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1940 - Le Massilia et l'Armistice

Publié le par Régis Vétillard

Le gouvernement de Paul Reynaud à Bordeaux en juin 1940

Le gouvernement de Paul Reynaud à Bordeaux en juin 1940

Laval, qui loge chez Adrien Marquet le maire de Bordeaux et soutenu par lui, agite le petit monde ministériel pour promouvoir la solution de l'armistice et des pleins pouvoirs à Pétain.

Weygand s'oppose au projet que fait Churchill d'un union franco-britannique. Le Conseil des ministres du 16 juin au soir décide unanimement qu’il faut demander l’armistice.

Le président du Conseil, Paul Reynaud, découragé remet sa démission au président de la République Albert Lebrun. Il lui conseille de faire appel au maréchal Philippe Pétain, le seul à garder le prestige nécessaire, pour lui succéder.

De Gaulle

Le soir, de Gaulle arrive de Londres et va voir Reynaud. Il lui fait part de son retour à Londres. Reynaud lui fait remettre une somme prélevés sur les fonds secrets

 

Reynaud conseille à Lancelot de partir en Afrique du nord. Lui-même, fortement influencé par sa maîtresse Hélène de Portes, se sent soulagé de sa démission; il ne peut assumer la honte de l'armistice, ni des conséquences de la poursuite de la guerre. Il craint que les conditions de l'armistice que vont nous imposer les allemands soient excessifs, même inacceptables... !

Pétain et Laval

Reynaud laisse entendre qu'ils se retrouveront ; les conditions allemandes seront telles, que le président Lebrun devra poursuivre la guerre dans l'Empire...

Le 17 juin, à 0h30, la France pria l’Espagne de bien vouloir transmettre à l’Allemagne sa demande d’armistice. Le Vatican fut contacté à 3 heures pour transmettre une demande identique à l’Italie.

Le 17 juin vers 9h15, de Mérignac, de Gaulle s'évade... Le consul du Portugal délivre des visas à la pelle.

17 juin Weygand est nommé ministre de la Défense et Lancelot se range à son service.

Les nouveaux ministères ont du mal à s'organiser... Il faut attendre que Reynaud passe ses pouvoirs... Enfin, Weygand s'adresse à Lancelot et lui demande où se trouve le sous-secrétaire d'Etat à la Défense nationale de Reynaud, Charles De Gaulle. On lui dit qu'il est reparti pour Londres. Weygand est furieux.

Vers 14h, ce 17 juin, Lancelot entend le message, radiodiffusé du lycée Longchamp (Montesquieu de nos jours), que Pétain prononce : « C’est le cœur serré que je vous dis qu’il faut cesser le combat. »

Chacun sait que la majorité des Français, épuisés et terrifiés, accueillent le discours du héros de 14-18 avec soulagement.

Le physicien Serge Gorodetsky chargé de mettre en lieu sûr les réserves d'uranium - faute d'embarquement possible vers l'Angleterre - est contraint de quitter Bordeaux pour le Maroc, ce jour.

Lancelot reste favorable à ce que le gouvernement, avec le président de la république qui le légitimise, quitte la métropole pour l'Afrique du Nord... Seul Pétain serait habilité à tenter le dialogue avec les allemands.

De fausses informations circulent. Georges Mandel, favorable pour rejoindre l’Afrique du Nord, est arrêté le 17 juin alors qu'il dîne au ''Chapon fin'', et accusé par le clan Laval d’avoir fomenté un coup d'état. L'intervention du président de la République, Albert Lebrun, permet sa libération.

 

Le 18 juin, De Gaulle lance un appel de la radio de Londres ; que peu de personnes entendent.

Lancelot, avec l'accord de Weygand, le nouveau ministre de la défense, remet l'ordre de mission à Halban et Kowarski. Le 18 juin 1940, ils quittent la France à bord d'un navire britannique, le Broompark, sur lequel a été chargée l'eau lourde. Le 20 juin, lorsque la division SS Adolf-Hitler entrera dans Clermont, il est trop tard. Elle ne mettra pas la main sur l'uranium ni sur l'eau lourde.

