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1935 - Le nazisme, et les fascismes. 1

Publié le par Régis Vétillard

Ce devait être en Octobre 1935.

Drieu la Rochelle rentre d'Allemagne et d'URSS. En début d'année, il a publié ''Socialisme fasciste'' ; insensible au rassemblement des gauches, il recherche l'homme providentiel et pense déjà à Doriot.

Brossolette s'est engagé dans les instances de la SFIO et travaille à Radio-PTT.

Lancelot participe à une réunion peu ordinaire dans les locaux de '' L'Europe Nouvelle '' 73bis, quai d'Orsay. Cette revue politique est spécialisée dans les questions de politique étrangère, fondée dans le sillage de la S.D.N était dirigée par Louise Weiss, qui la quitte en 1934 déçue par le contexte international et la perte de prestige de la S.D.N. L'un de ses derniers éditoriaux est titré : « On ne pactise pas avec Hitler ».

Madeleine Gex-Le Verrier reprend la direction autour de collaborateurs renommés mais divisés sur l'esprit à donner à cette revue qui conserve une grande influence auprès des élites, et qui se rattache à l'idéal de la politique de Briand.

Sont présents une douzaine de personnes dont, le rédacteur en chef, Alfred Fabre-Luce, Pierre Dominique, René Esbly, Pierre Brossolette, Henri Noyelle, Drieu la Rochelle...

Lancelot accompagne Max Hermant, agrégé de l’université et économiste, spécialisé de l’Allemagne, qu'il a proposé pour un exposé sur ce qui caractérise l’Allemagne et son régime actuel, le nazisme.

 

Max Hermant explique un sentiment largement partagé en Allemagne actuellement, et qui explique, partiellement, la montée du nazisme (une force politique intrinsèquement anti-démocrate) : ce sentiment serait que la démocratie est un système qui ne correspond en rien à la tradition et à la culture germanique ; est visée précisément la République de Weimar, vue comme un régime politique en quelque sorte étranger, et ne pouvant fonctionner en Allemagne. Ce régime serait lié au '' Diktat '', c'est-à-dire au traité de Versailles, jamais accepté en Allemagne.

 

Max Hermant a lu et étudié Mein Kampf d'Adolf Hitler, dans sa traduction intégrale de Gaudefroy-Demombynes et Calmettes, de 1934.

Mein Kampf n'est pas qu'un livre politique ; même s'il est mal écrit, il sous-tend une conception du monde.

Quelques exemples : pour ce qui est de l'Education : la culture physique vient d’abord, la formation du caractère ensuite, l’instruction en dernier lieu. Il s’agit, d'abord, de stimuler des énergies, à base de santé physique. ( Mein Kampf, p. 430)

Le racisme, un des aspects du nazisme, représente un but : la race se doit de prendre conscience d'elle-même en vue de constituer un Etat. Si Dieu a donné aux hommes leur nature, alors : «détruire son oeuvre, c’est déclarer la guerre à la création du Seigneur, à la volonté divine» ( Mein Kampf, p. 558.). Notre effort doit être de se conformer à la nature : croire qu’il faut la vaincre, c’est une «absurdité d’origine juive».

L’effort physique, la guerre, la concurrence des races sont dans la nature : « L’homme ne doit jamais tomber dans l’erreur de croire qu’il est véritablement parvenu à la dignité de seigneur et maître de la nature. Il doit, au contraire, comprendre la nécessité fondamentale du règne de la nature et saisir combien son existence reste soumise aux lois de l’éternel combat et de l’éternel effort, nécessaires pour s’élever » ( Mein Kampf, pp. 286, 243.). La race conditionne toute culture; son abâtardissement est à l’origine de toute décadence. « C’est dans le sang, seul, que réside la force ou la faiblesse de l’homme » ( Mein Kampf, p. 338.) .

L'âme de la race, est une force primitive dont les parties agissent chez chaque homme sous forme d’âmes individuelles. L'âme est donc collective. D’où la subordination de l’intelligence à la communauté, faute de quoi l’intelligence est destructrice. ( Mein Kampf, p. 297.)

Le chef : « tout ce qui est, en ce monde, véritablement grand... a toujours été conquis par un vainqueur unique » ( Mein Kampf, p. 513.)

L’homme est une composante de la nature, indissolublement et totalement liée à elle, il ne prospérera qu’en retrouvant la loi de la jungle, la sélection animale basée sur la reproduction des forts, l’élimination des faibles et l’entretien de la force corporelle par l’exercice; il visera à sélectionner un peuple de maîtres, et, dans ce peuple, des chefs, en fonction non du savoir mais du pouvoir et de la volonté; il dirigera l’éducation par des «mythes», le Sang, la Terre ; les illustrations seront tirées des éléments vitaux de la nature, ces forces agissantes vont détrôner les valeurs spirituelles actuelles..

Le nazisme « est le contraire même d’une religion catholique » : par la négation de l’âme humaine en ce qu’elle a d’individuel et de non animal; par la morale du groupe, qui en découle; et par la résorption de Dieu dans l’Etat, dans la race élue, dans son chef «Verbe et Médiateur».

( à suivre)

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