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Voyageur immobile

Publié le par Perceval

Il n’est pas nécessaire de partir, pour voyager… C’est essentiel.

Il suffit de tourner les pages des quelques sensations enfouies après d’anciennes lectures ou d’aventures enfantines…

A moins que ce ne soient que des souvenirs de vies ou de rêves passés… Aujourd’hui, la moindre image, même pensée, crée la rêverie … Cela me suffit.

 

 

Il ne se considérait pas comme un touriste, mais comme un voyageur… Paul Bowles

 

hopper-nighthawks 


Nous débarquâmes avec une quantité de bagages telle qu’il fallut une petite armée de porteurs pour s’en charger. (Mémoires d’un nomade – Paul Bowles)

Bagages 1


 

 

Alors que le touriste se hâte, en général, (…) le voyageur, toujours étranger à ses lieux de séjour successifs, se déplace lentement, sur des périodes de plusieurs années, d’une contrée de la terre à une autre. (Un thé au Sahara – Paul  Bowles)

 


Je sais qu’il ne sert plus à rien de partir.

 

"Il y a une certaine saveur de liberté, de simplicité, … une certaine fascination de l'horizon sans limites, du trajet sans détour, des nuits sans toit, de la vie sans superflu." Théodore Monod, Méharées

 


Bagages paquebot

"La halte méridienne est torride ? L’ombre de cette épine est maigrelette ? Ce sable brûlant ? Ces cailloutis croulants et coupants ? Cette eau nauséabonde ? Ce vent diabolique ? Cette nuit glacée ? Ne te plains pas. Il n’y a personne pour t’entendre et s’apitoyer sur tes petites misères. Supporte. Patiente. Serre les dents. La revanche, tôt ou tard, viendra. D’ailleurs, je te connais bien. Quand elle sera venue, cette vengeance tant espérée, quand tu te coucheras, rassasié de mets délicats qui n’auront pas craqué sous la dent, désaltéré d’une eau incolore, sans poils de bouc, dans un lit de sybarite, sous un toit, au chaud, alors, au lieu de savourer durablement ta félicité, très vite, dès que la grosse fatigue de tes marches solitaires sera oubliée, alors tu te prendras à regretter tes rudes étapes, tes pieds écorchés, tes lèvres éclatées, tes sommeils, recroquevillé sous les étoiles. Et a la premiere occasion, comme moi, tu repartiras..." Théodore Monod

 

 

Hôtel Tanger 1948

 

 

Les rêveurs de grands chemins ne se nourrissent de rien,le goût du voyage sinon de miettes hasardeuses, tombées du ciel, d'un livre, de semis de lumière, oubliés dans l'épaisseur de l'encre: de quoi réjouir les cigales et charmer le silence.
[Le colporteur de Christian Bobin]

 

 

 

Dans Le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa met dans la bouche de son aide-comptable Soares:

 “Seule une extrême faiblesse de l’imagination justifie le voyage. Pour voyager, il suffit d’exister.”

 

rêveur… j’étais content d’avoir son avis, de ne pas aller en Bretagne, parce que c’était malsain pour un esprit déjà porté au rêve.
Proust, A L’Ombre Des Jeunes Filles en Fleur, Volume 3

 

Fragments d'un voyage immobile Fernando PESSOA Lisbonne, 1888-1935.


Je ne dors pas. J'entresuis.


Je n'évolue pas : JE VOYAGE.


Il est nécessaire de naviguer, vivre n'est pas nécessaire...


Vivre n'est pas nécessaire : ce qui est nécessaire, c'est créer.

 

 

Edward-Hopper-Soir-Bleu gf

 “ La réalité n’a pas besoin de moi.”

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