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Voyage en Allemagne – Nuremberg - Dürer

Publié le par Perceval

Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...
Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...
Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...
Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...
Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...
Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...

Nuremberg - Autour de la Maison d'Albrecht Dürer - Cet été ...

Lors de cette soirée, Anne-Laure a donc sympathisé avec Emmy Noether... Elles ont parlé de Nuremberg, et Emmy a attiré l'attention d'Anne-Laure sur la maison de Albrecht Dürer (1471-1528) ; la discussion s'est porté sur une œuvre particulière du peintre ''Melancolia'' avec son ''carré magique''... Pour Anne-Laure, cette évocation lui a causé une forte émotion, la ramenant aux histoires que lui racontaient son grand-père...

Ici, sur Anne-Laure et son grand-père :

Je rappelle que Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816, tout en fréquentant les salons, et diverses ''société'' discrètes, continuant ses recherches sur le Graal; s'était engagé dans une carrière scientifique et astronomique... Charles-Louis – en suivant les méthodes mathématiques développées par Legendre - a travaillé au sein d'équipes de l'observatoire de Paris...

Le grand-père d'Anne-Laure lui avait en effet parlé de ''carré magique''; elle ne se souvenait plus exactement de quelle ''magie'' il s'agissait...mais cela l'avait fort intrigué...

Ici, sur le Carré Magique: 

Le lendemain Emmy Noether, fit porter à l'hotel d'Anne-Laure , un courrier qui contenait une reproduction de la gravure de Dürer....

On trouve la maison d’Albrecht Dürer, aux pieds du château de Nuremberg, donnant sur la petite place, la Tiergärtnerplatz. C’est là que les gens s’installent avec leur verre (de bière) à même le sol, ce qui crée une ambiance conviviale, et paisible, à l'abri d'un peintre allemand et importante figure locale... .

On y trouve aussi la sculpture d’un gros lièvre réalisée par Jürgen Goertz, un hommage à Dürer. Et, si on lève la tête, une magnifique petite statue de St George sur la « Maison Pilate » (Pilatushaus). Elle fait partie des plus vieilles maisons de Nuremberg (construite au 15e siècle)...

Nuremberg, en 1500 est une ville riche de 50 000 âmes et attire, tel un aimant, tous les talents d’Allemagne et d’Europe. L'imprimerie y est en plein essor... Anton Koberger (v. 1445-1516) y fait tourner jusqu’à 24 presses à lui seul avec une centaine de compagnons. Friedrich Peypus, imprimeur des humanistes, y publie le grand platonicien Erasme de Rotterdam (1469-1536).

On produit des écrits ésotériques et des bibles, les écrits scientifiques de Nicolas de Cuse (1401-1464)... Martin Behaim (1459-1509), dont la maison familiale avoisine celle de Dürer, y fabrique les premiers globes terrestres.

En 1471, année de naissance de Dürer, le géographe, mathématicien et astronome Johannes Müller (1436-1476), dit Regiomontanus, décide d’élire domicile à Nuremberg. Après le décès de ce dernier en 1476, c’est son disciple Walther qui hérite de sa riche bibliothèque et poursuit les recherches. En 1501 Walther achète la maison de Regiomontanus, et en 1509 Dürer l'acquiert à son tour, devenu membre du Grand Conseil de Nuremberg - et aménage le pignon sud en plate-forme d’observations astronomiques.


Durer a peint de nombreux ''auto-portraits'' comme s'il s’agissait d'apporter la preuve - à lui-même - qu'il a vraiment existé ; et à nous ( cinq siècles plus tard)... car nous nous sentons questionné par ce regard …

Si ce regard date de cinq siècles, peut-être nous faudrait-il revenir en arrière pour le comprendre un peu mieux...

Dürer admire Luther pour des raisons morales et intellectuelles - il voyait en Luther un « instrument de Dieu ». - , mais il est incapable de rompre avec l’église catholique. Profondément chrétien, : il voudrait signifier : « Par la souffrance dont j’ai fait l’expérience, je m’efforce de suivre la voie du Christ ».

Dürer, a toujours été préoccupé par l’idée d’une mort prochaine... En 1500, l'idée de fin du monde est dans les esprits, la faim, la peste, la syphilis, les conflits sociaux marquent l'ambiance... Durer étudie, voyage et peint : comme artiste il pense pouvoir percer les secrets de l'univers...

Voyage en Allemagne – Nuremberg - Dürer

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Voyage en Allemagne – Nuremberg - 2

Publié le par Perceval

Anne-Laure est invitée à une réception en l'honneur de l'impétueux empereur d'Allemagne... Plusieurs personnalités de Bavière sont présentes, ainsi que de nombreux étrangers en transit vers Bayreuth...

Anne-Laure rencontre une jeune femme qui parle très bien le français, avec qui elle va se lier... Elle s'appelle Emmy Noether, elle a alors 24 ans. Après un diplôme d'enseignante d'anglais et de français ; elle a décidée de poursuivre des études scientifiques à l’université d’Erlangen. Erlangen située à une vingtaine de kilomètres de Nürnberg, est sa ville de naissance..

Elle étudie non sans quelques difficultés l'astronomie et les mathématiques: elle doit demander la permission des professeurs pour pouvoir accéder à leurs cours ( non ouverts aux filles) … - sur lesquelles elle prépare une thèse... Ensuite, elle enseignera sans rémunération ni statut officiel.

Emmy Noether va approfondir ses recherches en algèbre abstraite (l'étude des structures algébriques) et publie des articles importants sur les idéaux (en mathématiques, un idéal est un sous-ensemble remarquable d’un anneau).

Emmy Noether va contribuer à faire évoluer l'algèbre...

C'est la ''begriffliche Mathematik'' (les mathématiques purement conceptuelles) qui caractérise Noether. Ce style de mathématiques a été adopté par d'autres mathématiciens et, après sa mort, a refleuri sous d'autres formes...

Irving Kaplansky, notamment, qualifie son article de 1921, qui donne naissance au terme d’anneau noethérien, de « révolutionnaire ». Norbert Wiener considère qu’Emmy est « la plus grande mathématicienne qui a jamais vécu, et la plus grande femme scientifique vivante, tous domaines confondus, et une savante du même niveau, au moins, que Madame Curie ». A sa mort enfin, Pavel Alexandrov dira également d’elle qu’elle était « la plus grande mathématicienne de tous les temps », quand Albert Einstein écrit au New York Times : « Fräulein Noether était le génie mathématique créatif le plus considérable produit depuis que les femmes ont eu accès aux études supérieures jusqu’à aujourd’hui. »

Le gouvernement nazi exclut les Juifs qui occupent des postes universitaires et Noether émigre alors aux États-Unis... En 1935, elle meurt d'un cancer à cinquante-trois ans.

Nürnberg album 1900-1910
Nürnberg album 1900-1910
Nürnberg album 1900-1910
Nürnberg album 1900-1910
Nürnberg album 1900-1910
Nürnberg album 1900-1910
Nürnberg album 1900-1910

Nürnberg album 1900-1910

Anne-Laure, est invitée par sa nouvelle amie, à visiter la ville de Nürnberg...

Emmy Noether, avec des amis

Et, voici ce que pourrait en noter la voyageuse en ce début de siècle …

« De toute l'Allemagne Nuremberg est la ville la plus originale, la plus curieuse à visiter. Celui qui s'y trouverait transporté comme par magie, sans avoir rien vu sur son passage, nagerait dans l'enchantement; la surprise doublerait sa jouissance. Le souvenir de Bâle, de Schaffhouse, d'Augsbourg ôte de sa nouveauté au tableau; il ne lui. ôte pas son charme. Nulle cité n'a conservé aussi entière la physionomie du moyen âge, ou plutôt de la renaissance; car peu de maisons remontent au delà du XVe siècle. Les amis de l'ogive en doivent faire leur deuil; les églises de Saint-Sebald et de Saint-Laurent les dédommageront.

(…) Ici, le musée est dans la rue; chaque maison en forme une pièce curieuse. J'ai retrouvé ces hauts pignons pointus et ces longues saillies dû toit qui m'avaient fait aimer Strasbourg. Mais il s'agit bien de pignons ! Ici, maint logis est flanqué de tourelles, couronné de créneaux, festonné de sculptures et d'arabesques. Des vignes capricieuses, s'épanouissent aux murailles; là pendent dés fruits fantastiques, des oiseaux rares voltigent, des figures joviales vous envoient une grimace ou un sourire.

