est un érudit fortuné - je le rappelle – passionné de mathématiques, il a souvent accompagné Henri Poincaré, qu'il vénère, dans des congrès, et même dans son travail... JB, va donc tenté ici, d'expliquer ce que ''durée'' pourrait signifier aussi bien en philosophie qu'en sciences...

Naturellement, nous étendons la durée, qui n'est qu'une donnée immédiate de la conscience, au monde matériel... L'Univers nous parait former un tout... La ''durée pure'' est qualité, changement, mobilité... Elle n'est pas une quantité, même si quand on essaie de la mesurer, on le signifie par de l'espace, comme une longueur sur la ligne du temps...

Henri Poincaré, a noté que le temps est relatif, qu'il dépend du point de vue sous lequel on le mesure.

Dans son ouvrage, publié en 1902 '' La science et l'hypothèse '' Poincaré affirme qu'il n'y a pas d'espace absolu, ni de temps absolu... Non seulement nous n'avons pas l'intuition directe de l'égalité de deux durées, mais nous n'avons même pas celle de la simultanéité de deux événements se produisant sur des théâtres différents.

En 1907, Minkowski reprend les travaux de Hendrik Lorentz et Einstein, réunit l'espace et le temps, que nous avons l'habitude de dissocier, pour finalement les réunir en un « continuum espace-temps » à 4 dimensions... Cela rejoint d'ailleurs l'intuition qu'en a Poincaré...

Vraiment, la ''raison physicienne'' - et peut-être, bien plus que la ''raison mathématicienne'' - est pleine de paradoxes...! Ne trouvez-vous pas...?

 

Ottoline et Anne-Laure s'interrogent sur la raison et l'amour...

Russell admet qu'il y a des cas où non seulement la raison n’est pas utile mais où elle peut même devenir nuisible.. Ces cas adviennent lors de la relation avec les autres...

Dame Ottoline Morrell 1909

L'amour a des formes multiples... Dans le sens courant, il est la relation que deux êtres qui se sont librement choisis vont nouer dans des liens à la fois ''spirituels'' et charnels. « La peur de l’amour (…) n’est que la peur de la vie. Et ceux qui craignent la vie sont déjà aux trois quarts morts »

  • Philosopher ne permet-il pas ''d'appendre à mourir''..?

  • Tout au plus, à vivre mieux...

Russell énumère trois causes au malheur des hommes: - le mal byronien, sorte de mélancolie où l'amour d'une femme et la misanthropie se rejoignent ; - le sentiment de culpabilité ; et – l'esprit de compétition imposé par la société... Aussi, en résultent de l'ennui et de l'envie, la peur de l'opinion d'autrui, de l'agitation et de la fatigue... qui sont autant d’entraves au bonheur.

  • Et donc, pour être heureux...?

  • Et bien, selon notre personnalité, nous serons plus disposé à chercher une forme raffinée à notre bonheur, comme l'art, la création ; ou plus intellectuelle comme la recherche scientifique, ou plus simple comme le jardinage … ou plus émotionnelle ou plus instinctive...

Et de grands éclats de rire closent la question...

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Henri Bergson, philosophe.

Publié le par Perceval

Henri Bergson, philosophe.
Henri Bergson, vers 1912

Plusieurs heures avant le début du cours de Henri Bergson (1859-1941), le valet de pied de la comtesse de Sallembier, retient sa place; puis une procession de voitures s'aligne devant le Collège de France. Bergson parle sans notes, parmi les auditeurs beaucoup d'hommes et de femmes du monde, et aussi des sténographes assermentés qui retranscrivent la parole du Maître avec exactitude...

Anne-Laure y croise également Charles Péguy, qui est un disciple fervent du philosophe... Depuis quelque temps elle fréquente le salon de Geneviève Bizet ( ex Straus, et née Halevy) au 104, rue de Miromesnil, et rencontre avec plaisir le clan Halevy, des gens cultivés et sans le moindre snobisme, en particulier Daniel Halévy (1872-1962), ami de Péguy et condisciple de Proust ... Geneviève Bizet lit tout ce qui parait et adore la conversation d'intellectuels... plutôt masculins; les femmes y sont moins nombreuses qu'ailleurs.

Bergson semble bien frêle, avec son col empesé ; mais quand il enseigne, ses paroles débordent d'énergie... Il propose de voir le monde dans leur épaisseur, et pour cela de ralentir le temps... Le réel c'est la durée, et « percevoir c'est immobiliser »... L'espace se loge dans les plis du temps, dans ses ondulations...

" (...) si vous voulez vous préparer un verre d'eau sucrée, fait-il remarquer à ses auditeurs du Collège en 1901, il faut attendre que le sucre fonde. Le temps de la fonte peut sembler inutile à celui qui a soif, il n'en a pas moins une valeur absolue. Car c'est à l'intérieur de ce temps que quelque chose de nouveau advient. Or ce quelque chose se donne à nous comme un bloc de durée, sans division possible. Ce que j'éprouve dans mon attente, ce n'est pas le "temps-longueur" des mathématiciens et des pendules, mais le "temps-invention", flux universel qui se creuse, s'intériorise, au lieu de s'écouler mécaniquement d'un point à un autre. C'est l'univers même en train de se faire. Décomposer la fonte en une infinité de petits morceaux de sucre qui se meuvent dans l'eau, c'est rater sa vérité profonde, car le monde n'est pas une somme de petits morceaux, pas plus que mon attente n'est faite de petites impatiences."

