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Albert Rouet: diagnostic d'une institution ...

Publié le par Perceval

A l'occasion de Pâques, Mgr Rouet, Archevêque de Poitiers, livre ses réflexions sur l'actualité et son diagnostic sur l’Eglise, son institution, dans le quotidien " Le Monde ":

 

« Je voudrais d'abord préciser une chose : pour qu'il y ait pédophilie, il faut deux conditions, une perversion profonde et un pouvoir. Cela signifie que tout système clos, idéalisé, sacralisé est un danger. Dès lors qu'une institution, y compris l'Eglise, s'érige en position de droit privé, s'estime en position de force, les dérives financières et sexuelles deviennent possibles. C'est ce que révèle cette crise, et cela nous oblige à revenir à l'Evangile ; la faiblesse du Christ est constitutive de la manière d'être de l'Eglise.

Aujourd'hui, on y constate un certain gel de la parole. Désormais, le moindre questionnement sur l'exégèse ou la morale est jugé blasphématoire. Questionner ne va plus de soi, et c'est dommage. Parallèlement, règne dans l'Eglise un climat de suspicion malsain. L'institution fait face à un centralisme romain, qui s'appuie sur tout un réseau de dénonciations. Certains courants passent leur temps à dénoncer les positions de tel ou tel évêque, à faire des dossiers contre l'un, à garder des fiches contre l'autre. Ces comportements s'intensifient avec Internet.

 

Prenez mon diocèse : il y a soixante-dix ans, il comptait 800 prêtres. Aujourd'hui il en a 200, mais il compte aussi 45 diacres et 10 000 personnes impliquées dans les 320 communautés locales que nous avons créées il y a quinze ans. C'est mieux.

 

L'Eglise doit-elle s'appuyer sur ses clercs ou sur ses baptisés ? Pour ma part, je pense qu'il faut faire confiance aux laïques et arrêter de fonctionner sur la base d'un quadrillage médiéval.

… imaginez que demain je puisse ordonner dix hommes mariés, j'en connais, ce n'est pas ça qui manque. Je ne pourrais pas les payer. Ils devraient donc travailler et ne seraient disponibles que les week-ends pour les sacrements. On reviendrait alors à une image cultuelle du prêtre. Ce serait une fausse modernité.

Par contre, si on change la manière d'exercer le ministère, si son positionnement dans la communauté est autre, alors oui, on peut envisager l'ordination d'hommes mariés. Le prêtre ne doit plus être le patron de sa paroisse ; il doit soutenir les baptisés pour qu'ils deviennent des adultes dans la foi, les former, les empêcher de se replier sur eux-mêmes.

C'est souvent notre manière de parler qui ne fonctionne pas. Il faut descendre de la montagne et descendre dans la plaine, humblement. Pour cela il faut un énorme travail de formation. Car la foi était devenue ce dont on ne parlait pas entre chrétiens.

 

Aujourd'hui, le risque est que les chrétiens se durcissent entre eux, tout simplement parce qu'ils ont l'impression d'être face à un monde d'incompréhension. Mais ce n'est pas en accusant la société de tous les maux qu'on éclaire les gens. … C'est à nous d'apprivoiser le monde et c'est à nous de nous rendre aimables. »


http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/03/l-eglise-est-menacee-de-devenir-une-sous-culture_1328305_3224.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20100403-[zonea]&ens_id=1314763

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SAGRAMOR 13/04/2010 01:45


LUC 22: 31 ET 32.

Le Seigneur dit:Simon,Simon,Satan vous a réclamés,pour vous cribler comme le froment.

Moi j'ai prié pour toi,afin que ta foi ne défaille point,et toi,quand tu seras converti,affermis tes frères.

-----

Ne retenons du propos du Christ,au chef de Son Eglise:

QUAND TU SERAS CONVERTI.

Il n'est pas facile de gouverner l'Eglise et si nous trouvons quelques grands papes,cela se gâche à partir de la Renaissance.

ALEXANDRE VI BORGIA,INNOCENT VIII,ont des bilans à contre-pied,ignominieusement à contre-pied du rôle du pasteur des pasteurs.

Tous ces haut-pasteurs ont forgé la tradition de l'Eglise,ce qui revient à dire que trés peu de saints papes se sont intercalés entre ceux qui jouaient avec les allumettes ,les indulgences,leur
parentèle,l'Inquisition,leurs protégés,leurs intérêts personnels et surtout,avec la mission de l'Eglise.

J'en viens à comprendre le succés de LUTHER.

