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Lohengrin – le chevalier au Cygne:

Publié le par Perceval

Lohengrin et Elsa - Parzival et Condwiramurs - Gahmuret et Herzeloyde

Lohengrin et Elsa - Parzival et Condwiramurs - Gahmuret et Herzeloyde

À la fin du Moyen Âge, la légende du Chevalier au Cygne jouit d’un grand succès en langue française et connaît une extraordinaire diffusion dans la littérature germanique, qui, dès le XIIe siècle, l’associe à celle du Graal, avec l’établissement d’un lien de filiation direct entre Lohengrin et Perceval...

Pour Eschenbach, Lohengrin, en tant que fils de Parsifal, est prédestiné à la vie de chevalier du Graal.

On connait la légende du chevalier au cygne, avec Geoffroy d'Auxerre ( 1187)

«  Dans le diocèse de Cologne, se dresse au-dessus du Rhin un palais immense et fameux que l’on nomme Nimègue. C'est là que jadis, à ce que l'on dit, en présence de nombreux princes et de l'empereur, on vit aborder sur la rive une petite barque qu’un cygne tirait par une chaîne d’argent passée à son cou : tous les spectateurs se dressèrent, stupéfaits devant ce prodige. Alors un tout jeune chevalier, inconnu de tous, sauta de la barque ; et le cygne, comme il était venu, repartit en tirant la barque par sa chaîne.

Le chevalier se révéla preux au combat, de bon conseil, heureux en affaires, fidèle à ses maîtres, redoutable pour ses ennemis, plein d’amabilité pour ses compagnons et de charme pour ses amis ; il épousa une femme de noble naissance, dont la dot lui apporta la richesse et la parenté, la puissance. Enfin, après la naissance d’enfants, bien plus tard, alors qu’il se trouvait dans le même palais, il vit de loin son cygne qui revenait de la même manière, avec la barque et la chaîne. Sans attendre, il se leva précipitamment, monta dans le navire et ne reparut plus jamais. Mais de ses enfants sont nés bien des nobles et son lignage a survécu et s’est développé jusqu’à nos jours.  » ( Wiki)

 

Une autre version, qui se rattache aux miracles du Graal; raconte que celui-ci protège Elsa, fille du roi du Brabant: jeune et riche orpheline...

Lohengrin, alors qu'il vit au Château du Graal, entend qu'un tournoi se prépare en Flandres.. Le chevalier Telramund, tuteur de la princesse Elsa von Brabant, soutient ( à tort) que la jeune fille – par promesse devant le roi mourant - se devait de l'épouser, et exige qu'elle tienne sa promesse. La belle héritière nie cette version, et demande que justice lui soit rendue... L'empereur d'Allemagne, devant qui la question est posée, décrète que Telramund affronterait en duel le champion qu'Elsa voudrait bien choisir... Mais Telramund est craint, et nul chevalier n'ose se mesurer à lui...

Seul le ''Chevalier au cygne'', ainsi nommé, car il est apparu sur la rivière Scheldt assis dans une nacelle tirée par un cygne uniformément blanc, relève le défi du tuteur d'Elsa et le terrasse...

Elsa épouse son sauveur, qui lui fait jurer de ne jamais chercher à connaître ses origines ni lui demander son nom. Elsa promet, mais elle souffre de ce secret qui la sépare de son époux et fait de lui un étranger. Un soir, dans la tendresse des draps, elle ne peut s'empécher de l'interroger à ce sujet, arguant du fait de la vérité due à leurs deux enfants, elle ne pourrait pas refuser éternellement de leur réveler le nom et l'origine de leur père.

Alors, dans un grand soupir, le Chevalier au Cygne, l'emmene près de la rivière tout en lui disant:

- Mon nom est Lohengrin. Je suis l'un des chevaliers elfiques du château de Montsalvat, où est conservé le Saint-Graal.

A ce moment, le cygne à la nacelle fait à nouveau son apparition. Lohengrin grimpe dans la fragile embarcation et repart seul vers le château du Graal.

Cette version, est racontée, par des peintures murales dans le château de Neuschwanstein, construit selon les désirs de Louis II de Bavière, qui s'identifiait à Lohengrin...

 

La famille de Clèves, après l’extinction du lignage de Boulogne-Bouillon, s’est appropriée le Chevalier au Cygne comme ancêtre et rêvait de reprendre le flambeau de la croisade, pour donner à la chrétienté un nouveau Godefroy

Le duc de Clèves, le père de Marie de Clèves, s’était engagé à partir pour la croisade au fameux banquet du Faisan de Lille en 1454, avec Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Selon Olivier de la Marche, la journée avait commencé par une joute, et la promesse au vainqueur d'un riche cygne d’or...

 

Pour ce qui est du lien entre le chevalier au cygne, et le Graal; - en plus de celui d'Eschenbach - on peut noter un roman d'aventures en vers, écrit entre 1270 et 1280, nommé ''Sone de Nansay'' rédigé à l'instigation d'Adélaïde de Bourgogne. Le roman contient nombre d'allusions à des situations réelles et des personnages connus liés la cour du duché de Brabant. L'ouvrage servira à ce titre à l'éducation de Jean Ier, second fils d'Adélaïde. L'auteur, célèbre son héros, chevalier au cygne, comme le fils spirituel de Joseph d’Arimathie et en lui accordant le privilège d’une visite au château du Graal, qu’il imagine en Norvège.

