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Stanislas SUGINTAS: Intrigue

Publié le par Perceval

Stanislavas-Sugintas-Intrigue.jpg

Stanislas SUGINTAS est un jeune artiste prodigue Lithuanien, né en 1969. Stas SUGINTAS a déjà un grand parcours de peintre professionnel avec de nombreuses expostion en France, aux Etats Unis, en Espagne, et bien évidement dans l'ensemble des Pays de l'Est. Ses thèmes pictureaux abordés sont variés passant de la musique à Venise, à la mythologie, son inspiration et sa sensibilité extrême sont omniprésente dans son oeuvre.

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Stanislavas-Sugintas-1.jpg

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18 novembre 1952, Paul Eluard ...

Publié le par Perceval


paul EluardIl y a 60 ans... L
18 novembre 1952, à neuf heures du matin, 
le poète Paul Éluard (1895-1952) succombe à une crise cardiaque, à l’âge de 57 ans, à son domicile de Charenton.

De son vrai nom Eugène Grindel, publie ses premiers poèmes à l’âge de 18 ans ; cette même année il rencontre une jeune russe prénommée Héléna et qu’il surnomme Gala. Elle deviendra sa muse et il l’épousera en 1917 (avant qu’elle ne devienne ensuite la femme de Dali). Il lui dédie le recueil Capitale de la douleur.
E
n 1917 à l’âge de vingt et un ans il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme ( de Tristan Tzara) et devient vite l’un des éléments fondateurs du surréalisme avec André Breton et Philippe Soupault en 1922.

Carta-de-amor-de-Paul-Eluard-a-Gala1.jpg

En 1924 il connaît une crise personnelle et entame un voyage autour du monde.

En 1927 il adhère au PCF dont il sera exclu en 1931. Il est fortement engagé politique. En 1929 il quitte Gala pour Nusch qu’il épouse en 1934. Elle est l’incarnation de la femme sensuelle et sensible.

Eluard-et-Nusch-par-Man-Ray.jpg
Eluard et Nusch

Durant la guerre son engagement ne faiblit, notamment aux côtés de la Résistance. Son poème intitulé « Liberté » sera parachuté au dessus des terres françaises par des avions anglais à des milliers d’exemplaires.

La mort brutale de Nusch en 1946 le plonge dans le désespoir. Son œuvre alterne poésie amoureuse et poésie engagée, politique.

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L'amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

E crit entre  1914 et 1921 - Ce poème provient du recueil intitulé " Capitale de la douleur "

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Man-Ray_-Groupe-de-dadaistes-en-1921.jpg

Man Ray_ Groupe de dadaïstes en 1921

 

La Courbe de tes yeux ( Ecrit pour Gala )

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,Kees-van-Dongen-1.jpeg
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Ecrit  entre Oct. 1924 et aout 1926 -;          
Ce poème provient du recueil intitulé " Capitale de la douleur "


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Quel est le sens de la vie ? -3-

Publié le par Perceval

Igor-Morski-11.jpgDans les temps anciens de la Tradition ( ceux des «  Livres » ( Bible, Coran ...etc ), la science était englobée dans une structure religieuse « holistique ». Puis, ...

  • «  J'ai du limiter le savoir pour faire place à la croyance » Kant (1724-1804) ( Préface, Critique de la raison pure ) : c'est à dire que la question du sens échappe au savoir. « Quel est le sens de ma vie? » les kantiens vous répondront: « Vous ne le saurez jamais, mais vous pouvez et vous devez y croire. »
  • Hegel, au contraire, veut tout embrasser et s’emploie à construire une philosophie qui va tenter d’unifier l’ensemble de notre connaissance du réel, physique et métaphysique, dans un seul et même système de pensée. Pour lui, il ne doit plus y avoir place pour la « foi », pour une « croyance » qui échapperait ainsi, de fait, à la règle de tout savoir.« Quel est le sens de ma vie? » les dialecticiens devraient vous répondre: « Faites de la politique, et ça se conscientisera en vous! 
  • Pour les existentialistes: il n’y a pas de sens préexistant, nous sommes condamnés à la liberté. Pour Sartre, l’homme n’est pas nature et liberté, il n’est que liberté. « Quel est le sens de ma vie? » les existentialistes vous diront: « Il n’y a pas de sens préexistant, ni même permanent. » A chaque heure, chaque seconde, c’est à vous de donner du sens à votre existence en choisissant ce que vous voulez faire.
  • Certains, peut-être, estiment que la question du « sens » est sans intérêt... Cela ne signifierait-il pas pour eux – que  le sens de l’existence humaine, c’est "produire et consommer"..?

