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amour courtois

La dame, le chevalier et l'amour courtois. -2/2-

Publié le par Perceval

 
Le Moyen-âge favorise un mode de vie plus raffiné, plus élégant, où la place de la femme noble permet des attitudes nouvelles que l'on désigne par « courtoisie », et chantées par les troubadours et trouvères. Aliénor d'Aquitaine va apporter avec elle ces idéaux et habitudes courtois ; ainsi que ces deux filles, Aelis de Blois et Marie de Champagne (protectrice de Chrétien de Troyes).

Les principes de la courtoisie :

Dans la relation amoureuse, c'est la dame qui est en position de maîtrise et c'est l'amant qui, entièrement soumis, la supplie de lui accorder ses faveurs. La mysogynie du temps, saura jouer de cette règle...

Il est admis que si le véritable amour doit rester platonique, une relation de ce genre peut comporter un certains nombre de faveurs sexuelles …

Les troubadours chantaient l’échelle progressive des faveurs de la dame, du regard au « don de merci », en passant par le baiser et, juste avant le stade ultime, l'asag ( ou essai) , au cours duquel l'ami devait passer une nuit avec sa dame, « nu à nue », sans pour autant aller plus loin, afin de manifester sa maîtrise sur son désir …

Bien sûr, seules peuvent être objet d'amour, des dames également nobles ; celles qui ne méritent pas ce sentiment, peuvent être moins bien traitées.
 
Avant qu'on en arrive à un code plus raffiné, selon lequel toute jeune fille ou toute femme doit recevoir de tout chevalier aide et protection, les chevaliers errants ont tendance à se dédommager des épreuves que leur infligent leurs dames courtoises implacables, en troussant sans le moindre scrupule les pastoures qu'ils rencontrent sur leur chemin.... Et, évidemment aucune dame digne de ce nom, n'accorderait ses faveurs à un vilain.
 
L'amour courtois, ne concerne pas l'amour conjugal. 
Le secret est nécessaire, il est renforcé par la menace des individus « non courtois ». 
De plus ce rapport illégitime est condamné par l'Eglise, et une partie de la société. La loi donne au mari trompé, le droit de répudier sa femme, voire de la tuer ainsi que son amant. ( voir la triste histoire du troubadour Guillaume de Cabestaing).
 
Sources : « Le roman courtois » d'Anne Berthelot.
 

La cour imaginaire du roi Arthur dans les romans de la Table Ronde devient le modèle idéal des cours réelles : non seulement le chevalier est brave, mais il a en plus le désir de plaire ; parce que les femmes sont présentes, le chevalier doit avoir des attitudes élégantes, des propos délicats. Dans le service d’amour, pour plaire à sa dame, le chevalier essaie de porter à leur perfection les qualités chevaleresques et courtoises : il doit maîtriser ses désirs, mériter à travers une dure discipline l’amour de sa dame. Cet idéal est bien celui des gens de cour.

 

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Ballade contée au Moyen-âge -1/.-

Publié le par Perceval

Nous allons commencer cette série, plus exactement cette ballade contée, en passant sous la Poterne, une ancienne porte fortifiée du château médiéval du seigneur de Laron,
Quand nous l'aurons passé, nous serons loin … Nous serons il y a plus de huit cent ans ...
Mais, soyons attentifs … Cette porte, discrète, que nous voyons encore aujourd'hui, était en cette époque éloignée du grand passage, et un lieu de rendez-vous des amoureux ...
 
* On aime raconter que Janeton, une jeune bergère, pressée de rencontrer le prince charmant pria la ''Bonne Mère'' d'exaucer sa prière, mais la vierge ne répondît pas. Rouge de colère, Janeton lança des cailloux vers la statue, le cinquième resta coincé, la Madone s'anima et réprimanda Janeton :
« Tu as envoyé 5 cailloux contre moi, tu attendras 5 ans pour te marier ».
 
Aujourd'hui les amoureux du pays qui désirent connaître le nombre d'années qui les séparent du mariage tentent d'y loger des pierres. Chaque coup manqué représente une année d'attente avant le mariage.
 