(…) On peut juger de l'ancienne prospérité de la ville par le grand nombre des étages et des fenêtres; on sent qu'il y a eu là autrefois, comme aujourd'hui dans nos capitales, un énorme entassement d'individus.

Dans le labyrinthe de la ville coule une rivière, la Pegnitz. Çà et là sur son cours de vieux ponts au sommet anguleux, aux dalles disjointes, aux parapets sculptés. Pas de quai, pas un sentier sur le bord. La rivière reste enfermée entre les murailles des habitations, dont elle ronge les pilotis. Des maisons nobles, vermoulues, minées de vieillesse et d'humidité, se penchent sur l'eau ou l'enjambent par une seule arche. Dans le lit du fleuve coule une eau vaseuse, si lente qu'on en cherche quelque temps la pente; si triste qu'elle semble dire, comme du temps de Schiller : « Je suis devenue hypocondré, et ne continue de couler que parce qu'ainsi le veut la vieille coutume. »

Nuremberg est une ville fortifiée de murs épais, assis sur la roche vive; de larges fossés,- des tours énormes lui font une magnifique ceinture. Ces remparts furent de leur temps formidables; l'artillerie moderne en aurait, je crois, facilement raison. On les entretient pourtant pour le coup d’œil; chaque pierre remplacée est soigneusement noircie, et l'ensemble est toujours vénérable de vétusté.

L'intérieur du château cause une grande déception. On s'attend à voir de grandes salles d'armes, des lambris travaillés, d'énormes cheminées sculptées et blasonnées; on trouve à la place une longue enfilade de pièces parquetées, tapissées, meublées à la manière moderne.

(...)

En parlant de ses habitants, la voyageuse note que «  le souffle de l'art avait touché leurs âmes. Quelque chose de supérieur était en eux. Leur ville l'annonce assez; le moyen âge le reconnaissait : « Esprit de Nuremberg gouverne le monde, » disait le proverbe... »

Sources :  Le Danube allemand et l'Allemagne du Sud .. par Hippolyte Durand (1833-1917)...

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Voyage en Allemagne – Nuremberg

Publié le par Perceval

Dans la bibliothèque de Anne-Laure de Sallembier, j'avais repéré un ouvrage de Albert Lavignac (1846-1916) nommé '' Le voyage artistique à Bayreuth'', dans lequel je retrouvais des cartes d'hôtel qui semble signifier, que mon aïeule l'avait avec elle, lors de ce voyage en Allemagne …

L'auteur note que, par l'Orient-Express, on peut aller de Paris à Bayreuth en vingt heures. Ce train, qui laisse la gare de l'Est à six heures cinquante minutes du soir, vous met à Stuttgard le lendemain, à sept heures du ma- tin. De là, vous prenez un train pour Nuremberg. Vous arrivez à midi, et, à trois heures, vous êtes à Bayreuth.

Voyage en Allemagne – Nuremberg

Pour ma part, je suis passé par Rothenburg ( Rothenburg ob der tauber), avant de séjourner à Nuremberg.

Les rues de Rothenburg semblent appartenir à un parc d’attraction, dont le thème serait le moyen-âge des contes de fées... Pourtant, rien n'est factice : l'histoire de la ville remonte à 1070, année de la construction du premier château... Elle ne fut pas à l'abri de destructions pendant la Guerre de Trente ans, et en 1945... Et, tout fut reconstruit... La ville est toujours entourée de remparts... Avec l'architecture, on s'immerge dans l'ambiance de Noël : le musée de Noël allemand et l'immense magasin de Noël Käthe Wohlfahrt, sont ouverts toute l'année...

Ploenlein Rothenburg 1900
Rothenburg, cet été...
Rothenburg, cet été...
Rothenburg, cet été...

Rothenburg, cet été...

Aussi beau et plus intéressant, l'ensemble ancien de Nuremberg ( Nürnberg).

NURNBERG, Bavaria, Germany, 1900-1910´s

A l'entrée de la vieille ville, Le ''Grand Hôtel'' ouvert depuis 1897, apparaît comme un grand voilier, à quai près des remparts, et tout proche de la gare...

Anne-Laure de Sallembier y loge, alors qu'il vient d'être rénové et agrandi par Rudolf Lotz (1906), l’entrée principale fait face à la Bahnhofsplatz. L’hôtel comprend alors 35 incroyables suites privées …

Nuremberg devient de plus en plus un haut lieu touristique, notamment à cause du festival de Bayreuth.

 

 « Aucun pays n’est actuellement en Europe, où l’on parle plus librement, écrit en toute liberté et librement négocié qu’ici en Bavière », se réjouit le peintre Anselm von Feuerbach en 1818. Enterré à Nürnberg.

Frederic Leighton (1830-1896) - Pavonia-1859

A propos : du peintre allemand Feuerbach (1829-1880), on connaît les portraits de Nanna. Ce modèle que rencontra - avant lui - Frederic Leighton (1830-1896) : Anna Risi est alors l'épouse d'un simple cordonnier du quartier des artisans de Trastevere à Rome. En 1858, Leighton vit et peint à Rome, où il rencontre Nanna, la femme du cordonnier aux cheveux noirs et « au regard assoiffé ».

Feuerbach la rencontre en mars ou en avril 1860. Anna Risi devient sa muse et son amante, Il écrit qu'elle est le modèle qu'il cherchait ; elle est une réincarnation de la beauté antique, avec son profil grec, ses cheveux noirs; une silhouette altière. Feuerbach est tellement fasciné par elle qu'il en fait 28 portraits en six ans. 

Tandis que la relation de Leighton avec elle était platonique, Feuerbach est tombé passionnément amoureux de la belle italienne. Le sentiment est réciproque et Nanna quitte son mari et son enfant … Feuerbach la peint souvent la tête baissée, en partie dans l'ombre, des vêtements épais qu'il lui choisit...Affirme t-il sa possession - la "propriété" - de sa maîtresse... ? Feuerbach la rend passive et isolée. Leighton la décrit comme étant active et plus présente.

Anna Risi - Nanna   

Maîtresse et muse d'Anselm Feuerbach.

Après cinq ans, Nanna quitte Feuerbach pour un autre homme dont elle est aussi le modèle … . Puis, Nanna restera seule dans un état de misère... On dit que Feuerbach la reconnut plus tard en train de mendier dans les rues, pauvre et accablée. Il ne s'est pas arrêté pour l'aider. Lord Leighton, aurait-il été, lui, compatissant... ?

Revenons à Nuremberg et la Bavière...

A la suite du Congrès de Vienne,  la Bavière est devenue une monarchie constitutionnelle. La constitution du royaume de Bavière accordée en 1808, largement révisée en 1818, resta en vigueur jusqu'à la fin de la monarchie en 1918...

Touristes à la Frauenkirche, Nürnberg, 1904

Léopold de Wittelsbach était devenu régent du royaume de Bavière à la suite de la déposition de son cousin Louis II de Bavière et l'incapacité du frère de celui-ci, Othon, en 1886.

Au décès de son père, le 12 décembre 1912, Louis ( 1845-1921) lui succède comme régent. Il deviendra roi de Bavière en 1913- sous le nom de Louis III - après l'abdication du frère de Louis II, Othon Ier, roi en titre.

Le roi Louis Ier fit restaurer le château de Nuremberg à partir de 1833 par l'architecte Carl Alexander von Heideloff afin qu'il puisse y vivre en tant que souverain.

En 1866, les Hohernzollern firent une offre pour le château impérial: après sa défaite lors de la guerre de 1866, Louis II dut concéder au roi Wilhelm Ier de Prusse le droit de partager l'utilisation du «château de ses pères». L'empereur Guillaume II - Empereur d'Allemagne et roi de Prusse - a habité le château à plusieurs reprises et n'a jamais oublié de se faire appeler "Burggrave de Nuremberg".

Le château de Nuremberg est juché sur les hauteurs de la ville, avec sa haute tour ( Sinwell) la silhouette du Kaiserburg est visible depuis de nombreux points de la ville…

Ce château est présent depuis le milieu du 11e siècle… Après la montée par les rues pavées, nous atteignons de petites cours, des terrasses par lesquelles nous contemplons la ville…

A l’intérieur, de grandes salles... Elles servaient souvent de salles de réception et devaient pouvoir accueillir des centaines de personnes pour des banquets.