En fin de compte,nos papes se sont investis dans leur propre infaillibilité,sans trop gêner nos SAINT VINCENT DE PAUL,Mère THERESA et autres Abbés PIERRE et d'innombrables saints non-reconnus.

Mais,dans cette première décade du XXI° Siècle,il semble que l'infaillibilité ne leur suffise plus.

Il semble encore,qu'ils envisagent de produire des miracles,c'est du moins ce que l'on lit dans les yeux des Légionnaires du Christ,qui en auraient besoin pour réhabiliter leur fondateur.

Malheureusement,il n'y a pas de miracle quand les "poverine pecore",ne sont plus analphabètes.
C'est bien là le drame de l'Eglise séculière,désormais,les Catholiques savent lire,écrire,penser,analyser et juger.

Alors,c'est là où je lis avec consternation, l'éditorial de Témoignage chrétien,avec Monseigneur ROUET,qui précéde "L'Eglise est-elle encore influente?",par Olivier BOBINEAU,chercheur au CNRS.

Ont dirait L'EQUIPE.

Qu'est-ce-que-c'est que tout ce jargon creux?

Veut-on nous infantiliser?

Monseigneur ROUET a du mal à ouvrir un débat de fond sur l'exégèse et la morale?
On peut l'aider et mobiliser pour ce faire, dix bons amis rompus aux affaires du monde:
six Chrétiens,deux Juifs,un Musulman,qui sont des chefs d'entreprise,écrivains,professions libérales.
L'on pourrait commencer par TERTULLIEN,celui qui nous a inventé la Trinité,moins de deux siècles aprés le Christ.
Mais à quoi bon cette joute?
Est-ce-pour soutenir vos baptisés de POITIERS,pourqu'ils deviennent des adultes dans la foi? Ou est-ce pour leur éviter de les voir errer dans une bulle spirituelle?

Voyez-vous,Monseigneur,il serait plus judicieux d'envisager le sacerdoce du prêtre face à la detresse,pour le reste , vos paroissiens ont été longuement scolarisé et votre offre de spiritualité n'a
jamais été pour le troupeau catholique.A moins que vous pensiez plutôt à la direction de conscience.

Pour monsieur Olivier BOBINEAU,chercheur au CNRS,je lui répondrai que l'influence de l'Eglise ne nous importe plus,en cela qu'elle a transmis les valeurs chrétiennes à la société.
L'Eglise disparaitait aujourd'hui et ses valeurs continueraient à se transmettre,sans elle.Il en est de même,à titre de comparaison,des valeurs maçonniques qui ont durablement érigé nos moeurs
politiques.En 1900,la moitié des députés étaient des frères.

Vous nous parlez d'une Eglise politique face à la modernisation libérale,cela ne nous intéresse pas,car l'Eglise fait le commerce des âmes,pas des voix et sa grandeur est à placer dans sa réponse à
la détresse des hommes.


SAGRAMOR 12/04/2010 18:36


"Il faut que le grain meurre,pour que l'épi vienne au jour.".

Non,ce n'est pas accablant car la vraie Eglise est en train de naître de notre déconvenue.
De nouvelles forces se lèvent,les consciences se réveillent.
Moi-même , cela faisait 35 ans que je n'avais pas écrit une ligne sur ce sujet,ni en privé,ni en public.
Je suis venu sur votre site attiré par l'évocation du nom de PERCEVAL et mon héritage catholique m'a fait prendre la plume.

C'est une grande grâce,le Christ est tout premièrement une rencontre,voire une retrouvaille.

Cela fait trente ans que j'observe la montée en puissance du pharisianisme dans la haute hiérarchie du clergé,leur faillite intellectuelle,leur repli idolâtre autour du trône de Pierre.

Et encore,rien ne perce sur la machine vaticane,ces 35 cardinaux jaloux comme des teignes,ivres de préséance et d'étiquette surannée,de compromission et de cabales.

Rétrospectivement,j'en viens à regretter les Curie à l'italienne de Jean XXIII et de PAUL VI,qui ont eu le courage ,la force et la capacité de VATICAN II.

Peu nous importe aujourd'hui,la prochaine version de l'Eglise sera un renversement du pharisianisme.

MATTHIEU 16:23

-Mais Jésus se retournant,dit à Pierre:
Arrière de moi,Satan! Tu m'es un scandale;car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu,mais celle des hommes.


SAGRAMOR 12/04/2010 07:10


Actuellement et depuis Jean Paul II,évêques et cardinaux sont nommés sur la base de leur loyauté à la ligne du Saint Siège.