 Igor-Morski-8.jpg

La réponse chrétienne à la question du sens est-elle « raisonnable » ?

      Comment mettre bout à bout et sur le même plan, tel scénario cosmologique ( et scientifique), telle expérience esthétique, telle affirmation sur l'origine, et encore telle confession d'un Dieu créateur.. ?

  • Nous sommes chacun libre de donner sens ou non à sa propre existence dans l'univers. Cependant, les chrétiens estiment qu'il n'est pas irrationnel de passer d'un niveau de discours à un autre, qu'il n'est pas irrationnel de se demander « pourquoi » la configuration primordiale de notre univers ( par exemple ) est si extraordinairement ajusté à l’émergence de la vie et de la pensée... Bien sûr, le niveau scientifique et le niveau spirituel ( face à la question du sens ) doit être relié «  sans confusion ni séparation ».
  • Signifier un sens : induit-il un « chemin » à l'intérieur de l'histoire de l’humanité, de l'univers … ? Bien sûr, il ne serait pas juste de réduire «  le sens » à quelques épisodes de l'histoire humaine, sauf s'il s'agit d'un récit mythique. Cependant la théorie de l'évolution, n'est-elle pas elle-même un scénario, dans lequel nous lisons la fin dans le commencement ...etc ? Donner du sens, c'est anticiper...(Theilhard de chardin )

Igor-Morski-12.jpgOeuvres de l’illustrateur Polonais Igor Morski

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Károly Ferenczy

Publié le par Perceval

Les tableaux de ce peintre, sur ces sujets religieux, m'éclairent la lecture des textes bibliques: Ci-dessous: le sermon sur la montagne.

Karoly Ferenczy Sermon on the Mountain (1896) 

Károly Ferenczy (1862-1917) est né le 8 février 1862 à Vienne et décéde le 18 mars 1917 à Budapest. Karoly Ferenczy commence d'abord un diplôme en droit, puis étudie l'économie à Vienne. Finalement, sur les conseils de sa cousine (et future épouse, Olga de Fialka) il s'adonne à l'art. Il s'inscrit en 1885 à l'Académie des Beaux Arts de Naples, puis l'année suivante à Munich, où il travaille avec István Csók et Simon Hollósy . Il passe les années 1887 à 1889 à l'Académie Julian à Paris et suit parallèlement les cours de Jules Bastien-Lepage.

Károly Ferenczy Self-Portrait (1910)
Károly Ferenczy Self-Portrait (1910)

Après une période naturaliste à Szentendre (1889-1892), il retourne à Munich et évolue vers un style personnel plus décoratif et aux couleurs éclatantes (Au jardin de Neuwittelsbach, 1894), dont les développements donnent naissance à l'école de Nagybánya. Il est l'un des premiers à s'installer à Nagybánya, il devint non seulement le maître le plus important de cette « école », mais celui qui, par son talent, l'a définitivement imposée, assurant un foyer central à la peinture hongroise renaissante.

 

Préoccupé par les problèmes du plein air, d'abord voilé de nuages, puis radieusement ensoleillé (les Trois Mages, 1898). Dans ce tableau l’homme fait corps avec la nature, et l’atmosphère y est mystique et propice aux miracles. Il cherche à traduire la lumière puissante, envahissante, de la plaine hongroise. Sa conception synthétique s'oppose à la touche divisée de l'Impressionnisme français, sa facture recherche de larges accents et aboutit dans sa dernière période à un style dont la force évocatrice ne le cède en rien à l'efficacité décorative (Double Portrait, 1908, id. ; Béni avec barbe, 1912, id.). Ci-dessous: détails de tableaux...

Ferenczy Ka roly Hegyi besze Ferenczy Károly-Dombtetőn
Ferenczy Károly-Október Ferenczy Károly-Patak II

Károly Ferenczydéveloppe une approche lyrique de la nature où l’homme évolue en harmonie avec elle. Il donne à l’art un sens mystique et religieux qui le rapproche du courant symboliste européen.