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Voyage en Allemagne – Heidelberg, L' Hortus Palatinus

Publié le par Perceval

Hortus Palatinus - Heidelberg

Hortus Palatinus - Heidelberg

Le père de Frédéric avait contribué à faire de l'Université de Heidelberg l'un des centres d'apprentissage de l'Europe... Et, après que la ligue catholique ait chassé les protestants d'Heidelberg, en 1622... Le trésor inestimable – des milliers de manuscrits et d'imprimés patiemment réunis au siècle précédent par le prince Ottheinrich von der Pfalz : la Palatine, va être pillée sous les ordres du pape Grégoire XV... ! Une partie seulement des ouvrages de la Palatine regagnera Heidelberg, après un accord signé au congrès de Vienne, en 1815.

 

Amoureux de sa femme, plus conscient que jamais de la fragilité de la vie, Frédéric chercha des moyens de plaire à Élisabeth ; tout en tentant de répondre à ses questions existentielles  Malgré son luxe, le château de Heidelberg, en raison de son emplacement sur une falaise rocheuse, n’avait pas de jardin. Élisabeth était nostalgique des jardins anglais, déjà célèbres...

Frédéric V fait construire l'un des plus important jardin baroque au nord des Alpes et est considéré comme l'un des plus célèbre d'Allemagne... Le jardin est construit en terrasses par l'ingénieur et paysagiste français Salomon de Caus (1576-1626) , venu spécialement d'Angleterre pour l'occasion. 

Il aménagé le jardin en 4 terrasses thématiques, ponctuées de bassins, de jeux d'eau et de pavillons. Il construit notamment de nombreuses grottes qui contiennent des décors étonnants agrémentés d'une musique provenant de fontaines mécaniques représentant des personnages mythologiques...

Chacun des parterres a son propre motif. Au fond se trouve la ''Grande Grotte'' ; devant elle se trouve des bassins d'eau, dont l'une d'entre elle comporte une statue du Rhenus (dieu du Rhin) allongé. La noblesse peut s'y reposer durant les heures chaudes de l'été et admirer les jeux d'eau actionnés par des mécanismes secrets.  

Inspiré du jardin botanique de Padoue, la roseraie (Rosenrondell ou Monatsblumengarten) se situe à l'extrémité nord de la terrasse.

L' Hortus Palatinus , ou jardin du Palatinat a été interprété de différentes manières Il pourrait s'agir d’un jardin «magique» ou «hermétique». Dans ce modèle, les jardins complexes deviennent une allégorie de la pensée rosicrucienne, une « botanique du cosmos », contenant un profond ''secret'' , codé selon leur conception. Dans cette interprétation, les jardins sont destinés à capturer "une vision universelle, basée sur une union des arts, de la science et de la religion", combinée à "une ancienne tradition de sagesse secrète transmise à travers les âges". 

Le jardin d’Heidelberg est devenu la huitième merveille du monde, même si les propagandistes catholiques le décrivent comme une porte d'accès à l'enfer. Elisabeth, contemplant la rivière tranquille du Nekar couler au-dessous, écoutant les théories astro-théologiques d'Abraham Scultet, l'aumônier de Frédéric, projetant d'écrire l'histoire des cent premières années de la Réforme, écoutant peut-être les mystérieux oracles de Jetha Behel, qui vécut là, dans la vieille tour … Elisabeth aimait s'entourer de savants... Ce qui ne l’empêchait pas de s'adonner à la chasse dans les collines environnantes où ses compétences en a fait, dit-on aussi, la plus célèbre chasseuse de son temps.

Mais les réalités politiques sous-jacentes à ce paradis terrestre étaient aussi laides que le jardin était magnifique.

Le jardin n'a jamais été fini. Au lieu de cela, il a été détruit par l'artillerie catholique qui l'a ensuite utilisé comme base pour la destruction de la ville. Lorsque le fils de Frédéric a été restauré à la seigneurie du Bas-Palatinat, la région était en ruine. Le jardin n'a jamais été reconstruit. Il reste une ruine pittoresque à ce jour.

Les catholiques allemands, bien qu’ils aient échoué pendant cent ans à réprimer la réforme de Luther, ont continué à planifier et à faire la guerre à cette fin. Chez les protestants, un mouvement est né qui espérait couronner un dirigeant des États calvinistes et luthériens unis pour s'opposer à l'empereur du Saint-Empire...

 

Voyage en Allemagne – Heidelberg, L' Hortus Palatinus
Voyage en Allemagne – Heidelberg, L' Hortus Palatinus
Voyage en Allemagne – Heidelberg, L' Hortus Palatinus
Voyage en Allemagne – Heidelberg, L' Hortus Palatinus

Les ''Rose-Croix''

France Yates (1899-1981) a mis en évidence la relation entre la mythique confrérie de la Rose-Croix, et le monde politique calviniste qui gravite autour du jeune couple Frédéric et Elisabeth... Les ''manifestes Rose-Croix'' qui vont suivre reflètent ces projets politiques et religieux, influencés par l'anglais John Dee (1527-1608)...

Michael Maier (1568- 1622) est un médecin et alchimiste allemand, Luthérien, il est l'un des principaux commentateurs des manifestes Rose-Croix, publiés en Allemagne de 1614 à 1616.

La connaissance du mouvement ''Rose-Croix'' a commencé avec ces ''manifestes'', trois petits livres: La Fama Fraternitatis (1614) , La Confessio Fraternitatis (1615)  et Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz (1616) . 

Johann Valentin Andreae

Johann Valentin Andreæ (1586-1654) pourrait être l'auteur des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz paru en 1616 à Strasbourg ; et peu-être l'inspirateur des autres manifestes...

Andreæ étudia au séminaire de Tubingen. Il acquit une rare culture dans les langues anciennes et modernes, les mathématiques, les sciences naturelles, l'histoire, la géographie, la généalogie et la théologie. Il laissa une œuvre considérable.

Un cénacle s'est constitué à Tübingen, ils furent les inspirateurs du rosicrucianisme, prêchant, contre le dogmatisme et le ritualisme de l'Église...

Le titre complet de la Fama commence par: «Réforme universelle et générale du monde entier…». 

Lors de l'arrivée de la princesse Elizabeth, Andreae utilise la bibliothèque de Heidelberg, il s'est lié d'amitié avec l'un des bibliothécaires de Frederick... Il semble avoir été touché par la qualité du mariage royal qui semblait préfigurer la réalité d'un futur empereur romain germanique protestant...

L'apothicairerie qui se trouve à côté du château d’Heidelberg fut tenue par la mère de Johann Valentin Andreae pendant sept années. Elle nous donne de précieuses indications sur les préparations spagyriques voire alchimiques de l’époque. Aujourd'hui, le musée se visite …

 

Mais, Frédéric fut vaincu à la bataille de la montagne blanche et le rêve alchimique mourut !

Ce rêve alchimique pourrait se rapprocher aujourd'hui avec la tentative écologique de décrire la terre comme le lieu du ''vivant'', ou de dire que le monde est vivant... C'est ce que les alchimistes ou les occultistes de la Renaissance tentaient de décrire … Avant que la science moderne considère tout cela comme anathème ( « la nature est muette... »)

Pour Anne-Laure de Sallembier, le couple Frédéric-Elisabeth, décrit un mythe : le mythe du mariage alchimique, un mythe qui exige de l'innocence, de la naïveté et de la conviction du pouvoir des idées, de créer un monde nouveau.

Elisabeth est morte à Londres à 65 ans. Elle est inhumée à l'abbaye de Westminster, à côté de son frère Henry.

René Descartes (1596-1650), en 1617 s'engage dans l'armée. Sa carrière militaire va le conduire en Hollande et en Allemagne. Il rencontre des savants, comme Johann Faulhabert ( mathématicien, alchimiste..), Isaac Beeckmann ( médecin, philosophe...).. Il prend alors connaissance d'une confrérie de savants établie en Allemagne sous le nom de Frères de la Rose-Croix... Intrigué, il part pour la Bohème, et arrive en août 1619... Il passe par Heidelberg, et admire les automates aquatiques construits par Salomon de Caus dans les jardins du château...

La fille aînée d'Elisabeth et Frédéric - également nommée Elisabeth - fut une étudiante assidue en philosophie. Descartes l'a honorée de son amitié. Pendant de nombreuses années, elle a correspondu avec le grand philosophe. Ses critiques du dualisme métaphysique de Descartes sont précurseuses.

 

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Voyage en Allemagne – Heidelberg, Elisabeth Stuart

Publié le par Perceval

*** Et finalement , grâce à ce fameux manuscrit, Anne-Laure de Sallembier, va faire une autre rencontre : celle d'un couple peu ordinaire : Elisabeth Stuart (1596-1662) nommée aussi Elisabeth de Bohème et Frédéric V (1596-1632), prince-électeur et comte palatin du Rhin, puis Roi de Bohème (1619-1620), « Roi d'un hiver »...

