Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

allemagne

L'Histoire de Lanzelet -2-

Publié le par Perceval

Lanzelet est un roman du cycle arthurien en moyen haut-allemand écrit vers 1200 par l'auteur de langue allemande Ulrich von Zatzikhoven. Il est une adaptation d’un « livre français » aujourd’hui perdu ...


 

Suite....

Lanzelet n'a aucune expérience, Il rencontre sur son chemin un nain qui l'humilie et le fouette. Heureusement il rencontre un chevalier, Johfrit de Liez, qui s'intéresse à lui , et lui apprend les premiers rudiments de chevalerie

Lanzelet rencontre les chevaliers Kuraus et Orphilet avec lesquels il entre dans la maison du forestier Galagandreiz. Pendant la nuit qui suit, Lanzelet répond aux avances de la fille de Galagandreiz. Ce dernier découvrant sa fille dans le lit de Lanzelet est pris de rage. Il s'ensuit un combat où Galagandreiz trouve la mort. Lanzelet épouse la fille du forestier, qui trouve que son père ne peut avoir un meilleur successeur... Après un temps de bonheur conjugal, Lanzelet retrouve l'aventure...

Il arrive dans la ville de Limors, où règne une coutume inflexible: aucun étranger ne doit traverser la ville en armes. Lanzelet, qui l'ignore, y entre armé. Aussitôt les habitants se jettent sur lui et l'emprisonnent. Grâce à l'amour qu'il inspire à la belle Ade, nièce de Linier, seigneur de Limors, il est sauvé de la mort qui l'attendait et délivré de prison; mais il doit répondre au défi du seigneur... Lanzelet se lance dans l'aventure en le défiant. Il doit combattre un géant, puis deux lions, et enfin, le seigneur Linier de Limors lui-même, qu'il tue. Ade lui abandonne sans rancune son cœur et ses terres.

Lanzelet apprend que le roi Arthur donne un grand tournoi, il s'y rend avec sa nouvelle amie, et il triomphe dans la joute avec tous les chevaliers fameux qui se mesurent avec lui... Il ne lève pas la visière de son heaume, et reste le chevalier inconnu; puis, il part comme il était venu.

Sur le chemin du retour vers ses terres, Lanzelet se rend à Schatel-le-Mort, le château de Mabuz, le fils de la Reine des Fées. Mais, il subit un terrible enchantement: - Pour préserver son fils des atteintes de son ennemi Iweret, la fée a fait en sorte que tout chevalier qui en franchit la porte devient aussitôt le plus couard des hommes, fût-il le plus preux de tous. Lanzelet subit le charme...! Alors Ade, qui est restée en dehors, voit son ami se laisser saisir, insulter, désarmer et mener en prison sans opposer la moindre résistance...! Désolée, et ne pouvant rien faire; elle s'en va, et renonce à un ami si peu digne d'elle...!

Cependant Mabuz, est attaqué par son dangereux voisin Iweret, qui fait le siège de son château ( sans y entrer ...!)... Mabuz a l'idée de se servir de la prouesse de son prisonnier. Lanzelet refuse absolument tout combat ; il faut l'armer de force et le traîner hors de la porte; et à peine est-il à cheval qu'il redevient lui-même, il va provoquer Iweret, le tue, et, encore une fois, gagne l'amour de sa fille. Lanzelet avec la main d'Iblis, reçoit le riche patrimoine de son père.

Apparaît alors, une messagère de la reine des fées qui révèle à Lanzelet ses origines ( l'héritier du royaume de Genewis...) et son nom. Lanzelet apprend aussi qu'il est le neveu du Roi Arthur, qu'il veut rencontrer ….

Lanzelet apprend que le roi Valerin est venu à la cour d'Arthur revendiquer la possession de Ginover ( la femme du roi ), qui - prétend-il- lui était promise avant d'épouser Arthur. L'affaire doit se décider par un combat singulier que personne n'ose soutenir, tant Valerin passe pour redoutable. Lanzelet arrive à Caradigan, livre le combat... Il est vainqueur, et il se fait connaître comme neveu d'Arthur... Lanzelet est alors admis parmi les chevaliers de la Table Ronde; Iblis est reçue à la cour avec grand honneur ; et les chevaliers d'Arthur fêtent cet heureux dénouement.

Lanzelet se souvient de l'affront subi, en la personne du nain au fouet, devant la forteresse de Pluris, il s'y dépêche pour se venger.... Il apprend qu'on ne peux épouser la reine de Pluris que si on défait les cent chevaliers qui l'entourent... Personne n'a réussi, et on ne tente plus cette épreuve impossible ! Lanzelet ne peut résister au désir de l'affronter, bien qu'il n'ait pas le dessein de profiter de sa victoire....

Il combat et vainc les cent chevaliers. Mais la reine, s'éprend de lui et ne le laisse pas sortir de son château....

A la cour d'Arthur, sa disparition étonne, puis inquiète, surtout Iblis.

A suivre...

Voir les commentaires

L'Histoire de Lanzelet -1-

Publié le par Perceval

En cette fin du XIXe siècle, Anna Laure a su rénover et moderniser le château de Fléchigné, propriété de sa mère, et où elle a passé son enfance…..

Le Blason de Fléchigné : d'argent, à la bande de gueules, et deux trèfles de sinople...

Ce château se situe dans le ' Passais ' ( le passage, la marche...) à la croisée de trois règions historiques, au sud du duché de Normandie, contre la Bretagne et le Maine. Non loin de la place forte de Domfront et de Lassay les Châteaux ... Nous trouvons, non loin également, Barenton, le site de la Fosse Arthour, Sept-Forges, Saint-Fraimbault...

 

Alors qu'Anne-Laure est jolie, et riche...; elle repousse tous les prétendants qui se pressent...

Enfin; à la grande surprise de ses proches, elle accepte l'hyménée avec un vieil homme: le comte de Sallembier.

Anne-Laure, unique héritière d'une riche famille de négociants qui a fait fortune dans le commerce des tissus au long du XIXe siècle, épouse donc le Comte de Sallembier, aristocrate – de trente ans de plus qu'elle - qui après une vie de célibataire longue et épicurienne, a su (?) monnayer son titre … Le 10 janvier 1900, elle met au monde un fils, qu'elle appelle Lancelot... Quelques années après son mariage, Georges de Sallembier, meurt subitement d’une fièvre typhoïde, à Paris...

Lorsque Anne-Laure et ses parents résidaient à Paris, elle eut la chance de vivre de nombreux moments privilégiés avec son grand-père Charles-Louis... C'était comme s'il vivait déjà dans un autre monde, et qu'il le lui faisait découvrir en le parcourant au moyen d'histoires... Ces histoires ne ressemblaient pas à celles que l'on raconte aux enfants pour les endormir... Non, celles-ci provenaient d'un temps parallèle au nôtre, qui avait eu son existence et la continuait... Il avait laissé des traces, des signes au-travers d'objets que l'on pouvait encore découvrir ci-ou-là dans des maisons, des églises, des châteaux, des musées ...etc ... Ces histoires réveillaient l'esprit, l'envie de connaître ; elles enchantaient l'âme en lui faisant découvrir son véritable lieu d'épanouissement …

Quand Charles-Louis parlait de l'Autre Monde, Anne-Laure entendait le Vrai-monde ; celui d'où elle venait, et où elle allait …

Son grand-père lui contait d'étranges histoires où se côtoyaient des fées, et des humains ; des gobelins et des paysans, des diables, des sorcières, des prêtres, des seigneurs .... L'histoire devenait bien plus qu'un conte ou une légende. Le ton, le réalisme déployé, en faisaient un enseignement de plus en plus sérieux, avec l'aide d'ouvrages, de gravures pour finalement – toujours - aborder le sujet essentiel de la Quête ; celle qu'animait secrètement les plus exemplaires de ses personnages... Cela commençait toujours au plus près de sa vie, en '' Passais'' ; ou souvent en Limousin – quand il était enfant – le relief était plus tourmenté, les routes carrossables inexistantes, des ''chemins creux'' entre forêts et tourbières, des villages isolés surmontés d'un château …

Une chapelle abandonnée gardait un secret. Seule une croix gravée rappelait qu'ici s'établissait une commanderie... Alors, le grand-père Charles, sortait l'anneau , ou une croix de fer... qui prouvaient que ceci n'était pas qu'une histoire ….