Ferenczy Karoly-Isaacs Sacrifice Sacrifice of Abraham 1901
Ferenczy_Karoly-Isaacs_Sacrifice_Sacrifice_of_Abraham 1901

Le Sermon sur la Montagne, les Trois Mages, Abraham et Isaac, les Frères vendent Joseph, l'Enfant prodigue et les plusieurs variantes du thème Pieta. Ces oeuvres ne cherchent pas une interprétation traditionnelle, elles essaient plutôt d'actualiser les sujets élaborés, mais cela tout en restant dans l'atmosphère de la généralisation, suivant les exemples de la littérature de l'époque surtout les oeuvres d'Ibsen. La supériorité morale et son exigence professionnelle étaient exemplaires; Károly Ferenczyest devenu le créateur de la peinture moderne hongroise. 

Karoly Ferenczy Deposition from the Cross1903
Karoly Ferenczy Deposition_from_the_Cross1903

      Paintings by Károly Ferenczy

Music: Franz Liszt - Liebestraum (Dream of Love)

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Petit portrait militant de Simone Weil. -1-

Publié le par Perceval

Les images que les chrétiens se font de Simone Wiel, sont souvent de nature hagiographique... simone-weil-portrait3.jpgPourtant, les différentes biographies de la jeune femme, la décrivent passionnée et intransigeante...

Ainsi, Camille Marcoux, son condisciple et ami, avec qui elle partage militantisme et discussions interminables dans les cafés, subit son caractère intraitable : il commet l'erreur dans un exposé de citer Bouglé ( sociologue, et directeur adjoint de Normal' Sup ) l'ennemi juré de Simone... «  elle dit à mes camarades, que pour elle, j'étais mort. ». Pendant plusieurs mois, elle ne lui adressera plus la parole …

En cagne, elle s'amuse d'en être arrivée aux coups avec le censeur, qui a interdit qu'en classe garçons et filles s’assoient côte à côte . Elle méprise ostensiblement l'histoire, et sera recalée à sa première tentative pour entrer à l'école normale.... Beaucoup de ses camarades l'évitent, pour ne pas être invité à signer une pétition, à se rendre à une manifestation, ou à contribuer à un fonds de grève d'un syndicat..etc

Simone choisit de passer pour un garçon manqué. Elle refuse tout signe de féminité, s'enlaidit, déteste le contact physique, préfère la compagnie des hommes avec qui elle fume et discute sans ménagement. Cependant, elle repousse avec opiniatreté toute attention masculine, surtout de nature physique. On la trouve intimidante, dépourvue de tact, mais admirable pour sa détermination et ses idéaux.

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Groupe de collaborateurs de l'Ecole émancipée, congrès de Grenoble, 1926
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Grève générale du 6 février 1934

Elle se proclame bolcheviste, syndicaliste révolutionnaire. Le travail manuel est à ses yeux, la voie royale pour la connaissance de soi. Cette vision repose sans doute sur une vision idéalisée du prolétariat...

Elle passe tous ses congés à travailler et partager la vie des ouvriers agricoles ou des marins pécheurs. Professeur, elle fuit ses collègues enseignants pour retrouver les ouvriers en grève, et participer à l'éducation des masses populaires … Le rectorat, après plusieurs inspections, la déplace du Puy, à Auxerre.

Elle néglige son alimentation, frise l'anorexie, verse l'excédent de son salaire à une caisse de chômeurs.

Elle critique la bureaucratie du parti communiste au profit du syndicalisme révolutionnaire, et compare, dès 1933, le communisme russe au national-socialisme d'Hitler. Souvarine est devenu un ami cher à Simone ; on voit en elle, une nouvelle « Rosa Luxembourg ».

 

Un petit air estival et léger en août 1933 ;  ses parents la rejoignent en Espagne, à la mer. Un collègue militant trotskiste, Aimé Patri, l'accompagne... 

Simone-Weil-4.jpg

Ils l'ont rarement vue ainsi détendue et heureuse. Elle passe une bonne partie de ses journées à la plge et vit pratiquement en maillot de bain – le directeur de l'hôtel doit lui demander d'enfiler un peignoir au moment des repas - . elle délaisse ses lunettes et ses vieux habits ( qui la déparent ), et son ami Patri se rappelle avoir été frappé par sa beauté.