En voici l'histoire qu'elle a retranscrite, et dont je recopie ici, quelques extraits:

Élisabeth d'Angleterre, v. 1642

L'histoire d’Elizabeth Stuart, est une histoire d'amour et de royaume perdu...

Fin XVe siècle : Les passionnés d'astronomie, voient dans la constellation de Cassiopeia, une supernova briller pendant seize mois ; la Grande Comète visible dans toute l'Europe ; ils prédisent la fin d'un monde, et le début d'une nouvelle ère..

Les jésuites prévoient de reprendre le contrôle de l'Allemagne, des Pays-Bas et de l'Angleterre, des protestants rêvent d'un monde sans pape...

Elizabeth Stuart est née lors d'une tempête inhabituelle au cours de l'été 1596. Sa mère, Anne du Danemark, était réputée pour sa frivolité , une belle femme blonde et vive qui aimait rire et danser. Elle aimait le théâtre n'a pas manqué de cause quelques scandales … Mécène en arts, elle sut agrandir la collection royale.

Il peut arriver que l’amour se glisse dans un mariage de raison et d’État, comme au cours de l’union de Elizabeth Stuart d'Angleterre avec Frédéric, prince du Palatinat, mieux connu dans l'histoire sous le nom du " Roi d'un Hiver", roi de Bohême.

Elizabeth Stuart et son frère aîné Henry, le prince de Galles ; étaient très proches. Des nombreux prétendants à la main de sa sœur ( on pensait à Louis XIII...); c'est Frédéric, prince du Palatin, qui a été le choix du prince Henry. Les deux jeunes hommes s’aimaient et se respectaient. Ensemble ils montaient à cheval, chassaient, jouaient à divers jeux sportifs, Elizabeth étant souvent une spectatrice intéressée de leurs rencontres amicales. Les dernières paroles du prince mourant ont concerné le mariage de sa sœur avec le Prince Frédéric...

Par ailleurs, les exigences politiques étaient pressantes, la guerre menaçait ; et la mort du prince Henry ne retarda le mariage que de quelques jours....

Le 13 février 1613, Frédéric V épouse Élisabeth d'Angleterre avec laquelle il aura treize enfants :

À la sœur blessée, pleurant la perte de son frère idolâtré, la tendresse de Prince Frédéric fut un baume ; sa mémoire était bien plus précieuse que la couronne de roses en diamant que son amant lui avait apportée du Palatinat. Pourtant, la couronne scintillante que l'on peut voir aujourd'hui à Munich est magnifique ; elle semble faite de glace projetée dans la lumière du soleil, elle semble l'ornement nécessaire à une jeune "reine d’un hiver".

Bien qu’elle ne soit pas allemande de naissance, Elizabeth s’est bien identifiée avec les intérêts de son mari et de son peuple. Elle est devenue l'ancêtre de dirigeants célèbres, parmi lesquels Frédéric le Grand, la reine Victoria et l’empereur Guillaume Ier...

Elisabeth possédait la grâce, la beauté et le charme – dit-on - des manières habituelles aux Stuarts.

Le titre qu'elle a gagné en Allemagne : "La reine de cœur" semble avoir été un hommage spontané et bien mérité.

La Guerre de Trente ans.

En 1617, l’empereur Matthias Ier du Saint-Empire est sans descendance. Afin de conserver le titre impérial aux Habsbourg, Matthias Ier souhaite que celui-ci revienne à son cousin germain Ferdinand de Styrie, pour cela il lui abandonne le titre de roi de Bohême en 1617, avec la perspective de le voir ainsi accéder à la dignité impériale à sa mort.

Ferdinand, catholique zélé qui a été éduqué chez les jésuites, veut voir revenir la Bohême dans le giron de l’Église catholique...

Frédéric prend la tête de l'Union protestante, créée par son père pour sauvegarder les intérêts protestants au sein du Saint-Empire romain germanique.

L'Union protestante souhaite vivement empêcher l'élection du catholique Ferdinand, roi de Bohême, comme empereur. Les États de Bohême, à majorité protestants déposent Ferdinand et proposent le titre à Frédéric V qui est le premier prince-électeur de l'Empire. D'abord réticent, celui-ci accepte finalement leur proposition.

Cet acte sera un des facteurs déclenchant de la guerre de Trente Ans. Il est couronné à Prague, le 4 novembre 1619, et Elisabeth trois jours plus tard. Peu de temps après, Ferdinand II prend l'offensive pour reconquérir la couronne de Bohême.

C'est ainsi que l'on va vivre l’histoire de ce bref et brillant règne hivernal de Frédéric et Elisabeth en Bohême...

Le roi et la reine sont trop peu conventionnels pour plaire à la noblesse de Bohême. Frederic et Elisabeth ne parlent pas le tchèque. Les nobles de Bohême sont d'une race différente. Ils n'aiment ni la comédie française ni le théâtre anglais.... Bien que la Bohême sous Rodolphe II ait été une ville d’art et de science, d’alchimistes et d’astrologues, le goût de la connaissance ésotérique et de la littérature en général a décliné sous des années de règne catholique. Les femmes ont moins de droits qu'ailleurs en Europe...

Image satirique à propos de Frédéric V, roi de Bohême, et du Palatinat

En 1620, les forces protestantes de Bohême sont défaites à la bataille de la Montagne-Blanche le 8 novembre 1620, soit un an et quatre jours après le couronnement de Frédéric. Il en héritera du sobriquet de « roi d'un hiver » (Winterkönig).

Chagrin, humiliation, pauvreté les attendait. Ferdinand II. est triomphalement élu Empereur... L'un des premiers actes du nouvel empereur est de confisquer la principauté du Palatinat, de Frédéric et le faire passer à un prince bavarois.

Elisabeth, reine veuve de Bohème

Mis au ban de l'Empire, démis de tous ses titres et dépouillé de ses possessions par décret impérial, il est contraint à l'exil, à Sedan, auprès de son oncle Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, entre 1620 et 1623.

Sa femme et lui, depuis leur exil de La Haye (Provinces-Unies), ne peuvent qu'assister, impuissants, à l'occupation du Palatinat par les troupes de Maximilien Ier de Bavière, chef de la branche catholique de la maison de Wittelsbach, qui a reçu ses terres ainsi que sa dignité électorale en remerciement des services rendus aux Habsbourg (1623).

Le Roi James 1er d'Angleterre offre à sa fille un asile, mais elle répond fièrement que sa place est aux côtés de son mari, qu'elle n'abandonnera jamais.

Frédéric V mis au ban de l'Empire, meurt en exil. Il est surnommé « der Winterkönig » (le roi d'un hiver).

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Voyage en Allemagne – Heidelberg, 1

Publié le par Perceval

Pendant ce voyage en Allemagne, Anne-Laure de Sallembier souhaitait absolument passer à Heidelberg; et pour plusieurs raisons...

L'une concerne l'attachement de son grand-père à Edgar Quinet, qui lui a donné l'occasion d'entendre souvent parler de cette ville...

Et surtout, les documents de travail laissés par Jean-Léonard de la Bermondie, et son grand-père Charles-Louis de Chateauneuf, étaient particulièrement pénétrés de la période romantique allemande...

* Charles-Louis de Chateauneuf a reçu comme un immense privilège l'attachement du professeur Edgar Quinet (1803-1875) à son égard... Beaucoup de choses les rapprochent : le goût pour le Moyen-âge, pour les philosophes allemands et pour Madame de Staël...

Edgar Quinet 1833

Je rappelle qu'en 1827, Edgar Quinet arrive à Heidelberg et y reste deux ans : ce sera un moment capital de sa vie. Il souhaitait se confronter à la lumineuse Allemagne ''staëlienne'' ( Germaine de Staël)... Il est suffisamment enthousiaste dans sa correspondance, que Michelet vient le rejoindre en août et septembre 1828.

La découverte d’Heidelberg – et la place centrale de son université - est pour Quinet la découverte d’un ''pays d’université''. Il arrive au moment où l’université de Heidelberg s’érige en mythe, en s’appuyant sur une ancienne tradition...

Au cours d'un spectacle, parmi les chanteuses, une jeune fille en bleu le frappe et le jeune homme, déjà amoureux de la ville et de la musique, va tomber amoureux d'une jeune allemande de Grünstadt, et quand il quittera le pays, il sera fiancé à Minna Moré qu’il épousera ensuite.

« Pas une vallée, pas un recoin de ces bois, pas un détour du Neckar, ne me plaît autant que ma douce Heidelberg.