En grandissant, la petite Anne-Laure fut initiée à la légende arthurienne... Légende, signifiait qu'il ne servait à rien de consulter certaines personnes à son sujet ; il s'agissait d'une Histoire pour ''initiés''... cela se passait souvent en Bretagne ( la grande...) ou de l'autre côté du Rhin, en province allemande. Il n'était pas question alors de petite Bretagne, et encore moins de Brocéliande ( ou si peu …)

 

Ainsi, Anne-Laure se souvient d''un nom qui avait frappé son esprit, '' Lanzelet '' … Son grand-père Charles, feuilletait des livres aux lettres gothiques, avec des gravures médiévales... Ce personnage aurait pu lui sembler bien lointain, dans le temps, mais aussi géographiquement … Or Charles-Louis situait son histoire dans des lieux connus d'Anne-Laure....

 

Et si, je vous racontais, maintenant, l'histoire de '' Lanzelet '' …?

La Fée marine enlevant Lanzelet

Le roi Pant, le père de Lanzelet, règne en despote sur Genewis, le royaume de Gaunes... De plus, il traite les grands de son royaume sur le même pied que les petites gens, ce que ses vassaux n'acceptent pas; alors ils se soulèvent, dévastent le royaume... Le roi, est mortellement blessé, il expire auprès de sa femme Clarine... Elle a laissé de côté son enfant... Le roi meurt et les rebelles qui les poursuivaient arrivent et l'emmènent prisonnière. Un instant auparavant, la reine des fées marines, s'élevant comme une vapeur, a enlevé l'enfant et l'a emmené dans son merveilleux pays, invisible, situé au milieu de la mer. La fée n'a pas pris l'enfant sans motif : elle sait qu'il sera un chevalier sans pareil, et elle le destine à délivrer son fils Mabuz de son puissant ennemi et voisin, le géant Iweret de Dodone.

Lanzelet, élevè en pays de féérie, apprend aussi bien le maniement des armes que la musique ou le chant. Lui vient l'envie de connaître son nom mais la Fée ne le lui révélera que lorsqu'il aura vaincu son pire ennemi : Iweret. A l'âge de quinze ans, la fée lui apprend que le moment est venu pour lui de revenir dans le monde des mortels...

A suivre ...

Voir les commentaires

Romantisme allemand et Moyen-âge... Les Nibelungen

Publié le par Perceval

Nous sommes au milieu du XIXe siècle... L'Allemagne n'existe pas... L'idée romantique des nations, renvoient les états allemands à '' l'Europe '' du Moyen-âge...

''L'Europe'' au XIIIe s

« Le Saint-Empire qui s'était étendu de l'Oder à la Meuse, de la Baltique à la Méditerranée, est demeuré dans l'esprit allemand à l'état de permanente hantise, de chimère endormie, comme cet empereur Frédéric Barberousse qui l'avait porté au plus haut éclat » (1)

Des romantiques allemands, comme Novalis (1772-1801), nourrissent une immense nostalgie de ce temps médiéval, interprété comme le moment privilégié de l'unité de la chrétienté. Henri d’Ofterdingen (1799-1801) est un roman initiatique dont le héros est un ménestrel légendaire qui participe à une joute poétique dont l’enjeu est la vie

L'Allemagne des Hohenstaufen ( famille qui a donné plusieurs empereurs germaniques) voit l'éclosion d'une première littérature allemande, aristocratique, courtoise et chevaleresque... Nous avons en mémoire les Minnesänger, ces trouvères germaniques rassemblés lors de festivités de la Wartburg...

« La poésie est le réel absolu.Tel est le noyau de ma philosophie. Plus il y a de poésie, plus il y a de vérité ; » « La philosophie n’est que la théorie de la poésie, elle nous montre ce que doit être cette dernière, c'est-à-dire l’un et le tout » Novalis

La Chanson des Nibelungen ( XIIIe s.), est alors la plus célèbre des épopées …

Les Nibelungen, dont le nom signifie « Ceux de la brume » ou « Ceux du monde d'en bas », sont les nains des légendes germaniques. Ils possédaient de grandes richesses qu'ils tiraient de leurs mines en dessous des montagnes, là où ils habitaient. (wiki)

Je rappelle le thème de cette légende : Le héros en est le valeureux chevalier Siegfried, fils du roi de Néerlande, tueur de dragons, libérateur de princesses captives, et détenteur du fabuleux trésor des Nibelungen...

Il aide le roi burgonde Gunther à conquérir la main de Brunehilde ( une guerrière et walkyrie de la mythologie nordique) ; puis Siegfried épouse la soeur de Gunther, Kriemhild, réputée pour sa beauté au-delà de son pays natal...

Suite à des malentendus d'adultère … Siegfried est assassiné par Hagen, vassal de Gunther, qui va dérober et dissimuler le trésor... Kriemhild élabore une longue vengeance, dont l'issue est le massacre des Burgondes sur les rives du Danube. Kriemhild va épouser Attila, qu'elle n'aime pas. ; et invite alors à sa cour le meurtrier de Siegfried et le fait périr avec tous ceux des Burgondes qui ont pris sa défense, c'est-à-dire ses propres frères et bon nombre de guerriers. Après cette scène de carnage, elle reçoit le châtiment de sa démesure.

Kriemhild est hanté par son remords, 1805 de Henry Fuseli

Siegfried va prendre l'image de la force et de la volonté. Il est une image solaire ; mais va devenir aussi la figure du ''surhomme'', et une figure (wagnérienne) dot on va se méfier ( germes du fascisme...)

A cette écriture d'épopée, je rajoute le long et touffu poème du chevalier bavarois Wolfram von Eschenbach : Parzival où apparaissent les thèmes connus de l'occasion manquée et des épreuves accompagnant la quête de la relique du Graal.

La figure de Parsifal, est plus poétique et liée à la métaphysique... Elle sera reprise pour illustrer la crise de la spiritualité européenne, la désertion du sacré... jusqu'à la déclaration de la mort de Dieu...

La tradition de la mystique allemande du Moyen Âge se retrouve dans la philosophie idéaliste allemande... Maître Eckhart mène à Fichte, Schelling et Hegel.

« La renaissance du mysticisme allemand du haut Moyen Âge de Maître Eckhart, la théosophie de Jacob Boehme, la spéculation visionnaire de Swedenborg, les traces de la tradition cabbalistique chez Friedrich Christoph Oetinger, la découverte de la mystique indienne, sont présentés comme autant d’inspirations qui se manifesteront dans la philosophie de l’histoire et de la nature de Hegel et Schelling. » Ernst Benz : 'Les sources mystiques de la philosophie romantique allemande'.