Ma ballade commence gentiment, mais je préfère vous prévenir : les gens d'ici, les médiévaux, ne sont pas si 'convenables' que vous pourriez le pensez …
 
De l'autre côté de cette porte, nous sommes dans le château de Laron. Observez bien à présent cette paterne, elle semble condamnée, close d'une forte porte de bois, fermée à clé... ! 
 

Voilà mon histoire :

Non loin de là, sur un fief qui ne vaut pas plus de deux cents livres, vit un brave chevalier nommé messire Guillaume, riche en bonnes qualités, mais donc pauvre d’avoir. Obligé de subsister par sa valeur, qu'il a grande, courage, honneur, probité ; il coure les tournois ; mais contraint à l'humilité il ne s’amuse pas à faire aux dames de beaux saluts ou des signes de galanterie ; il s’élance, tête baissée, à l’endroit où la foule est la plus forte, et ne se retire que quand il a terrassé ou vaincu ses adversaires. Aussi, malgré tout devient-il connu et considéré.

Voisin, de Guillaume notre chevalier, demeure un très riche seigneur, veuf et père d’une fille belle comme le jour, nommée Ermengarde . Son château , qui n'est autre que celui de Laron à la belle poterne..., ainsi que celui du chevalier, situés dans les bois du pays limousin, ne sont distants l’un de l’autre que d’une grosse lieue.

Mais le château du vieux seigneur de Laron est bâti sur un monticule fort escarpé ; il se trouve en outre défendu par un fossé profond et par de fortes haies d’épines, de sorte qu’on ne peut y aborder que par le pont-levis. C’est là que s’est retiré le prud’homme ; il y vit tranquillement avec sa fille, faisant valoir sa terre qui lui rapporte annuellement mille bonnes livres de rente.
Avec une pareille fortune, vous jugez bien que la demoiselle, si bien gardée, mais si belle et aimable comme elle l’est, ne doit pas manquer de soupirants.
De ce nombre Guillaume a le projet de s'y associer et réfléchit aux soins de se faire remarquer et tenter de lui plaire...

Y arrivera t-il ?
A suivre ...

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La dame, le chevalier et l'amour courtois.-1/2-

Publié le par Perceval

Avant toute incursion dans le Roman, la féerie, l'amour courtois...

- Il faut reconnaître la place de la femme dans la société féodale.

Aux alentours du XIe s. la femme occupe une place inférieure. Elle est une éternelle mineure, et passe de la tutelle de son père à celle de son mari, ou même en cas de veuvage à celle de son fils, de son frère ….

La seule manière pour elle d'échapper à ce sort est de se faire nonne dans un couvent, mais, même si les abbesses ( bien dotées …) disposent d'une certaine indépendance, elles sont sous l'étroit contrôle d'ordres masculins.

La femme n'a à peu près aucun droit sur le plan juridique, mais on la considère comme une créature dangereuse, qu'il faut surveiller de près pour l'empêcher de succomber à la tentation, ou d'induire des hommes innocents en tentation …




Les femmes de la noblesse aspirent à plus de liberté, elles l'expriment ou le font exprimer au travers des romans courtois.
Dans les fabliaux, les farces ; la femme y apparaît plus négativement ( la vilain de Bailleul de Jean Bodel, ou la farce nouvelle de Garin …), avec la crainte d'une revendication féministe …
On y décrit aussi une vie « ménagère » moins réjouissante … On pourrait également évoquer le thème de la mal-mariée ...


- D'autre part, la société est fondée sur des qualités guerrières ( et donc la force …) et la féodalité sur sur une pyramide, avec au sommet le roi. Le seigneur protège les populations qui dépendent de lui, et sert son « suzerain ». La condition économique de simple chevalier est parfois difficile.


Un seul fils hérite de son père, et pour éviter qu'un fief soit partagé, seuls le fils aîné est autorisé à se marier. 

Beaucoup de chevaliers sont entretenus par le seigneur, et n'ont que peu d'espoir d'acquérir un jour un fief et une épouse … !