« Jamais, quoi qu’il arrive, je ne penserai à ces montagnes, à cette ruine, à ce fleuve qu’avec regret et le désir de m’y retrouver encore »

A lire ICI à propos de E. Quinet: LA RENCONTRE AVEC E. QUINET

Le romantisme allemand contraste avec ''Les Lumières'' (l'Aufklärung) parce qu'elles ''dépoétisent'' l'univers ; mais il n'est pas ''irrationnel''...

Le premier cénacle romantique part de Iéna, avec Fichte, Schlegel, Schelling, Novalis … dont nous avons déjà beaucoup parlé ; parce qu'il avait beaucoup intéressé à la suite de Germaine de Staël, Jean-Léonard de la Bermondie, émigré alors, et de passage à Coppet, et séjournant en Suisse et en Allemagne...

Ensuite, une autre génération de romantiques sort de Heidelberg : Clemens Brentano (1778-1842), sa sœur Bettina (1785-1859) impulsive et excentrique, épouse le prussien Achim von Arnim (1781-1831), auteur de contes fantastiques ; et les frères Grimm Jakob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) qui voient dans les contes et les traditions populaires ''le génie'' du peuple... .

Joseph von Görres (1776-1848), qui, après avoir été révolutionnaire et républicain « cisrhénan », puis champion de la résistance à Napoléon ; était devenu professeur à Heidelberg, où il a, le premier, rassemblé et publié les récits de la mythologie germanique.

Heidelberger Liederhandschrift

 

L'autre raison qui incite Anne-Laure de Sallembier à s'arrêter à Heidelberg est son intérêt pour des enluminures ; qu'elle a souvent admirées dans un ouvrage auquel elle tient : un Fac-similé d'un extrait du Manessischen Handschrift, manuscrit Manesse (Insel-Bücherei 1900)

 

** Vous connaissez sans-doute – du moins quelques images de la série des illustrations qui le compose – le Codex Manesse. Le manuscrit compte 137 miniatures en pleine page, réalisées - à la demande de la famille Manesse - entre 1310 et 1340, avec des textes de chansons d'amour courtois composées en allemand médiéval par près de 140 Minnesänger ( troubadours)...


A lire ICI: à propos du Codex Manesse:

En cette fin du XIXe siècle, et suite à un vol massif de manuscrits extrêmement précieux par le Comte Guillaume Libri (1803 -1869), la Bnf va récupérer nombre d'entre eux, grâce entre autres...- à la restitution à Heidelberg, du Codex Manesse : il faisait partie en effet de la célèbre collection de livres du palatinat du Rhin à Heidelberg, la Bibliotheca Palatina (1607).

le Codex Manesse

Anne-Laure de Sallembier est une amatrice de ces manuscrits. Elle connaît Léopold Delisle (1826-1910) un ami de son mari, administrateur de la Bibliothèque nationale , qui va répertorier et tenter de récupérer beaucoup des trésors volés...

Donc, le Codex Manesse vient de retourner à la bibliothèque de l'université de Heidelberg... Et, Anne-Laure profite de ce voyage pour s'y rendre et tenter d'admirer l'original, avec une lettre d'introduction de Léopold Delisle...

A la fin du XVIe siècle, le Codex Manesse, est en possession de la cour palatine de Heidelberg.

En 1622, pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648), le manuscrit est sauvé lors de la prise de Heidelberg par les troupes de la Ligue catholique... Le prince Frédéric V du Palatinat, et sa femme Élisabeth Stuart emportent le document, avec les trésors familiaux les plus précieux, dans leur exil à La Haye. Plus tard, Élisabeth ayant des besoins d'argent de plus en plus importants après la mort de son mari en 1632, est contrainte de vendre le précieux codex ; qui rejoint, peu après, la bibliothèque personnelle de l'érudit français Jacques Dupuy qui, à sa mort en 1656, lègue sa collection au roi de France.

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Voyage en Allemagne – Freiburg

Publié le par Perceval

Voyage en Allemagne – Freiburg

Fribourg-en-Brisgau, est une ville universitaire allemande dynamique et ''écologique'', située dans la Forêt-Noire.. Sa vieille ville médiévale fut reconstruite, elle est sillonnée de ruisseaux pittoresques (les bächle).

 

Notre seul jour de pluie, nous a donné le prétexte de passer un bon moment dans un café... Le Kolben Kaffee conseillé étant plein... Nous nous sommes repliée sur Alstadt Café, qui nous permet de collationner salé et sucré tout en gourmandise … Beaucoup de monde, des serveuses exténuées, mais nous étions satisfaits de notre place...

Remontons au XIXe, beaucoup plus sérieux... Extraits:...

« Fribourg, capitale du Brisgau, n'a que sa cathédrale; mais après Cologne, c'est la plus belle de l'Allemagne. Sa façade pèche par le défaut de développement : on y regrette ce triple portique qui dans la plupart de nos églises fait une si belle entrée à la maison de Dieu. Son portail unique et rétréci est précédé d'un porche qu'étranglent de massifs contre-forts. Mais le porche, quand on y pénètre, présente une innombrable collection de statues. »

Aujourd'hui un porche protégé par un rideau de fins fils de fer ….

La flèche de Fribourg est peut-être ce que l'art gothique a créé de plus parfait en ce genre; pour la bien voir, il faut monter au Schlossberg. Le Schlossberg est une petite montagne qui domine la cathédrale et la ville. Un sentier agréable y conduit. Il monte en Lacet parmi des vignes (...)

Du Schlossberg, la vue s'étend sur la plaine du Brisgau et sur le cercle onduleux des montagnes noires. Au pied, est groupée la ville de Fribourg, dont on compterait sans peine les maisons et les rues. La cathédrale s'élève du sein de cette masse confuse, avec une forêt de piliers, de contre-forts, de pieds-butants, d'arcades, de clochetons et de tourelles : mais sa flèche attire le regard et l'enchante.

Freiburg_Breisgau_um_1900

Les étudiants de Fribourg me conduiraient assez naturellement à parler des universités allemandes. C'est un sujet curieux et instructif. Je me propose de le traiter en détail quand je décrirai l'Allemagne du Nord. C'est là sa vraie place. Les universités de Heidelberg et de Berlin sont les centres intellectuels de l'Allemagne. C'est là qu'il faut aller juger le système d'enseignement de ce pays.

Freiburg 1900

 

 

Je redescendis à Fribourg avec un groupe d'étudiants endimanchés qui s'en retournaient en chantant vers la ville; leur costume n'avait de particulier qu'une toque de velours brodé d'argent ou d'or, et un ruban de soie en sautoir, dont la couleur Varie selon la nationalité de l'étudiant : lés uns sont bleus, les autres rouges, les autres tricolores, ceux-ci semés de fleurs, ceux-là de croix blanches, selon que l'étudiant est de Suisse, ou de Souabe, ou du duché de Rade. Je comparais ces jeunes élégants, si pimpants dans leur frac noir, portant, comme des pages, leur joli bonnet sur l'oreille, aux écoliers de la même ville, tels que les dépeignait il y a longtemps le premier recteur de l'université de Fribourg :

« Ils sont malpropres, ne se mouchent pas, tachent les livres sur lesquels ils étudient, ont les mains pleines de pailles sales et marquent avec ces pailles les endroits qui leur plaisent. Ajoutez à cela ceux qui vendent leurs livres, ou les mettent en gage chez les Juifs, chez les hôteliers, chez les usuriers. »

*****

Freiburg 2019

Dans la vieille ville, au milieu d'une jolie place ; un monument attire l'attention... Il s'agit de la statue d'un moine, dont on nous dit que l'invention a conduit les peuples et les individus à la ruine, qui a coûté la vie à des millions de personnes... Il s'agit de Berthold Schwarz ( Berthold le Noir) , "l'inventeur de la poudre noire", la poudre à canon …

Amusant, nous dit-on de constater que la statue d'un moine, Berthold Schwarz a remplacé celle de Carl von Rotteck, ''libre penseur'' tombé en disgrâce …

Plus exactement, Berthold Schwarz a été chanoine de la cathédrale de Constance vers 1300 et enseignant à l'université de Paris au cours des années 1330. Il était considéré comme alchimiste …

Il aurait tenté, de transformer du mercure en or mais, sachant que le mercure contenait un basilic, il tenta de le neutraliser…et c’est ainsi qu’il parvint à découvrir la formule de la poudre noire.

La poudre noire peut servir à allumer un feu, en petite quantité... de créer une forte illumination si elle est répandue en une fine couche, ou de créer une explosion... Aussi, la recette de sa fabrication se veut secrète ...