 

Malheureusement, comme nous l'avons suggéré, le mythe va devenir une matière trouble avec le pangermanisme nationaliste et guerrier … et bien sûr le nazisme ; au risque de rejeter en bloc toute cette intuition métaphysique ( et géniale) du Romantisme ...

A suivre …

Voir les commentaires

Réflexion autour du Mythe ( et du Graal) , avec Schelling...

Publié le par Perceval

Réflexion autour du Mythe ( et du Graal) , avec Schelling...

Au XIXème siècle ( et déjà à la fin du XVIIIe s.) , des philosophes, des écrivains craignent que la '' Raison '' n'étouffe la sensibilité, l'imagination, la passion, le sentiment religieux... Revenir au ''moi'', au génie individuel ; c'est aussi se révolter contre le despotisme de l'état et de la religion, contre les conventions sociales... Ce mouvement se nomme '' Sturm und Drang '' …

Goethe et Schiller

Ces premiers philosophes du Sturm und Drang sont d'ailleurs des théologiens plus ou moins en rupture d'église... Hamann (1730-1788), Herder (1744-1803) …

Ce sera alors, Goethe... et Friedrich Schiller, qui a quinze ans l'année où paraît Werther...

Friedrich Höderlin (1770-1843) rencontre Hegel et Schelling, au célèbre séminaire de théologie de Tübingen... Poète de l'idéalisme allemand, admirateur de Kant... Dans un syncrétisme des mythes, il explore la cosmologie et l'histoire pour trouver un sens en ce monde incertain.

 

Un mysticisme de la nature : Chez Schelling, le Moi n'est plus la seule mesure de l'univers. Le monde qui nous entoure s'anime, révèle à l'initié ses mystères, son langage, son âme. La nature se dresse comme un temple...

En même temps certaines découvertes récentes de la physique et de la chimie, en particulier l'étude du magnétisme et du galvanisme, viennent alimenter l'imagination des romantiques : la Nature et l'Esprit deviennent les deux pôles de signes contraires qui s'attirent et aspirent à l'union, au mariage cosmique qui ramènera l'âge d'or dans le monde.

Die Frau mit dem Raben am Abgrund) , a c. 1803

Ludwig Tieck (1773-1853) redécouvre la poésie du Moyen Âge et s'en inspire dans une série de contes : Les Quatre Fils Aymon, Mélusine, Barbe-Bleue.

Le Conte : «  (…)  le réel, le temps (passé/présent), les lieux, les individualités (récurrence du thème du Double) ne sont plus garantis par des frontières sûres. Tieck applique ce même principe, participant d'un processus ironique théorisé au sein du Cercle d'Iéna par Freidrich Schlegel ou Novalis, à ses productions dramatiques du tournant du siècle. Il reste à ajouter que cette propension qu'a Tieck à brouiller la perception du lecteur préfigure l'Unheimlichkeit du Marchand de sable de E.T.A. Hoffmann, et que l'auteur d'Eckbert est généralement considéré comme le précurseur du conte fantastique allemand qu'incarnera en son plus haut point Hoffmann. » ( Wiki)


 

Pour Schelling, les dieux sont pour l'art, ce que les idées sont pour la philosophie... Tout art est mythologique.

Le Graal, représente une Idée... grandiose et trouble … Le Graal, comme œuvre d'art totale contient un désir d’immortalité et d’éternité... À travers lui, l’homme cherche à transcender sa contingence pour s’élever à l’égal de Dieu. De plus, le Graal unifie autour de lui : le moi, la collectivité et le monde.

Pour Schelling, la nature est l’Esprit encore inconscient de lui-même, et moi comme penseur, je me dois de la délivrer de sa gangue et de la faire parler comme si elle venait à la conscience … Fasciné par la beauté de la Nature, l’œuvre d'art n’est donc que la fascination de l’esprit pour sa propre vérité ensevelie dans le silence des choses :

« Ce que nous appelons Nature est un poème dont la merveilleuse et mystérieuse écriture reste pour nous indéchiffrable. Mais si l’on pouvait résoudre l’énigme, on y découvrirait l’Odyssée de l’esprit qui, victime d’une remarquable illusion, se fuit, tout en se cherchant, car il n’apparaît à travers le Monde que comme le sens à travers les mots » (Système de l’idéalisme transcendantal).

 

La Critique de la faculté de juger est publiée en 1790. Kant évoque lui aussi « le langage chiffré » de la Nature... Schelling s'interroge sur la véritable énigme, la présence de la réalité finie ; et non pas la présence de l'Absolu qui ne peut jamais, par définition, devenir objet de mon savoir...

Pourtant …. L'efficacité du mythe, est bien de réduire la distance entre les deux … ?

 

«Tu vois, mon fils, ici (dans le temple du Graal) le temps devient espace». Parsifal de Wagner ; cet espace sauve du temps et de la mort …

Claude Lévi-Strauss a entendu cette formule comme « la définition la plus profonde qu on ait jamais donnée du mythe»... »

 

N'oublions pas que c'est avec Schelling, que nous commençons à prendre les mythes au sérieux ; et admettre que l'homme s'est servi beaucoup plus de la pensée mythique que de la raison. Le mythe est né bien avant la philosophie ; il a fourni à l'homme une manière de penser le monde ; et, il est un élément de la Vérité …

La mythologie, s'est engendrée « dans la vie elle-même, et il a bien fallu qu’elle fût quelque chose de vécu et d’éprouvé» Schelling.

 

Le thème du Graal, s'est lui-même inscrit dans la Légende arthurienne. Il s'inscrit d'abord dans le mythe celtique puis nourrit la notion chrétienne de la misère de l'homme... De la ''Bretagne'' – avec le retour attendu du Roi Arthur - , à l'humanité – avec le Christ - ...

Aussi, le mythe d'Arthur illustre un christianisme fort teinté de paganisme …

Dans la Philosophie de la Révélation, Schelling considère le christianisme de la même façon qu'il a considéré la mythologie...

Voir les commentaires

Caroline Schlegel-Schelling, et le romantisme allemand. -3/3-

Publié le par Perceval

Dolor ( Détail)  (1898) de Oskar Zwintscher (1870-1916)

Dolor ( Détail) (1898) de Oskar Zwintscher (1870-1916)

Schelling et Clara : le monde des esprits.

Auguste, fille de Caroline

Clara, ou 'Du lien de la nature au monde des esprits', est le roman posthume de Schelling (1775-1854). Il l’a probablement écrit en 1810-1811, à la suite du décès subit de sa femme Caroline, survenu le 7 septembre 1809. Le roman est un dialogue philosophique sur l’immortalité de l’âme, composé sans doute pour faire face au deuil de Caroline.

Caroline, elle-même avait perdu trois enfants... D'ailleurs Schelling aurit d’abord été amoureux de l’aînée de ces enfants, Auguste Böhmer, morte à 15 ans en 1800, et qu’il aima aussi la fille dans la mère, avec laquelle il l’avait pleurée ; tout comme il pleura Caroline avec son amie Pauline Gotter, qui devint plus tard sa deuxième épouse.

 

Bien sûr, la mort est une limite radicale, mais la littérature sait se nourrir de la fiction des spectres... Schelling écrit une fiction où il rêve de saisir la pensée des morts...

Pour Schelling, la raison peut s'accomplir dans la poésie... La question est ici : l’immortalité de l'âme'.