Bergson éclaircit des notions, qui sont traversées par le concept de durée, et qui vont occuper bien des scientifiques: le fini, l’infini, le relatif, l’absolu, le mouvement…

«Si j’envisage non plus du dedans mais du dehors le mouvement de mon bras qui se lève, si au lieu de le sentir, de me sentir l’accomplissant, je le regarde du dehors s’accomplissant, je vois qu’il traverse un point puis un autre point et ainsi de suite ; il parcourt autant de points qu’on voudra, et ce mouvement n’est pas autre chose, pour moi, que la succession des positions du mobile le long de sa trajectoire.»

La connaissance venue de dedans est absolue, «simple» et «indivisible». Celle que l’on a du dehors est relative, obtenue par «composition». C’est pourtant cette dernière qui est la connaissance d’usage, «car nous avons contracté l’habitude de considérer le mouvement comme étant essentiellement cela», une suite divisible de «positions qui se succèdent», mais qui, prises une à une, seraient autant…d’arrêts ( sources: Bergson côté cours de Robert Maggiori)

Le symbolisme est finalement une abstraction générale assez forte où les humains vont progresser de représentations en représentations pour signifier le plus de choses communes avec le moins de mots possibles.

La Quête qui nous motive ici, utilise le signe du Graal; ce signe fixe une attitude que nous exprimons par rapport à ce que nous souhaitons signifier... Le signe est un pont entre moi et la chose, il m'indique le trajet à suivre ... Le concept lui, s'inscrit plutôt dans une saisie intellectuelle...

Bergson emmène le lecteur vers une psychologie originale de la relation du sujet aux choses.

la Durée - Bergson - Alice Dell'Arciprete

Pour ''connaître ''; il est nécessaire de conceptualiser, et de percevoir; le concept a tendance à figer...

« Il faut que, par un effort d’intuition, nous cherchions à nous replacer dans la chose que nous voulons penser. Au lieu de prendre, du dehors, des vues sur elle, il faut que nous cherchions à sympathiser avec elle » Henri Bergson, Histoire de l’idée de temps. Cours au Collège de France

 

La pensée religieuse ou magique comme la pensée « scientifique » ne nous montrent qu’un aspect relatif de la réalité : ils symbolisent le monde plus qu’ils ne nous le montrent tel qu’il est.

 

La Quête du Graal, interroge l'âme, la mort et l'existence d'un ''au-delà''. Anne-Laure en cherche un écho dans l'oeuvre de Bergson...

Bergson entend intégrer dans sa réflexion, les témoignages de la science, mais aussi l'expérience mystique...

Dans le contexte de la psychologie de l’époque de Bergson, l’hypnose ( par exemple) renverse la subordination de l’esprit au corps en montrant l’action causale de l’esprit sur le corps.

Bergson au Collège de France

Dans le contexte de la IIIe République, la raison doit empêcher un retour en arrière vers la superstition... A l'inverse, Bergson pense que le fait religieux exprime un besoin biologique de l’espèce qu’aucune morale laïque ne saurait satisfaire.

Par la croyance, la nature humaine réagit en défense contre sa raison qui désenchante, contre l'inévitable mort et le néant possible, contre l'annihilation de la personne... Ces scénarios sont eux-même produits par l'intelligence ( la raison) parce que l'homme a la possibilité d'accéder à l'être, par sa négation ...

« Les philosophes ne se sont guère occupés de l’idée de néant. Et pourtant elle est souvent le ressort caché, l’invisible moteur de la pensée philosophique. Dès le premier éveil de la réflexion, c’est elle qui pousse en avant, droit sous le regard de la conscience, les problèmes angoissants, les questions qu’on ne peut fixer sans être pris de vertige » L’évolution créatrice, H Bergson

L'angoisse du néant, chez l'homme, est pour Bergson consubstantielle à l'intelligence; c'est en quelque sorte le ''péché originel'' de l'homme...

La mort est un ''scandale'' pour l'esprit. Nous avons l'expérience de la durée, et nous ne pouvons envisager l'instant dernier... Notre seule expérience est celle de la mort d'autrui...

Cette faculté créatrice qu'est l'intuition nous amène au coeur de l'être. La conscience nous permet d'affirmer l'existence: entre, penser un objet et le penser existant, il n’y a absolument aucune différence...

L’expérience de la conscience révèle notre participation à un principe conscient plus grand et impérissable... Et, l’impossibilité à se représenter le néant pourrait signifier l'existence de l'Etre même ...

« Quand un instinct puissant proclame la survivance probable de la personne, (on a) raison de ne pas fermer l’oreille à sa voix . » L’Evolution créatrice.

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