- Tout naturellement, ces chevaliers rêvent de la seule femme noble qui se trouve dans leur entourage, la « dame » de la cour, à laquelle ils doivent respect et obéissance … Avec la dame , le rapport féodal s'exprime à travers le code amoureux, et vice versa, : l'amour que l'on dit courtois reprend les formes et le vocabulaire de la féodalité.


Si servantes et vilaines ( paysannes) sont des proies faciles ; dames et demoiselles sont inaccessibles : objets de l'adoration la plus fervente, mais intouchables.... 


Eglise et suzerains, veillent aux principes de la religion ; l'éventuelle naissance de bâtards renforcent l'interdit ...
Le chevalier « non fieffé », célibataire, est donc soumis à une tension qu'il va sublimer dans la notion de fin'amor, selon laquelle la degré le plus extrême de raffinement de l'amour est le contrôle du désir et le report constant de la satisfaction...


Sources : « Le roman courtois » d'Anne Berthelot.

 

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Le Lai du Chèvrefeuille - Marie de France

Publié le par Perceval

Marie de France, au XIIe siècle, est considérée comme la première femme écrivain française. Liée à la cour d'Henri II, elle aurait vécu à la Cour d'Angleterre.

Contemporaine de Chrétien de Troyes et des troubadours occitans, Marie a fait de ses Lais ( de 1160 à 1175) des hymnes à l’amour ; à l’amour courtois : celui qui était en usage à la cour du roi Arthur.

Les histoires que raconte Marie sont puisées dans la « Matière de Bretagne » et les anciennes légendes galloises qui lui ont été transmises oralement. Le merveilleux y est omniprésent car ce sont bien des contes dont on retrouvera la trame dans des légendes ou des histoires racontées par des auteurs plus récents.

 

Dans les Lais de Marie de France, on y rencontre des fées qui parfois aiment des mortels, d’autres fois se métamorphosent en divers animaux . On y suggère même que certains héros de légendes auraient eux-mêmes raconté les histoires.

Ainsi ce serait Tristan, le Tristan aimé d’Yseult, qui parce qu’il était barde, aurait composé ce délicieux « Lai du Chévrefeuille » :

Tristan, chassé de la cour du roi Marc, apprend que Guenièvre voyage avec celui-ci . Connaissant le chemin du cortège royal, il décide de profiter de l'opportunité pour graver un message sur une baguette de noisetier. Guenièvre l'aperçoit, et les deux amants passent un moment ensemble.

 

(...)

Le jour où le roi se mit en route,
Tristan revint au bois.
Sur le chemin où il savait
Que devait passer le cortège,
Il trancha une branche de coudrier par le milieu,
Et le fendit de manière à lui donner une forme carrée.
Quand il eut préparé le bâton,
Avec son couteau il écrivit son nom.
Si la reine le remarque,
Qui y prenait bien garde -
Elle connaîtra bien le bâton
De son ami en le voyant.
Telle fut la teneur de l’écrit
Qu’il lui avait dit et fait savoir :
 

Comme du chèvrefeuille
Qui s’attachait au coudrier
Une fois qu’il s’y est attaché et enlacé,
Et qu’il s’est enroulé tout autour du tro
nc,
 

« Belle amie, ainsi est-il de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

 

 

"Le Lai du Chèvrefeuille" raconté par Edith Mac Leod - enregistrement CLiO

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L'amour courtois, le mots et l'érotique médiévale – 1/ -

Publié le par Perceval

Ici, on va parler des mots de l'amour, de l'amour courtois ( amor cortes) . Ce mot est un mot occitan et Amor est un mot féminin.

Les troubadours en chantant cet amour courtois, ont contribué largement au raffinement d'une société féodale, avant tout misogyne ...

 

Raimon de Miraval (1165-1229) a résumé la profession de foi des troubadours :

« D'Amor es tot mos cossiriers

Perq'ieu no cossir mas d'Amor.

