Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Marguerite de Laron, et les sorcières, en Limousin -1/.-

Publié le par Perceval

Précédemment, je vous ai retranscrit, l'histoire de la rencontre et du mariage entre Roger de Laron, et sa femme. Ceux qui colportaient cette histoire, tenaient à voir en Marguerite de Laron, le diable en personne … Pourtant, la plupart des gens d'ici, s'accordaient plutôt à voir en '' Dame Margot '' une sorcière ; et d'autres plus bienveillants : une fée … Qu'en est-il ?
 
Roger de Laron,vécut, sept années, avec une femme qu'il n'imaginait pas être le diable... Elle était aussi belle qu'une fée, aussi plaisamment humaine qu'un homme puisse espérer, et aucune autre qualité espérée ne lui manquait … Si la Dame de Laron séduisait tant de monde, beaucoup ne trouvaient pas la chose si naturelle... 
 
D'ailleurs bien vite, quelques histoires, faisaient état de l'infidélité de celle que l'on nommait ''Margot'': Marguerite de Laron n’apparaît dans aucun registre ou n'est citée par aucun témoin de ce début du XIVe siècle, cependant très vite les commérages, les témoignages, puis les légendes vont concerner la belle Dame de Laron … 
Il est intéressant de noter la correspondance entre ' Marguerite ' et 'Morgane' ( associée au paganisme et à la magie)... Morgane, ayant été à la fois christianisée en sainte Marguerite ( représentée piétinant un dragon..), et diabolisée puisque nombre de femmes appelées de ce nom, et pour ce seul motif, furent brûlées par l'Inquisition comme sorcière. A noter encore, le nom de Gargan : dieu celte à relier au Mont Gargan dans le Limousin.
 
Le Diable, n'était pas loin ; puisque la plupart des récits autour de Marguerite de Laron, la reconnaissent comme sorcière.
Aussi, il me semble intéressant de se remettre dans l'ambiance de - ce que l'on nomme - le Moyen-âge, pour se représenter ce que pouvait être une sorcière...
 
Aux alentours de 1300, la pratique d'une ''magie populaire'' est courante, elle est plutôt le fait de femmes du peuple... Leurs recettes se transmettent de bouche à oreille, de mère en fille, et permettent de soigner les maladies mais aussi de désenvoûter ou d'éloigner le mauvais œil. Par exemple, chacun ici sait que pour être garanti de la fièvre pendant un an, on préconise de manger « à la cuiller un œuf pondu le jour du Vendredi Saint, à jeun, et surtout sans pain ni sel ». On utilise aussi l'armoise pour contrer l'effet des sortilèges, mais il faut pour cela qu'elle ait trempé pendant trois jours dans l'urine d'une fille vierge de seize ans.
 
La grande reine Aliénor, celle-là même qui vint à Limoges, pour faire sacrer son fils Richard, duc d'Aquitaine, était accompagnée en permanence de femmes qui lui préparaient toutes les médecines, qu'elle avait elle-même étudiées lors de la croisade quand elle accompagnait Louis VII. On raconte que le roi avait peur de ses connaissances.... !
Au roi d'Angleterre, Aliénor, donne cinq fils et deux filles ; mais Henri II finit par trouver une ''maîtresse'', moins maîtresse d'elle-même... Aliénor, toujours aussi belle et 'magi-strale', mais déjà assignée à résidence pour quelques foucades soignées, est transférée au château de Woodstock où séjourne Rosamonde Clifflord, la maîtresse préférée de son mari... Étrangement, Rosemonde meurt empoisonnée, et Aliénor reste 'enfermée' jusqu'à la mort de son mari ; avant de revenir en Aquitaine …
 
Vers la fin du XIIIe siècle, la présence de plusieurs alchimistes est avérée dans la Vicomté. L'un bien connu : Omer Bernard cherche durant des années la pierre philosophale pour l'éventuel bénéfice d'un comte d'Angoulême....A Poitiers Éthélius Bragancé ou Bougrancier prétend faire de l'or pour le trésorier du comte, selon l'historien américain Robert Wohl.
Un serviteur de la maison de Louis VII, toujours fidèle à son ancienne maîtresse Aliénor, lui apporte le premier ambix de Poitiers ( alambic) où on en parle comme d'une « bouilloire d'Orient ...
 
Bien sûr, les pratiques 'magiques' n’empêchent pas la pratique chrétienne, mais pour aller voir son confesseur, il est de bon ton d'ôter ses amulettes ou de les remplacer par des reliques ou médailles pieuses.

 

A suivre ... 
Illustrations de Liiga Klavina 

 

Commenter cet article