D'où,carrièrisme et parfois incompétence.

Le vaticaniste avisé percevra des choix plus fonctionnels,ce sont les "prélats soupapes" et les "prélats nettoyeurs".

-1985 Nommination de Monseigneur Jose CARDOSO SOBRINHO,pour nettoyer l'oeuvre de Dom HELDER CAMARA.

-2009 "Affaire de la fillette de PERMAMBOUC".
Excommunication pour avortement, de la mère
d'une fillette de neuf ans,violée par son beau-père.

A RECIFE,Monseigneur Jose CARDOSO SOBRINHO excommunie,à ROME le cardinal Giovani BATTISTA RE,Préfet pour la Congrégation des évêques et Président de la Commission pontificale pour l'Amérique
latine,approuve.

Le "prélat nettoyeur" a nettoyé.

C'est l'histoire de la pierre de l'ours,aggravée du soutien hiérarchique.

En terme de communication d'une institution internationale c'est ingérable,ausi Monseigneur Rino FISICHELLA,Président de l'Académie pontificale pour la vie,va péniblement expliquer que l'article
1398 DC,qui traite des cas d'excommunications automatiques,aurait pu permettre à Monseigneur SOBRINHO de ne pas prononcer lui-même l'excommunication et que l'article 1324 DC,autorisait à réduire le
prononcé de la sentence.

Monseigneur DI FALCO,en FRANCE,va reprendre cette thèse.

Tout semble rentrer dans l'ordre,seulement voilà,Monseigneur SOBRINHO est professeur de droit canon à ROME,c'est dire qu'il a choisi de prononcer l'excommunication,alors qu'il pouvait dégonfler
l'affaire.

Passons maintenant aux "Prélats soupapes".
En FRANCE,il s'agit de l'aile gauche de la conférence épiscopale,Monseigneur ROUET,plus deux de ses collègues.

La mission dans ce cas là,consiste à critiquer pour faire tomber la pression.

En ALLEMAGNE,c'est Hans KÜNG qui assume magnifiquement le rôle depuis trente ans.

CONCLUSION:tous les Catholiques ne sont pas aveugles de cette distribution des rôles et s'alarment grandement de l'indigence de la hiérarchie de l'Eglise.

Nous voulons de saints prêtres,pas des carrièristes mondains,choisis et programmé par le pouvoir.

Depuis GELASE,le pouvoir appartient au souverain,à l'Eglise appartient l'autorité.


Perceval 12/04/2010 15:57



Et bien ...! Accablant...


Heureusement, il y a l'Art... Et les ' Evangiles '... et la vie, les rencontres... Ouf!



SAGRAMOR 11/04/2010 13:29


L'Eglise est devenue conservatrice depuis le triomphe d'HILDEBRAND sur l'Empereur.

Aujourd'hui,elle est gouvernée par un théologien blessé par la longue série de défaites essuyée contre les théologiens réformés,Karl BATH,Rudolf BULTMANN,Paul TILLICH.

Qui plus est,notre pape allemand est frappé que tous les producteurs de sens du XX° Siècle,soient des Allemands de l'autre camp,NIETZSCHE pour lequel le catholicisme est le platonisme du
pauvre,FREUD,MARX,WITTGEINSTEIN,HEIDEGGER,HUSSERL.

Bref,tout le pôle intellectuel de ROME,condamné au suivisme de son pire ennemi.

Mais continuons à tirer le fil de la pelote,une Eglise conservatrice depuis dix siècles,un théologien stérile à sa tête,précédé et suivi de théologiens stériles;entouré de gardes prétoriennes,Opus
Dei,Légionnaires..assisté par des collaborateurs directs,qui pour être de vieux amis ,ne sont pas pour autant à la hauteur de la tâche.

Pour ce qui est de la restauration à la sauce romaine,elle s'accompagne d'un dessein.

Ce dessein n'est pas immédiatement perceptible,néanmoins il est le trait d'union de nos deux derniers papes,leur objectif majeur.

Ce dessein tient à l'Europe.Au sens où la nouvelle Europe politique n'est pas prête à se donner un chef incarné issu de ses rangs et donc laissant beaucoup plus de place au Pontife.

Ce dessein est la reconstitution de la ROME de CONSTANTIN,j'entends la quinte essence de la quinte essence catholique,à savoir l'Empire chrétien,selon Eusèbe de CESAREE.