Caroline, gravure de J.C. Wilhelm Aarland(1871)

Clara est Caroline Schlegel-Schilling (1763-1809), déjà devenue personnage littéraire de son vivant avec : Amalia dans l’Entretien sur la poésie de Friedrich Schlegel (Schelling y fut Ludovico), Lucinde (ou Juliane) dans la Lucinde de Friedrich Schlegel, et Louise dans les Tableaux d’August-Wilhelm Schlegel, ainsi que Amalia dans les Quatre lettres sur la poésie, la métrique et la langue d’August-Wilhelm Schlegel. Sans doute, la vraie Caroline était-elle une sorte de Diotima du cercle de Iéna ; mais par là elle était déjà une répétition littéraire d’une figure mythique.

 

Le roman se construit sur le deuil que Clara porte pour son mari récemment décédé, Albert. 

Et, dans le roman : c’est le Médecin, le naturaliste, qui est le plus enclin à admettre l’existence de ces phénomènes mystiques, alors que le Religieux nie toute connaissance et même tout questionnement sur le monde des esprits. 

Schilling convoque les esprits au pluriel, et ne les résorbe pas dans un sujet absolu (ni Dieu ni le moi pur de Kant ou de Fichte). (…) Pour Schelling, les esprits sont les âmes des humains, habitants d’un monde voisin du nôtre et communiquant avec lui.

Le mort, poursuit Schelling, n’est pas l’esprit mais un esprit, un être non pas purement spirituel mais démonique, non pas détaché du corps-de-chair mais conservant la quintessence de son corps...

John_Martin_-_Manfred_and_the_Alpine_Witch

Selon Schelling comme selon Platon, l’au-delà est un monde habité par des esprits (…) les âmes immortelles sont des êtres moraux et donc libres. Selon lui, même après la mort, « ces esprits sont donc capables eux aussi de liberté, donc du bien et du mal ».

A la différence de Platon ( avec la transmigration...) Chez Schelling, la vie terrestre est unique, et après elle l’âme poursuit son chemin dans l’au-delà jusqu’à un « jugement dernier », qui sera « un procès véritablement alchimique » par lequel « le bien sera scindé du mal », le mal étant rejeté « sous la nature » et les morts éprouveront leur résurrection, par quoi « le monde des esprits entre dans le monde effectif », en sorte que la nature et l’homme seront désormais universellement divinisés.

Ary Scheffer - La Mort de Malvina

Libérés des limitations de la société mécanique, les esprits sont les hommes transfigurés en leur liberté pure. Leur communauté est le paradoxal lien libre entre des êtres libres, et non pas le lien mécanique d’un assemblage des rouages ; la communauté des esprits manifeste les affinités véritables des cœurs, le pur affect social sans médiateur ; amour et haine, amitié et inimitié comme tels. C’est pourquoi c’est la communauté des morts qui est véritablement libre et vivante, et pas la nôtre. C’est notre société qui est un champ de ruines habitées par les spectres, et le prix d’une société libre est la mort…

 

- Clara demande comment les morts sentent et pensent, et comment nous pourrions communiquer avec eux. ?

Porte-parole de Schelling, le pasteur du roman croit fermement que les morts connaissent une sorte de jour nocturne ou de sommeil éveillé : « un peu comme s’ils avaient, dans le sommeil, échappé au sommeil et accédé à l’état de veille, endormis pourtant plutôt qu’éveillés ».

Ensemble, le pasteur, le médecin et Clara croient savoir que la pensée des morts est une sorte « d’intuition dépourvue d’images  » ; la « vision la plus haute » ; la « conscience la plus intériorisée, [dans laquelle] tout se passe comme si leur être entier parvenait à un point d’incandescence qui réunirait en lui le passé, le présent et l’avenir». 

William Blake - Pity

D’après le pasteur et le médecin, nous connaissons, ou plutôt devinons la pensée des esprits par analogie avec le sommeil magnétique, qu’on étudiait à l’époque par des expériences de mesmérisme, hypnotisme et magnétisme. Ce sommeil serait comparable à « l’état qui suit la mort […] une clairvoyance supérieure que n’interrompra aucun réveil », et dont « les approches ont la plus grande ressemblance avec les approches de la mort ».

Celui qui dort d’un sommeil magnétique doit sa clairvoyance à sa soumission totale au médecin magnétiseur. Privé de sa subjectivité – du sentiment corporel et de la volonté spirituelle dans la mesure où ceux-ci relèvent de son individualité – le dormeur a alors accès à la plus haute intériorité, qui coïncide avec un devenir-un avec le dieu.

(…) cette idée de la suppression du moi pour que l’idée puisse se déployer est analogique à la conception schellingienne de la philosophie.

Pour Schelling, du moins dans sa maturité, la philosophie est extase de la raison requérant l’abandon du soi de celui qui pense, afin que la raison – l’absolu, le dieu – puisse se penser en lui.

 

Extraits de ''Les hantises de Clara'' par Susanna Lindberg, dans la Revue Germanique Internationale

Voir les commentaires

Caroline Schlegel-Schelling, et le romantisme allemand. -2/3-

Publié le par Perceval

Le premier romantisme allemand : 1796-1802.

Portrait de Caroline, par Tischbein (1871)

1796 - Le couple Caroline – A. Schlegel s’installe à Iéna, et elle commence à contribuer substantiellement aux productions littéraires du cercle romantique de Iéna, notamment des traductions de l’anglais.

En 1798, le philosophe Schelling et le dramaturge Tieck (1773-1853) viennent eux aussi s’installer à Iéna. Les frères Schlegel, Novalis (1772-1801) et Tieck s’unissent dans une activité littéraire très féconde ; Schelling et Fichte leur rendent visite après leurs journées de travail à l’université...

 

Parmi les femmes, il y a donc Caroline Schlegel, qui joue un rôle social essentiel dans la cohésion de ce petit groupe, Dorothée Veit, qui a épousé Friedrich Schlegel, la femme de Ludwig Tieck, Amalia, la fille de Caroline Schlegel, Auguste, et la toute jeune fille de Tieck, elle aussi appelée Dorothea, qui deviendra 20 ans plus tard la plus grande traductrice de Shakespeare du XIXème siècle sans jamais rien publier sous son nom.

Les bustes de Caroline Schlegel-Schelling, August Wilhelm Schlegel und Karl Wilhelm Friedrich Schlegel
Iéna - 1748

Le groupe d’Iéna, premier pôle significatif du mouvement de 1798 à 1806 est animé par Wilhem et Friedrich Schlegel, entourés de Tieck (1773-1853) connu pour son ironie et ses contes médiévaux et fantastiques qui ont influencé Nodier et Balzac, de Wackenroder (1773-1798) théoricien pour qui l’art est de nature divine, et enfin Novalis (1772-1801) le grand poète des hymnes à la nuit (1799) et d’Henri d’Ofterdingen (1799-1801) roman initiatique dont le héros est un ménestrel légendaire qui participe à une joute poétique dont l’enjeu est la vie!

Ce premier romantisme est nourri d’idéalisme philosophique (Fichte, Schelling), imprégné de pensée religieuse et centré sur l’expérience intérieure, sur une sorte d’ascèse morale visant une réalisation personnelle la plus pleine et la plus authentique.

griesbach-house à Iena

Mme De Staël dans De l’Allemagne (1810-1814) précise : « Le nom de romantique a été introduit nouvellement en Allemagne pour désigner la poésie dont les chants des troubadours ont été l’origine, celle qui est née de la chevalerie et du christianisme ».