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Alphonse-Louis Constant, et le Féminin. -2/2-

Publié le par Perceval

Sur le plan personnel de la vie d'A.-L. Constant, il est intéressant d'imaginer – d'après ce que l'on sait - son rapport avec des femmes proches de lui...

 

Constant rencontre en 1843, Mle Eugénie Chenevier, sous-maîtresse à l’Institution Chandeau (à Choisy le roi) .

Charlotte Chenevier

Parmi les pensionnaires de l’Institution se trouve la jeune Marie-Noémi Cadiot, à laquelle Eugénie s’est liée d’amitié. Lorsque les deux jeunes filles sortent le dimanche, A. Constant les accompagne et ils passent tous trois de bons moments. Eugénie et Alphonse-Louis, envisagent de se marier; et déjà, Eugénie attend un enfant de lui … Mais Marie-Noémi est tombée amoureuse... Et, elle lui envoie des lettres enflammées, des poèmes...et finit même par fuguer de chez ses parents pour aller se réfugier dans la mansarde de celui-ci. Son père exige alors le mariage, sous la menace d'une accusation de détournement de mineure, car la jeune fille n'a même pas 18 ans. A. Constant doit se résigner. Le mariage a lieu le 13 juillet 1846.

Eugénie a un fils ( Alphonse), en 1846, que son ''père'' ne reconnaît pas … Plu tard, il tentera de se rapprocher de lui...

 

Marie-Noémi prend des cours de sculpture auprès de James Pradier (1790-1852) dont elle est aussi le modèle et la maîtresse...

DAPHNE - CADIOT - Noémie

Marie-Noémi va devenir une femme de lettres, romancière, une sculptrice, une critique d'art et une révolutionnaire qui aura un rôle actif dans le mouvement féministe issu de la Révolution de 1848.

- Vers 1851-52, A. Constant rencontre le mathématicien polonais Josef Hoëné-Wronski (1776-1853), dont l’œuvre fait sur lui une impression durable et l’oriente vers la pensée mathématique et le messianisme... Le 15 août 1803, il eut une révélation de ''l’Absolu'', et jusqu’à la fin de sa vie il ne cessa d’élaborer une théorie générale de « Messianisme », ou de « Paraclétisme », fondée sur cette découverte, et de l’exposer dans de nombreux ouvrages philosophiques et politiques. En avril 1810, Josef Wronski a épousé Henriette Victoire Sarrazin de Montferrier...

 

Marie-Noémi quitte A. Constant pour l'écrivain et mathématicien Alexandre, marquis de Montferrier (1792-1863) et beau-frère d' Hoëné-Wronski. En 1875, elle épousera le député de Marseille Maurice Rouvier (1842-1911) qui deviendra plus tard ministre du gouvernement de Jules Ferry.

 

Noémie_Constant par J.J._Pradier

Elle expose des sujets mythologiques au Salon de Paris à partir de 1852 d'abord sous le nom de Noémie Constant, puis, à partir de 1864, sous celui de Claude Vignon (personnage de "La Cousine Bette", roman de Balzac). Elle fréquente le club des Femmes d'Eugénie Niboyet, écrit dans Le Tintamarre et Le Moniteur du Soir des feuilletons littéraires sous le pseudonyme de « Claude Vignon »

 

A.-L. Constant a pris le pseudonyme d'Éliphas Lévi, ou Éliphas Lévi Zahed (traduction en hébreu de Alphonse-Louis Constant), et va devenir une grande figure de l'occultisme...

 

« La foi n'est qu'une superstition et une folie si elle n'a la raison pour base, et l'on ne peut supposer ce qu'on ignore que par analogie avec ce qu'on sait. Définir ce qu'on ne sait pas, c'est une ignorance présomptueuse; affirmer positivement ce qu'on ignore, c'est mentir. » Eliphas Lévi

 

Eliphas Lévi, se fait connaître par ses connaissances sur l'Esotérisme, en général … Il donne des leçons à l'évêque d'Évreux, Mgr Devoucoux, sur la Qabbale.

Judith Gautier dessinée par JS Sargent.

 

Comme grand admirateur de Balzac, je note qu'Eliphas Lévi connaît très bien la veuve d'Honoré de Balzac, Ewelina Rzewuska Comtesse Hanska ; elle le reçoit dans son château de Beauregard, à Villeneuve-Saint-Georges, il apprécie la magnifique bibliothèque... Il est très lié également avec Judith, fille de Théophile Gautier et première femme de Catulle Mendès. Quand il tombe malade d'une mauvaise grippe, il quitte Paris et s'installe chez Mme de Balzac... Avec le comte Alexandre Branicki, hermétiste, il aurait réussi quelques expériences probantes du Grand Œuvre dans un laboratoire installé au château... Malheureusement, un an plus tard, Mme de Balzac meurt.

Mlle. Judith Gautier à la Fourberie, JS Sargent.

 

 

Avec Mendès, Judith – elle a 24 ans - rencontre Wagner à Bayreuth. Il s'enflamme pour elle. Judith Gautier inspire à Wagner les « filles-fleurs » de Parsifal. Elle traduira en français le livret...