A la rentrée 1933, Simone Weil est nommée à Roanne : ville industrielle. Quoique la directrice échoue à la convaincre de noter ses élèves et quoique ses collègues la décrivent comme une figure évanescente toujours plongée dans un livre allemand tel que das kapital, elle s'attire la sympathie et le respect de tous.

A Noël, elle convainc ses parents d'accueillir Léon Trotski, et se disputera avec lui … !

Sources: "Simone Weil" de Francine du Plessix Gray. ( Fides)

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Les années « trente » : Simone Weil, de Beauvoir, et Colette Peignot -2-

Publié le par Perceval

Bataille et sans doute Dora Maar, eux, étaient bien présents, dans ces manifestations antifascistes de février 34. A cette époque, Bataille a sans-doute beaucoup rencontré Simone Weil. Il la connut assez pour en faire le personnage de Lazare dans son roman Le Bleu du ciel, il aurait dit de Simone Weil qu'elle était « plus fêlée qu'elle ne le croyait elle-même ». Ce propos est rapporté par Laure Adler, dans la conclusion de son récit biographique...

cafe-du-Dome-annees-trente.jpgBataille et Colette Peignot deviennent amants en 1934, alors que Colette est avec Souvarine.

Simone Weil est très liée au couple Boris Souvarine-Colette Peignot ; et ensuite mêlée de très près à la dramatique rupture entre Boris et Colette. Après sa fugue de l'été 34, Colette se réfugie chez Simone Weil. Le docteur Weil ( le père de Simone ) fait hospitaliser Colette dans une clinique. Les deux femmes se connaissent bien ( voir correspondance ).

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Simone Weil ( 1909-1943 )
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Colette Peignot ( 1903-1938 )
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Souvarine ( 1895-1984 )

Grâce à Souvarine, Simone Weil obtient sa première embauche comme ouvrière dans une usine du 15ème ar. Boris et Simone se virent souvent et entretinrent une correspondance régulière.

 

Colette Peignot et Simone Weil semblent si … opposées, enfin ...apparemment. Colette place sa révolte dans l'absolu d'un amour consumé, humilié, traversé. « Je veux boire votre sang à votre bouche », disait-elle à son premier amant, Jean Bernier, un ami de Drieu et des surréalistes. Dès 1927, c'est une suite d’errances et de sanatorium... Elle est à Berlin, avec Edouard Trautner, un médecin et poète expressionniste, ami de Brecht... Ensuite, elle partage la vie de Boris Souvarine, l'ancien compagnon de Lénine, qui représente la pureté communiste face aux dévoiements staliniens. Il l'envoie à Moscou recueillir des preuves à charge contre le régime ...

Peut-être est-il osé de rapprocher celle qui provoque anonymement les hommes dans les trains de nuit, avec son amie «  la vierge rouge ». Leur point commun serait l'ascèse. Ne partagent-elles pas une même conception de la souffrance ( comme valeur cognitive) et, au fond, cette volonté d'être des « parfaits » face aux « pharisiens ». Il leur arrivera, à l'une comme à l'autre, d'écraser dans leur paume une cigarette allumée.. !

En 1938, la tuberculose se réveille. Colette Peignot ( la "Laure" de G. Bataille ) meurt à 35 ans.

« Laure, la sainte de l'abîme », d'Elisabeth Barillé

 

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Lycée Molière 1937:  Bianca Bienenfeld et Simone de Beauvoir à côté.  © Famille Segal

 

 

 

 

 

 

Simone de Beauvoir enseigne au lycée Molière ( Paris ) de 1936 à 1939 ; elle en est renvoyée suite à sa liaison avec Bianca Bienenfeld. Beauvoir voit son premier roman Primauté du spirituel, écrit entre 1935 et 1937, refusé par Gallimard et Grasset (il paraîtra en 1979 sous le titre Anne ou quand prime le spirituel). Dans le récit : Chantal, jeune professeure, voit sa vie comme un roman dont elle serait l'héroïne, se berçant de spiritualité et d'illusions, totalement déconnectée du réel.Simone de Beauvoir constate l'influence néfaste du spiritualisme sur les jeunes filles engoncées dans une société sclérosée, elle dénonce des vies gâchées; on y sent la fin d'une époque où la femme n'est qu'un objet obéissant, qui se sacrifie pour les autres.