Germaine de Staël pendant son voyage en Allemagne, fait la conquête définitive de W. Schlegel qui devient le précepteur de ses enfants . Il la suit à Coppet et lui sera fidèle jusqu'à sa mort en 1817.

 

Le ''premier romantisme'' est inextricablement lié au nom de Caroline Schlegel. Sa maison est devenue le centre d'intérêt des écrivains allemands. Avec sa franchise et sa critique, elle oriente et approfondit les opinions de son cercle d'amis. Elle travaille sur la revue nouvellement fondée Athenaum, elle écrit des critiques, aide Schlegel à traduire Shakespeare et s'est fait un nom avec son travail sur Goethe.

Auguste Böhmer, buste par Friedrich Tieck, 1804

 

La mort de sa fille surdouée, frappe durement Caroline. Auguste affaiblie par une fièvre ''nerveuse'' prolongée, décède le 12 Août 1800. Sa fille est ce qu'elle a de plus cher sur la terre. Cette perte inattendue a profondément pesé sur Caroline. Elle ne se rétablit que lentement au cours de l'automne et de l'hiver suivants à Bamberg, puis à Braunschweig (d'octobre à mars) et finalement à Harburg (en avril). 

La mort d'Auguste renforce intimement l'amitié de Caroline avec Schelling, et des sentiments qui les unissaient déjà …. Schelling reproche à son ami Schlegel, d’avoir abandonné sa femme … !

Schlegel reste la plupart du temps loin de Caroline, à Berlin, où il donne des conférences publiques sur la littérature et l'art.

Au printemps 1802, elle lui rend visite à Berlin. C'est à cette époque qu'ils décident de divorcer; ce n'est que le 17 mai 1803 qu'il est légalement appliqué. Caroline se sépare de Schlegel avec un sentiment d'amitié reconnaissante et de respect cordial... Dans la conscience de la liberté retrouvée, elle se sent enfin apaisée et "presque heureuse" après tant d'excitations et de souffrances.

1800 Friedrich Wilhelm Schelling par C.F. Tieck

Caroline épouse le philosophe Schelling, de douze ans plus jeune qu’elle, en juin 1803. Ils s'installèrent à Würzburg, où Schelling est nommé professeur.

 

Schelling (1775-1854) est déjà à vingt-ans, 'le' philosophe de son époque … Pour lui nature et esprit coexistent au sein de l'Absolu... Plus tard, l'Absolu se personnalise et devient transcendant. Dieu est à l'origine, la création est autre et l'humain est l'être où s'opère l'unité de la puissance divine et créatrice … Schelling, au contraire de Hegel, fait une place à la Révélation du Christ.

 

En 1804, Schlegel et Germaine de Staël, rencontrent Caroline ( puis à Munich en 1808). Les deux maris de Caroline se réconcilient, après que Schlegel soit parvenu à faire entendre à Schelling que c'est par un acte d'amour et non de faiblesse qu'il a consenti à renoncer à son lien marital au profit du bonheur de Caroline.

Schelling obtient un poste de professeur à Munich en 1806, où ils déménagent. En 1809, lors d'un voyage à Maulbronn, Caroline meurt soudainement d'une épidémie : Fièvre nerveuse avec dysenterie.

Voir les commentaires

CAROLINE SCHLEGEL-SCHELLING, ET LE ROMANTISME ALLEMAND. -1/3-

Publié le par Perceval

Friedrich Wilhelm Schelling

Schelling avait rejoint les critiques de Kant ( Träume eines Geistersehers) contre Swedenborg... Lui même avait alors écrit que les anges devaient être « les créatures les plus ennuyeuses de toutes»...

Puis, il eut ce choc émotionnel terrible: la mort prématurée de son épouse bien-aimée, Caroline - une intellectuelle de renom - en 1809, à l'âge de 46 ans.

L'intérêt de Schelling pour Swedenborg coïncide avec son travail de deuil. Sa curiosité pour l’autre monde est sans doute née principalement de son intense désir d’être avec l'être cher... Cependant Schelling cherche une philosophie étayée par des preuves expérimentales.

Schelling croit fermement en la communication avec le monde spirituel... L'éloge du mariage selon Swedenborg, lui parle … Si, à ses débuts, Schelling était assez éloigné de la notion d'immortalité individuelle ; Schelling envisage la notion de corporalité dans deux directions, matérielle et spirituelle. La mort est une transformation alchimique, un processus de purification, le passage d’un esprit incorporel à un corps spirituel... La mort est un processus naturel... La ''vraie mort'', la mort qui est la conséquence du péché, est la mort spirituelle, asservissement à la vie des sens physiques. 

Morgen_im_Riesengebirge - C.D. Friedrich - détail

''Clara'', ou ''Sur la liaison de la nature avec le monde des esprits'' traite de la question de la survivance de l’homme après la mort et, à travers celle-ci, celle de la relation entre le monde d’ici (ou celui de la nature) et le monde outretombe (ou celui des esprits) –, c’est aussi un ouvrage qui raconte une histoire, celle d’une âme endeuillée. Schelling vient de perdre son épouse Caroline (le 7 septembre 1809).

Je vous propose de faire connaissance avec une femme qui mérite notre intérêt : Caroline Schlegel -Schelling (1763-1809)...

 

Vu de l'Allemagne ( au XVIIIe s. elle n'existe pas, et signifie: même appartenance linguistique : l'allemand), le XVIIIe siècle, fut pour les femmes, une époque pleine de promesses : les '' Lumières '', et ce que l'on a appelé la '' république des lettres '' , sur un fond de révolution française, laissent poindre un nouvel espace de liberté; et avec le Romantisme de nouvelles relations entre homme et femme...

La maison Michaelis à Göttingen

Nous pouvons vivre les espoirs de cette époque avec Caroline Michaelis - Böhmer - Schlegel - Schelling (1763-1809)

 

Caroline est la fille du professeur Michaelis, spécialisé en théologie et orientaliste reconnu, à Göttingen. Elle reçoit une éducation intellectuelle, et très tôt elle fréquente des familles d'intellectuels ( GE Lessing, GC Lichtenberg et JW Goethe.) et se lie d'amitié avec Thérèse Heyne et son futur mari, Georg Forster.

Silhouette de Caroline: jeune femme

Le 15 juin 1784, elle épouse son ami d'enfance, le docteur Bergarzt Wilhelm Böhmer, elle déménage avec lui à Clausthal et donne naissance à trois enfants. Le 28 avril 1785, nait son premier enfant, une fille : Auguste (Gustel) Böhmer. Des trois enfants qu'elle accouche, seule la fille aînée survit. Après seulement quatre ans de mariage, son mari meurt (1788).

Elle revient à Göttingen, et décide de ne pas se marier à nouveau et vivre seule avec sa fille.

À Göttingen, elle rencontre Georg Ernst Tatter (1757-1805), et tombe amoureuse de lui. 

Tatter a étudié la théologie de 1776 à 1778 à Göttingen. ( comme plus tard : Hegel, Holderlin, Schelling : 1788-1793). Secrétaire de l'ambassadeur britannique, il accompagne – dans leurs études - à Göttingen, les trois fils du Roi George III...

Elle laisse encore Göttingen et vit pendant un certain temps avec son frère à Marburg, puis retour à l'automne 1791 à Göttingen où elle revoit Tatter. Après la mort de son père en 1791, et la maison familiale vendue, Caroline déménage à Mayence, où la visite Tatter en Septembre 1792.