 

Le_Chevalier_aux_Fleurs_1894_Georges_Rochegrosse

Le tableau représente le moment où Parsifal, héros chaste dont le destin est de reconquérir le Saint-Graal, vient de terrasser les gardiens du château du magicien Klingsor. Il s'éloigne dans le jardin enchanté, sourd aux appels des filles-fleurs, femmes fatales aux corps à peine couverts de fleurs.

Les jeunes filles entourent le jeune homme pour se disputer ses faveurs, mais il se décide finalement à les repousser. Kundry, qui obéit aux ordres du magicien, renvoie les Filles Fleurs et use à son tour de son charme pour tenter de le faire succomber.

L'un des thèmes les plus importants de l'Opéra Parsifal de Wagner est la lutte entre la chair et l'esprit : le magicien Klingsor, incapable de résister à ses pulsions, s'est châtré, et son obsession est de conduire à leur perte les Chevaliers du Graal, par l'intermédiaire des filles-fleurs, les tentatrices.. ( Wiki)

 

Oui... Nous retrouvons Parsifal... Le mythe arthurien revient sur le devant de la scène mythologique du XIXe siècle … Nous en reparlerons ….

Pour le moment, nous faisons connaissance de l'entourage de A.-L. Constant ( E. Lévi) ; qui va impressionner Ch.-L. De Chateauneuf...

El. Lévi - Histoire de la Magie

 

Un climat spiritualiste règne à cette époque...

Gautier en 1866, fait paraître un récit '' Spirite '' ; Mendès en 1869, fait paraître un poème swedenborgien ' Hespérus ' qui évoque des noces spirituelles entre deux âmes complémentaires...

Romantisme et Symbolisme vont faire le lien ; comme dans le salon de Nina de Villard, elle-même passionnée de Kabbale et de spiritisme... Les poètes apparaissent être alors les prophètes chargés de dire l'ineffable, de retrouver la langue poétiques des origines et de hautre Tradition, des correspondances entre '' Ciel et Terre ''… Et, précisément pour E. Lévi, la ''magie'' tente de révéler ces correspondances, et de mettre de l'harmonie dans le monde ...

 

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4 - Les légitimistes … Félicie de Fauveau.

Publié le par Perceval

4 - Les légitimistes … Félicie de Fauveau.
Ary Scheffer, Portrait de Félicie de Fauveau (1829)

Félicie de Fauveau (sculptrice  française (1801-1886), s'est faite, les armes à la main, l’écuyer de la Comtesse de La Rochejacquelein, pour qui elle nourrit une passion folle et impossible... Artiste et mystique, elle brûle d’agir, elle monte à cheval et tire au pistolet.

Félicie met son art au service de la cause. Elle imagine des hausse-cols flamboyants (pièces métalliques décorées que portaient les officiers), se lance à corps perdu dans la fabrication d’étendards, de bannières, de poignards et de dagues de ralliement, toutes sortes de bracelets et de brassards.

Saint Michel, saint Georges et sainte Geneviève y participent....

Revendiquant l’héritage glorieux des chevaliers croisés, c'est un rêve de Moyen Âge qui se réalise pour elle...

A droite, de Félicie de Fauveau, Col de la duchesse de Berry 1831

 

Le soulèvement tourne au fiasco ; la duchesse de Berry est arrêtée. Condamnée à la déportation, Félicie de Fauveau gagne clandestinement Paris et se réfugie à Florence au printemps 1833, où elle demeurera. .

Echouée dans un ancien couvent de Clarisses, elle va contenir la folie qui la guette...

Celle qui a été l’élève de Louis Hersent, remarquée par Stendhal, Dumas et Balzac, s’adonnera désormais à ses premières amours artistiques. De la restauration des statues anciennes, elle passe à la sculpture proprement dite, discipline qui deviendra bientôt son langage de prédilection.

Si l’arme a changé, le combat éperdu ne flanche pas, le discours passionné reste le même, le personnage intransigeant s’accuse et s’accomplit.

Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)

Félicie de Fauveau (1801- 1886)

Pour Charles-Louis de Chateauneuf, cette histoire fut une véritable épopée... Pour les ''chevaliers du Roi'', ce mouvement d'insurrection, avait le soutien du Tsar, du pape et nombre de nobles …

Ce 29 avril 1932, venant d'Italie Marie-Caroline – duchesse de Berry - débarquait dans la crique du Petit Palouton, cet endroit près de Marseille où débarquent les premiers chrétiens et où commence justement le chemin de Joseph d'Arimathie et du Graal... !

On dit que c'est elle, qui souhaitait poser le pied à l'endroit précis où les premiers chrétiens touchèrent, en venant de Palestine, la Provence...

 

On dit que la duchesse rêvait d'aventures ; elle dévorait les romans médiévaux de chevalerie, comme la légende des chevaliers de la Table Ronde, la tête farcie disait-on des œuvres de Walter Scott.

 

Le mari qu'elle s'est trouvé, en la personne du Comte Lucchesi-Palli, serait un descendant d'un compagnon du Roi Tancrède de Sicile, à qui Richard Cœur-de-Lion avait remis Excalibur, l'épée du Roi Arthur !