De l'Amour proviennent tous mes soucis, Car je ne me soucie que de l'Amour. »

 

Raimon de Miraval, avait répudié sa femme , Gaudairenca, parce qu'elle composait aussi, et que c'était trop de deux poètes à la maison... Raimon de Miraval a chanté huit dames avec passion : à chacune il s'offre tout entier, lui et son château, en gage d'amitié et d'amour... Mais, il n'en obtient pas souvent la reconnaissance espérée : "totas l'enganeren, (toutes le trompèrent" !)...

La "Mais d'Amic, ( Plus qu'Amie) " : est la plus exigeante, elle lui impose un service amoureux de trois ans au terme desquels Raimon obtient tout ce qu'il veut. Cette dame, belle, renommée et courtisée par tous, c'est Na Loba, Dame Louve ( nous en reparlerons...)

 

Bernart de Ventadorn ( 1125-1200) écrit :

« Per la bocha'm feretz al cor

D'un doutz baizar de fin'amor coral. »

Frappez moi au cœur en me donnant sur la bouche un doux baiser d'amour parfait venu du cœur.

 

Bernart de Ventadour ( enfant illégitime de?) , compose ses premiers chants pour l’épouse du fils d’Elbes II - la Vicomtesse de Ventadour, Marguerite de Turenne - qu’il parvient à connaître charnellement avant d’être chassé de Ventadour. Il suit alors la Cour d’Aliénor d’Aquitaine – dont il devient amoureux - jusqu’en Angleterre, puis passe au service de Raymond V de Toulouse avant de finir sa vie à l’abbaye de Dalon.

 

Anecdote :

Ce fin'amor, pouvait aller jusqu'à se faire prendre par l'amor de lonh, cet amour lointain, représenté par Jaufré Rudel (v. 1113 à Blaye - v. 1170), prince de Blaye, qui s'éprit de la comtesse de Tripoli sans la voir... Au cours de la deuxième croisade, il serait mort dans ses bras :

«  Il fit à son sujet de nombreux "vers", avec de bonnes mélodies, [mais] de pauvres mots. Et par volonté de la voir, il se croisa et se mit en mer. Il tomba malade dans la nef et fut conduit à Tripoli, en une auberge, comme mort. On le fit savoir à la comtesse ; et elle vint à lui, jusqu'à son lit, et le prit entre ses bras. Il sut que c'était la comtesse et sur-le-champ il recouvra l'ouïe et l'odorat ; et il loua Dieu de lui avoir maintenu la vie jusqu'à ce qu'il l'eût vue. Et c'est ainsi qu'il mourut entre ses bras. Elle le fit ensevelir dans la maison du Temple, à grand honneur. Puis elle se fit nonne ce jour même, pour la douleur qu'elle eut de sa mort. »

 

Sources : En particulier le dictionnaire de l'érotique occitane, des troubadours à nos jours de Didier Alibeu.

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Guenièvre, la femme convoitée, - 3/3 -

Publié le par Perceval

Guinevere Rescued by La Cote Male Taile, by Arthur RackhamLes chevaliers sont censés assurer aux dames, aux veuves et aux orphelins, leur « protection », non sans ambivalence … En effet, les femmes convoitées ne peuvent pas se garder de ceux qu'elles ne désirent pas, sauf si un homme ailleurs les désire... mais, pendant combien de temps ?

La jeune-fille que vous emmenez n’est pas à vous, vous l’avez enlevée; il est donc tout à fait légitime qu’elle ne partage pas votre couche. Il y a dehors un chevalier qui vous suit pour reconquérir cette jeune-fille; il affirme son intention de vous livrer bataille, et de soutenir que vous vous en êtes saisi sans aucun droit. S’il a une possibilité de le prouver, il serait bien injuste que vous profitiez d’elle. C’est à grand tort que vous obtiendriez d’elle joie et plaisir de son amie, s’il peut ainsi défendre ses prétentions sur elle.” Tiré de L'Âtre périlleux : roman anonyme en vers, du XIIIe s., ayant Gauvain ( neveu du roi Arthur) pour héros.

