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Le Fin'Amor... et l'Amour...

Publié le par Perceval

guillaume 9En découvrant, par le hasard des lectures, l’art des troubadours

Je lis que "dans une bulle de 1245, le pape innocent IV  qualifie, la langue provençale, de langue hérétique et en interdit l'usage aux étudiants" (Fauriel, T. I, p. 54)...! Rien de moins ...!

 

Je parviens à saisir toute la radicalité et la nouveauté de la «  fin’Amor » occitane… Je retrouve dans cette exaltation du ‘désir’, un objet similaire à celui de la Quête du Graal…

Cet « idéal amoureux » est devenu un art des passions secrètes et maitrisées…

 

Selon Jean Verdon ( historien, professeur à l’université de Limoges ) : on distinguait, durant cette longue période ( du Moyen-âge ) de mille ans, l’amor (passion violente, charnelle et dangereuse pour l’Eglise) et la caritas (amour chrétien, fraternel). Au cours du Haut Moyen Âge, les textes n’utilisent pas le mot amor dans un sens positif. L’affection est exprimée par d’autres mots….Chavalerie européenne Liricamedifranc

Pour Jean Verdon, La «  fin’amor » serait un rapport sublimé entre deux êtres (ou dit autrement un « amour spirituel ») qui recherche le désir sans jamais l’assouvir… Elle ne s’accomplit pas dans le mariage, elle est l'expression d'un désir d'absolu indépendant des codes établis…


Les troubadours trouveront sans doute, dans l’hérésie cathare, matière à leur inspiration… Si le monde matériel est mauvais, le manichéisme méprise le corps et professe la chasteté tandis qu’il idéalise l’âme… La dame, à la beauté absolue, manifeste le divin …

 

L’Eglise condamne l’expression de cet amour courtois à plusieurs reprises . Effectivement, non seulement elle promeut le mariage, mais de plus ne le justifie qu’en vue de la procréation … Césaire évêque d’Arles (470-543) dit que le mariage n’est voué qu’à la procréation et surtout pas à l’amour de la femme.

 

vierge 10Cette pensée courtoise imprègnera le siècle ; le symbole christianisé de la coupe du Graal - qui a recueilli le sang du Christ - prend une valeur féminine et devient l'objet d'une quête fervente. Bernard relit le Cantique des cantiques et oppose à la fin'amor la mystique de l'Amour divin ( 1129 ).

 

J’aimerais connaître ce que dans les temps anciens et plus encore, l’humain entendait par le mot «  amour »… Est-ce lié à la représentation que nous avions du féminin.. ? J’entends dire que l’amour serait né au XIIème siècle avec les troubadours, mais qu’en était-il à l’époque de l’écriture du «  Cantique des cantiques » .. ?

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