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Voir la Beauté

Publié le par Perceval

« Regarder une chose et la voir sont deux actes très différents. On ne voit quelque chose que si l'on en voit la beauté. Alors, et alors seulement, elle vient à l'existence. VanGoghCielEtoile1À présent, les gens voient des brouillards, non parce qu'il y en a, mais parce que des poètes et des peintres leur ont enseigné la mystérieuse beauté de ces effets. Des brouillards ont pu exister pendant des siècles à Londres. J'ose même dire qu'il y en eut. Mais personne ne les a vus et, ainsi, nous ne savons rien d'eux. Ils n'existèrent qu'au jour où l'art les inventa. » Oscar Wilde, Le Déclin du mensonge (1928)

 

Il me semble, que l’on pourrait – par analogie et, pour ceux qui ne comprennent pas l’engagement dans une démarche spirituelle - remplacer Beauté par Divin, remplacer poètes par apôtres, saints, ou maîtres spirituels… Quant au terme invention, je le prends dans le sens de la recherche scientifique : une étoile est inventée par celui qui la découvre …

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Perceval 27/07/2011 15:42


Merci de votre commentaire... que je dois relire ... D'ici, dans une bibliothèque, sur le lieu de vacances ... Je ne peux l'apprécier en entier ...
Pour ce texte de Wilde, je reconnais l'avoir utilisé comme une analogie... Pour non pas les sceptiques, mais les anti... qui ne comprennent pas que l'on puisse s'écarter ( par la "grâce" ) de la
"pesanteur"...


oriongps 26/07/2011 15:42


Je ne suis pas trop penché pour la christianisation de textes séculiers. D'autant plus que Wilde avait une désaffection pour la religion officielle dont il avait suivi l'opposition ne seulement pas
à cause de sa position d'un art pour l'art mais aussi de par sa condition de homosexuel. Par ailleurs, il y a quelque chose qui se perd toujours dans la traduction, l'original c'est mieux:

"To look at a thing is very different from seeing a thing. One does not see anything until one sees its beauty. Then, and then only, does it come into existence."

C'est donc le texte original dans son contexte historique et culturel qu'attire mon attention. Malgré un pragmatisme britannique (inculqué à ses citoyens à travers l'éducation) qu'impose une
attitude conformiste sur la réalité socio-politico-économique (la noblesse et le peuple) et la vérité absolue (l'anglicanisme) ... Wilde démontre que tout consensus est une élaboration humaine
soumise par conséquence à l'analyse critique. J'aime bien un documentaire qui explique très bien l'apprentissage dont nous sommes soumis lorsqu'on regarde quelque chose : "La Vue" (France5,
http://www.dailymotion.com/video/xia0oz_mon-corps-ce-heros-la-vue-03-03_tech )

C'est pour quoi l'accueil positif de la part des artistes des USA, pays fondé sur le principe de la liberté : imaginer qu'il est possible de vivre un rêve et pouvoir d'en faire sa source des
revenus. Un bon exemple est donné par l'artiste canadien Pierre Guimond dans le filme "Les états imaginés d'Amérique" (Tv Arte, rédifussion le vendredi, 29 juillet 2011 à 10:00).

Cependant, ce qui étonne est l'insistance de Wilde à rester en Angleterre. Son attachement charnier à la terre qui l'avait vue naitre. Comme quoi on peut tenter de se libérer des moules des
institutions terrestres mais il n'est pas si évident de pouvoir détacher le nombril de la terre maternel.

Peut-être qu'un Cioran aurait plu à Wilde :

Le sceptique peut admettre que la vérité existe, mais il laisse l'illusion aux innocents, l'illusion de croire qu'un jour elle pourra être possédé. En ce qui me concerne, pense-t-il, je m'en tiens
aux apparences, je les constate et je me rejoins à elles dans la mesure où, comme tout être vivant, je ne peux pas faire autrement. J'agis comme les autres, j'exécute leurs mêmes actions, mais je
ne me confonds ni avec mes paroles ni avec mes actes. Je me soumets aux coutumes et aux lois, je fais comme si je partagé les croyances, c'est à dire, les manies de mes concitoyens, tout en sachant
que, finalement, je suis si peu réel comme eux.
Qui est donc, le sceptique? Un fantôme ... conformiste. (dans Écartèlement)