Le monument fut érigé proche de son lieu de naissance en 1853. 

Il est semble t-il reconnu qu'en 1257, Roger Bacon, un moine franciscain anglais, a décrit la préparation de la poudre noire dans un ouvrage intitulé De Secretis Operibus Artis et Naturæ et de Nullitate magiæ.

Voyage en Allemagne – Freiburg
Voyage en Allemagne – Freiburg
Voyage en Allemagne – Freiburg

Karl Wenzeslaus Rodecker von Rotteck, né le 18 juillet 1775 à Freiburg où il est mort le 26 novembre 1840, est un activiste politique, historien, politicien et politologue allemand. Il était libéral, et peu favorable à l'Unité allemande si elle se faisait contre la liberté... Karl von Rotteck était un membre de la loge maçonnique de Fribourg-en-Brisgau. En 1817, il devint membre correspondant de l' Académie bavaroise des sciences . Et pourtant … Il était hostile à la participation politique des femmes ; et passablement antisémite .. !!

Une décennie, après avoir perdu sa statue; à l'automne de 1861, on fit ériger le monument sur l'ancienne Rotteckplatz, puis déplacé encore en 1937, devant le Gymnasium , qui portait son nom. 

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Voyage en Allemagne – L'Alchimie.

Publié le par Perceval

En 2016, en préparant mon voyage en Angleterre, '' sur les pas du Roi Arthur'', je rencontrai dans un jeu étrange de correspondances, les images du Tarot... Ces cartes, m'ont ensuite accompagné tout le long du chemin …

Cette année, je me demandai si ces mêmes cartes se présenteraient...

Peut-être n'ai-je pas été assez attentif... En reprenant à présent les notes de ce Chemin allemand... ; je remarquai une chose : la persistance d'autres images à propos... de l'Alchimie.

 

Dans le fatras de notes laissées par mes aïeux ; une carte d'Anne-Laure de Sallembier lors d'un séjour à Strasbourg, et quelques notes m'ont permis de trouver ce nouveau fil que je regrette de ne pas avoir plus utilisé....

Cette carte, c'est : la reproduction d'un laboratoire d'alchimiste au Musée alsacien de Strasbourg ( alors allemand...), ouvert en 1907. Peut-être Anne-Laure de Sallembier a t-elle visité ce laboratoire...?

 

Rien de plus sur l'alchimie... Sinon, des images découpées de statues appartenant à la cathédrale de Strasbourg : deux jeunes femmes du XIIIe siècle ; l'une, cambrée et assurée sous sa couronne. Elle porte un Graal et s’appuie sur une grande crosse en forme de croix ; l'autre humiliée , les yeux bandés, la tête inclinée de honte, elle a en mains un bâton brisé et tient dans sa main gauche un document..

Cathédrale de Strasbourg - L'Eglise et la Synagogue
Cathédrale de Strasbourg - L'Eglise et la Synagogue
Cathédrale de Strasbourg - L'Eglise et la Synagogue
Cathédrale de Strasbourg - L'Eglise et la Synagogue

Cathédrale de Strasbourg - L'Eglise et la Synagogue

Ces deux statues de la cathédrale de Strasbourg, ont retenu l'attention d'Anne-Laure, en particulier parce que le sculpteur de ces œuvres, est une femme... !

Sabina von Steinbach

La tradition les attribue à Sabine de Steinbach, la fille de maître Erwin...

Sabina serait l'auteur des statues personnifiant l'Eglise et la Synagogue, qui sont situées aux portes sud de la cathédrale. Ces deux statues sont réputées des chefs-d’œuvre de la statuaire gothique.

Au XIIIe siècle, c'est le siècle des cathédrales, des croisades et du Strasbourg de l'empire allemand... L'Eglise pourchasse l'hérésie, les alchimistes se cachent ...

 

Avant de partir sur le chemin que m'ouvrait l’Allemagne, sans préfigurer de ce que je trouverai ; plusieurs lectures et rencontres me pointaient l'anthroposophie avec Steiner ; au point d'envisager de passer par Le Goetheanum, à Dornach, en Suisse… Je n'avais pas le temps de tout faire ; ce ne sera pas pour cette fois … !

Pourquoi là ? Le Goetheanum est le siège de la Société anthroposophique universelle... Et, ce lieu conçut par Steiner correspondrait à la localisation de l’ermitage de Sigune au pied de l’emplacement du ''château du Graal'' ( selon les indications de Wolfram Eschenbach )… Rien de moins … ! J'en reparlerai forcément...

The triple goddess tarot - L'Alchimie

Cependant, pour ce qui est de l'Alchimie : L'anthroposophie, intrinsèquement écologique, évoque '' l'Éco-alchimie '' et en notre époque où le seuil d'irresponsabilité de nos gouvernants nous contraint à évoquer à présent des soucis d'ordre collapsologique - la collapsologie désigne l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder - … Ainsi, un livre de McKanan, paru aux Presses universitaires de Californie, explore les concepts d’alchimie et d’équilibre dans la science de l’esprit anthroposophique, à la fois comme source de résilience et de renouveau, ainsi que la différence du mouvement anthroposophique avec d’autres mouvements écologiques et courants politiques.

L’approche anthroposophique conçoit plutôt le changement social depuis l’intérieur, avec la possibilité de faire avancer l’évolution humaine grâce à une sphère culturelle-spirituelle libre au sein de la société, laboratoire décentralisé et libre cherchant à élaborer une vision toujours renouvelée de l’être humain.

 

Rudolf Steiner und Marie (Steiner)-von Sivers

Steiner (1861-1925), cherche à voir par l’esprit chacun dans son intégralité, au-delà de son apparence, dans ce qu’il est et peut devenir dans sa relation particulière avec le monde...

 

* Quatre idées :

- Il est possible d’entrevoir les relations qui lient toutes choses et tous êtres...

- L’attention aux pratiques aussi petites soient-elles qui peuvent constituer une force guérissante pour la société plus large... ( avec des petites communautés en interconnexion...)

- La conviction que les humains peuvent vivre en harmonie avec leurs écosystèmes si seulement nous épousons chacun à sa façon un chemin de développement spirituel...

- La sagesse de voir que l’évolution du monde est continuelle et inévitable, que notre rôle d’humain dans cette époque ne se résume pas à la préservation, ni de nous-mêmes ni de la terre, mais trouve son sens dans une implication pour une évolution de l’humanité allant au-delà du développement économique ou technologique.

Bien … Attention, je ne connais pas la Société Anthroposophique de Steiner; sinon les fameuses écoles Waldorf et ce qu'en dit Anne-Laure de Sallembier qui s'y est intéressée entre les deux guerres...

L'arbre de vie

 

Revenons à L'Alchimie, en quelques idées simples...

- Le désir de connaître le fonctionnement du ''Monde''... Sachant que la science ne peut donner qu'une partie de la réponse : mais une partie essentielle à connaître...

- Peux t-on agir sur la ''matière''.. ? Comment... Pourquoi... ? Aller où... ?

- L'Alchimie induit un processus de dévoilement... La réalité est voilée … Transmuter, c'est élever, dévoiler...

- L'alchimiste va du laboratoire à l'oratoire... Chemin aller-retour...

- La présence de l'invisible... ( Observer, c'est déjà modifier le phénomène !)

 

Soyons attentif, tout au long du voyage ...

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Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden

Publié le par Perceval

Pont de l'Europe - le Rhin - Strasbourg-

A l'occasion de mon propre voyage en Allemagne cette année 2019 ; je suis accompagné des commentaires de voyageurs plus anciens, de cette deuxième moitié du XIXe siècle... Il y a de cela, donc, près de 150 années … !