 

Félicie de Fauveau, bénitier de Saint Louis - 1840 ->

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Le Limousin au XVIIIe s – Histoire et Légendes -2 George Sand

Publié le par Perceval

George Sand, se promenait en Creuse, on peut aujourd'hui visiter sa chambre au château de Boussac... Un site, comme '' les Pierres Jaumâtres '' l'a inspiré, pour son roman Jeanne .

Ma visite de Crozant, escorté par Mme G. Sand

George Sand ( 1804-1876) organise pour ses enfants et Chopin, des expéditions, comme celle ( vers 1830) où ils partent à dos d'âne, voir les ruines de Crozant , dormir sur la paille à la belle étoile, et se tremper dans la rivière. Le défrichement des coteaux sur ces espaces pentus non cultivés est assuré par le pâturage des moutons. A la place des taillis et futaies d'aujourd'hui, s’étendent des landes et des bruyères, dont les teintes de rose se retrouvent dans les peintures de l’époque. La construction du barrage d’Eguzon, en aval, a modifié le paysage en provoquant la montée des eaux de la Creuse et de la Sédelle. Il faut s’imaginer leur niveau beaucoup plus bas. Elles ressemblent alors à des torrents...

George Sand publie en 1845 : ''Le péché de M. Antoine'', roman ''socialiste'' qui paraît en feuilleton dans '' L’Époque'' … Le cadre romantique de la Forteresse de Crozant, va correspondre la souffrance d’Émile qui s'y réfugie, tiraillé dans son histoire d'amour avec Gilberte

« Il leva les yeux, et vit devant lui, au-delà de précipices et de ravins profonds, les ruines de Crozant s’élever en flèche aiguë sur des cimes étrangement déchiquetées, et parsemées sur un espace qu’on peut à peine embrasser d’un seul coup d’œil.
Émile était déjà venu visiter cette curieuse forteresse, mais par un chemin plus direct, et sa préoccupation l’ayant empêché cette fois de s’orienter, il resta un instant avant de se reconnaître. Rien ne convenait mieux à l’état de son âme que ce site sauvage et ces ruines désolées. Il laissa son cheval dans une chaumière et descendit à pied le sentier étroit qui, par des gradins de rochers, conduit au lit du torrent. Puis il en remonta un semblable, et s’enfonça dans les décombres où il resta plusieurs heures en proie à une douleur que l’aspect d’un lieu si horrible, et si sublime en même temps, portait par instant jusqu’au délire.
 »

Et, plus tard, quand il la rencontre à nouveau, et qu'elle l'aime toujours … «   jamais il n'avait vu un plus beau jour que cette pâle journée de septembre, un site plus riant et plus enchanté que cette sombre forteresse de Crozant ! Et justement Gilberte avait ce jour-là sa robe lilas, qu'il ne lui avait pas vue depuis longtemps, et qui lui rappelait le jour et l'heure où il était devenu éperdument amoureux ! »

 

Alfred Smith, CrozantAlfred Smith, Crozant

Alfred Smith, Crozant

 

la Roche des Fileuses

Roche des Fileuses – légende -

En face apparaît, surplombant la Creuse, la roche gigantesque connue sous le nom suggestif de Roche des Fileuses, dont voici la légende :

« Lorsqu'aux jours ensoleillés du printemps, les bergerettes paissaient leurs moutons sur la montagne verdoyante, une sorte de joyeux tournoi s'établissait entre elles, ajoutant cet innocent plaisir aux charmes de leurs jeux champêtres.

Au signal donné, on voyait les intrépides jeunes filles, la quenouille au côté, le fuseau dans la main, debout toutes ensemble, sur le faite de la roche, qui s'élève à pic sur le torrent, à l'heure où le soleil descend lentement à l'horizon, et où la rivière miroitait, comme une immense lame d'argent diaprée d'efflorescences d'or pâle et d'azur.

Fileuse

Quelle sera la main assez habile pour laisser glisser jusqu'en bas son fuseau et le ramener à elle, enlacé de ses mille fils de lin ?...

Assis au haut de la vieille tour, le seigneur, entouré de sa noble épouse et des servants d'armes, les yeux fixés attentivement sur le groupe sémillant des fileuses, attendait avec émotion l'issue de cet intéressant tournoi.

La bergerette qui avait été assez heureuse pour triompher de cette périlleuse épreuve était acclamée par ses compagnes, qui la conduisaient bruyamment à la demeure seigneuriale où le vieux châtelain, après avoir effleuré son front virginal d'un baiser paternel, lui plaçait sur la tête une couronne de fleurs et lui offrait la main de l'un de ses plus jeunes varlets...

La reine de ce jour était la jeune bergère dotée comme une rosière de nos jours.

A ce moment le barde chantait sur la harpe sonore, le triomphe de la douce héroïne du Fuseau.
"Au loin des cris guerriers ont rompu le silence 
Allons ! Preux chevaliers armez-vous de la lance !
Est-ce l’ennemi qui s’avance ? 
Non, c'est la fleur d’amour,
Preux chevaliers, abaissez votre lance ! 
Saluez ! Saluez la reine de ce jour !
Chantez, chantez, l'hymne d'amour !"

Extrait de '' Histoire illustrée du château de Crozant '' Abbé L. Rouzier 1897.