Marburg du sud, 1842, avec une belle vue sur la vallée dont parlent Caroline et d'autres

A Göttingen, Caroline se lie d’amitié avec le poète Gottfried August Burger et le critique August Wilhelm Schlegel.

Georg Forster (vers 1785)

A Mayence, Caroline y retrouve son amie d'enfance, Thérèse Forster; et a une liaison tumultueuse avec Georg Forster...

Georg Adam Forster (1754 - mort le 10 janvier 1794 à Paris) est un naturaliste allemand qui fut également ethnologue, écrivain voyageur, journaliste et révolutionnaire. Il participe à la deuxième expédition autour du monde de James Cook...

Thérèse Forster avait donc épousé Georg Forster en 1785, l'avait suivi à Mayence en 1788. Elle tombe amoureuse de Ferdinand Huber, et selon les vœux de son mari, font ménage à trois... A la mort de son mari, elle épousera Huber qu'elle suivra à Stuttgart en 1798. Elle publiera plusieurs romans

Anne-Louis Girodet - détail (poèmes d'Ossian)

L'armée révolutionnaire française du Général Custine (1740-1793) entre dans Mayence le 21 octobre 1792.

Caroline Schelling par Tischbein (1798)

La ville, demande son rattachement à la France sous le nom de ''République de Mayence''. Caroline fréquente les milieux révolutionnaires...

Mais, après la reddition de la ville obtenue par les troupes prussiennes (1793), Caroline tente de s'échapper en voiture avec sa fille, mais elles sont arrêtées et conduites à la forteresse de Königstein. Elle se rend compte qu'elle est enceinte d'un jeune officier français de Custine : le lieutenant Jean-Baptiste Dubois-Crancé, neveu du général François-Ignace Ervoil d'Oyré, stationné à Mayence au début de 1793.. Après avoir refusé de donner l'enfant au père qui la réclame, elle reçoit l'aide de A. W. Schlegel qu'elle épousera en 1796, plus par reconnaissance que par amour... L'enfant, lui, meurt en bas-âge

 

Après sa libération, Caroline, se retrouve déclarée ''persona non grata'' dans toute une série de villes où elle ne peut donc plus séjourner.

August_Wilhelm_von_Schlegel

Elle épouse finalement August Wilhelm Schlegel (1767-1845) en 1796.

Schlegel, est un écrivain, poète, philosophe, critique, orientaliste et traducteur allemand et l'un des principaux théoriciens du mouvement romantique.

Schlegel a étudié à Hanovre, puis à Göttingen en 1786, où il a pour professeur, le père de Caroline.

 

En 1798, à Iéna, (Thuringe), où il est nommé professeur extraordinaire, il fait la connaissance de Goethe et de Schiller et fonde en mai avec son frère Friedrich une revue intitulée Athenäum.

Quand il sera séparé de sa femme en mai 1803, il deviendra, l'année suivante, l'amant de Germaine de Staël, séparée de Benjamin Constant...                                            A suivre ...

Voir les commentaires

Découverte de la philosophie de Schelling

Publié le par Perceval

La découverte grâce à Monsieur de Balzac, des théories de Swedenborg, semble autoriser Charles-Louis de Chateauneuf, à imaginer le monde du Graal, et de la Légende arthurienne, comme un ensemble d'arcanes et de correspondances avec le monde naturel … Cet univers serait-il parallèle au notre, comme peuvent l'être d'autres univers mythologiques … ?

Mme Félix Ravaisson-Mollien

L'époque étant au rationalisme, comment donner raison à tout cela … ?

Avec Mme J., Charles-Louis de Chateauneuf partage ces discussions et les querelles philosophiques du moment avec un jeune couple Marie Françoise Aglaé et Félix Ravaisson, jeunes mariés et assidus de divers salons mondains...

Ami d'E. Quinet, Félix Ravaisson (1813-1900), est agrégé de philosophie, et inspecteur général des bibliothèques... Ses goûts sont éclectiques, et ce choix lui valut sans-doute sa place à l'université en philosophie ; il est passionné d'archéologie et les recherches du Graal de Ch.-L. l'interroge … Son oncle, qui l'a beaucoup marqué disait de lui à huit ans : « Félix est un Mathématicien complet, un antiquaire, un historien, tout enfin.. »

« M. Ravaisson aimait le monde. Tout jeu­ne, peu connu encore, il voyait, grâce à sa parenté avec l'ancien ministre Mollien, s'ouvrir devant lui bien des portes. Nous savons qu'il fréquenta chez la princesse Belgiojoso, où il dut rencontrer Mignet, Thiers, et surtout Alfred de Musset ; chez Mme Récamier, déjà âgée alors, mais gracieuse toujours, et groupant autour d'elle des hommes tels que Villemain, Ampère, Balzac, Lamartine : c'est dans le salon de Mme Récamier, sans doute, qu'il fit la con­naissance de Chateaubriand. Un contact fréquent avec tant d'hommes supérieurs devait agir sur l'intelligence comme un stimulant. » Bergson

Portrait de Jean Gaspard Félix Larcher Ravaisson-Mollien par Théodore Chassériau (1846)

 

Félix Ravaisson avait étudié le violon avec Alard, la peinture avec Broc, élève de David ; il peint, à plusieurs reprises il expose au Salon, sous le nom de Laché... Il admire Léonard de Vinci... Il pense que l'art ou la métaphysique ont la même intuition …

Eugene-Delacroix

D'abord disciple de M. Cousin qui règne sur la philosophie, il reste rebelle à l'autorité d'autrui ; il s'éloigne du maître, et de la chaire de philosophie … !

 

Le couple Ravaisson rejoint le cercle des admirateurs de madame de Staël ; germanophile il se dit élève de Schelling qu'il a rencontré en Allemagne …

Avec les conseils et les appuis d'E. Quinet, Ravaisson s'est rendu à Munich à la fin de 1839. Il a découvert dans les cours de Schelling « les éléments d’une philosophie libre et substantielle et, comme il l’appelle, véritablement positive », une philosophie nouvelle et prometteuse...

Ravaisson, admirateur de la philosophie allemande, félicite Schelling de l'avoir réorientée à partir « de la réalité vivante et de l’énergie spirituelle »

 

Pour nous, la nature est un spectacle, nous l'admirons de l'extérieur … Pourtant, dans la contemplation, nous reconnaissons un moment où « l’acte et la vision de l’acte ne font qu’un. ». Schelling dit qu'alors l'intuition intellectuelle est cette « faculté de voir l’universel dans le particulier, l’infini dans le fini.. » Schelling relève le contraste entre l’intuition, qui voit la continuité, et la réflexion, qui marque les césures...

Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling

 

Découvrons Schelling :

Alors que Kant différencie le ''moi connaissant'' et la nature ; puisque qu'il ne nous serait pas possible de connaître la nature ''en soi ''… Fr. W. Schelling (1775-1854) exprime que la nature n'est que l'expression de '' l'Esprit du monde'', elle est de l'esprit visible, un esprit qui ordonne et structure... Et cet esprit est à l’œuvre dans la conscience de l'homme...

Charles-Louis, en écoutant exposer Revaisson, se disait alors qu'en entrant à l'intérieur de soi-même l'homme pourrait ressentir le mystère du monde … Et, cela semblait vibrer avec le mystère du Graal ...

De plus, toutes ces légendes que nous affectionnons – sans nous expliquer pourquoi elles nous fascinent – imagent l'âme d'un peuple... C'est '' l'esprit du monde '' qui est présent, dans la mythe, dans l'art, dans la nature …

 

Pour Schelling, le monde est « en Dieu » ; pour Hegel (1770-1831) '' l'esprit du monde '' est la somme des manifestations humaines ; seul l'homme a un esprit, et cet esprit du monde progresse à travers l'histoire...

