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Jésus, la Bible et ... Le Mythe.

Publié le par Perceval

A mon avis, de même que les archétypes, sont en chacun, humainement universelsMythes-des-origines-les-creations.JPG et s’expriment au travers des mythes et des contes ( et pas seulement )… De même, l’humain est archaiquement religieux, croyant …etc .

La conversion à laquelle Jésus appelle est de passer du religieux, de la croyance ...à, La Foi.


La Bible, est en elle-même une bibliothèque de livres au genre littéraire différent ; elle est également une reprise ( inculturation ) de mythes fondateurs et l’occasion d’un dévoilement divin de notre véritable nature : la Bible intègre et dépasse le Mythe …

 

Simone Weil : « Avant d’être une théorie de Dieu, une théologie, les Evangiles sont une théorie de l’homme, une anthropologie »

 

Je reviens à René Girardrene-girard.jpgLe «phénomène victimaire», est le résultat de cette religiosité archaïque. «  l'acte fondamental de la société primitive, à l'origine de la nôtre, c'est de désigner une victime, un bouc émissaire, et de cultiver l'illusion de sa culpabilité afin de permettre d'évacuer toutes sortes de tensions collectives. » R.G. « Cette illusion est ensuite fondatrice de rites, lesquels la perpétuent dans le temps et entretiennent des formes culturelles qui aboutissent à des institutions. »

Bien sûr, des anthropologues - et même un théologien comme Rudolf Bultmann - ont insisté sur la ressemblance entre les Evangiles et d'autres récits, et ce caractère démontrerait que la mort et la résurrection de Jésus ne sont que des mythes parmi d'autres. Et « mythe » renverrait bien sûr ici, à « sornette », égarement …etc  Et, si cela est entendu, c’est que le seul type de savoir que notre monde respecte encore est, la science.

 

« Tout cela est-il vraiment certain? Eh bien! je pense que non seulement cela n'est pas certain, mais qu'il est certain que cela ne l'est pas. L'assimilation des textes bibliques et chrétiens à des mythes est une erreur facile à réfuter. 

Dans les mythes, les victimes sont toujours coupables, car le récit est toujours écrit du point de vue de la tromperie, de l'illusion créée par le phénomène victimaire. 

Le christianisme contredit d'emblée les mythes. » René Girard.

 

-          Pierre représente le modèle de l'individu qui, dès lors qu'il est plongé dans une foule hostile à la victime, devient hostile lui-même... comme tout le monde. Et puis, tout change, la logique archaïque est inversée et les disciples finissent par se retrouver non pas contre la victime, mais en sa faveur. A l'opposé de ce que dit Nietzsche - Pierre-reniement-detail.jpg«Le christianisme, c'est la foule» - la foi chrétienne exalte l'individu qui résiste à la contagion victimaire.

 

-          Jésus arrête net la lapidation de la femme adultère en disant: «Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre.» Mais, selon moi, la leçon principale est ailleurs: l'entraînement mimétique, voilà ce que Jésus veut combattre.

 

-          Les Évangiles se présentent apparemment comme n’importe quel récit mythique, avec une victime-dieu lynchée par une foule unanime, événement remémoré ensuite par les sectateurs de ce culte par le sacrifice rituel – symbolique celui-là – eucharistique. Le parallèle est parfait sauf sur un point : la victime est innocente.

  

Entre Dionysos et Jésus, il n'y a « pas de différence quant au martyr », autrement dit les récits de la Passion racontent le même type de drame que les mythes, c'est le « sens » qui est différent. paul-fryer-pieta-jesus-electric-chaise.jpgTandis que Dionysos approuve le lynchage de la victime unique, Jésus et les Évangiles le désapprouvent. C'est bien là ce que je dis et redis : les mythes reposent sur une persécution unanime.

 

Déjà l’Ancien Testament montre ce retournement des récits mythiques dans le sens de l’innocence des victimes (Abel, Joseph, Job, Suzanne...) et les Hébreux ont pris conscience de la singularité de leur tradition religieuse. Avec les Evangiles, c’est en toute clarté que sont dévoilées ces « choses cachées depuis la fondation du monde » (Mathieu 13, 35), la fondation de l’ordre du monde sur le meurtre, décrit dans toute sa laideur repoussante dans le récit de la Passion.

 

A partir d’une interview de René Girard : "La vraie mondialisation, c'est le christianisme" publié le 14/10/1999 dans l’Express

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