Eugene Alluaud

Au XVIIIe s. Les coteaux qui entourent le bourg de Crozant, peuvent présenter une certaine désolation, tantôt arides et dénudés, tantôt couverts de vigoureux châtaigniers... Le village, face à la forteresse, domine la vallée sauvage... On trouve ici des juges, un notaire royal, un monastère de l'ordre de Saint-benoît, un clergé séculier et régulier...

 

Hugues-Thibault de Lusignan, et Jean-Léonard de La Bermondie, seront attendus par Sylvain Attale de La Marche comte de Crozant et de Puyguillon, et officier au régiment de Rouergue...

Les ruines de Crozant, viennent de lui être vendues - comme un banal domaine de paysans – par Nicolas Doublet de Persan. Ainsi, Sylvain de la Marche, dernier héritier des Comtes de la Marche ; peut récupérer les plus beaux fiefs de sa famille afin d'en reconstituer la patrimoine...

A suivre...

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Chevaliers et Dames, vers une nouvelle aristocratie au XVIIIe siècle – 2/-

Publié le par Perceval

Chevaliers et Dames, vers une nouvelle aristocratie au XVIIIe siècle – 2/-

En l'honneur du mariage entre Jean-Léonard de la Bermondie, et Jeanne de Villoutreys... Nous découvrons la poésie du moment, qui préfigure ''le romantisme ''… Ces poètes sont des militaires comme Jean-Léonard, des aristocrates attentifs aux ''Lumières''...

Évariste de Parny

Évariste Désiré de Forges (1753-1814), connu comme vicomte de Parny est issu d'une famille originaire du Berry, installée en 1698 à l'île Bourbon (La Réunion), où il naît... Il quitte son île natale à l'âge de neuf ans pour venir en France métropolitaine avec ses deux frères... Il envisage une carrière ecclésiastique , entre au séminaire de Saint-Firmin …

Son frère Jean-Baptiste, écuyer du comte d'Artois, l'introduit à la cour de Versailles où il fait la connaissance de deux autres militaires qui, comme lui, se feront un nom dans la poésie : Antoine Bertin, originaire comme lui de l'île Bourbon, et de Nicolas-Germain Léonard, qui était, lui, originaire de la Guadeloupe. En 1772, il est capitaine d'une compagnie de gendarmes du Roi.

Il s’installe en 1786 dans la maison qu’il possède dans le vallon de Feuillancourt, entre Saint-Germain-en-Laye et Marly-le-Roi. Avec Bertin et Léonard, il forme la "société de la caserne", qui a coutume de s’y réunir.

William Hogarth , 1730

Depuis 1770, cette Société se fixe pour but d'honorer l'amour et l'amitié dans un cadre naturel.

Sa poésie célèbre un amoureux désir pour une femme apparaissant sous le nom d’Eléonore, une femme de l’île Bourbon, que son père a refusé qu’il épouse et qui s’est finalement marié avec un autre.

Poésies érotiques - Évariste de Parny

- ill: Cabane ( L.A.)

 

Pour Parny « le plaisir est toujours légitime » (Poésies érotiques, livre I, Fragments d’Alcée) ; et la liberté d’aimer ne se confond pas, dans son esprit, avec une licence impétueuse. Il sait, en authentique épicurien, que la bride lâchée au désir en réduit les heureux effets et que la sagesse de ce que les Anciens ( et Horace) nommaient ''l’aurea mediocritas'' ( la ''médiocrité d'or'', quelque chose entre l'insouciance du lendemain et le juste milieu, prônée par JJ Rouseau ...) constitue le meilleur gage du bonheur charnel :

by William Hogarth vers 1760

« Sachons pourtant, près de celle que j’aime

Donner un frein aux transports du désir ;

Sa folle ardeur abrège le plaisir

Et trop d’amour peut nuire à l’amour même »

(Poésies érotiques, livre III, Réflexion amoureuse, p. 79).


 

 

« La scène des plaisirs va changer à mes yeux.

Moins avide aujourd’hui, mais plus voluptueux,

Disciple du sage Épicure,

Je veux que la raison préside à tous mes jeux.

De rien avec excès, de tout avec mesure ;

Voilà le secret d’être heureux . »

Poésies érotiques, livre III, Le Songe

 

Antoine de Bertin (1752-1790)

Les détails du rituel initiatique des chevaliers et chevalières sont connus grâce à des vers d'Antoine Bertin (1752-1790) , qui consacra d'ailleurs toute son énergie amoureuse à célébrer une " chevalière " : Marie Catherine Sentuary, mariée à un négociant bordelais ( Testart) mais venant souvent seule à Paris chez ses sœurs ( en particulier Michelle de Bonneuil, muse d'un autre poète : André Chénier. ) (et qui posa, en 1773, dans l'atelier de Mme Vigée-Lebrun). La jeune femme est décrite dans Les Amours sous le nom d'Eucharis. 

 

« Un air de négligence, un air de volupté,

Un sourire ingénu, la pudeur rougissante,

Les diamants, les fleurs, l’hermine éblouissante,

Et la pourpre et l'azur, tout sied à sa beauté... »

 

« C'est vous que je nomme Eucharis

Ô vous, des beautés de Paris

La plus belle et la mieux aimée.

Sous ce voile mystérieux

Cachons nos voluptés secrètes.

