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Jean-Paul II et la sainteté

Publié le par Perceval

Jean paul II 2Le journal ‘ La Croix ‘, mentionne à propos de Jean Paul II, un livre de Mgr Oder qui dévoile les pratiques de mortification dont Jean-Paul II était coutumier, notamment pendant le Carême, pratiquant strictement le jeûne et l’abstinence. Selon des témoignages recueillis auprès de son proche entourage, le pape polonais portait un cilice. Il lui arrivait de dormir à même le sol et de se flageller, mettant ainsi en pratique, écrit Mgr Oder, ces paroles de saint Paul (Col, 1, 24) : « Ce qui manque aux souffrances du Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église. »
Ensuite, le père Cl. Flipo tente d’expliquer cette pratique volontaire et des plus intime…


« Ainsi, vivre de son baptême, c’est entrer dans un combat intérieur, spirituel, mais aussi corporel, contre les péchés que la convoitise produit en nous. Les Pères de l’Église, et les fondateurs du monachisme ont développé, à partir de là, une théologie pour lutter contre les passions mauvaises aussi bien l’orgueil que la convoitise.

Aujourd’hui, nous reprenons cette idée à partir de ce que dit Jésus dans l’Évangile : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Luc 9, 23). Ce renoncement implique non seulement quelque chose de l’ordre de l’esprit, de la volonté, mais de tout l’être humain. Dans la vie spirituelle, tout se tient, la vie psychique et physique.  »aubade Orgueil

De là à s’infliger des châtiments !

Mais est-ce des châtiments ? Je dirais plutôt des privations, une forme d’appel à réordonner ses désirs. Saint Ignace parle ainsi d’affections désordonnées. Les efforts de Carême, ou encore les privations que s’imposent des personnes qui entreprennent un long et dur périple à pied vont dans le même sens. Ces privations permettent de laisser surgir un autre désir, un désir spirituel.

Il faut se référer au sens premier de « discipline » : se donner une discipline. On peut l’entendre sous une forme négative, se faire du mal. Mais on peut aussi le voir de manière positive, laisser développer en nous quelque chose de meilleur. On se prive pour plus grand.

Dans la vie moderne, beaucoup de personnes comprennent que l’on ne peut progresser qu’en renonçant à bien des choses. Ici, ce renoncement touche au corps : difficile à comprendre dans une société de glorification du corps comme la nôtre."

Personnellement, je retrouve, par cette révélation, le combat spirituel du saint, qui craint profondément les démons de l’orgueil et de la désespérance. C’est aux marges de la sainteté, que l’on a le vertige de l’abime…
Pour tenter de comprendre, il n’est que de lire Bernanos :


Sous-le-Soleil-de-satan.jpg"L'enfer, c'est de ne plus aimer... "( L J CC )

"Il est plus facile qu'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier..."

"Souvenons-nous que Satan sait tirer parti d'une oraison trop longue, ou d'une mortification trop dure." (SLSDS)

"Mais celui-ci - pauvre prêtre ! - s'il doute, ne doute pas seulement de lui mais de son unique espérance.

Le péché nous fait vivre à la surface de nous-mêmes."
"Nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c'est là qu'il nous attend."
"Ne pas désespérer du salut, même si on vit desespérément."

"Quelle épaisseur a le péché ? A quelle profondeur faudrait-il creuser pour retrouver le gouffre d'azur ?"
"Le monde n'est pas une mécanique bien montée. Entre Satan et Lui, Dieu nous jette, comme son dernier rempart. C'est à travers nous que depuis des siècles et des siècles la même haine cherche à l'atteindre, c'est dans la pauvre chair humaine que l'ineffable meurtre est consommé."
GEORGES BERNANOS

 

"Mais ce qui est choquant, c’est que cette information ait été mise sur la place publique, de manière totalement sortie de son contexte, de même qu’il est choquant que l’on ait rendu publique la nuit spirituelle de Mère Teresa."Cl Flipo.

Ce n’est pas du tout mon avis ! Je ne crois pas aux saints qui brillent sur toutes les faces. L’hagiographie est contre-productive, même les contes de fée sont plus subtils !

Quant à décider ce qui est bon pour moi? Je crains, encore aujourd’hui, l’accompagnateur spirituel, qui me déconseillerait quelque lecture qui pourrait me ‘ détourner ‘ du message évangélique … !

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