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Du rêve sur du papier: Rodney Smith

Publié le par Perceval

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Rodney Smith se définit comme un “photographe de paysages. Qui place des gens au milieu des paysages. Un réaliste qui distille du rêve sur le papier.

 « Les cultures américaines et occidentales sont enracinées dans l'indifférence, le détachement et la misère. Moi, je veux que les gens voient plutôt les choses belles, agréables et amusantes que nous offre la vie. »

Une touche de Magritte, et ses compositions se basent sur le monde classique de la symétrie et de l'équilibre.

Son père était le fondateur de la maison de mode « Anne Klein » et sa vie familiale tournait surtout autour de la mode.

Il rechercha une signification plus profonde à la vie et passa son temps à philosopher sur des questions existentielles. À force de chercher, il commença des études de théologie à l'université de Virginie. Il continua ensuite à la Yale Divinity School où il passa une licence de théologie. C'est pendant les années qu'il passa à Yale qu'il commença à s'intéresser à la photographie. « J'ai souvent été voir les grandes expositions au Museum of Modern Art de New York où j'ai compris que la photographie pourrait devenir la manière que j'utiliserais pour exprimer les sentiments qui m'habitaient. »rodney-smith-0.jpeg

Le célèbre photographe Walker Evans, qui était également professeur à Yale, fut la personne qui jeta les fondations de l'éducation photographique de Rodney Smith. « La formation était purement classique. Nous ne photographions qu'en noir et blanc et toujours avec la lumière disponible. Je travaille toujours comme ça aujourd'hui. J'utilise même le même type de pellicule et le même appareil. »

« Mon ambition est de faire un bon travail sensé et c'est ce dont je suis particulièrement fier. Je développe et je tire manuellement en respectant une procédure élaborée avec soin afin de produire un résultat parfait. La qualité du tirage final a une grande importance à mes yeux. C'est le résultat de tout ce que j'ai fait et vu comme œuvre d'art. »

 «Ça peut paraître un peu vieux jeu, » dit-il, « mais je dois uniquement mon succès à mon dur travail et ma persévérance continue. Je suis quelqu'un de très méticuleux et je recherche la beauté dans les détails. On peut appeler ça une obsession mais je pense que ça devrait plutôt être considéré comme une chose normale. »

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Les années « trente » : Simone Weil, de Beauvoir, et Dora Maar -1-

Publié le par Perceval

6_fevrier_1934-manifestation-des-camelots.jpgDébut des années 30, la crise économique est suivie – en France – d'une crise politique avec une défiance pour la classe politique impliquée dans les scandales financiers

le populaire 6 fevr 1934 la Une
Le 6 février 1934: les camelots marchent sur l'Assemblée Nationale

( et qui ne se renouvelle pas, malgré l’instabilité de la 3ème république) et d'une crise sociale... Devant la montée des extrémismes, de la xénophobie et de l'antisémitisme ; comment se situent les intellectuels, ou les élites artistiques … ?

 

M'interrogeant ainsi, à un siècle de distance ; j'observe, dans ce décor, en plus gros plan, les biographies de trois femmes d'exception : Simone Weil, Simone de Beauvoir et Dora Maar , cette dernière regroupant plusieurs destinées à l'intérieur du surréalisme …

 

Les trois jeunes femmes se sont peut-être rencontrées, au cours de manifestations en février 1934, après la marche contre la Chambre des Députés, des ligues de droite du 6 février 1934. Et, c'est par l'intermédiaire de l'association d'extrême-gauche, Masses, soutenue par Simone Weil, que Dora Maar rencontre Georges Bataille membre de cette association depuis octobre 1933. André Breton, dans cette association rédige un tract « Appel à la lutte » pour réagir au coup de force des camelots …

Même si, Simone de Beauvoir ( et Sartre ) - et de son propre aveu - a été aveugle à toute politique pendant les années trente...

