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Le commandement d’aimer

Publié le par Perceval

 « Jésus va droit à l’essentiel. Il s’agit d’aimer. Aimer Dieu de tout son cœur, c’est-à-dire de toute sa volonté. Dans la Bible, le cœur ne désigne pas l’affectivité, le sentiment, mais le centre de la personne, de ses décisions, de ses projets. La foi n’est pas un battement de cœur sentimental. Aimer, c’est un choix. De tout ton cœur et de toute ton âme. En hébreu, c’est la vie. Et de tout ton esprit, c’est-à-dire de tout ton pouvoir, de tous tes dons, de toutes tes capacités. L’amour n’est pas irrationnel, vague, aléatoire. Il ne « rend pas aveugle » mais clairvoyant, intelligent, décidé. Aimer Dieu donne sens et clarté. Pour aimer vraiment, il ne faut pas être une brute, il faut être intelligent. » Van Aerde Michel , dominicain.


L’Amour est de l’ordre de la raison :

L’Amour est une réponse à la question du sens de la vie, elle est la logique de certains choix et peut motiver un engagement.


L’Amour est de l’ordre de la volonté :

Bien sûr, quelques hormones motivent mes préférences… Mais la ‘ Voie du Christ ‘ m’enseigne de tourner mes yeux vers l’Autre, l’Inconnu, l’étranger, le Prochain, le Frère qui se révèle comme tel non par ce qu’on sait de lui, mais parce qu’il est le visage de Dieu…

C’est ainsi que s’exprime le « commandement d’aimer » qui parcourt la Bible…

 

Amour qui s’éprouve comme une assignation à aimer comme si, nous entendions une voix nous dire :

 

« N’es-tu pas le gardien de ton frère ? »   

 

C’est d’ailleurs l’idée forte de St Paul, qui remet la Loi à sa place :

 

« Celui qui en effet aime l’autre   la loi il a accompli »  (Rm 13, 8)

« accomplissement donc de la loi    c’est cela l’amour » ( Rm 13,9)

 

Et moi, qui n’aime pas ou qui aime mal … ?

Je ne crains pas, cependant, de tenter le chemin chrétien… Est incrusté en moi, la fausse idée que l'impie, le pécheur, l'injuste contrevenant à la loi de Dieu, ne mérite pas de s’appeler disciple.

Or Jésus objecte et dit : " Je ne suis pas venu appeler le juste, mais les pécheurs. " Bref, Jésus bouleverse la clarté des repères courants… , en effet, la position du ‘Dieu de Jésus’ à l'égard des hommes, n'est plus régie par la justice distributive, celle qui punit et récompense, mais par l'agapè, l'amour…


Le commandement d’aimer

"Est-il possible de « commander d’aimer » ? L’amour dont Jésus nous parle n’est pas de l’ordre du sentiment, de ces mouvements émotionnels qui nous commandent plus que nous ne les commandons, nous portant vers les uns, nous détournant des autres, au gré de nos humeurs, de nos histoires, de nos affections. Il existe véritablement un vouloir aimer, qui engage de la façon la plus noble nos existences. Nos vies s’appuient sur une colonne vertébrale, sur la seule dimension dont nous avons un authentique contrôle : notre volonté.

Cette volonté est le lieu même de notre liberté, de notre responsabilité et partant de notre dignité. Elle est le creuset de nos engagements et de nos réalisations, humaines et spirituelles.

Il existe un vouloir aimer qui passe par un décentrement de tout notre être, nous donnant de trouver notre joie dans la joie de l’autre. Lorsque le commandement de Dieu et mon vouloir propre ne font plus qu’un, lorsque ma volonté et celle du Seigneur sont conjointes, alors je suis pleinement libre, sans entraves pour me porter par moi-même vers ce pour quoi je suis fait : aimer, et être aimé, pour toujours." Antoine de Romanet (curé de Saint Louis de France, la paroisse catholique francophone à Washington)

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