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Le Mythe arthurien du Graal -1/.-

Publié le par Perceval

Le Graal procède du Mythe Littéraire, même si l'objet de ce mythe est bien antérieur, à l'oeuvre littéraire … Le mythe du Graal se rattache à l'histoire du Christianisme, sachant qu'il est aussi une transformation, dans le sens chrétien, du Mythe breton, celte... Revoyons ce que l'on peut dire de son histoire, puisque cela en assoit - en quelque sorte - sa légitimité

A l'origine de cette histoire un peuple breton qui ne peut oublier qu'il a été dépouillé par les saxons ; et sans doute l'espoir du retour d'un chef prestigieux, le Roi Arthur : le seul qui ait infligé aux saxons des défaites... On se raconte une légende selon laquelle Arthur, après avoir été grièvement blessé, avait été emmené dans l'île d' Avalon où il était soigné par des fées. William de Malmesbury ( moine bénédictin (vers 1090/1095 – vers 1143)) le rapporte dans ses Gesta Regum Anglorum en 1125

Malmesbury Abbey en 1792

Après la bataille d'Hastings, Guillaume le Conquérant et ses barons deviennent les maîtres de l'île de Bretagne ; les normands considèrent les croyances ( redevenues) païennes des bretons comme des superstitions dangereuses théologiquement et politiquement …

 

Dans les quelques vies de saints gallois : saint Cadoc, saint Patern, saint Carantoc, que l'on estime avoir été écrites peu de temps après l'arrivée des Normands. On remarque qu'Arthur n'y est pas toujours présenté sous un jour favorable. Le moine normand William de Malmesbury reconnaît certes qu'Arthur a été un grand chef mais il ne cache pas son dédain pour les ''fables'' dont il est l'objet …

 

 

Geoffroy de Montmouth ( évêque et historien anglo-normand ( 1100-1155) au service du roi Henri Iᵉʳ d'Angleterre) , breton d'origine, écrit l'Historia Regum Britanniae, qui est dédiée à Robert comte de Gloucester.

Le roi Arthur In Geoffroy de Monmouth Prophetia ...

Dans son récit Arthur est un roi magnifique et un grand conquérant. Après la grandiose épopée arthurienne, il dépeint la Bretagne conformément à la tradition populaire dans un état de profonde déchéance. Les Saxons triomphent et toutes sortes de calamités : peste, famine, etc... s'abattent sur le pays. Cadwallader, son dernier roi, se réfugie en Bretagne armoricaine;. là un ange lui annonce que son peuple renaîtra un jour « par le mérite de sa foi », mais ces temps ne sont pas encore venus. Il ordonne à Cadwallader de se rendre à Rome auprès du pape Sergius et c'est là-bas, ajoute le messager, qu'il mourra en état de sainteté. Le jour où ses reliques seront rapportées en Bretagne verra la résurection de son pays

 

Dans la Vita Merlini qui date de 1148 environ, le rôle de messie est également refusé à Arthur par Merlin dans un colloque où Taliessin conseille d'envoyer des messagers vers l'île d'Avalon afin de ramener le grand roi pour chasser les Saxons. C'est Cadwallader ainsi que Conan qui, selon les prophéties de Merlin, doivent être plus tard les libérateurs du pays. Du retour d'Arthur, il n'en est pas question....

Bouclier Epée Plantagenets

 

L'année 1154 qui voit arriver les Plantagenets en Angleterre est aussi celle de la mort de Geoffroy de Monmouth. Dès 1155 paraît le Brut de Wace, première adaptation en français de L'Historia. Puis à partir de 1162 environ s'échelonnent les oeuvres arthuriennes de Chrétien de Troyes.

 

Enfin, pour en finir avec cette croyance au retour d'Arthur, c'est la prétendue découverte qui eut lieu en 1191 de la tombe du grand roi à Glastonbury. Dans ses Gesta Regum Anglorum William de Malmesbury raconte que l'on avait trouvé dans le Sud du Pays de Galles la tombe de Walwen ou Gauvain, neveu d'Arthur « Mais, ajoute-t-il, le tombeau d'Arthur ne se voit nulle part et c'est pourquoi de vieilles fables racontent qu'il reviendra ».

Pour mettre fin de manière définitive à ces croyances qui étaient un reste évident de paganisme, il n'y avait donc pas de meilleur moyen, semblait-il, que d'annoncer qu'on avait découvert les restes d'Arthur.

Glastonbury Abbey

On sait que Glastonbury, qui est situé entre la Cornouailles et le Pays de Galles et qui, de ce fait, se trouvait au moyen âge à proximité immédiate des populations celtiques, est considéré comme ayant été un foyer très ancien de christianisme en Angleterre. Primitivement, c'était un sanctuaire druidique important et il semble que dans les récits gallois et irlandais sa colline entourée de marais soit identifiée à l'île d'Avalon, le séjour d'Arthur.

C'est là que se seraient établis les premiers apôtres qui vinrent évangéliser le pays, c'est-à-dire selon la légende, Joseph d'Arimathie et ses compagnons apportant le Graal. Ils y fondèrent l'église appelée par la suite « Vetusta Ecclesia » qui fut intégrée dans la célèbre abbaye. A l'arrivée des normands celle-ci tomba sous leur influence et lors de la découverte de la tombe d'Arthur en 1191 son abbé était Henri de Sully apparenté de fort près au roi Henri II Plantagenet . Il y a là, il faut l'avouer, un ensemble de faits, qui, s'il ne suffit pas encore à établir un rapport entre le mythe arthurien et le thème du Graal, n'en n'est pas moins à remarquer.

 

D'autre part, au XIIe siècle, les Croisades vont modifier les conceptions religieuses chrétiennes...

Rappelons que la première croisade débuta en 1096, soit trente ans après l'arrivée des normands en Bretagne tandis que la seconde est de 1147 et la troisième de 1186. La fondation des grands ordres de chevalerie prend place entre la première et la seconde Croisade.

Sources : Daniel de Séchelles L'évolution et la transformation du mythe arthurien dans le thème du Graal.

L'HISTOIRE DU MYTHE DU ROI ARTHUR -1/4 -

SUR LES PAS DU ROI ARTHUR -6/.- GLASTONBURY

SUR LES PAS DU ROI ARTHUR -7/.- GLASTONBURY TOR

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