Pour atteindre ce dessein la restauration est nécessaire,ce qui signifie l'abandon du maillage paroissial et le renforcement d'une hiérarchie professionnelle,sans les femmes et les laîcs,même en
seconds couteaux des basses tâches sacerdotales.

Monseigneur ROUET est trés clair dans ce qu'il dit et dans ce qu'il ne dit pas,il est même formidalement habile:

-"L'Eglise doit-elle s'appuyer sur ses clercs,ou sur ses baptisés?".

-"..imaginez que demain je puisse ordonner dix hommes mariés..Je ne pourrais pas les payer..ils ne seraient disponibles que les week-ends.".

-"On peut envisager l'ordination d'hommes mariés.Le prêtre ne doit plus être le patron de sa paroisse..".

Du trés grand art,Monseigneur,nettement supérieur à la langue de bois soviétique et encore bien meilleur que les double négation des communiqués de la Curie en Italien.
Je suis fier comme Français que notre langue puisse produire autant de prouesses subliminales,par contre je suis inquiet comme baptisé , lorsque mon pasteur utilise de tels artifices.

Le génie du christianisme tient à la limpidité de la parabole et en la force de son sens,qui pénétre les coeurs et illumine les esprits,même les plus humbles,comme les mieux éclairés.


Perceval 11/04/2010 10:55


Ci-dessous, Edito de " Témoignage chrétien ":

L'évêque et l'animateur par Luc Chatel:

La culture catholique est-elle destinée à devenir une sous-culture, comme le craint Mgr Rouet, l'évêque de Poitiers ? La crise de foi publique de certaines stars télévisuelles pourrait le faire
penser.
Albert Rouet, évêque de Poitiers, est connu pour la qualité de sa réflexion au sein de l’Église de France. Son dernier livre, J’aimerais vous dire (Bayard), en porte témoignage. Au cœur du mistral
médiatique qui fait tourner beaucoup de têtes ces derniers temps, dans les paroisses comme au-dehors, rares ont été les prises de positions sereines, argumentées et riches. Il y eut le cardinal
autrichien Christoph Schönborn (lire TC n° 3388). Il y a désormais Mgr Rouet.

Dans un entretien accordé au Monde (édition des 4-5 avril), il analyse quelques unes des raisons qui ont pu pousser des prêtres au crime pédophile (perversion individuelle, pouvoir de
l’institution). Mais il prend surtout de la hauteur pour nous parler de l’Église catholique aujourd’hui, de ses faiblesses et de ses défis.

Il insiste sur la difficulté à ouvrir des débats de fond, sur l’exégèse ou la morale notamment. Or ces questions soulevées par Mgr Rouet sont essentielles à double titre. D’une part, l’Église peine
à suivre les profondes mutations de l’époque, non pas pour s’y adapter mais pour donner aux croyants des repères pour leur foi. D’autre part, la pratique religieuse a elle aussi connu des
changements, auxquels l’Église tarde à s’adapter. « On est passé d’un christianisme d’habitude à un christianisme de conviction », constate Mgr Rouet. Ce qui devrait amener les prêtres, plus
qu’avant, à « soutenir les baptisés pour qu’ils deviennent des adultes dans la foi » afin d’éviter de les voir errer dans une « bulle spirituelle ». Sans ce travail de forme (ouverture, débat) et
de fond (formation, exégèse), « l’Église est menacée de devenir une sous-culture », prévient Mgr Rouet.

Dany Brillant, Nikos Aliagas et Macha Makeïeff ont donné pour Pâques un aperçu de cette sous-culture chrétienne. Interrogés par La Croix (édition des 3-4-5 avril), le chanteur, l’animateur et la
metteuse en scène parlent de leur « parcours spirituel ». Le premier dit qu’il a « foi en Dieu », mais qu’il ne se sent d’aucune religion, que descendant d’une famille juive il préfère chercher
Dieu dans la nature qu’à la synagogue. Il parle, sans plus de précisions, de « force supérieure », de « joie de vivre », de « triomphe du bien ».

Nikos Aliagas explique, lui, qu’il n’est pas « un fidèle régulier » mais que parfois il se connecte à la radio du Pirée avec son iPhone pour « écouter une liturgie orthodoxe ». Quant à Macha
Makeïeff, qui se dit protestante, elle pense que « l’être humain n’est pas dépassé par quelqu’un qui serait Dieu » et trouve la consolation « dans les musées, plutôt que dans les églises ». Certes,
ces propos sont sincères et parfois touchants, mais on cherche en vain à quoi croient ces trois-là.
8 avril 2010