Intéressant de voir que Schelling a pris la suite de Hegel à l'université de Berlin... Et, en 1841, voir Kierkegaard (1813- et Karl Marx, ensemble, suivre les cours de Schelling … ! Même si Marx, lui, se dit que « les philosophes se bornent à interpréter le monde alors qu'il s'agit de le transformer. »

William Blake - The Ancient of Days

 

Revenons aux idées de Schelling, mises en notes par Ch.-L. de Chateauneuf, enthousiasmé :

Au commencement … était «  l'Un originel », la pure indifférenciation … Il n'existe pas encore de séparation entre Dieu et ''le Monde'', la nécessité et la liberté, le conscient et l'ombre, le sujet et l'objet, ici et là, avant et après …

Ensuite... La nature est empreinte d'une volonté originelle de différenciation... Y a t-il '' quelque chose qui veut ?... C'est vrai que... Hegel se moque … « Cet ''Originel '' serait « la nuit où tous les chats sont gris, un manque de connaissance et une grande naïveté... »

Schelling tente d'expliquer que cet ''Un originel'' ne peut être objet de la pensée, avant précisément qu'il existe de la différenciation .. 

L'art est l'« organon de la vérité » : en se reconnaissant dans l’œuvre, l'homme accède à sa subjectivité, sa conscience de soi et sa liberté.

Questions : Alors que dans l'univers tout a sa raison d'être, comment le mal peut-il exister ? Et quand tout dépend de tout et que chaque être et chaque fait sont liés aux autres, comme le veut chaque système, comment peut-il être question de liberté ?

Les Mythes :

par Carola-Eleonore Thiele

Pour Schelling, le mythe n'est pas le résultat de l'imagination de l'homme, c'est au contraire la conscience de l'homme qui est le résultat des mythes. Les mythes ne sont ni des vérités cachées, encore moins des allégories ou des métaphores.

Les mythes sont des tautégories: ils ne disent rien d'autre que ce qu’ils disent. La question n'est pas de savoir s'ils sont vrais ou faux. Ils existent et ne signifient que ce qu'ils sont. « Pour elle, les dieux sont des êtres qui existent réellement, qui ne sont rien d’autre, ne signifient rien d’autre, mais signifient seulement ce qu’ils sont. »

Il faut reconnaître au mythe la capacité de véhiculer une vérité qui lui est propre, c'est à dire encore – pour être bien compris – « tout dans le mythe doit être compris comme il l'énonce, , et non pas comme si une chose était pensée, une autre dite. » Schelling... Malheureusement... - si l'on peut dire - nous ne croyons plus aux dieux … !

Et '' en même temps '' Le mythe est à la fois porteur d’un sens, d’une « vérité » plus ou moins haute, et investi d’une fonction sociale qui en double l’importance.

Voir les commentaires

La rencontre avec E. Quinet – le Graal et le mythe.

Publié le par Perceval

Charles-Louis de Chateauneuf reçoit comme un immense privilège l'attachement du professeur Edgar Quinet (1803-1875) à son égard...

E. Quinet

Beaucoup de choses les rapprochent : le goût pour le Moyen-âge, pour les philosophes allemands et pour Madame de Staël... E. Quinet est franc-maçon. Loin d'être athée ; s'il est anti-clérical, il reste attaché à la foi chrétienne... On lui reproche d'ailleurs, à lui, et à beaucoup de maçons, un certain ''illuminisme'' ( nous sommes encore au milieu du XIXe siècle...)

Nous reviendrons plus tard sur ''la religion d'Edgar Quinet'' ...

 

Pour l'heure, Charles-Louis, parle à l'historien; pour lui faire état du parcours des ses aïeux : Roger Laron, J.- L.de la Bermondie... etc … et lui explique sa quête autour du Graal, et des templiers...

 

Edgar Quinet, connaît bien Heidelberg, c'est au cours d'un de ses séjours, qu'il a rencontré son épouse Minna... Minna qui tente de décrire à Charles-Louis, les paysages qui entourent Ansbach, et tout à côté Eschenbach... Malheureusement, elle ne peux rien dire du château de Montsalvage, cité par Wolfram von Eschenbach, dans son Parsival... Edgar et Minna sont beaucoup plus prolixes sur le beau château de Heildelberg...

Heidelberger Schloss von Carl Rottmann 1815 - Détail

Le couple Quinet, écoute avec beaucoup de plaisir, les explications sur la signification, pour Charles-Louis de ce que peut signifier cette Quête : « La recherche du 'Graal', c'est la recherche de la 'Présence' du Christ... » explique le jeune homme...

De même que le Graal peut se matérialiser par une Coupe, ou par une Pierre; la Présence se comprend et se représente selon diverses formes...

 

Parler de Présence de Jésus, alors que - personnage historique - il est mort ; c'est exprimer par la foi : qu'il est ''vivant''... Aussi, sa Présence est bien autant mystérieuse que cette du Graal ; à la différence près que la ''relique'' que représente la Coupe n'est qu'un objet ; on ne prie pas le Graal … !

Également, ''la Parole'', contenue dans la Bible, et en particulier les Quatre Evangiles, ne se modifient pas ; pourtant, la Quête du Graal, bien qu'utilisée sous les mêmes mots, est bien différente selon les époques ( comme nous l'observons ici sur ce site depuis l'époque médiévale, jusqu'à aujourd'hui), selon les cultures, et même selon les personnes....

 

Le Mythe est le seul mode adéquat de la connaissance religieuse.

En ce XIXe siècle, il faut rendre compte de la réflexion de nombreux théologiens allemands :

W. M. L. de Wette (1780-1849)

Wilheim Martin Leberecht de Wette (1780-1849), professeur à Berlin, puis à Bâle... Elève en sa jeunesse de Jakob Friedrich Fries (1773-1843), professeur à Heidelberg, libre philosophe kantien, de Wette avait beaucoup réfléchi au rôle de symbole dans la connaissance religieuse. Comme il n'est pas possible au croyant de parvenir à une connaissance de Dieu déterminée, en usant des concepts dogmatiques, inadéquats à la réalité de l 'Absolu, comme le pur sentiment l'abîme dans une sorte de vénération aveugle, seule l'organisation des symboles par le récit mythique lui permet une entrée en communication avec l'Infini.

(...)

Le mythe est  « le libre jeu de l'Esprit » et que, originairement ( le mot est important) il n'est objet ni de foi ni de vénération.

La foi crée et se nourrit de mythes et de récits qui expriment comment l'humain se tient devant son Dieu, mais qui n'ont ni visée historique ni prétention dogmatique.

(…)

Si le temps des mythes est par excellence celui d'une littérature collective et orale, quoi d'étonnant à ce que la Bible ait partagé le sort commun ?

 

David Strauss( 1808-1874) , élève à Tübingen de Ferdinand Christian Baur, devient répétiteur au séminaire protestant de la ville, mais doit abandonner son poste après la publication du Das Leben Jesu ( la Vie de Jésus) … (  traduit en français par Émile Littré entre 1839 (tome 1) et 1853 (tome 2). ) - Ce livre a scandalisé son époque en montrant un Jésus historique et non divin et par sa vision des évangiles comme récit inconscient des premières communautés chrétiennes.

