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Sur la route Richard Coeur de Lion : St Jean de Ligoure, Château-Chervix, - 7/ -

Publié le par Perceval

Saint-Jean-Ligoure est un petit village centré autour de l'Eglise et d'un château construit au XVIIIe (et non pas au XIIe s).

C'est à Châlucet - qui dépend de cette commune -que l'on trouve une construction médiévale, dont on reparlera bien-sûr...

Quelques personnalités sont liées à la commune de Saint-Jean de Ligoure (Sent Jan Ligora en occitan) et Châlucet, en particulier :

* Géraud de Maulmont (1222, 1299), cadet d'une lignée limousine '' les Maulmont'', clerc, puis conseiller de la vicomtesse de Limoges, ministre de Philippe le Bel, chapelain particulier du pape. Il a reconstruit entièrement le château haut de Châlucet pour en faire la plus grande forteresse limousine sous la forme d'un palais richement équipé.

Ainsi, à partir de 1272, il devient seigneur de Châlus, de Châlucet, de Courbefy, de Bré, de Bourdeilles, de Saint-Pardoux-la-Rivière et de Montfort en Bourgogne. Il possédait également des biens à Limoges, un manoir à côté du castrum d’Aixe, un hôtel particulier proche du Louvre à Paris

    Géraud de Maulmont meurt en 1299 à Châlus. Son héritage sera repris par la couronne de France.

    * La famille des Cognac ( ou Coignac) sont seigneurs de Saint-Jean-Ligoure. Ancienne chevalerie connue dès 1350, puis éteinte à la fin du XVIe siècle après avoir donné quelques personnages très romanesques.

    On connaît un François de Coignac dit '' le furieux'',seigneur de Saint-Jean-Ligoure, et de Château-Chervix...

    Fait divers :

    Le 6 octobre 1553, Château-Chervix est le théâtre d'un drame de la folie : François de Coignac, est hanté, comme tant d'autres, par l'idée de fabriquer de l'or ou du changement de tout métal en or grâce au mercure solidifié.

    Pour ce faire, il s'adjoint un certain Bernardiera, prêtre de réputation douteuse. Il installe un laboratoire dans une tour isolée du château. Le beau-père de François de Coignac, intéressé par l'alchimie, est lui, accusé de falsification de monnaie et conduit au Châtelet d'Angoulême. Son gendre, fort ému, va plaider sa cause et obtient « que bonne justice serait faite ».

    À son retour, il raconte l'histoire à Bernardiera. Redoutant que la justice vienne s'intéresser à leur activité, il le convainc qu'il doit périr avec sa famille en même temps que la destruction du bâtiment. Coignac ne voulant pas participer à cette tuerie va se réfugier au Puy-de-Bar, laissant le champ libre au prêtre et à un complice.

    Usant de subterfuges, Bernardiera attire Dame Coignac dans le laboratoire où il la tue d'un coup de dague, puis c'est le tour des enfants, pendant que son complice s'occupe des domestiques les uns après les autres, sauf un petit berger qui, remontant de la cave entend crier et s'y réfugie de nouveau. Les dépouilles des malheureux sont entassées dans le laboratoire où il est mis le feu. Celui-ci embrase le reste du château, en n'épargnant que le donjon actuel.

    Après 2 jours, le petit berger sort de sa cachette et raconte la terrible histoire. Ce récit vient aux oreilles des juges du Présidial qui font chercher les coupables. Bernardiera confesse son crime, il est tenaillé, roué, écartelé et décapité à Limoges, quant à Coignac, réfugié en Suisse, il sera condamné à avoir la tête tranchée.

    La tour de Château-Chervix est l’ancien donjon d'un château-fort construit par les vicomtes de Limoges au XIIe siècle. Ils y envoyaient leurs principaux prisonniers comme dans les châteaux d’Aixe, de Nontron et d’Excideuil.

    Le donjon de Château-Chervix a été édifié par le vicomte de Limoges sur les terres de l'abbaye de Saint-Martial. Une mention, dont l'authenticité n'est pas établie, prétend qu'il existait un château dès le milieu du Xe siècle. A la fin du XIe siècle, la paroisse " Saint-Silvain du château " est attestée dans le patrimoine de l'abbaye (première mention authentique). Près de cent cinquante ans plus tard, une bulle pontificale d'Innocent IV désigne Saint-Silvain comme église de Château-Chervix.

    Le château apparaît dans les comptes-rendus de divers hommages prêtés par les vicomtes de Limoges aux abbés de Saint Martial, suzerains des lieux :

    Dans le dernier quart du XIIe siècle (v. 1174 ?) : Adémar V à l'abbé Isembert pour la tour maîtresse. En 1287 : Arthur de Bretagne pour la tour, ou fort et motte. En 1307 : Jean à l'abbé Gaillard pour le château. En 1363 : Charles de Bretagne pour le château.

    Durant la guerre de Cent Ans, la place est prise par les Anglais en 1356. Ils l'enlèvent de nouveau en 1380 et s'y installent une année durant.

    A la fin des hostilités, Château-Chervix passe entre différentes mains : au capitaine de la place en 1452 ; aux Coignac (ou Cognac) de Saint-Jean-Ligoure en 1487 ; à Jean Hugon (juge) en 1541 ; à François de Pérusse -comte des Cars- en 1598 ; à la famille Joussineau de Tourdonnet en 1660.

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