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Le Graal - 3/3 - mythe et christianisation

Publié le par Perceval

Le Graal - 3/3 -  mythe et christianisation

 <-- Joseph d'Arimathie et ses compagnons emportant le Graal de Palestine, détail du manuscrit (1220-1230) conservé à la bibliothèque de Rennes

Le Graal de Chrétien de Troyes (1) est un objet mystérieux et énigmatique dont il ne dévoile ni les origines ni le contenu. Il n’est pas le Saint Graal de Robert de Boron, explicitement lié à l’histoire du Christ par l’intermédiaire de Joseph d’Arimathie. 

Chrétien de Troyes se contente, selon le prologue, d’arrimer, de mettre en vers, le livre du Graal que lui a donné Philippe de Flandres et, plus sûrement, il donne une forme poétique à un récit oral qu’on pourrait qualifier de mythe originel. Il doit aussi beaucoup à des récits arthuriens plus populaires, proches du conte de fées (comme les lais de Marie de France), élaborés par des jongleurs continentaux (notamment armoricains) au contact de leurs confrères de Grande-Bretagne (surtout gallois) depuis la conquête de 1066.. Illustration of Percival Finding Holy Grail

C’est dire que les mythes celtiques ont subi, pour arriver jusqu’à lui, une double transformation : 1) d’abord de mythes en légendes et en contes (en Grande-Bretagne après quelques huit siècles de christianisation, 2) ensuite de légendes et de contes en récit déjà littéraires (surtout anglo-normands).

 
Nous pouvons reconnaître - dans la série de ces textes - avoir à faire dans un mythe en évolution, et alors de parler de christianisation d'un mythe.

Le graal est-il mythique chez Chrétien de Troyes ?

Si oui, reste-t-il mythique lorsqu’il devient chrétien ?

Qu'est ce que le Graal ?

L'écriture du Conte du Graal, est bien une création sur le plan imaginaire, et imaginer un mythe moderne, c'est transformer un « mythe vivant » en récit littéraire.

Le graal n'est pas chrétien pour autant … Il y a christianisation, par exemple d'une corne d'abondance ( mythologie celtique ) en coupe destinée à recevoir une hostie pour le roi pêcheur. Chrétien de Troyes ne nous renseigne pas, et Perceval ne pose pas la question attendue …

Ainsi le Graal porte divers possibles : le chaudron rempli de sang du dieu Lugg, la coupe d'or des jeunes filles des puits, le calice qui a reçu le sang du Christ …

Sources : Catherine Nicolas maître de conf. Montpellier

- Personnellement, je peux actualiser la question posée par Chrétien de Troyes, par celle-ci: y a t-il place chez l'humain à un "vide" que le mystère seul peut remplir … ?  

(1)  Je rappelle que Chrétien de Troyes (1135-1183) , est un clerc, un copiste, adaptateur de textes. Il écrit sur commande, ainsi pour Marie de Champagne ( 1128-1190) au service de laquelle il reste de 1160 à 1185. Le Conte du Graal est dédié à Philippe d’Alsace ( 1143-1191) ( prétendant éconduit de Marie de Champagne.. ). Chrétien écrit ce roman entre 1182 et 1190, et meurt avant de l’avoir terminé.

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