L'histoire évangélique semble fondre sous la plume de Strauss. Après tous ces déblaiements, il n'est guère possible de voir dans la Bible un autre paysage qu'un « champ de ruines », selon l'expression de Quinet...

Purger tout récit des interventions divines, miracles... c'est monter qu'on ne prend pas ces textes au sérieux, avec leur poids de foi. Le Mythe souffre de dédain dans la pensée occidentale... Heyne, Schelling et leurs disciples allemands y virent au contraire la porte d'entrée dans les cultures du passé ; mieux, le chemin d’accès à une réalité que seuls les poètes et les ''croyants'' connaissent. En admettant la dimension mythique de la Bible, les théologiens allemands mirent en meilleur jour la dimension symbolique de toute connaissance religieuse.

 

Les bouillonnements culturels qui se produisent outre-Rhin intriguent les français. Victor Cousin (1792-1867) décide d'aller sur place, entreprend plusieurs voyages en Allemagne de 1817 à 1824, rencontre Schleiermacher, Goethe, Creuzer et surtout Hegel, avec qui il se lie durablement. Dans ce courant de sympathie pour la culture allemande, il entraîne bientôt Michelet, puis Edgar Quinet.

Minna Quinet en 1841

Ce denier surtout fait de très longs séjours en Allemagne où il réside de décembre 1826 à 1838. Il épouse Minna la fille d'une pasteur du Palatinat. En 1827, il fait paraître la traduction de l'ouvrage de Herder : Idées sur la philosophie de l'Histoire de l'humanité (1784-1791).

(...)

Cousin et le courant spiritualiste dont il est le chef de file sont soucieux à la fois de garder à la religion son rôle dans la société et de ne pas redonner au catholicisme la situation qu'il occupait sous l'Ancien Régime. Ils le souhaitent plus ouvert et déplorent l'inertie de la théologie française devant les innovations allemandes. Le grief devient public grâce aux articles publiés par Quinet dans la Revue des deux mondes en 1838 et 1842.

 

Sources : La Bible en France: Entre mythe et critique, XVIe-XIXe siècle, de François Laplanche (1928-2009) : historien français, spécialiste de la pensée religieuse en France.

Voir les commentaires

Lohengrin – le chevalier au Cygne:

Publié le par Perceval

Lohengrin et Elsa - Parzival et Condwiramurs - Gahmuret et Herzeloyde

Lohengrin et Elsa - Parzival et Condwiramurs - Gahmuret et Herzeloyde

À la fin du Moyen Âge, la légende du Chevalier au Cygne jouit d’un grand succès en langue française et connaît une extraordinaire diffusion dans la littérature germanique, qui, dès le XIIe siècle, l’associe à celle du Graal, avec l’établissement d’un lien de filiation direct entre Lohengrin et Perceval...

Pour Eschenbach, Lohengrin, en tant que fils de Parsifal, est prédestiné à la vie de chevalier du Graal.

On connait la légende du chevalier au cygne, avec Geoffroy d'Auxerre ( 1187)

«  Dans le diocèse de Cologne, se dresse au-dessus du Rhin un palais immense et fameux que l’on nomme Nimègue. C'est là que jadis, à ce que l'on dit, en présence de nombreux princes et de l'empereur, on vit aborder sur la rive une petite barque qu’un cygne tirait par une chaîne d’argent passée à son cou : tous les spectateurs se dressèrent, stupéfaits devant ce prodige. Alors un tout jeune chevalier, inconnu de tous, sauta de la barque ; et le cygne, comme il était venu, repartit en tirant la barque par sa chaîne.

Le chevalier se révéla preux au combat, de bon conseil, heureux en affaires, fidèle à ses maîtres, redoutable pour ses ennemis, plein d’amabilité pour ses compagnons et de charme pour ses amis ; il épousa une femme de noble naissance, dont la dot lui apporta la richesse et la parenté, la puissance. Enfin, après la naissance d’enfants, bien plus tard, alors qu’il se trouvait dans le même palais, il vit de loin son cygne qui revenait de la même manière, avec la barque et la chaîne. Sans attendre, il se leva précipitamment, monta dans le navire et ne reparut plus jamais. Mais de ses enfants sont nés bien des nobles et son lignage a survécu et s’est développé jusqu’à nos jours.  » ( Wiki)

 

Une autre version, qui se rattache aux miracles du Graal; raconte que celui-ci protège Elsa, fille du roi du Brabant: jeune et riche orpheline...

Lohengrin, alors qu'il vit au Château du Graal, entend qu'un tournoi se prépare en Flandres.. Le chevalier Telramund, tuteur de la princesse Elsa von Brabant, soutient ( à tort) que la jeune fille – par promesse devant le roi mourant - se devait de l'épouser, et exige qu'elle tienne sa promesse. La belle héritière nie cette version, et demande que justice lui soit rendue... L'empereur d'Allemagne, devant qui la question est posée, décrète que Telramund affronterait en duel le champion qu'Elsa voudrait bien choisir... Mais Telramund est craint, et nul chevalier n'ose se mesurer à lui...

Seul le ''Chevalier au cygne'', ainsi nommé, car il est apparu sur la rivière Scheldt assis dans une nacelle tirée par un cygne uniformément blanc, relève le défi du tuteur d'Elsa et le terrasse...

Elsa épouse son sauveur, qui lui fait jurer de ne jamais chercher à connaître ses origines ni lui demander son nom. Elsa promet, mais elle souffre de ce secret qui la sépare de son époux et fait de lui un étranger. Un soir, dans la tendresse des draps, elle ne peut s'empécher de l'interroger à ce sujet, arguant du fait de la vérité due à leurs deux enfants, elle ne pourrait pas refuser éternellement de leur réveler le nom et l'origine de leur père.

Alors, dans un grand soupir, le Chevalier au Cygne, l'emmene près de la rivière tout en lui disant:

- Mon nom est Lohengrin. Je suis l'un des chevaliers elfiques du château de Montsalvat, où est conservé le Saint-Graal.

A ce moment, le cygne à la nacelle fait à nouveau son apparition. Lohengrin grimpe dans la fragile embarcation et repart seul vers le château du Graal.

Cette version, est racontée, par des peintures murales dans le château de Neuschwanstein, construit selon les désirs de Louis II de Bavière, qui s'identifiait à Lohengrin...

 

La famille de Clèves, après l’extinction du lignage de Boulogne-Bouillon, s’est appropriée le Chevalier au Cygne comme ancêtre et rêvait de reprendre le flambeau de la croisade, pour donner à la chrétienté un nouveau Godefroy

Le duc de Clèves, le père de Marie de Clèves, s’était engagé à partir pour la croisade au fameux banquet du Faisan de Lille en 1454, avec Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Selon Olivier de la Marche, la journée avait commencé par une joute, et la promesse au vainqueur d'un riche cygne d’or...

 

Pour ce qui est du lien entre le chevalier au cygne, et le Graal; - en plus de celui d'Eschenbach - on peut noter un roman d'aventures en vers, écrit entre 1270 et 1280, nommé ''Sone de Nansay'' rédigé à l'instigation d'Adélaïde de Bourgogne. Le roman contient nombre d'allusions à des situations réelles et des personnages connus liés la cour du duché de Brabant. L'ouvrage servira à ce titre à l'éducation de Jean Ier, second fils d'Adélaïde. L'auteur, célèbre son héros, chevalier au cygne, comme le fils spirituel de Joseph d’Arimathie et en lui accordant le privilège d’une visite au château du Graal, qu’il imagine en Norvège.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 > >>