Lancelot est soulagé de participer à ce premier acte de résistance du nouveau gouvernement... Et d'entendre le nouveau ministre de la défense Weygand, répéter avec complicité à de nombreux interlocuteurs : «  la guerre continue... »

Weygand ordonne au général de Gaulle de revenir en France.

La Luftwaffe

Bordeaux est bombardée par la Luftwaffe dans la nuit du 19 au 20 juin. Le bilan est lourd : 63 morts et 185 blessés.

Edouard Herriot, président de l’Assemblée Nationale, prépare le départ pour l’Afrique du Nord du président de la République, du gouvernement et des députés et sénateurs présents à Bordeaux. En accord avec Pétain, la république dans sa légitimité pourra continuer les combats.

Darlan, annonce que l’embarquement aura lieu sur le Massilia ( 600 places de cabine), le 20 juin, au quai des chargeurs, entre 14h et 16h..

Lancelot inscrit sur la liste des passagers hésite à partir sans l'accord de Weygand. Celui-ci, se doit de rester comme ministre ''militaire'' auprès de Pétain. Lebrun, Chautemps, Herriot, Jeanneney quitteraient la métropole.

Laval et Marquet, demande à Pétain de refuser cette scission du pouvoir et convoquent les parlementaires à 18h, le but étant d'en retenir un maximum ; finalement à 21h, seule une poignée de députés et sénateurs embarquent à bord du transatlantique le Massilia.

Finalement, Darlan reste, il évoque même la lâcheté de ceux qui cherchent à partir ; et en emmenant avec lui la Marine, il rend impossible un armistice. Albert Lebrun, Édouard Herriot, ne partent pas. Blum non plus, empêché par un contretemps de rejoindre les parlementaires

Le 21 juin, Le Massilia lève l'ancre avec vingt-sept parlementaires, aux côtés de Pierre Mendes France ou de Jean Zay, Edgard Pisani, Édouard Daladier, Georges Mandel...

Le même jour, Weygand prend connaissance des conditions d'armistices décidées par les allemands : elles surprennent... Elles évitent ce que la France ne pourrait accepter : la livraison de la Flotte, l'occupation totale du territoire métropolitain, l'installation des Allemands dans l'Empire.

L’armistice est signé le 22 juin, à 18 heures 50 (heure d’été allemande).

Le 23 juin, Laval est nommé Ministre d'Etat et Vice-Président du Conseil.

Le Massilia arrive à Casablanca le 24 juin. Les passagers du Massilia, sont désignés comme fuyards et traîtres.

Le 24 juin, Lancelot est chargé, de transmettre au colonel Rivet, et au capitaine Paillole, l'accord de Weygand à ce que et les cadres du contre-espionnage organisent dans la clandestinité, la lutte contre les services spéciaux ennemis : « la guerre continue...» ! Le Service de Renseignement va se couvrir de structures comme le Bureau des Menées Antinationales, et l’entreprise des Travaux Ruraux (T.R.), et sa mission reste la lutte contre l'occupant. Ce jour réunis au séminaire de Bon Encontre, près d'Agen, Rivet et ses collègues font le serment de «Continuer la lutte contre l'envahisseur».

Enigma

Le bureau du chiffre, avec Gustave Bertrand ( et sa machine Enigma) , même si son unité ( le PC Bruno) est dissoute, se replie près d'Uzès. Des fonds secrets lui permettent d'acheter le château des Fouzes. Avec des cryptologues polonais, ils reconstituent un Service d'Interception radio et de décryptage, appelé le PC Cadix.

 

Le 28 juin, l'ancien président du Conseil Paul Reynaud est victime d'un accident de voiture dans lequel sa maîtresse, la comtesse Hélène de Portes, trouve la mort.

La ville de Bordeaux est déclarée ville ouverte par le maréchal Pétain. Des postes munis de drapeaux blancs sont installés aux entrées de la ville. Après que le commandant allemand de la place de Bordeaux, prenne possession de la ville ; Lancelot suit le gouvernement et quitte Bordeaux pour Vichy.

 

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