Simone de Beauvoir et sartre 1929 Georges-bataille.jpg
Simone de Beauvoir et Sartre 1929 Bataille est un homme hanté par la mort et la souillure, dont la vie est faite d’un mouvement « de va-et-vient de l’ordure à l’idéal et de l’idéal à l’ordure »

A l'opposé, Simone Weil et dès l'Ecole Normale Supérieure, est surnommée « la vierge rouge » par le directeur Célestin Bouglé , qui la décrit comme un mélange d'anarchisme et de calotine. Elle ne fait pas l'unanimité, ni auprès du corps enseignant, ni auprès des autres élèves... Dans son dossier d'inscription à l'école, le philosophe Alain avait écrit : « Excellente élève ; force d'esprit peu commune ; ample culture ; réussira brillamment si elle ne s'engage pas dans des chemins obscurs ; dans tous les cas sera remarquée »

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Simone Weil Dora Maar

Simone de Beauvoir se dit intriguée par sa condisciple, " à cause de sa réputation d'intelligence et de son accoutrement bizarre... Une grande famine venait de dévaster la Chine, et l'on m'avait raconté qu'en apprenant cette nouvelle, elle avait sangloté : ces larmes forcèrent mon respect plus encore que ses dons philosophiques."

Elle écrit encore dans ses « mémoires d'une jeune fille rangée » : «Tout en préparant normale, elle passait à la Sorbonne les mêmes certificats que moi. Elle déambulait dans la cour de la Sorbonne escortée par une bande d'anciens élèves d'Alain. Je réussis un jour à l'approcher. Je ne sais plus comment la conversation s'engagea : elle déclara d'un ton tranchant qu'une seule chose comptait aujourd'hui sur terre, la révolution qui donnerai à manger à tout le monde. Je rétorquai, de façon non moins péremptoire que le problème n'était pas de faire le bonheur des hommes, mais de trouver un sens à leur existence. Elle me toisa : on voit bien que vous n'avez jamais eu faim, dit-elle ! Nos relations s'arrêtèrent là ».

Voir aussi:

 L’attention selon s. Weil

 L’attention selon s. weil - «Quand on fait vraiment attention à quelque chose, de toute son âme, cette chose se donne à vous». 

 S. Weil… Loin d'une religion « consolatrice »…

 S. weil… Loin d'une religion « consolatrice »… - Comment avec le Christ, est-on passé d'une religion au service des besoins de l'homme ( consolatrice ), à une religion qui élève…

 

 


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Art et vision avec: Bernardien Sternheim

Publié le par Perceval

Bernardien_Sternheim-le-baiser-2001-.jpg

Le baiser: 


Bernardien Sternheim est née en 1948 à Amsterdam. Au centre de son œuvre : l'humain, dans toute sa vulnérabilité, dans des situations de confrontation …Bernardien Sternheim autoportrait

Elle s'exprime avec réalisme, au travers de peintures narratives et des portraits...

Elle donne au spectateur des indices, mais c'est à nous de rechercher dans un espace qu'elle laisse à notre imagination. Un thème revient : l'histoire d'amour, et ce qu'elle devient … Ses portraits relèvent des émotions plutôt universelles, comme la tristesse, la solitude, l'éphémère de la beauté, la relation avec son propre corps et les relations avec les autres.

Sternheim a été formée à l'AKI à Enschede. Elle peint depuis l'enfance. La peinture est une obsession pour elle, mais elle le fait avec plaisir.

La structure d'un tableau se fait de manière intuitive. C'est un travail direct et passionné. Elle n'a aucune idée préétablie dans la tête de ce qu'elle va faire. Cela se pose naturellement.

Après la conception schématique, elle peint avec des pinceaux de plus en plus fins. Cela nécessite beaucoup de concentration, ensuite l'effort se transforme en méditation.

Bernardien-Sternheim-66.jpg

Escalator

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Marcel_Oosterwijk-Perocomplex.jpg

 

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Faust - ou, la Beauté ne sauve pas le monde ...

Publié le par Perceval

Je viens de « subir » une présentation du mythe de Faust en visionnant le film d’Alexandre Sokourov, librement adapté de Goethe.Faust-affiche.jpg

Raconter une histoire, n'est pas ici le but du cinéaste ; et s'en tenir au scénario ne rendra pas compte de ce film … Des images, parfois splendides - mais j'ai souffert du choix du format -  dans lequel elles s'entremêlent dans un carré d'écran, format pas très cinématographique ( à mon avis …) et étouffant … (dominante de marrons, de verts et de bleus, avec une furie de nuances qui donne le tournis) et l’anamorphose qui l’accompagne … pesant! ).