Dérobons-nous à tous les yeux :

Vous me ferez trop d'envieux

Si l'on sait jamais qui vous êtes.

C'est vous que, sous des noms divers,

Mes premiers chants ont célébrée. »

("À Eucharis", livre 1) »

 

Et, à présent, entrons dans ces salons que l'on désigne un peu vite de ''libertins''...

A suivre ...

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Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire

Publié le par Perceval

Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Autoportrait

Charles Antoine Coypel ( 1694-1752), premier peintre du roi, est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre... Portraitiste habile, et d'abord peintre d'histoire. Il pensait que la peinture d'histoire pût être renouvelée par le théâtre.

Il fut un habile politicien et il accéda aux plus hauts postes de l'administration artistique. Il exerça la charge de Garde des tableaux et dessins de la Couronne de 1722 à 1752. Il entra à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 31 août 1715et en fut nommé directeur en 1747.

Il fut nommé Premier peintre du Roi en 1747 et a travaillé pour Madame de Pompadour. On revalorise alors les grands sujets d'histoire ...

Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel

Don Quichotte par C.A. Coypel

Portraits
Portraits
Portraits

Portraits

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Que l'année 2018, vous soit bonne...!

Publié le par Perceval

Que l'année 2018, vous soit bonne...!

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

Publié le par Perceval

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

En 1945, l'abbé Gillard a l'opportunité des services d'un prisonnier allemand Karl Rezabeck. Il le loge et le nourrit, en échange il réalise les tableaux dont le prêtre lui donne une description précise...

Rezabeck va peindre un étonnant chemin de croix. Un chemin de croix situé non à Jérusalem, mais à Tréhorenteuc : les paysages sont identifiables : la cour du presbytère, les prairies, le manoir de la rue neuve ( N° 4 et 8) , et même le val sans retour ...

Ici, les trois chutes du Christ, représentent les trois tendances de la nature humaine, qui égarent l'individu : l'orgueil, l'avarice et la luxure.

Ainsi à la 9e station “Jésus tombe pour la 3e fois”, Marie Madeleine est représentée sous les traits de la fée Morgane vêtue d'une très légère robe rouge . Un quotidien régional va titrer: « À Tréhorenteuc, une pin-up dans un chemin de croix ».

Le menuisier qui prépare la croix, c'est Wisdorf l'ébéniste allemand qui a travaillé avec l'abbé … Dans le 3ème tableau, on reconnaît Sainte Onenne et ses oies ( N° 3, 12 et 13). A la 13e station, Joseph d’Arimathie recueille le sang du Christ dans le Graal.

 

 

 

Après le chemin de croix, l'abbé Gillard fait exécuter trois tableaux qui illustrent la légende arthurienne.

- L'un est la reprise d'une illustration du ''Lancelot en prose'' d'Evrard d'Espinques ( 1475) et représente les chevaliers autour de la Table Ronde, et apparaît au centre, le Graal, porté par des anges.

Les deux autres sont plus originaux :

- L'un est ( encore ..) consacré au Val sans Retour, et met en scène Morgane, tentatrice à la robe rouge, la chevelure sombre, face à Lancelot... par lui, est brisée la magie du lieu, créé par la fée Morgane. Trahie dans son amour pour le chevalier Guyomar, elle conçoit de se venger... ( vous connaissez l'histoire ...)

Sur le tableau, autour de Morgane et de lancelot, sont représentés quelques uns des 253 chevaliers enfermés dans le Val durant 17 ans ( le nombre 17 ! )... Leur vie est oisive, faite de jeux, de festins, de joutes amicales, de danses … mais, ils sont prisonniers … Un géant garde ce lieu

- L'autre tableau, est consacré à un des sites mythiques de Brocéliande : la Fontaine de Barenton. ( je vous raconte l'histoire, la fois prochaine …)... Antique lieu de réunion druidique...

Sur le tableau, on y voit : *Yvain, le chevalier au lion, derrière lui surgit le chevalier noir ; et parmi les arbres verdoyants, se devine une silhouette féminine...

* Viviane et Merlin, ils se sont rencontrés ici, et Merlin a pris l'apparence d'un beau jeune homme, pour la séduire... Finalement, se servant de son enseignement, Viviane va l'enserrer ( dans une prison d'air) pour toujours … Viviane apparaît dans une robe translucide, parée de ses charmes, en opposition aux vierges chrétiennes … !

* A gauche, la figure d'Eon de l'Etoile ( !?), une sorte de moine, ''robin des bois'' et condamné pour hérésie... Lié à une comète ( repérée en 1145), on le disait magicien, et faisait apparaître tout un banquet ...

* En bas, une joute, et en arrière-plan, la belle Sydoine...

Ces quatre scènes illustreraient les quatre éléments : l'eau ( la fontaine ...), l'air, ( la prison...), la terre ( que mordent les 52 chevaliers battus par Yvain...) et le feu ( de la comète...)

- Enfin, un tableau '' la famille de Sainte Onenne'', représente face au festin du Graal, un banquet réunit la famille de la sainte : le roi Judhaël et son épouse Pritelle avec leurs 22 enfants... Et, le saint Judicaël, roi et fondateur de l'abbaye de Pailpont. A droite, on distingue l'église de Tréhorenteuc

 

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

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La commanderie de Paulhac en Creuse.

