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Simone Weil, sur le Parvis... -1-

Publié le par Perceval

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            Simone Weil à Londres en 1942

A l'heure d'une nouvelle évangélisation, Simone Weil illustre parfaitement et intelligemment, les difficultés à passer la porte de l'Eglise catholique ( en particulier )...

 

Le rejet de l'institution chez Simone Weil exprime une volonté d’accéder à l’universel en se dépouillant du « nous » institutionnel, à travers un parti pris pour l’exil, pour l’étrangeté.

La porte que S.W. veut franchir est celle qui permet l'entrée dans le transcendant, la spiritualité authentique et non l’autre, celle qu’elle pourrait traverser si elle le voulait, parce qu’elle est grande ouverte et qu’on l’y invite (je parle ici de celle de l’Église). La porte de l’Église comme institution, c’est justement celle qu’elle refusera de franchir jusqu’à la fin …

«  Il existe un milieu catholique prêt à accueillir chaleureusement quiconque y entre. Or je ne veux pas être adoptée dans un milieu, habiter dans un milieu où on dit « nous » et être une partie de ce « nous », me trouver chez moi dans un milieu humain quel qu’il soit. En disant que je ne veux pas je m’exprime mal, car je le voudrais bien ; tout cela est délicieux. »

 « Ce qui me fait peur, c’est l’Église en tant que chose sociale. Non pas seulement à cause de ses souillures, mais du fait même qu’elle est entre autres caractères une chose sociale. Non pas que je sois d’un tempérament très individualiste. J’ai peur pour la raison contraire. J’ai en moi un fort penchant grégaire. Je suis par disposition naturelle extrêmement influençable, influençable à l’excès, et surtout aux choses collectives. »

 « J’ai peur de ce patriotisme de l’Église qui existe dans les milieux catholiques. J’entends patriotisme au sens du sentiment qu’on accorde à une patrie terrestre.une-foule-impressionnante-est-venue-celebrer-la-messe-de_43.jpg J’en ai peur parce que j’ai peur de le contracter par contagion »

 

Je partage, avec Simone Weil, tout à fait le sentiment de malaise devant le « collectif »... Simone Weil interprète le « Partout où deux ou trois d'entre vous seront réunis en mon nom, je serai au milieu d'eux » de l’Évangile : cela ne désigne pas le passage au collectif, mais l'existence d'une relation qui n'est possible justement qu'en comité restreint, et que le collectif vient détruire. «  Le Christ n'a pas dit deux cent, ou cinquante. Il a dit deux ou trois. Il a dit exactement qu'il est toujours en tiers dans l'intimité d'une amitié chrétienne, l'intimité du tête à tête » S.W.


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christophe nicolas 14/11/2012 20:21

Je ne pense pas que l'évangélisation soit un problème dès lors qu'elle est respectueuse et qu'elle est elle même à l'écoute car il y a beaucoup de forme de spiritualité. Les indiens Hopis sont sans
doute plus Chrétiens que bien des Chrétiens. La "Pesanteur et la grace" est un livre remarquable qui montre que S. Weil une foi d'une hauteur vraiment peu courante associée à un savoir
philosophique et à une sensibilité hors du commun. Le collectif des chrétiens est une belle chose mais dans le cas de S. Weil, visiblement, il l'agressait car il y avait trop de distance. C'est
assez rare, mais les gens qui ont une foi de cette qualité sont obligés de se protéger des collectifs qui impose une sorte d'environnement mental oppressant. En fait, il est plus simple de vivre
dans des milieux ou il n'y a pas de pensée collective. C'et dommage de ne pas profiter de cette force qui est malheureusement exploitée souvent négativement, comme par exemple par les nazis. Pour
être positive , il faudrait le choix volontaire et une convergence. Il faudrait un socle de vérité commum véritablement Saint, il faudrait unifier la spiritualité et connaissance. La récompense, la
force du collectif et la préservation de la liberté, c'est le Graal...

Perceval 15/11/2012 09:42



C'est vrai, le "collectif" semble bien oppressant 


Je note cette "définition" du Graal: la force du collectif, la préservation de la liberté et la récompense ... Merci.