 Nous sommes dans un monde, un village de damnés, où personne ne semble croire en Dieu … Le mondes des hommes est décrit dès le début par quelques plans "sublimes" ( certes ...) … Ça pue, c'est laid, c'est « mortel » …

Le décor, l'image … sont à mon avis ce qui sert le mieux le personnage principal : Satan, lui-même, en pleine et hideuse chair... Le diable est usurier prêteur sur gage. Après sa rencontre avec Faust ( savant, mais affamé, perdu et sans un sou …), nous les suivons inséparables, dans un monde en chute libre, où règne le chaos, ennui et confusion... dans ce monde à la Bruegel ou Altdorfer; l'enfance, la vie, l'amour n'ont pas droit de cité ...

Faust--d-Alexandr-Sokourov-1.jpg Faust--d-Alexandr-Sokourov-9.jpg


Le dessein de Sokourov, est-il de remonter aux sources du mal ?

Méphistophélès submerge de paroles Faust, et le renvoie sans cesse à son impuissance première. Le « beau » visage rond de Marguerite, fait oublier quelque peu l'absurdité du non-sens d'une telle vie.. Mais, le meurtre - téléguidé par le diable - du frère ( non aimé) de la jeune fille; rend ce désir encore plus honteux ... Même si Faust, lui, perd au fur et à mesure toute culpabilité..

Faust--d-Alexandr-Sokourov-10.jpg Faust, d'Alexandr Sokourov 12

Au début du film, Faust est avide de savoir : - réflexion autour du verset de Jean « Au commencement est le Verbe », avec la correction : non, au commencement était l'action … ! Puis, ce désir de connaissance est ravalée au rang de la libido – sous forme de concupiscence coupable - Serait-ce là l’origine de tous les maux des hommes.. ?

En ouverture, nous subissons ce plan d'un sexe masculin d'un cadavre … auquel répond ( peut-être ? ) ensuite le plan du mont de vénus de Marguerite bien vivante … Dans la scène du lavoir, les images - emplies de la beauté de ces femmes -  sont balayées par le corps monstrueux de Mauricius ( le diable ).

Faust--d-Alexandr-Sokourov-8.jpg Faust--d-Alexandr-Sokourov-5.jpg



 Faust--Affiche-Allemagne-.jpgDans ce film, l'amour a perdu toute force « rédemptrice ». Dans une scène du film, Faust – qui a monnayé contre son âme, une nuit avec la belle - enlace Marguerite, prête à se noyer, pour finalement sombrer avec elle dans les eaux.

Quel cauchemar !

 

 Etrange que la naissance d'un mythe... Celle de Faust, serait assez récente... On parle d'un Johanne Faust (1480~ 1540~) dont on sait peu de choses : charlatan de foire, astrologue aux mœurs suspectes: c’est un fanfaron… L'imagination populaire (Historia von Dr. Johann Fausten, 1587) donne très vite au personnage une dimension mythique : Faust vend son âme au diable en échange du savoir et des biens terrestres. On lui accorde des pouvoirs magiques qu’il détiendrait d’un pacte avec le démon « Méphistophélès ». L'histoire est fixée pour les théâtre forain par Christopher Marlowe (composée entre 1588 et 1593).

On peut voir ici, une tentative de l’establishment de condamner l'alchimie, et les nouvelles sciences naturelles... Les écrivains s'en emparent pour en faire le symbole de la connaissance dévoyée, le héros ambitieux de la conquête du savoir contre les puissances obscures (Lessing, Klinger) ou le porte-parole de leurs angoisses et de leurs fantasmes (Chamisso, Lenau).

 Dans la version de Goethe le pacte avec le diable  prend la forme d’un simple pari ( inspiré du livre de Job) : le diable parviendra-t-il à détourner les nobles aspirations de Faust vers la bestialité des plaisirs sensuels, les satisfactions matérielles et le plaisir de détruire ?

Dans la version finale du Faust de Goethe, Faust est sauvé : un cortège d’anges escorte son âme vers la lumière «  celui qui s’efforce toujours et cherche dans la peine, nous pouvons le sauver ».


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