Publié le par Perceval

Il y a … bien longtemps, des jardiniers s'activant autour de l'Eglise de la commanderie templière de Paulhac, trouvent … un trésor !

Patron des jardiniers - Saint Fiacre

Pour rendre grâce à la providence, ils construisent une chapelle dédiée à leur saint patron : saint-Fiacre ( le patron des jardiniers...). Cette chapelle remonte au XVe siècle. Peut-être également était-elle l'oratoire d'un cimetière … ?

Une commanderie est un lieu à triple vocation, sécurité et accueil, religieuse et agricole, et se composait généralement d'un logis, d'une chapelle et d'un bâtiment accueillant pèlerins et malades

Aujourd'hui, Lavaufranche, les chapelles de Paulhac et de Pallier, l'église St Jean de Bourganeuf, témoignent de cette période de l'histoire de la Creuse.

Dans un bourg, l’église de Paulhac (commune de Saint-Etienne de Fursac, 23/Creuse) apparaît dans son étrange silhouette avec ses contreforts massifs à talus ressautés, son clocher bas et trapu, chichement ajouré, son portail en cintre aigu, seule coquetterie de cet ensemble sévère.

La commanderie de Paulhac, fondée en 1197, fut une des plus importantes d'Auvergne.

(Ancienne paroisse puis commune jusqu'en 1824).

Des bâtiments de la commanderie ne restent que l'église Saint-Jean et la chapelle Saint-Fiacre, classées Monuments historiques en 1938.

Les templiers étaient des religieux qui ont combattu en terre sainte entre 1139 et 1307. Pour financer les guerres, l'ordre possédait des commanderies en Occident, dirigées par des templiers. Une trentaine d'entre elles étaient installées dans la région limousine.

 

La commanderie de Paulhac, en ce début du XIIIe siècle, faisait partie des terres du comté de la Marche, qui dépendait de la province d'Auvergne-Limousin. Cette commanderie fut probablement l'une des plus importantes de la province. La grandeur de son église, ses peintures murales, la tenue d'assemblées provinciales templières (chapitres) ou le fait d'apparaître un grand nombre de fois dans les actes du procès des Templiers en sont la preuve.

On y nota la tenue de chapitres par Gérard de Sauzet, Pierre de Madic, et Raymond de Mareuil, qui furent les maîtres successifs de cette province de 1284 à 1299.

En 1245, elle s'agrandit des bois de Fursac que donna Guillaume Masgelier partant pour la croisade avec les troupes de Louis IX.

Après l'arrestation des templiers, la commanderie est dévolue aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1312, qui construisent le clocher massif actuel et la chapelle Saint-Fiacre (XVe siècle) dont on remarque la magnifique porte surmontée d'un linteau en accolade.

Lors du procès, le frère Bertrand de Villars avoua que pendant la célébration de la messe, le prêtre omettait la parole « ceci est mon corps »...

Du fait des actes de ce fameux procès, nous connaissons : Jean de Las Chaussade, responsable des deux maisons de Paulhac et La Croix, Jean de Saint-Hilaire, Pierre du Queyroix, simple servant, auxquels s'ajoute au XIVe siècle Humbert de Comborn. Après le rattachement aux hospitaliers, certains commandeurs du lieu deviendront prieurs d'Auvergne.

Il ne reste aujourd’hui de l'ancienne commanderie que l'église Saint-Jean (dite église de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste) et la chapelle Saint-Fiacre.

L'église des XIIIe et XIVe siècles, est de style gothique (arche et intérieurs) et roman (intérieurs), avec un vaisseau unique à cinq travées et chevet plat.

L'édifice est homogène. Indépendamment de la reprise d'un contrefort, il n'y a eu que des compléments la surélévation de la première travée, d'assez médiocre qualité, probablement liée à des fins défensives, qui dénature une silhouette autrefois continue, et la construction en 1449 d'un petit oratoire isolé, la chapelle Saint- Fiacre, dont la réalisation est au contraire extrêmement soignée. L'église, consacrée à la Décollation de saint Jean-Baptiste, correspond à une définition quasi générale en Limousin à cette époque : un rectangle composé de plusieurs travées dont la dernière forme choeur.

Il s'agit de la première oeuvre d'une série de quatre chapelles gothiques édifiées par les templiers de la Creuse : les églises de Paulhac, Blaudeix, Chambéraud et Charrières présentent toutes une suite de voûtes d'ogives à liernes (non bombées) dont les articulations retombent sur de courtes colonnettes juchées sur des consoles ; mais c'est aussi la plus longue, avec cinq travées. Le parti est donc une invention de l'architecte, qui a réalisé une synthèse originale entre des influences venues du monde Plantagenêt et des goûts pour la sévérité propres à la région.

C'est ici qu'avaient lieu les adoubements des commanderies voisines de Blaudeix et de Chambéraud.

Dans l'église, on peut y voir un bénitier sculpté ( un loup ?) en granit, un intéressant retable-tabernacle (2e moitié du XVIIe siècle), une tapisserie d’Aubusson du 18e siècle offerte par le dernier commandeur hospitalier juste avant la Révolution., et une vierge de bois du 18e siècle.