Leighton-God

Arrangez donc un tournoi avec mon père, si vous voulez avoir mon amour car je veux savoir en toute certitude si mon amour serait bien placé une fois que je l’aurais mis en vous.” Ch. de Troyes 1180, Le conte du Graal p. 247

Même si l'homme qui la sollicite lui plaît ( noble, riche, beau, vigoureux ..), la « noble » femme féodale se doit d’exiger des épreuves de l’homme qui la requiert d’amour. Si elle n'écoutait que son cœur, et pire son corps, elle déchoirait ainsi de ne répondre que selon son désir... ! Son prétendant pourrait ensuite la mépriser...

Les dames ne dédaignaient pas d’accorder leur amour aux chevaliers à condition que ceux-ci eussent fait leurs preuves par trois fois au combat.” G. de Monmouth ,1138, Histoire des rois de Bretagne p. 287

amour-courtoisSi les premières déclarations d'amour ont la forme du rapt et du viol ; L'Amour courtois va formaliser une manière douce d'arriver à ses fins.

Le mariage, en subsistant malgré le désaveux notoire des “cours d’amour” présidées par Aliénor d’Aquitaine et ses compagnes, continue d’être imposé, aux hommes comme aux femmes.

L’Amour Courtois crée entre le soupirant et la dame une hiérarchie inverse de celle du mariage : la dame domine; elle reçoit l’hommage, écoute la demande et répond à son gré.

Chaque jour je deviens homme meilleur et plus pur, car je sers la plus noble dame du monde, et je l’adore et je vous le dis sans me cacher.” Arnaut Daniel (v.1150-v.1200), troubadour.

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Guenièvre, la femme convoitée - 2/3 -

Publié le par Perceval

Lancelot and Guinevere By H J FordElle est la femme convoitée : par Méléagant, Lancelot et, dans une moindre mesure par Gauvain...

La reine fait l’objet de toutes les attentions. Guenièvre est belle et intelligente : c’est la dame de l’amour courtois, pour qui les chevaliers accomplissent toutes les prouesses...

Elle représente même, véritablement, pour Lancelot son Graal ... A l'heure de l'amour courtois, les trouvères chantent un amour qui ne peut s'épanouir que dans le secret, et l'adultère ( le plus souvent...). Le chevalier dans la littérature courtoise est au service de sa dame tel un vassal obéissant à son suzerain Guenièvre est à l'image de la dame autoritaire et exigeante en face d’un chevalier soumis, elle pourra s'apparenter à "l’Orgueilleuse d’amour" ou à la "Belle Dame sans merci".

C’est dans cet esprit que Chrétien de Troyes raconte l’aventure de Guenièvre et de Lancelot, n’hésitant pas à faire sourire des excès et des maladresses de Lancelot tout à sa passion pour la reine.

La-reine-Guenièvre-interroge-Lancelot-sur-son-amour-pour-elle

 La reine prend le chevalier par la main, tandis qu’il est à genoux, l’assied devant elle, lui fait un très bon visage et lui dit en riant : Seigneur, nous vous avons tellement désiré que, par la grâce de Dieu et de Galehaut ici présent, nous vous voyons enfin. Cependant je ne sais pas encore si vous êtes le chevalier que je recherche. Galehaut me l’a dit ; mais je voudrais bien encore entendre de votre bouche qui vous êtes,   Guenièvre et Lancelot 3 Suit l’interrogatoire de la reine, qui lui permet d’identifier son chevalier comme étant Lancelot du Lac.

Celui-ci lui confesse timidement son amour.

Galehaut vient à la rescousse pour suggérer à Guenièvre d’embrasser Lancelot. «  Alors ils s’éloignent tous les trois et font semblant de converser. La reine voit que le chevalier n’ose en faire plus. Elle le prend par le menton et, devant Galehaut, l’embrasse très longuement, de telle sorte que la dame de Malehaut comprit qu’elle l’embrassait. Puis elle commence à parler, comme la très sage et vaillante dame qu’elle était : Beau doux ami, dit-elle au chevalier, vous avez tant fait que je suis à vous, et j’en ai beaucoup de joie. mais prenez garde que la chose demeure secrète, comme il se doit. » (Lancelot du lac, Livre de Poche, « Lettres gothiques », éd. F. Mozès, pp. 877sq.) 

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