 

Les aïeux d'Anne-Laure de Sallembier, ont très souvent été attirés par l'Allemagne ( beaucoup par le Royaume Uni, aussi), précisément par la littérature et la philosophie allemandes. Anne-Laure, veuve un brin fortunée a profité de l'accueil et du confort germanique, ainsi que des nouvelles commodités pour voyager ; et visiter des lieux cités dans les documents que lui avaient laissé Charles-Louis de Chateauneuf, son grand-père, et Jean-Léonard de la Bermondie, le grand-père de son grand-père …

 

Ce qui anime Anne-Laure avant de partir, c'est le fameux ''Sturm und Drang'', la tempête et le transport passionné du mouvement pré-romantique... Se mettre dans les pas de Hector Berlioz, quand il écrit dans le pays de Goethe : « J'essayai donc, tout en roulant dans ma vielle chaise de poste allemande, de faire des vers destinés à ma musique (…) Je l'écrivais quand je pouvais et où je pouvais ; en voiture, en chemin de fer, sur les bateaux à vapeur ; et même dans les villes, malgré les s oins divers auxquels m'obligeaient les concerts que j'avais à y donner... »

 

Pour Anne-Laure, comme pour son grand-père Charles-Louis, il s'agit de mettre ses pas sur les chemins des romantiques ( les voyageurs de l'obscur), empruntés eux-même jadis par les Minnesänger, ménestrels et chevaliers errants comme Parsifal, Tristan ou Tannhäuser, par les Meistersinger, voyageurs de commerce des villes hanséatiques et maîtres chanteurs comme ceux de Nuremberg, tirés de l'histoire par les littérateurs d'Iéna, de Heidelberg et de Berlin, par le romantique comme Novalis, Heine ou par Richard Wagner.

Le virus est contagieux, les récits de voyage en Allemagne en témoignent ; quinze ouvrages de Guides paraissent pour la seule année 1842...

Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden
Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden
La Frontière :

Nous sommes là, avant 1870, avant que l'Alsace soit annexée par l'Allemagne...

Kehl, sur la rive allemande du Rhin en face de Strasbourg: pour s’y rendre ils traversent le pont du Rhin nouvellement construit en 1861.

« Le Rhin ne coule pas à Strasbourg : c'est dommage; il ferait un beau miroir à cette grande cité. Il en est éloigné d'environ quatre kilomètres. (…) C'est un fleuve large et sévère, roulant des eaux profondes dans des rives plates et de verdoyantes prairies. Ce n'est pas là que le poète ira cueillir la fleur enchantée des ballades, ni prêter l'oreille aux chansons de Lorely, la fée des eaux. »

 

« Cette rive, c'est l'Allemagne, l'Allemagne de Goethe, de Mozart, de Leibnitz et d'Albert Durer. C'est la terre de la musique, de la rêverie, de l'amour naïf, de l'idylle, des vertus et du bonheur domestiques. Cette terre a vu naître et le vieux Faust et la jeune Marguerite, et Louise et Dorothée, et tant d'êtres mélancoliques et charmants créés par la poésie.»

 

« Un magnifique pont de fer relie aujourd'hui les deux rives. Dieu sait ce qu'il en a coûté à la diplomatie pour poser ce trait d'union : jalousies commerciales, jalousies politiques, que d'obstacles s'élevèrent! On finit pourtant, par s'entendre. Nos ingénieurs reçurent la tâche là plus difficile ; c'est eux qui établirent dans ce vaste lit les piles qui supportent toute la masse. Le reste fut confié aux ingénieurs badois. Ils en ont fait un très-bel ouvrage. Chaque extrémité du pont est ornée d'un portique monumental en style gothique, chaque arche de clochetons et de tourelles. Cette porte de l'Allemagne est solennelle comme elle, et comme elle un peu pesante. L'aigle impériale regarde fièrement la rive française, dont elle semble garder l'approche. A l'autre bout, le griffon badois, d'un air moins belliqueux, fait avec bonhomie la même faction, et, comme dit Commines, « tous deux, se tournant le dos, ne risquent pas de se mordre. »

Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden
Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden
Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden
Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden

La guerre franco-allemande de 1870 va opposer, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France et une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade. Cette guerre est considérée par Otto von Bismarck, qui a tout fait pour qu'elle advienne, comme une conséquence de la défaite prussienne lors de la bataille d'Iéna de 1806 contre l'Empire français. Il dira d'ailleurs, après la proclamation de l'Empire allemand à Versailles en 1871 : « Sans Iéna, pas de Versailles » : par là, il parvinet à ses fins, unifier la nation allemande.

Voyage en Allemagne 1 - Baden-Baden

Selon le traité de Francfort ( 10 mai 1871) ; l’Alsace et une partie de la Lorraine sont cédées, et deviennent une terre d’Empire (Reichsland), propriété commune de tous les Etats allemands de l’Empire.

 

Entre 1871 et 1914, la chaîne des Vosges constitue pour les Alsaciens - dont le territoire est alors annexé à l’Allemagne - une limite à la fois distinctive, dans la mesure où elle permet aux populations de revendiquer une singularité culturelle, et intégrative, parce qu’elle est aussi ce qui lie l’Alsace à la France et préserve donc la région d’un point de vue symbolique face aux tentatives d’assimilation au Reich. 

Baden-Baden

« Vous arrivez, non par une route pavée et boueuse, mais par les chemins sablés d’un jardin anglais. A droite, des bosquets, des grottes taillées, des ermitages, et même une petite pièce d’eau, ornement sans prix, vu la rareté de ce liquide, qui se vend au verre dans tout le pays de Baden […] Une longue allée de peupliers d’Italie ferme, ainsi qu’un rideau de théâtre, cette décoration merveilleuse qui semble être la scène arrangée d’une pastorale d’opéra. »

« Je doute qu’on puisse trouver un pays plus charmant, il n’a que l’inconvénient de laisser douter si l’on n’est pas sur les planches de l’opéra, et si les montagnes et les maisons ne sont pas des décorations […] car, à vrai dire, et c’est là l’impression dont on est saisi tout d’abord, toute cette nature a l’air artificiel. Ces arbres sont découpés, ces maisons sont peintes, ces montagnes sont de vastes toiles tendues de châssis (…)

« La nuit est tombée: des groupes mystérieux errent sous les ombrages et parcourent furtivement les pentes de gazon des collines. Au milieu d’un vaste parterre entouré d’orangers, la maison de Conversation s’illumine, et ses blanches galeries se détachent sur le fond splendide de ses salons. À gauche est le café, à droite est le théâtre, au centre l’immense salle de bal dont le principal lustre est grand comme celui de notre opéra. […] L’orchestre exécute des valses et des symphonies allemandes, auxquelles la voix des croupiers ne craint pas de mêler quelques notes discordantes. […]

Cette retraite romanesque, cette chartreuse riante est, dit-on, l’hospice des cœurs souffrants. On y vient guérir des grandes amours […] 

La rivière de Baden coule au pied des murs, mais n’offre nulle part assez de profondeur pour devenir le tombeau d’un désespoir tragique: son éternelle voix se plaint dans les rochers rougeâtres, mais une fois dans la plaine unie, ce n’est plus qu’un ruisseau du Lignon, un paisible ruisseau de la carte du tendre, le long duquel s’en vont errer les moutons du village, bien peignés et enrubannés dans le goût de Watteau. Vous comprenez que les troupeaux font partie du matériel du pays et sont entretenus par le gouvernement comme les colombes de Saint-Marc à Venise. Toute cette prairie qui compose la moitié du paysage ressemble à la Petite-Suisse de Trianon. Comme en effet le pays entier de Bade est l’image de la Suisse en petit. La Suisse moins ses glaciers et ses lacs, moins ses froids, ses brouillards et ses rudes montées. Il faut aller voir la Suisse, mais il faut aller vivre à Baden […]

On revient à Baden en suivant le cours de la rivière, et quelle rivière ! Elle n’est guerre navigable que pour les canards; les oies y ont presque pied partout. Pourtant des ponts orgueilleux la traversent de tous côtés, des ponts de pierre, des ponts de bois et jusqu’à des ponts suspendus en fil de fer. Vous ne vous imaginez pas à quel point on tourmente ce pauvre filet d’eau limpide qui ne demanderait pas mieux que d’être un simple ruisseau. »

Gérard de Nerval - '' Lorely – Souvenirs d’Allemagne ''

 À l’été 1838, Gérard de Nerval entreprend un voyage en Allemagne. Fervent admirateur de littérature et de poésie allemande, Il a déjà traduit Klopstock, Goethe, Schiller, Burger et publié quelques années plus tôt une anthologie de la poésie allemande.

Baden-Baden

A l'hôtel :

« Nous sommes réveillés dès le point du jour; de tous côtés les portes s'ouvrent et se ferment avec fracas : l'un, affublé de sa robe de chambre, descend pour prendre son bain ; l'autre va, la canne à la main, parcourir les montagnes voisines ; celui-ci crie après les domestiques pour avoir ses habits ; celui-là à peine éveillé, sonne à coups redoublés pour qu'on lui apporte du thé ; les ordres donnés dans toutes les langues se croisent et se confondent. »

Baden — est la perle de la forêt Noire; nul autre lieu ne rime plus naturellement avec Eden.