Et, surtout... : des peintures murales illustrant en particulier les tourments endurés par des apôtres : des scènes violentes, édifiantes destinées à servir de modèle ...

Les peintures murales ont été repérées en 1935 mais elles ont été restaurées en 1971 puis de 1982 à 1991. Sur le mur nord et sur celui du chevet, elles sont datées de la seconde moitié du XIIIe siècle (entre 1250 et 1280).

Ces superbes fresques illustrent des martyrs de saints, la crucifixion, l'arbre de Jessé, le calendrier des mois, des croix de consécration et toute la symbolique templière.

 

 

 

 

 

Deux consoles à trois têtes, peut-être un Chevalier, une Dame et un Moine, l'une près du choeur avec des visages gracieux, et une autre plus près de l'entrée avec des visages moins exemplaires ( la femme ''en cheveux''). Également en console, le beau visage d'une femme ''couronnée'' semble t-il … ! ?

La chapelle Saint Fiacre construite au XVème siècle était autrefois reliée à l'église par un passage couvert. La porte de la chapelle avec ses moulures et ses colonnettes fleuronnées est typique de l'art flamboyant. La clé de voûte de la première travée porte les armes de Pierre d'Aubusson, grand maître de l'Ordre de Malte.

Un habitant du village nous parle d'une cave souterraine, dont le pilier central s'orne d'une tête de bélier, remonte à la fondation de Paulhac.

Dans la maison voisine, on peut accéder à une ''Cave de la Commanderie", sans doute la chapelle souterraine de cette commanderie. « On y descendait, il y a encore deux ou trois dizaines d'années, par quatorze marches... Veugnet en dénombrait 16, le 15 mai 1865...

« Revenons au centre de cette "cave de la commanderie". Un lourd pilier cylindrique assure toute la tenue de la construction souterraine. Basile-François Veugnet donnait un relevé (croquis) des sculptures qui le décoraient... et d'une plaque de pierre de petite taille comportant plusieurs tracés rapportés au tracé d'une constellation étoilée et deux personnages tenus dans une sorte de coffre, le tout accompagné de plusieurs dates dont les plus anciennes étaient 1197 et 1248, cette dernière répétée deux fois. »

« Veugnet relate qu'à son époque il entend un récit légendaire expliquant que ce dessin serait en fait un tracé conduisant à un coffre confié aux sous-sols de la maison templière de Paulhac par un certain Marcellain de Faud.


Peut-être, faut-il trouver dans ce récit un bien fondé lié avec les sculptures du chapiteau ornant le pilier massif central (axe de l'édifice) et représentant des feuillages aquatiques (symbolisant des textes) et une face animale désignée comme celle d'un bélier ou d'un veau... »

- Sur la ''cave souterraine de la commanderie'' : Sources : André Gouzet, citant Roger Guinot dans "Creuse Secrète", et Norbert de Florigney (notaire royal au XVe siècle).

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Les neuf Preuses, ou chevaleresses -2/2-

Publié le par Perceval

Les neuf Preuses, ou chevaleresses -2/2-

Le succès des « neuf Preux et Preuses » correspond à un imaginaire masculin, même s'il est populaire auprès des femmes de l'aristocratie. Ils apparaissent dans un contexte guerrier catastrophique qui remet en cause la place de la chevalerie dans la société.

les-neuf-preuses
du manuscrit: Le Chevalier errant, par THOMAS DE SALUCES. (1394)

La chevalerie ne correspond plus à la réalité militaire de l'époque, aussi s'évade t-il dans l'imaginaire... La chevalerie, déchue de son rôle militaire, demeure pourtant un idéal de vie masculin, un idéal remis en question, plus fragile, auquel les femmes sont désormais invitées à participer. De nouveaux ordres se créent qui acceptent les femmes dans leurs rangs : comme l’Ordre de la Jarretière, l’Ordre de la Passion, l’Ordre du Porc espic. La chevalerie se fait courtoise, art de vie, elle se féminise. C’est alors qu’apparaissent les premières représentations de guerrières, Preuses et Amazones, armées de pied en cap.

Vision allégorique 'Cité_des_Dames'
vision allégorique: " La cité des dames "

Il est intéressant de noter qu'au XVIe siècle, il ne serait venu à l'idée de personne de laisser les mots célibataires et tous les noms quels qu'ils soient et quelle que soit la fonction qui s'y associait, avaient leur féminin : l'abbé, l'abbesse, le bailli, la baillive, le maire, la mairesse, le connétable, la connétable, la peintresse, la poétesse, la chevaleresse, etc...

« Les femmes à cheval et en armure n’ont pas manqué durant les croisades. Un chroniqueur musulman, Imad al-Din, rapporte : « Les femmes elles-mêmes s’expatrient pour combattre ; elles arrivent en Syrie par terre et par mer tout équipées (…). Plusieurs femmes de Francs ont échangé le voile pour le casque, elles affrontent la mort armées de boucliers et de lances. »
On trouve des femmes dans les ordres militaires, ibériques, français et germaniques, dans une position il est vrai subalterne. Il en est de même au sein de la chevalerie où elles ne font pas qu’ « arbitrer » les tournois mais règlent la vie des hommes.
 » S. C-B

 

Sources : articles de Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’Université de Limoges  

Les neuf Preuses, ou chevaleresses -2/2-

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