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La vocation féminine..? Jacqueline KELEN

Publié le par Perceval

 

Jacqueline Kelen, écrivain



L'Eglise doit se réveiller, cesser de restreindre la vocation féminine à la maternité où à la virginité consacrée. Le personnage de Marie est emblématique : au XIXème siècle, on a fini par en faire une figure mièvre et désincarnée, oubliant la force révolutionnaire de son « oui ». Au XIIème siècle, on la révérait comme Notre Dame, comme figure d'épouse, ensuite on la restreinte à la Vierge Marie où à la Mère protectrice.A l'opposé, Marie de Magdala fut avilie et dévalorisée, réduite à une prostituée pardonnée par Jésus. Entre ces deux figures féminines, il y a une troisième voie, la « femme revêtue de soleil », dont parle l'Apocalypse. Traditionnellement, les catholiques l'identifient à la mère du Christ, moi j'y vois la transcendance du féminin à laquelle toute femme est appelée. On parle de la beauté du diable, jamais de la beauté de Dieu. Or, chaque femme a pour mission de manifester la splendeur de Dieu et son amour infini. Ce qui est extrêmement exigeant. Les femmes d'aujourd'hui ont donc à se verticaliser et à se hisser jusqu'à leur mission prophétique. Elles ont à réfléchir, étudier, méditer, oser aussi. Mais je me demande s'il y en a beaucoup qui aspirent à devenir des saintes, à assumer leur autorité spirituelle : il est plus confortable et moins périlleux de rester silencieuses dans l'ombre.

La vie n°3206
Propos de Jacqueline Kelen

Visiter le site:
www.lavie.presse.fr

 

Jacqueline Kelen, écrivain, consacre ses livres et ses séminaires au déchiffrement des mythes de l'Occident et à l'étude de la vie intérieure.

Pourquoi, dans la religion catholique, les femmes sont-elles toujours silencieuses, effacées et dévouées ? Pourquoi ne sont-elles pas autorisées à prêcher dans les églises, comme le fit au douzième siècle Hildegarde de Bingen ? Pourquoi leur parole inspirée, leurs élans mystiques passent-ils pour suspects, alors qu'au cours de l'histoire chrétienne de grandes figures telles que saintes Geneviève, Brigitte de Suède et Catherine de Sienne furent consultées et louangées par les papes de leur temps ? Pourquoi, deux mille ans après le geste bouleversant du Christ qui, à la Résurrection, choisit de se montrer en premier à Marie-Madeleine, pourquoi l'Eglise de Pierre refuse-t-elle l'autorité spirituelle et la parole prophétique de la femme et ne conçoit-elle le sacré qu'au masculin, à l'exception de la Vierge Marie ? La mission féminine se réduit-elle aux soins maternels, à la compassion pour les faibles et les malheureux ? A-t-on délibérément oublié la Sagesse propre à la femme accomplie, qui n'a pas besoin de l'ordination pour éclairer le monde ? Tendrement polémique, cette Lettre propose une magnifique méditation sur le Féminin Transcendant qui se manifeste à travers la Bien-Aimée du Cantique, la figure médiévale de la Dame, ou encore Marie de Magdala et la femme " revêtue de soleil " de l'Apocalypse. Mais elle peut se lire aussi comme un petit traité des ânesses, des mules et autres bêtes rétives.

 

Source: paraboles.net

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