Baden-Baden 2019
Baden-Baden 2019
Baden-Baden 2019
Baden-Baden 2019
Baden-Baden 2019

Baden-Baden 2019

Le site est charmant. On dirait que tout y fut combiné par une main savante dans l'art de plaire.

Les_Climats de la Comtesse Anna_de_[...]Noailles * Les Nuits de Baden

Figurez-vous une jolie ville, mi-partie sur la montagne , mi-partie dans le vallon ; des collines dont le cercle riant l'entoure; sur les pentes et sur les hauteurs, des forêts de sapins égayées par de sinueux sentiers et de lointaines perspectives; un ruisseau d'idylle où se mirent des maisons blanches comme des villas, riches comme des palais; aux environs, des ruines, des rochers, des châteaux, où conduisent de charmantes promenades; partout des chemins plantés d'arbres, des routes entretenues comme des allées; en un mot, une nature de vignette et d'album, pleine de gentillesse et de coquetterie, au sein de laquelle on se sent plus amolli qu'ému, plus disposé à jouir qu'à penser, dans d'excellentes dispositions pour passer quelques jours d'insouciance et de farniente.

Là vous n'aurez que d'agréables idées incapables d'agiter, le cœur et d'absorber l'esprit. Poète, vous ferez des sonnets ou des madrigaux; musicien, des romances; peintre, des aquarelles. Le pays tout:entier n'est qu'une grande aquarelle aux contours adoucis, aux couleurs demi-voilées , quelque chose d'indécis et de flottant, dont l'attrait est infini.

Baden - son nom l'indique - est un lieu de bains. Cent mille étrangers y viennent chaque année prendre les eaux.

« D'eau, je n'en ai point vu lorsque j'y suis allé, Mais qu'on n'en puisse voir je n'en mets rien en gage. Je crois même entre nous que l'eau du voisinage A, quand on l'examine, un petit goût salé. »

Un grand portique de marbre est élevé pour lés baigneurs; la maison de Conversation est voisine : c'est le nom allemand du casino. Un parc princier l'entoure. Tout le jour un excellent orchestre fait entendre sous les fenêtres une délicieuse musique. Mais il s'agit bien de musique ! ..

Entendez-vous d'ici le cliquetis des pièces d'or et la voix nasillarde des croupiers? Il n'y a pas pour les joueurs d'harmonie comparable, et Bade est le rendez-vous des joueurs. Ici la roulette est souveraine; elle tient toute la journée sa cour. Les courtisans sont nombreux. Il y en a de toutes les nations, de tous les âges, de toutes les humeurs. L'Europe et l'Amérique sont représentées autour de ces grands tapis verts jonchés d'or. L'observateur peut surprendre comme en un miroir le caractère de chaque peuple. L'esprit national perce jusque dans nos vices. L'Anglais joue avec une prudence habile et un coeur maître de soi. Dépouillé, il se retire les dents serrées, et déguise son dépit sous une morgue hautaine. Le Russe témoigne au jeu l'emportement sauvage qui paraît dans toutes ses passions. L'Allemand n'y perd rien de son flegme : il semble croire, avec le proverbe, que la fortune vient en dormant. L'Italien, l'Espagnol, tous les Méridionaux ont de bruyants transports de joie ou de désespoir. Le Français joue avec une étourderie babillarde et une aisance impertinente. Sur cent joueurs de pays différents, s'il en est un qui dans la perte ou le gain garde le même sourire, déploie la même verve, et se venge du destin par un bon mot, dites hardiment : C'est un Français. La comédie du Joueur n'était possible qu'en France. Partout ailleurs le jeu tourne au drame. »

source  : ''Le Danube allemand et l'Allemagne du Sud...'' - par Hippolyte Durand (1833-1917). ...

1821-1853_Maison-de-Conversation - Casino Baden-Baden

Réalisation néoclassique (1821 à 1824) due à Friedrich Weinbrenner, elle était la « maison de conversation », le lieu de rendez-vous de la haute société qui organisait là bals et concerts. Le casino occupe l'aile droite. Les quatre salles de jeu furent aménagées dans l'esprit des salles d'apparat des châteaux français.

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L'Histoire de Lanzelet -3-

Publié le par Perceval

L'épreuve du manteau de fidélité...

Alors, arrive à la cour d'Arthur une messagère porteuse d'un ''manteau magique'', qui ne sied qu'à une personne tout à fait fidèle : toutes les dames, la reine en tête, l'essaient, mais à leur honte ; Iblis seule sort victorieuse de l'épreuve. C'était la Reine des fées marines qui a envoyé ce manteau pour mettre en lumière la vertu de la femme de Lanzelet. Sa messagère révèle aux chevaliers de la Table Ronde le sort de leur compagnon et les engage à aller le délivrer. Quatre d'entre eux - Walwein, Karjet, Erec et Tristant - se mettent en route et arrivent bientôt devant Pluris : Lanzelet, qui les voit des créneaux, les reconnaît pour des chevaliers d'Arthur, obtient de la reine la permission d'aller à leur rencontre, soi-disant pour les combattre, et, une fois sorti, se joint à eux pour ne plus revenir auprès d'elle.

 

Dans une autre histoire, Marie-Laure se souvient de ce même passage dans une autre histoire, dans laquelle la reine Guenièvre, joue la femme bafouée par ce défi et refuse de se conformer à cette demande ; sauf si le roi lui-même montrait l'exemple en s'en revêtant … Ce qu'il préfère ne pas faire … ! Et, on en reste là … !

 

Dans un autre conte ( le ''conte du mantel'' est populaire ; des lais anciens en parlent .....), c'est l'amie du chevalier Carados (ou Caradoc) qui se tire avec honneur de cette épreuve...

Revenons à cette histoire avec Lanzelet... Qui, je le rappelle a été transcrite en moyen allemand par Ulrich von Zatzikhoven vers l'an 1200...

A son retour à la cour du roi Arthur, Lanzelet apprend que la reine Ginovere a été enlevée, pendant une chasse par Valerin qui l'a emmenée dans son château, entouré par une ceinture impénétrable de monstres, de serpents, etc

Pour tenter de délivrer la reine, la cour du roi Arthur fait appel aux services du magicien Malduc qui exige qu'en contrepartie lui soient livrés Erec et Walwein ( ils auraient tué son père et son frère...), ce que le roi accepte à contre-cœur.

Le château de Valerin est pris, Valerin est tué et la reine – endormie d'un sommeil magique – est délivrée.

Erec et Walwein sont torturés par Malduc. Lanzelet lance une expédition pour les délivrer, avec l'aide du jeune géant Esealt. Malduc est tué, mais sa fille est laissée sauve car elle a empêché que les chevaliers soient tués par le magicien.

Il s'ensuit une fête à la cour d'Arthur.

Iblis raconte un jour à Lancelet l'étrange aventure de Roidurant, qui, dans une forêt, a rencontré un terrible serpent qui l'a supplié de lui donner un baiser. Roidurant s'y est refusé... Plusieurs des chevaliers d'Arthur sont allés ensuite trouver le serpent; mais tous se sont enfuis à sa vue.

Lanzelet se rend dans la forêt, et, quand le monstre apparaît, il n'hésite pas, sur sa prière, à le baiser sur la bouche. Le serpent devient alors une femme d'une merveilleuse beauté : c'était Elidia, fille du roi de l'île de Thilé (= Thulé) ; elle avait été condamnée, pour avoir manqué aux lois du fin amour, à être serpent jusqu'à ce que le meilleur chevalier du monde lui donnât un baiser.

Elidia est admise à la cour d'Arthur, où l'expérience qu'elle a acquise à ses dépens lui fait donner les fonctions de juge en dernier ressort dans toutes les questions d'amour et de courtoisie.

Lanzelet est devenu le chevalier le plus courtois de la cour.

Lanzelet retourne enfin dans le royaume de Genewis, celui de son père et dont il pourrait être le souverain... Il le trouve paisiblement gouverné par son parent Aspiol; il y retrouve sa mère, qui n'espérait plus revoir...

Ensuite, laissant ce royaume à Aspiol, il choisit le royaume de sa femme, celui d'Iweret, pour y devenir seigneur; et avec Iblis, ils vont se faire couronner à Dodone ; on donne à cette occasion des fêtes splendides, auxquelles Arthur prend part.

Lanzelet et Iblis règnent en paix ; ils ont une fille et trois fils, et l'histoire dit que, parvenus à une vieillesse aussi avancée qu'heureuse, ils moururent tous deux le même jour.

 

Quel rapport entre Lanzelet et Lancelot...?

La prochaine fois ...? A suivre, donc ...

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